Dimanche 27 novembre 2005 7 27 /11 /Nov /2005 01:48
« - Exactement comme pour les pierres, les prédicateurs chrétiens eurent de constants efforts à faire pour éliminer ce culte des arbres. Ils abattaient infatigablement les arbres à qui s’adressait un culte païen, comme ils l’ont fait chez les germains et les Lituaniens. Paulin rapporte que les païens prirent calmement la destruction de leurs temples, mais protestèrent énergiquement quand Saint Martin voulut abattre un pin sacré ; or ceci se passait à la fin du V e siècle. »
Jan de Vries : la religion des celtes ; Payot édition
 
Nion désigne le FRENE. Le mois s’étend du 18 février au 17 mars. Il était dédié à Poséidon, primitivement manieur de la foudre, comme Zeus, et patron des chevaux. Il devint patron des navigateurs quand les Achéens durent prendre la mer, chassés par l’invasion des Doriens, et qu’ils furent devenus les “peuples de la Mer ” reprenant à leur compte le nom des premiers Helladiens, les “Pélasges ”, dont ils avaient eux-mêmes envahi le territoire quelques centaines d’années auparavant.
C’est peut-être en ce  mois qu’Héraclès triomphe des oiseaux du lac Stymphale, volant en troupes immenses au-dessus des marais.
Dans le zodiaque actuel, le mois couvre la majeure partie du signe des Poissons. On attribue aux individus de ce signe une plasticité par rapport à leur environnement. Ils sont facilement disponibles et se mettent aisément à l’unisson. La tribu hébraïque de Zébulon (“parmi les bateaux ”) évoquerait ce mois des eaux. La pierre précieuse attribuée au mois du Frêne sur le pectoral du grand prêtre hébreu était le béryl dont le nom signifie “joyau de la mer ”.
Taliésin faisait dire au dieu en ce mois :
“ J’ai été une vaste étendue d’eau ”.
Depuis le début du mois du Bouleau, il s’est passé trois mois. Les étrusques ne les comptaient pas comme faisant partie de l’année sacrée car la nuit y occupait trop de place. Ils faisaient commencer l’année au mois suivant, ce qui correspond à la fête chrétienne de l’Annonciation.
DUIR désigne le Chêne, l’arbre de Zeus, de Thor, d’El, d’Allah... Le mois s’étend du 1o juin au 7 juillet.
Le chêne symbolise l’endurance, la solidité, comme les animaux à carapaces (scarabées, tortues, crustacés) ce qui explique que cest le Cancer qui correspond actuellement au mois du Chêne et que la plaie d’Egypte correspondante est vraisemblablement celle des scarabées. On trouve un crabe jouant un rôle épisodique dans les travaux d’Héraclès  c’est celui qui mord le héros tandis qu5il vainc l’Hydre de Lerne, monstre aquatique comme il sied à un signe d’eau.
Situé exactement au milieu de l’année, comme le Vénérable au centre de l’Orient d’une Loge, il est le septième mois.
Zeus étant devenu le roi des dieux, le droit de manier la foudre lui fut réservé, Si bien que Poséidon, le dieu du Frêne, qui jusque-là l’avait aussi maniée, dut se contenter d’un trident. Au roi des dieux correspondait la tribu israélite d’Asher (“des délicatesses royales sont sur son assiette ”).
Mais, jusqu’à l’arrivée des Achéens, le métier de roi sacré ne fut pas enviable tous les jours  le 24 juin il était castré, aveuglé au moyen d’un pal de gui, dépecé ou brûlé vif et mangé. Pour souligner que l’événement avait lieu le septième mois, ce pique-nique sacré était suivi d’une vacance de sept jours. Commençait alors, avec le 1er juillet actuel, la seconde partie de l’année, celle du roi du Houx, correspondant vraisemblablement au temps symbolique “de midi a minuit ” des travaux de Loges. L’Eglise chrétienne continue à évoquer cette préhistoire en célébrant le  1er juillet la “fête du Précieux Sang ”. Lorsque j’étais enfant, il était d’usage de vouer certains jeunes garçons au Sacré Cœur : ils portaient alors un cordon de moire rouge et participaient ainsi décorés aux processions qui se déroulaient pendant ce “mois du Sacré Cœur ”.
Taliésin disait du dieu que l’on brûlait et dont on allait dévorer le corps :
“Il met le feu à la tête avec de la fumée ”.
L’Eglise a déplacé ce sacrifice eucharistique (concile de Nicée, 325) et l’a associé à la pâque juive. Du même coup tout l’appareil des tabous du mois précédent s’est trouvé lui aussi décalé et est devenu le Carême. La vacance de sept jours est encore représentée chez les Chrétiens par la semaine pascale et chez les Juifs la tête durait sept jours. “ Faire ses pâques ”, c’est-à-dire dévorer la victime sacrée, est toujours une obligation pour un Chrétien. Les FRANCS-MAÇONS observent le même rituel, édulcoré à leur façon  leurs seules agapes d’obligation dans l’année se situent lors de leur fête solsticiale, donc en juin. Ils respectent la date originelle.
Entre - 40000 et - 25000, les hommes sacrifièrent un animal, souvent un ourson, parce que l’ours, dans les pays sans singes, est l’animal qui se rapproche le plus de l’homme il est intelligent et se tient  sur ses pattes de derrière lorsqu’il est attaqué. L’ourson avait été volé à sa mère quelques mois auparavant et élevé dans le village. Il ne songeait donc pas à se défendre lorsque hommes et femmes, un beau jour, se précipitaient sur lui et le dévoraient vivant. Ses forