Jeudi 15 décembre 2005 4 15 /12 /2005 21:44

Nous sommes des désespérés, mais nous ne nous découragerons jamais !

 R. Ducharme

 

   

 

 

 Jerry Rubin

 

Tout va bien du moment que nos revendications ne peuvent pas être satisfaites. Si la bourgeoisie satisfait nos revendications. C’est le bide total ! Quand on manifeste, on n'est jamais "raisonnables". C'est la manière qui compte : nous sommes si arrogants et si odieux que le pouvoir ne peut pas nous satisfaire sans perdre complètement la face. Et alors, animés d'une juste colère, nous pouvons gueuler que le Pouvoir s'obstine à ne pas vouloir satisfaire à nos revendications. Si elles sont satisfaites, nous avons échoué. Si elles sont rejetées, nous créons une communauté de lutte dans l'amour et la fraternité.


Les gens qui disent : "je suis d'accord avec ce que vous proposez, mais je n'aime pas vos façons d'agir" répandent une odeur de vieille merde. Ce qu'on propose n'a aucune importance. Les actions, les tactiques, voilà ce qui compte.

"Le monde des années 50 avait la bonne placidité d'Eisenhower. Satisfait et béat comme Ike, notre papa gâteau. On nous obligeait à nous renier. On nous disait que la masturbation rendait fou et donnait des boutons. On nous apprenait que faire l'amour était mal parce qu'immoral. Papa regardait avec fierté sa maison et sa voiture, sa pelouse taillée aux ciseaux à ongle. Tous ces biens qui justifient la vie.  Il voulait nous donner une bonne éducation. Il voulait nous apprendre à marcher droit sur la route  de la réussite : travaille - ne joue pas, étudie - ne traîne pas, obéis - ne pose pas de questions, intègre-toi - ne te fais pas remarquer, sois sérieux - ne te drogue pas, fait de l'argent - ne fais pas d'histoire."

(Jerry Rubin - Do It - Le Seuil – 1971)

 

 

 

Pour une Bibliothèque Idéale

 

 

 

 

1. Shakespeare, Théâtre
2. La Bible (y compris le Nouveau Testament)
3. Proust,
À la recherche du temps perdu
4. Montaigne,
Essais
5. Rabelais,
Les Cinq Livres
6. Baudelaire,
Les Fleurs du Mal
7. Pascal,
Pensées
8. Molière,
Théâtre
9. J.-J. Rousseau,
Les Confessions
10. Stendhal,
Le Rouge et le Noir
11. Platon,
Dialogues
12. Stendhal,
La Chartreuse de Parme
13. F. Villon,
Les Testaments
14. Rimbaud, Oeuvres poétiques (y compris les Illuminations)
15. Cardinal de Retz,
Mémoires
16. Tolstoï,
La Guerre et la Paix
17. Saint-Simon,
Mémoires
18. Cervantès,
Don Quichotte
19. Racine,
Théâtre
20. Eschyle,
Théâtre
21. Dostoïevski,
Les Frères Karamazov
22. Mallarmé,
Poèmes
23. La Fontaine,
Fables
24. Goethe,
Faust
25. Apollinaire,
Alcools
26. Flaubert,
L’Éducation Sentimentale
27. Homère,
L’Odyssée
28. Corneille,
Théâtre
29. Dante,
La Divine Comédie
30. Chateaubriand,
Mémoires d’Outre-tombe
31. Balzac,
La Comédie humaine
32. Sophocle,
Théâtre
33. James Joyce,
Ulysse
34. Laclos,
Les Liaisons dangereuses
35. Swift,
Les Voyages de Gulliver
36. Verlaine,
Poèmes
37. Flaubert,
Madame Bovary
38. Rimbaud,
Une Saison en Enfer
39. Descartes,
Discours de la Méthode
40. Prévost,
Manon Lescaut
41. Ronsard,
Les Odes
42. Aristophane,
Théâtre
43. Tacite, Annales et
Histoires
44. Spinoza,
Éthique
45. Hölderlin,
Poèmes
46. Gérard de Nerval, Les Filles du Feu (et les Chimères)
47. Defoe,
Robinson Crusoe
48. Saint Augustin,
Les Confessions
49. Lautréamont,
Les Chants de Maldoror
50. Victor Hugo,
Les Misérables
51. Lewis Carroll,
Alice au Pays des Merveilles
52. Musset,
Comédies et Proverbes
53. Jules Renard,
Journal
54. Homère,
L’Iliade
55. Dostoïevski,
L’Idiot
56. Emily Brontë,
Les Hauts de Hurle-Vent
57. Dostoïevski,
Les Possédés
58. Voltaire,
Contes
59. W. Blake,
Poèmes
60. Dostoïevski,
Crime et Châtiment
61. Plutarque, Vie des Hommes illustres (traduction d’Amyot)
62. Mme de La Fayette,
La Princesse de Clèves
63. Karl Marx,
Le Capital
64. Benjamin Constant,
Adolphe
65. Beaumarchais,
Théâtre
66. Agrippa d’Aubigné,
Les Tragiques
67. Alfred de Vigny,
Les Destinées
68. Lorca,
Poèmes
69. Malraux,
La Condition humaine
70. La Rochefoucauld,
Maximes
71. La Bruyère,
Les Caractères
72. Mme de Sévigné,
Lettres
73. Littré,
Dictionnaire de la Langue française
74. Jarry,
Ubu roi
75. Valéry,
Poèmes
76. Pascal,
Les Provinciales
77. T.E. Lawrence,
Les Sept Piliers de la Sagesse
78. Mérimée,
Nouvelles
79. Valéry,
Variété
80. Héraclite,
Fragments
81. Marivaux,
Théâtre
82. V. Hugo,
La Légende des Siècles
83. Kafka,
Le Procès
84. Voltaire,
Correspondance
85. Apollinaire,
Calligrammes
86. André Gide,
Journal
87. Andersen,
Contes
88. Alexandre Dumas,
Les Trois Mousquetaires
89. Casanova,
Mémoires
90.
Les Mille et une Nuits
91. Conrad,
Lord Jim
92. Novalis,
Poésies et Fragments philosophiques
93. Nietzsche,
Ainsi parlait Zarathoustra
94. Claudel,
Théâtre
95. Tristan Corbière,
Les Amours jaunes
96. V. Hugo,
Les Contemplations
97. Saint Jean de la Croix, La Nuit obscure de l’
Âme
98. Gogol, Les
Âmes mortes
99. Virgile,
L’Énéide
100. Bernanos, Journal d’un Curé de Campagne

 

 

 

  

Raymond Queneau

 

 

 

Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /2005 12:22
 
L’accès aux soins est le plus fondamental des droits de la personne malade. Il est la marque d’une organisation sanitaire plaçant le malade au coeur des préoccupations des professionnels de santé. L’accès aux soins peut se définir comme la faculté offerte à tous de recevoir des soins préventifs ou curatifs sans référence à des niveaux de revenus. L’organisation de l’accès aux soins en milieu hospitalier se caractérise par des valeurs éthiques garanties par de nombreux textes et par une démarche humaniste qui constitue le socle du fonctionnement hospitalier.
 
Le problème de l’accès aux soins se pose d’abord de manière vitale pour les personnes démunies ou en situation de précarité. Il est bien évident que la montée du chômage et de la pauvreté ont entraîné des difficultés pour accéder au système de soins. On constate malheureusement avec la même évidence que les personnes démunies sont généralement celles qui ont le plus besoin d’accéder à des soins. Pourtant, des dispositifs existent et l’hôpital doit rester un lieu privilégié où les plus démunis peuvent faire valoir leurs droits (circulaire du 21 mars 1995).
 
Mais parallèlement, les établissements d’hospitalisation publics sont contraints d’équilibrer leur budget et l’on a pu voir des hôpitaux refuser des soins à des personnes ne pouvant justifier une prise en charge par la Sécurité Sociale. Pour mettre fin à ces comportements, de nombreuses circulaires (celles du 13 septembre 1993, du 21 mars 1995, du 25 octobre 1996, du 19 août 1997) ont rappelé aux établissements leurs obligations en la matière. L’article L.711-4 du code de la santé publique reconnaît en effet à tout patient le droit d’être admis dans un établissement public de santé pour y être soigné. Comme le soulignent les articles 31 et 32 du décret n0 74-27 du 14 janvier 1974 relatif aux règles de fonctionnement des centres hospitaliers et hôpitaux locaux, cette obligation ne comporte pas d’éléments de discrimination par rapport à la nationalité du patient: elle s’impose aussi bien pour les Français que pour les personnes de nationalité étrangère, fussent-elles en situation irrégulière. L’article 4 de ce même décret impose également aux établissements de santé de soigner tout malade en état d’urgence:
Si l’état [du malade] réclame des soins urgents, [le directeur] doit prononcer l’admission, même en l’absence de toutes pièces d’état civil et de tout renseignement sur les conditions dans lesquelles les frais de séjour seront remboursés à l’établissement...
 
Deux textes récents ont complété l’organisation et la portée de l’accès aux soins, notamment pour les personnes démunies. Il s’agit de la loi n0 98-657 du 29 juillet 1998 d’orientation relative à la lutte contre les exclusions et la loi n0 99-641 du 29 juillet 1999 portant création d’une couverture médicale universelle (CMU).
Le premier texte souligne que l’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies constitue un objectif prioritaire de la politique de santé. La loi établit dans chaque région des Programmes Régionaux pour l’Accès à la Prévention et aux Soins (PRAPS) des personnes les plus démunies dont l’élaboration et la mise en oeuvre sont coordonnées par le préfet de région. Ces programmes comportent des actions de promotion de la santé, d’éducation pour la santé, de prévention, de soins, de rééducation et de réinsertion. Ils sont élaborés et mis en oeuvre en coordination, notamment, avec les collectivités territoriales, les organismes de protection sociale, les institutions et établissements de santé, les professionnels et les associations qui y participent. Dans ce cadre, les établissements de santé doivent mettre en oeuvre des Permanences d’accès aux soins de santé (PASS) adaptées aux personnes en situation de précarité et visant à faciliter leurs accès au système de santé et à les accompagner dans les démarches nécessaires à la reconnaissance de leurs droits. Par ailleurs, la loi étend les missions du service public hospitalier à la lutte contre l’exclusion sociale et impose aux établissements de santé de s’assurer, à la sortie des malades, de leurs conditions d’existence nécessaires à la poursuite du traitement. Le rôle social de l’hôpital est clairement réaffirmé et rappelé par les pouvoirs publics par la circulaire n0 98-736 du 17 décembre 1998 qui souligne que l’hôpital est un des acteurs engagés dans la prévention de la lutte contre les exclusions.
 
Le deuxième texte concerne la mise en oeuvre de la couverture maladie universelle. Le 1er janvier 2000, la loi n0 99-641 du 27 juillet 1999 portant création d’une couverture maladie universelle est entrée en vigueur. Elle réalise deux objectifs: généraliser complètement l’accès à l’assurance maladie, d’où le caractère universel du droit ainsi créé; assurer à tous l’effectivité de l’accès aux soins par la mise en place d’une couverture sociale.
 
Les grands principes de l’accès aux soins en milieu hospitalier peuvent être synthétisés ainsi:
— accueil de toutes personnes quels que soient leur origine, leur sexe, leur situation de famille, leur âge, leur état de santé, leur handicap, leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses;
—   libre choix du praticien;
—   libre choix de l‘établissement;
—   accueil de toutes personnes dont l’état de santé requiert des soins ;
—   accueil de jour et de nuit, 24 heures sur 24, 365 jours sur 365;
—   soins préventifs, curatifs ou palliatifs;
—   aucune discrimination entre les malades;
— dans les situations d’urgence, le directeur de l’établissement doit prononcer l’admission d’une personne démunie dont l’état de santé est constaté par un personnel médical, même en l’absence de toute pièce d’état civil ou de tout renseignement relatif aux modalités de prise en charge des frais de séjour;
—   les mêmes dispositions s’appliquent en cas de soins non urgents;
—  il n’appartient pas aux membres du corps médical de refuser des soins à un patient se présentant sans prise en charge;
—  l’hôpital doit rester le lieu privilégié ou les plus démunis peuvent faire valoir leurs droits.
 
 
• Problématique actuelle
L’accès aux soins garantit à tous même aux personnes démunies est une valeur essentielle qui caractérise le système hospitalier en France. C’est d’ailleurs en partie grâce à ce critère que la France a été classée récemment au premier rang du rapport annuel de l‘OMS (Organisation mondiale de la santé). Pour la première fois, l’OMS a choisi d’évaluer les systèmes de santé de ses 191 Etats membres en mettant au point un indicateur de performance qui ne repose plus seulement sur le niveau de santé de la population mais également sur l’équité du système, la réponse aux attentes des citoyens et le respect de leurs droits et libertés.
 
Mais l’accès aux soins peut aussi s’analyser en termes d’aménagement du territoire et l’on doit veiller à ce que les opérations de restructuration de l’offre sanitaire n’entraînent pas une désertification de la couverture hospitalière du territoire.
 
La loi n0 2004-810 du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie a réaffirmé ce principe d’accès aux soins pour tous. Ce texte souligne en effet qu’il revient à l’Etat de définir les objectifs de la politique de santé publique, et de garantir l’accès effectif des assurés aux soins sur l’ensemble du territoire.
 
 
• Textes
Article L.1111-1 et L.6112-2 du code de la santé publique.
Décret n0 74-27 du 14 janvier 1974 (JO du 16 janvier 1974).
Loin0 99-641 du 27 juillet 1999 (JO du 28 juillet1999).
Loi n0 98-657 du 29 juillet 1998 (JO du 31 juillet 1998).
Charte du patient hospitalisé, circulaire n0 95-22 du 6 mai 1995.
 
 
• Bibliographie
Dossier: La création de la couverture maladie universelle (CMU), Courrier juridique des affaires sociales, 2000, n0 24.
Daubech L., Le malade à l’hôpital: droits, garanties, obligations, Éditions Érès, 2000.
Jazeron F., Le service public hospitalier et la prise en charge des populations démunies.
Le réseau de médecine sociale et humanitaire mis en place par le CHU de Toulouse,
Revue hospitalière de France, 1997, n0 2.
 
 
• Sites Internet
 
 


Par Billy Rubin - Publié dans : santé publique
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Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /2005 01:48
« - Exactement comme pour les pierres, les prédicateurs chrétiens eurent de constants efforts à faire pour éliminer ce culte des arbres. Ils abattaient infatigablement les arbres à qui s’adressait un culte païen, comme ils l’ont fait chez les germains et les Lituaniens. Paulin rapporte que les païens prirent calmement la destruction de leurs temples, mais protestèrent énergiquement quand Saint Martin voulut abattre un pin sacré ; or ceci se passait à la fin du V e siècle. »
Jan de Vries : la religion des celtes ; Payot édition
 
Nion désigne le FRENE. Le mois s’étend du 18 février au 17 mars. Il était dédié à Poséidon, primitivement manieur de la foudre, comme Zeus, et patron des chevaux. Il devint patron des navigateurs quand les Achéens durent prendre la mer, chassés par l’invasion des Doriens, et qu’ils furent devenus les “peuples de la Mer ” reprenant à leur compte le nom des premiers Helladiens, les “Pélasges ”, dont ils avaient eux-mêmes envahi le territoire quelques centaines d’années auparavant.
C’est peut-être en ce  mois qu’Héraclès triomphe des oiseaux du lac Stymphale, volant en troupes immenses au-dessus des marais.
Dans le zodiaque actuel, le mois couvre la majeure partie du signe des Poissons. On attribue aux individus de ce signe une plasticité par rapport à leur environnement. Ils sont facilement disponibles et se mettent aisément à l’unisson. La tribu hébraïque de Zébulon (“parmi les bateaux ”) évoquerait ce mois des eaux. La pierre précieuse attribuée au mois du Frêne sur le pectoral du grand prêtre hébreu était le béryl dont le nom signifie “joyau de la mer ”.
Taliésin faisait dire au dieu en ce mois :
“ J’ai été une vaste étendue d’eau ”.
Depuis le début du mois du Bouleau, il s’est passé trois mois. Les étrusques ne les comptaient pas comme faisant partie de l’année sacrée car la nuit y occupait trop de place. Ils faisaient commencer l’année au mois suivant, ce qui correspond à la fête chrétienne de l’Annonciation.
DUIR désigne le Chêne, l’arbre de Zeus, de Thor, d’El, d’Allah... Le mois s’étend du 1o juin au 7 juillet.
Le chêne symbolise l’endurance, la solidité, comme les animaux à carapaces (scarabées, tortues, crustacés) ce qui explique que cest le Cancer qui correspond actuellement au mois du Chêne et que la plaie d’Egypte correspondante est vraisemblablement celle des scarabées. On trouve un crabe jouant un rôle épisodique dans les travaux d’Héraclès  c’est celui qui mord le héros tandis qu5il vainc l’Hydre de Lerne, monstre aquatique comme il sied à un signe d’eau.
Situé exactement au milieu de l’année, comme le Vénérable au centre de l’Orient d’une Loge, il est le septième mois.
Zeus étant devenu le roi des dieux, le droit de manier la foudre lui fut réservé, Si bien que Poséidon, le dieu du Frêne, qui jusque-là l’avait aussi maniée, dut se contenter d’un trident. Au roi des dieux correspondait la tribu israélite d’Asher (“des délicatesses royales sont sur son assiette ”).
Mais, jusqu’à l’arrivée des Achéens, le métier de roi sacré ne fut pas enviable tous les jours  le 24 juin il était castré, aveuglé au moyen d’un pal de gui, dépecé ou brûlé vif et mangé. Pour souligner que l’événement avait lieu le septième mois, ce pique-nique sacré était suivi d’une vacance de sept jours. Commençait alors, avec le 1er juillet actuel, la seconde partie de l’année, celle du roi du Houx, correspondant vraisemblablement au temps symbolique “de midi a minuit ” des travaux de Loges. L’Eglise chrétienne continue à évoquer cette préhistoire en célébrant le  1er juillet la “fête du Précieux Sang ”. Lorsque j’étais enfant, il était d’usage de vouer certains jeunes garçons au Sacré Cœur : ils portaient alors un cordon de moire rouge et participaient ainsi décorés aux processions qui se déroulaient pendant ce “mois du Sacré Cœur ”.
Taliésin disait du dieu que l’on brûlait et dont on allait dévorer le corps :
“Il met le feu à la tête avec de la fumée ”.
L’Eglise a déplacé ce sacrifice eucharistique (concile de Nicée, 325) et l’a associé à la pâque juive. Du même coup tout l’appareil des tabous du mois précédent s’est trouvé lui aussi décalé et est devenu le Carême. La vacance de sept jours est encore représentée chez les Chrétiens par la semaine pascale et chez les Juifs la tête durait sept jours. “ Faire ses pâques ”, c’est-à-dire dévorer la victime sacrée, est toujours une obligation pour un Chrétien. Les FRANCS-MAÇONS observent le même rituel, édulcoré à leur façon  leurs seules agapes d’obligation dans l’année se situent lors de leur fête solsticiale, donc en juin. Ils respectent la date originelle.
Entre - 40000 et - 25000, les hommes sacrifièrent un animal, souvent un ourson, parce que l’ours, dans les pays sans singes, est l’animal qui se rapproche le plus de l’homme il est intelligent et se tient  sur ses pattes de derrière lorsqu’il est attaqué. L’ourson avait été volé à sa mère quelques mois auparavant et élevé dans le village. Il ne songeait donc pas à se défendre lorsque hommes et femmes, un beau jour, se précipitaient sur lui et le dévoraient vivant. Ses forces de vie étaient censées passer en eux jusqu’au prochain sacrifice. Puis, vers - 25000, semblent apparaître les “rites caducéens ”  (Jacques Walter, Psychanalyse des rites- Denoél éditeur). On se rappelle que la Grande Déesse est souvent représentée entre deux animaux symbolisant son pouvoir sur toute la création. Lors des rites solsticiaux, les deux animaux sont alors figurés par deux hommes qui s’accouplent publiquement à une prêtresse ; après quoi on les enterre vivants tous les trois. De   25000 à - 5000, après le viol de la prêtresse les deux hommes s’affrontent, par exemple en des jeux de force tels que le jeu de la corde sur laquelle tirent leurs deux équipes. Le vainqueur est proclamé le roi de la fête et il tue son adversaire, lui-même restant en vie. De - 4000 à - 2000 il semble que le roi soit volontaire pour se laisser dépecer et dévorer vivant et cru. Tels auraient été les cas des Zeus annuels en Crête, des Héraclès à Argos, des Thésée à Athènes. Puis on les fit cuire. Enfin ils prirent goût au pouvoir et acquirent les moyens de le conserver et de l’exercer vraiment toute l’année durant et non plus seulement pendant un jour. Lorsque arrivait le temps du sacrifice, ils disparaissaient pendant la semaine cruciale. On leur choisissait alors un substitut, fils ou prisonnier, qui jouait le rôle du roi pendant cette semaine et que l’on tuait le septième jour, après quoi le roi véritable réapparaissait, comme rajeuni par cet échange d’une vie. C’est à l’origine de l’histoire du Minotaure de Crête à la place duquel étaient sacrifiées de jeunes victimes athéniennes. Dans le sud de l’Égypte, en Nubie, le souverain de Méroé n’était sacrifié qu’au bout de trente ans. Le roi des Mossi, le Mogho-Nuba, fêtait un jubilé au bout de trente ans également, mais il avait acquis le privilège de rester en vie et l’on célébrait seulement des fêtes évoquant son rajeunissement. Dans la plupart des cas ce rajeunissement des rois sacrés était symbolisé par un nouveau mariage avec une reine plus jeune que la précédente. Chez les Hébreux, Moïse et Aaron avaient été, eux aussi, des rois sacrés avec tout ce que cela comportait comme funestes échéances. Moïse, ou plutôt l’un des “moïse ”, tua Aaron, son taniste ou jumeau, ou prédécesseur, puis se fit tuer à son tour vraisemblablement par Josué, son successeur désigné. Les deux meurtres eurent lieu sur des montagnes comme le désiraient les traditions. C’est également pour respecter la même tradition que les feux de la Saint Jean se font encore de préférence sur des sommets de collines. Saint Jean-Baptiste, dans la mythologie chrétienne, remplit le rôle de taniste de Jésus (il y là un doublet avec Thomas qui, plusieurs pages plus loin, après la disparition de Jean, reprend le rôle de jumeau). Mais désormais les tanistes ne se tuent plus. Ils rendent témoignage l’un de l’autre. On aura remarqué que la parenté entre les deux “jumeaux ”est une parenté solaire  ils ne sont jumeaux qu’à la manière des deux solstices  de l’année, six mois séparent  les naissances du Baptiste et du Christ. La fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste n’est pas la seule que L’Eglise chrétienne ait placée à cette époque de l’année Est-ce en effet un hasard Si la tête des saints Pierre et Paul tombe le 29 juin, vraiment fort près de l’anniversaire sacrificiel rituel ? On sait que Pierre et Paul furent adversaires ; Paul peut avoir représenté dès lors, dans la nouvelle mythologie, une sorte de taniste de Pierre. Pierre dut être exécuté à Jérusalem, malgré le chapitre romancé des Actes des Apôtres qui le fait échapper miraculeusement a son sort mais qui se garde bien de donner désormais des détails sur sa vie après sa bizarre délivrance par un ange. C’est pour qu’il pût apparaître comme le taniste de Paul, taniste a la nouvelle mode, c’est-à-dire ami plus qu’adversaire, que L’Eglise l’a fait arriver à Rome on ne sait ni quand ni pourquoi, et se réconcilier avec son rival
Dans certaines mythologies les deux jumeaux ou rivaux fusionnent en un seul être auquel demeurent des traces de cette double origine : tel est le cas des dieux hindous à quatre bras, du dieu Mardouk qui avait quatre yeux et quatre oreilles, de Janus aux deux visages et de Proserpine qui avait également deux visages lorsqu’elle se rendait dans les Enfers rejoindre annuellement son mari. Ces deux jumeaux ou ces deux personnalités en une seule figurent l’étoile du matin et l’étoile du soir, c’est-à-dire la même planète Grande Déesse Vénus sous ses deux aspects de vie le matin et de mort le soir. Ce qui explique pourquoi tant de mythes, puis de romans d’amour sont aussi des mythes, ou des romans, de mort.
Je pense que le meurtre cannibale est à l’origine du rite des deux boissons que doit avaler le candidat à l’initiation en Franc-Maçonnerie. Selon les obédiences, les deux boissons, une amère et une douce, sont bues dans un ordre différent et à un des moments différents de la cérémonie d’initiation. Dans le rituel français pratiqué au Grand Orient, elles sont bues en fin d’initiation, après les trois voyages et juste avant que le bandeau ne soit retiré des yeux du néophyte. La boisson amère est bue avant la boisson douce. Dans le rituel écossais pratiqué a la Grande Loge l’initié doit boire en trois gorgées une boisson douce 4ui devient progressivement amère, puis on lui accorde une nouvelle boisson douce. Dans le rituel de Memphis-Misraim c’est la boisson douce qui est bue la première et avant toute autre épreuve, la boisson amère est bue en fin d initiation. Ce rituel spécifie que la boisson douce est une infusion froide d’aubépine et qu’elle joue le rôle de philtre d’oubli de ce qui a été la vie antérieure du profane. La boisson amère est une infusion de gentiane “destinée à dépersonnaliser ”, c’est-à-dire qu’il y a là un doublet fautif avec la boisson d’oubli précédente. On peut remarquer que, dans les Évangiles, c’est le vin des noces de Cana qui semble jouer le rôle de boisson douce ou agréable et qu’il est bu tout au début de la vie publique du Christ, c’est-à-dire au début du scénario initiatique. Dans la mythologie grecque il s’agit de l’ambroisie servie a la table des dieux ou encore de la boisson servie aux compagnons d’Ulysse par les Lotophages et destinée à leur faire perdre le souvenir de leur vie passée. Dans le rituel cannibale la boisson agréable était donc une boisson enivrante destinée a ôter toute raison aux acteurs du drame, aussi bien a la victime qui se trouvait ainsi sans défense (d’autant qu’elle n’avait pas le droit de porter de métal, c’est-à-dire d’armes, dans un enclos sacré) qu’aux autres protagonistes rendus incapables de comprendre l’horreur de leur acte.
Le rôle primitif de la boisson amère est un peu plus difficile a trouver. On la repère dans les Évangiles sous deux aspects l’aspect moral du calice d’amertume apparaissant au Christ au Jardin des Oliviers et qu’il supplie son père d’ôter de sa vue, puis l’aspect physique de l’éponge pleine de vinaigre à laquelle Jésus s’abreuve sur la croix avant de mourir. On la repère dans les anciens rites d’initiation aux mystères d’Éleusis les postulants à l’initiation devaient commencer par prendre une purge. Celle-ci était alors destinée à leur assurer une pureté morale a l’image de la pureté physique qu’elle déterminait dans leurs tubes digestifs. Mais c’est là encore une vision morale des choses et chaque fois que je rencontre une explication morale d’un rite, je soupçonne qu’elle remplace une explication physique originelle depuis longtemps oubliée. On peut déjà remarquer que le moment ou la boisson amère doit être avalée n’est plus le même chez les Évangélistes que chez les initiés d’Éleusis. On peut raisonnablement penser que l’initiation aux mystères d’Éleusis nous restitue, plus fidèlement que les Évangiles les rites antiques. Dès lors on peut admettre que c’est la boisson amère qui devait en effet être bue la première, avant toute épreuve, et qu’elle était chargée de vider les intestins. Elle sera remplacée dans plusieurs religions par des obligations de jeûnes plus ou moins prolongés à certaines époques. La raison de cette toilette intérieure devient facile a comprendre Si l’on se représente le spectacle dégoûtant que devait être le dépeçage de la victime palpitante. Quelques expériences particulièrement nauséabondes ont dû inspirer l’obligation de la purge.
Les crustacés changent de carapace périodiquement ; les scarabées sont le résultat de mues successives. Voilà qui explique pourquoi de tels animaux furent choisis pour symboliser la période de l’année où il était imposé au roi de rajeunir. On prétend d’ailleurs que le signe du Cancer favorise, chez ses natifs, les sentiments d’attachement à la mère et à l’enfance.
Comme le chêne était censé attirer la foudre (on en avait fait l’arbre de Zeus puisque l’on tuait les Zeus au mois du Chêne) le premier jour du mois du Chêne est devenu la Pentecôte des Chrétiens, la fête des langues de feu. Une semaine et demie plus tard L’Eglise catholique célèbre la Fête-Dieu. En effet, ce qui s’est passé pour les Quatre-Temps se reproduit ici. Le sacrifice eucharistique ayant été déplacé du solstice de juin à Pâques, on n’en continua pas moins à observer l’ancienne fête, à la symbolique anthropophagique, dans certaines campagnes. L’Eglise décida donc d’instituer une fête du corps du Christ à l’ancienne date et fit promener l’hostie en procession a travers les rues des villes et les chemins des campagnes ce fut la Fête-Dieu qu’institua Urbain IV en I 264 en prenant le prétexte de commémorer le miracle de l’apparition du sang sur une hostie près d’Orvieto.
Entre la Pentecôte et le jeudi de la Fête-Dieu se place tout naturellement le dimanche de la Trinité. En effet, le sacrifice du roi solaire du Chêne se plaçait normalement au terme de quelques jours de festivités en l’honneur de la triple déesse lunaire.
Étant donné l’époque de la procession de la Fête-Dieu, il sembla naturel de garnir de fleurs son parcours. C’est ce que faisaient déjà les Grecs lors des Anthesphories, fêtes des fleurs en l’honneur de Proserpine et de Cérès, en plein milieu du printemps ; on y jonchait le sol de fleurs.
Le mois du Chêne est à cheval sur deux signes du zodiaque contemporain. Pourtant la lettre phénicienne DALETH lui correspond, avec le symbolisme de “porte solide ”.
TINNE désigne le Houx, le Chêne vert ou le Térébinthe selon les lieux. C’est le mois du triomphe meurtrier du roi du Chêne. Sa lettre, le TAU, aura, à partir des Phéniciens, la forme de la croix, instrument de supplice. La hache à deux tranchants (chacun d’eux évoquant une phase de la lune) est également le symbole du second roi sacré de l’année : l’arme a servi à dépecer le roi du Chêne et marque donc le triomphe de la Déesse-Lune sur le Soleil dans l’ordre des préséances puisque le roi du Chêne est sacrifié précisément la nuit du solstice au moment où le Soleil vient de connaître son instant d’apogée au plus haut du ciel. Les Chrétiens ont déplacé la date mythique de la mort du Christ qui aurait dû survenir un 24 juin. C’est que la date véritable du supplice du Jésus historique a dû réellement se situer avant la pâque. Mais le triomphe de la Déesse-Lune est tout de même commémoré par les Évangélistes : au moment de la mort du Christ se place une éclipse totale de Soleil.
La tribu d’Israël correspondante est celle de Siméon (“ le Frère Sanglant ”). Le dieu qui présidait à ce mois était Seth, meurtrier d’Osiris, en Égypte. Peut-être le travail d’Héraclès correspondant était-il la capture des juments de Diomède  elles étaient en effet cannibales et c’étaient des juments, non des chevaux or les rois sacrés étaient mis â mort sur les ordres des prêtresses. A moins qu’il ne s’agisse de la mise à mort du lion de Némée. La liste des travaux d’Héraclès, comme celle des plaies d’Egypte, a été faite par des poètes aux temps desquels avait été déjà oubliée la plus grande partie des raisons de telles mythologies : l’ordre saisonnier n’y est donc pas respecté et certains épisodes comportent des symbolismes qui se chevauchent. Les poètes ne sont pas responsables de ces mélanges car ils ont retranscrit ces histoires à des époques où les religions qui leur avaient donné naissance étaient devenues hérétiques. Par exemple, la période de l’histoire entourant la naissance du Christianisme, période pourtant récente, a été tellement travestie à partir de Constantin qu’il est devenu impossible à des écrivains modernes de bonne foi de pouvoir la raconter dans son exactitude.
Le mois du Houx s’étend du 8 juillet au 4 août. Il recouvre donc une partie du Cancer et une partie du Lion et correspondrait plutôt au Lion ambitieux, autoritaire, rayonnant.
Taliésin faisait dire au dieu
“ J’ai été un géant abattant une armée ”.
La mythologie grecque fait mourir Dryas (“le Chêne ”) sous les coups de Térée (nom commençant par T).
On a vu que la fête des Lamas (2 août), fête du Soleil ardent, a été maquillée dans L’Eglise chrétienne en fête de la Transfiguration.
COLL désigne le Noisetier dans nos climats et l’Amandier plus au sud. La verge d’Aaron était en amandier.
Le mois s’étend du 5 août au 1er septembre.
C’est celui de la sagesse concentrée, c’est-à-dire de la connaissance, de la clairvoyance. C’est le mois du dieu Hermès car Hermès conduisait les âmes des morts aux Enfers, or la divination se pratiquait en interrogeant les morts. Il correspond à la tribu d’Éphraïm (“ la Fertile ”). La baguette de noisetier servait à découvrir l’eau, les trésors, voire les coupables de meurtre.
Le 13 août se plaçait la tête de la déesse Vesta (autre nom de Diane Némésis) ; elle devint la tête de l’Assomption de la Vierge chez les Catholiques. Il se trouve que le mois du noisetier recouvre le signe du Lion et celui de la Vierge, ce qui prouve que le calendrier des arbres encadrait mieux les fêtes traditionnelles que le zodiaque actuel dans lequel le 15 août ne fait plus partie du signe de la Vierge.
Dans les litanies de la Très Sainte Vierge Marie on trouve  “ Sedes Sapientae, ora pro nobis” (“ Trône de Sagesse, priez pour nous ”). Cela indique que la tête de la Vierge avait originellement sa place dans le mois de la Sagesse, bien avant que l’on ait inventé une vierge Marie. Il en est résulté que les vertus de raison, de contrôle, de réserve ont été tout naturellement transférées au signe zodiacal de la Vierge. On observera incidemment que L’Eglise a conservé, parmi les phrases composant les litanies des saints, certaines formules traditionnelles. Il serait instructif de se livrer à des recherches systématiques pour découvrir quelle divinité antique se dissimule à la date de la tête de tel ou tel saint chrétien.
Taliésin faisait dire au dieu :
“J’ai été un saumon dans l’étang ”.
En effet, dans les mythes celtiques, le saumon se nourrit de noisettes. La lettre phénicienne correspondant au signe de la Vierge est le HE qui signifie “l’enclos, la grange ”. Elle symbolise la mise à l’abri derrière une clôture, l’engrangement et, par suite, l’ordre un peu ennuyeux. Le travail d’Héraclès correspondant à ce mois est la quête des pommes des Hespérides (Vespérides), c’est-à-dire des jardinières de l’ouest, du couchant. En effet, chez les Druides, le pommier devait patronner le 1cr jour du mois du noisetier et doit donc être considéré comme la source de sagesse par excellence.
MUIN désigne la Ronce, dans le nord, ou la Vigne, dans le sud.
C’est aussi le mois de Minerve, des Muses, de l’inspiration poétique Opposée au discours raisonnable. Il devint le mois de Dionysos et d’Osiris. C’est Dionysos, élevé par la nymphe Iaccha, qui devint le Bacchus des poètes grecs puis romains.
Le mois s’étend du 2 septembre au 29 septembre. Sa pierre est l’améthyste ou pierre de vin  sa tribu d’Israël est celle de Managé (“ La Négligence ”). Il commande à la joie, à la gaieté, voire à l’emportement furieux. Il inclut l’équinoxe d’Automne que L’Eglise chrétienne meublera de la Saint Matthieu (21 septembre) dont elle tentera de faire le premier des Évangélistes ; c’est, en tout cas, celui qui donne le plus de détails correspondants à ce que l’on attend de la vie romancée d’un roi solaire traditionnel.
Taliésin disait du dieu en ce mois
“ J’ai été une colline de poésie ”.
Cela ne convient évidemment pas du tout au signe terre à terre de la Vierge dans le zodiaque moderne, bien que, le 8 septembre, les Chrétiens célèbrent la Nativité de la Vierge Marie. Cela convient plutôt à la Balance, le signe du charme, de l’affectivité, dont la devise pourrait être “ j’aime donc je suis ” (François-Régis Bastide, Zodiaque, Presses Pocket) qui invente tant de petites histoires sans motif, pour le plaisir. Le décalage s’accentue ici terriblement entre le calendrier des arbres et le zodiaque actuel  il atteint presque un mois. Peut-être serait-il bon, par conséquent, de résumer l’histoire du Premier de l’An.
Dire qu’au cours des âges il s’est déplacé tout le long de l’année est trop simple : dans un même pays, par exemple en Grèce, des cités voisines ne trouvèrent pas ridicule d’utiliser des calendriers complètement différents.
Dans le monde occidental il faudra attendre la réforme de Jules César pour que l’année civile et l’année religieuse coïncident.
Histoire du Premier de l’an
Janus, le dieu panique à deux têtes, considéré à la fois comme le dieu des portes et comme la charnière entre le passé et le futur, dut évidemment patronner, à l’origine, le Premier de l’An, moment où la vieille année cédait la place à la nouvelle, et ce Premier de l’An devait se situer à la fin des vacances de sept jours qui suivaient la mort du roi du Chêne, c’est-à-dire vers notre 1er juillet. Puis cette date se déplaça suivant certains mouvements de populations que nous appelons “invasions ” celtiques, doriennes, etc.  qui durent ressembler aux expansions françaises en Italie et en Dalmatie sous Bonaparte. Ces populations n’étaient pas plus “ nomades ” que les Français dans leur comportement habituel. A Athènes, le Premier de l’An tombait à la nouvelle lune la plus voisine du solstice d’été  à Sparte, il s’agissait de la nouvelle lune la plus voisine de l’équinoxe d’automne et toutes les colonies de l’empire spartiate, y compris la Sicile, adoptèrent ce Premier de l’An. C’était également celui des Perses et de toute la Celtie et cela n’est pas sans jeter des lumières sur la délimitation du territoire originel de cette Celtie. Chacun de leur côté, les Achéens et les Étrusques avaient adopté l’équinoxe de printemps ‘le Premier de l’An s’était donc fixé chez eux en mars comme on peut le déduire des noms des mois de SEPTembre, OCTobre, etc., qu’ils ont légué aux Romains et que les Romains nous ont légués. Les Thébains préféraient le solstice d’hiver.
En 432 av. J.-C., pour mettre fin à ce pêle-mêle, l’astronome athénien Méton réforma le calendrier et fit commencer l’année le 16 juillet.
Les Israélites, héritiers des traditions celtiques éoliennes puis achéennes par le canal des Philistins ou Peuples de la Mer, célébraient le Nouvel An à la nouvelle lune précédant l’équinoxe de printemps. De plus, leur calendrier fut calqué sur celui des Grecs car ils continuèrent avec la Grèce le commerce que les Philistins, grecs eux-mêmes, entretenaient avec elle ; et les rois hébreux, à partir de David, eurent des mercenaires grecs dans leurs armées. A partir de Méton leur année s’aligna donc sur l’année grecque réformée : elle eut douze mois, alternativement de trente et de vingt-neuf jours. Les 3e,6e,8e,11e,14e,17e,et 19e années de chaque période de dix-neuf ans, le douzième mois était doublé, ce qui était un souvenir de l’année des treize mois-arbres.
Le système de Méton avait été conçu, en partie, pour diminuer le nombre des jours en surplus dans les calendriers précédents. Par exemple, les treize mois de vingt-huit jours du calendrier des arbres faisaient 364 jours l’année civile comportait donc un jour de plus que l’année religieuse, le 365e. Les douze mois de trente jours des Égyptiens requéraient cinq jours en plus. Il y eut des époques où l’année romaine comporta 304 puis 355 jours. Les jours en surplus, implaçables dans l’année religieuse, furent considérés comme autorisant toutes les licences puisqu’ils se trouvaient hors des périodes de tabous. Les esclaves avaient le droit de s’y conduire en maîtres. Le souvenir s’en est perpétué jusqu’au XXe  siècle en Occident, à la campagne, où la semaine entre Noël et le Premier de l’An s’appelait encore la “ Vieille Semaine ” avant la guerre de 1914 et où les domestiques des fermiers cessaient de travailler et laissaient leurs employeurs se morfondre, ignorant si le personnel demanderait à renouveler ses contrats. Cette liberté temporaire évoquait le fabuleux “ âge d’or ” gouverné par Saturne et l’on avait appelé ces jours en surplus les Saturnales. On les retrouvera dans le calendrier révolutionnaire français sous le nom de “ Sans-culottides ”.
Or les jours en surplus devaient logiquement se placer après le terme de l’année religieuse. On comprend donc qu’ils aient, eux aussi, suivi les avatars du Premier de l’An. L’actuelle tête de la Saint-Michel, qui marque la fin des récoltes dans les champs, est un souvenir des Saturnales d’automne de l’empire de Sparte  la Mi-Carême est le Souvenir des Saturnales de printemps et la Vieille Semaine, dont parle Pierre-Jakez Hélias dans son Cheval d’Orgueil est le souvenir des Saturnales d’hiver.
Le cycle de Méton avait marqué un réel progrès, mais il n’était pas d’une justesse absolue tous les 76 ans il avançait d’un jour, ce qu’officialisa tout bonnement la “ réforme ” de Calippe de Cyzique au temps d’Alexandre. Mais à Rome on n’était pas parvenu à cette solution ~ il régnait une épouvantable confusion par la faute des pontifes chargés chaque année d’établir le calendrier des têtes et des foires et qui voulaient empêcher les Nones (les 5 des mois de vingt-neuf jours et le 7 des mois de trente et un) de tomber à la date des marchés publics qui se tenaient tous les huit jours. Il en était résulté des modifications successives telles qu’en l’an 190 le 1er janvier correspondait au 29 août et en 68 au 15 octobre  Prenant conseil de l’astronome égyptien Sosigène, Jules César mit fin à ce désordre. L’année - 47 compta 445 jours pour rattraper le temps astronomique. Le peuple l’appela “l’année de confusion ”. Les années suivantes comptèrent 365 jours et les années bissextiles 366. Le jour supplémentaire fut affecté au dernier mois de l’année d’alors, c’est-à-dire à février, et il y est toujours affecté.
Les Gaulois célébraient le début de leur année le même jour que les légionnaires romains célébraient la fête de Mithra, ce qui signifie que le culte de Mithra et le culte gaulois avaient des origines communes. L’année gauloise commençait donc le 1er Pantaranos (équivalent à notre  1er Octobre - lorsqu’elle était en correspondance avec l’année solaire, ce qui était rare). Elle était en effet lunaire, avançait de près d’un mois par an et avait besoin d’une remise en place annuelle. Elle se composait de vingt-six mois de quinze jours ou, plus exactement, de treize mois de trente jours, chaque mois étant divisé en deux parties, la seconde étant affectée de l’adjectif atenoux (Pantaranos atenoux, Samonios atenoux, etc.) ; les druides indiquaient par là que certains “versants ” des mois étaient fastes et d’autres néfastes pour entreprendre des actions.
Cependant, dans chaque période faste ou néfaste se trouvait un jour au destin opposé, exactement comme dans le T’AI KI chinois, figure circulaire moitié noire et moitié blanche, il se trouve un point blanc dans la moitié noire. Il est très vraisemblable que ces deux traditions proviennent d’un fonds commun.
Le résultat obtenu par César était trop beau : l’année chrétienne commença au 1er avril. En France, les Mérovingiens firent commencer l’année le 1er  mai, jour où ils avaient l’habitude de passer leurs troupes en revue. Les Carolingiens la firent commencer à Noël, c’est-à-dire au solstice d’hiver. Les Capétiens la firent commencer à Pâques. Enfin, en 1564, Charles IX la fit commencer au 1er janvier comme l’avait décidé L’Eglise, ce qui détermina les plaisanteries le 1er avril suivant. En 1582, Grégoire XIII supprima dix jours qui s’étaient accumulés en trop. Quant à l’année liturgique, elle avait fini, de son côté, par se déplacer de Pâques au premier dimanche de l’Avent (le plus proche de la Saint André), quatre semaines avant Noël.
[1]Lorsque Robert Graves précise les correspondances de jours entre le calendrier des arbres et le calendrier actuel, par exemple lorsqu’il indique que le mois du Houx s’étendait du 8 juillet au 4 août (et ce sont ses indications que j’ai reprises ici), il ne se rend pas compte que les mois-arbres, étant lunaires, se déplaçaient obligatoirement chaque année. Exactement comme les mois druidiques gaulois. Je constate par exemple qu’en 1965 le 1er Pantaranos correspondait au 18 septembre mais qu’en 1966 il correspondait au 8 octobre. Graves s’imagine donc que le calendrier des arbres était luni-solaire, c’est-à-dire que ses repères étaient fixes. L’histoire nous prouve que l’utilisation de repères fixes et l’établissement de têtes fixes n’a pu s’effectuer qu’après le rejet de toute division lunaire. Si j’ai conservé les indications de Graves, c’est qu’elles sont commodes pour le lecteur non averti, Si commodes, du reste, qu’elles correspondent à des années où les deux calendriers, le lunaire et le solaire, ont coïncidé vraiment, c’est-à-dire où le festiaire et les travaux des champs correspondants ont coïncidé. C’est à partir de telles coïncidences qu’ont dû s’imposer certaines fêtes fixes dans les campagnes, à des dates plus ou moins approximatives, hors de tout cérémonial officiel. Ces têtes fixes furent les ancêtres des têtes fixes du Christianisme.
 Graves suppose que les cultivateurs et leur bas clergé avaient une telle expérience de la mesure du temps qui s’écoule qu’ils avaient pu mettre au point un calendrier fixe à partir des solstices repérés de façon précise. Une telle découverte aurait été Si utile que tout le monde sans exception l’aurait adoptée. Or il n’existe aucune indication que quiconque l’ait fait. C’est donc que Graves prête à nos ancêtres celtes une intelligence qu’ils n’ont pas eue.
On sait que les tribulations du Premier de l’An ne prirent pas fin avec la réforme de Grégoire XII : le 22 septembre 1792 devint en France le 1er Vendémiaire, premier jour du calendrier républicain. Par un hasard remarquable il s’agissait d’un équinoxe vrai d’automne.  
GORT désigne le Lierre.
Le mois s’étend (tout à fait théoriquement, nous le savons désormais) du 30 septembre au 27 octobre.
C’est celui pendant lequel Seth, déguisé en sanglier, tue l’Osiris du lierre. La “ Fille du Lierre ”, dernière gerbe de la moisson et symbole de la résurrection à venir, est l’adversaire du “ Gars du Houx ”, symbole de mort.
La tribu de Dan avait pour devise “ Comme un Serpent ”. Le serpent évoque la liane de lierre.
Taliésin disait du dieu en ce mois
“ Je suis un sanglier cruel ”. C’est en effet un sanglier qui tue Adonis, Osiris, etc. On a là l’indication que la Grande Déesse locale avait été assimilée à une truie. Lorsque la Grande Déesse était assimilée à une vache le roi sacré était assassiné par un de ses compagnons déguisés en taureau lorsqu’elle était assimilée à une biche l’exécuteur était déguisé en cerf. D’où l’origine des tabous sur certaines viandes ; l’origine de ces tabous n’a rien a voir avec l’hygiène ;  la Grande Déesse avait été symbolisée par l’animal le plus utile dans la région, cette utilité englobait évidemment le chapitre de la nourriture. C’est par un contresens ahurissant que l’on en vint à interdire de manger l’animal symbolisant la Grande Déesse : on lui ôtait dès lors toute utilité. Tel est le cas du porc chez les Arabes ou de la vache chez les Indiens.
La lettre phénicienne correspondant au signe du Scorpion était le ZAIN qui signifie peut-être “ dard ” même dans sa signification argotique de sexe masculin. Or le véritable mot pour désigner les sangliers des mythes évoqués signifiait “ verrats ”. Mais le mois commandé par le signe du Scorpion et le mois du Lierre n’ont que trois jours en commun ; la Balance occupe tout le reste du mois du Lierre.
La plus grande fête de Mithra se célébrait le 2 octobre. Il semble bien que  L’Eglise ait tenté, ici encore, de remplacer cette fête d’un héros solaire par celui de ses héros propres le plus apte à tenir le rôle. Il s’agit de Saint Michel (29 septembre). La fête était encore très importante à la campagne il  y a peu d’années et marquait le jour anniversaire des contrats de fermage ou de locations d’immeubles. D’ailleurs cette fête est qualifiée par l’Église de “ double de première classe ” (alors que saint Matthieu n’a droit qu’à la seconde classe). Il est évident que la fête fut originellement une fête équinoxiale et qu’elle fut légèrement déplacée par la suite, à moins que sa date ait été mal calculée. En tout cas il est très symptomatique que L’Eglise chrétienne fasse de la Saint-Michel l’exact pendant de la Saint-Gabriel dans l’autre moitié de l’année.
La religion de Mithra n’admettait pas les sacrifices humains et représentait donc une amélioration par rapport aux fêtes primitives de la fin de la moisson où l’on sacrifiait une victime humaine, fille du lierre ou gars du houx. A Jérusalem, avant l’exil, une fois la moisson terminée, le grand prêtre représentant Iahvé célébrait son mariage religieux avec la déesse Anatha (Athéna) pour assurer de bonnes récoltes l’année suivante. Leurs enfants étaient les grains de blé à venir.
 PETHBOC ou NGETAL dans les alphabets celtiques ne comportant pas de P.
PETHBOC, ou NGETAL, désigne le hièble, la boule de neige, la viorne, mais surtout, à l’origine, le Roseau sous tous ses aspects, même celui de jonc marin insigne de la royauté des pharaons, d’où les plaisanteries du prophète Isaïe sur l’Égypte qu’il compare au roseau fragile.
Le mois s‘étend du 28 octobre au 24 novembre. C’est le douzième mois. Douze symbolise donc le pouvoir établi, représenté aussi bien par le jonc pharaonique que par le chaume de roseau qui couvre une maison, c’est-à-dire qui l’achève et autorise à ce qu’on l’appelle désormais maison. Le mois inclut la veille de la Toussaint : désormais la lumière s’achemine vers son point le plus bas.
Taliésin disait du dieu en ce mois
“ J’ai été une flèche décochée dans une bataille ”.
En effet la hampe des flèches était faite avec la tige d’un roseau.
Ruis désigne le Sureau porte-malheur, celui-là auquel se serait pendu Judas Si l’on avait, du moins, laissé Judas se pendre et Si l’on n’avait pas préféré l’éventrer. A la fin du mois, le roi du Houx est mis à mort pour laisser la place au Divin Enfant représentant la Nouvelle Année et dont le sort sera d’être mis à mort à son tour au solstice d’été suivant. On pourrait en tirer comme conclusion symbolique qu’il semble normal que le nombre treize soit considéré comme un porte-malheur. Ce n’est pas certain du tout. Le fait que treize soit devenu un porte-malheur est vraisemblablement imputable à l’une des religions à douze mois qui ont succédé à la religion aux treize mois-arbres, et l’on ne peut s’empêcher, évidemment, de penser à la religion chrétienne, puisque les religions grecques et romaines intermédiaires n’ont jamais combattu, elles, les “ mystères ” des Grandes Déesses ou de Dionysos ou d’Adonis qui assuraient, de façon discrète mais quasi-officielle, la pérennité des anciens mythes. Le treize doit donc être considéré simplement comme le nombre des lunaisons au cours d’une année solaire.
Le mois du Sureau s’étend du 25 novembre au 22 décembre.
C’est donc lui qui correspondrait au Capricorne, le signe froid du jeune Harold, passionné de suicides et d’enterrements dans le roman Harold et Maud. Le travail Héraclès correspondant est la visite aux Enfers et la capture du chien Cerbère.
Taliésin disait du dieu en ce mois

“ Je suis une vague de la mer ” pour exprimer, sans doute, le perpétuel mouvement des années qui se recouvrent l’une l’autre.



[1] Guy Trévoux : Lettres, Chiffres et Dieux.
à suivre...
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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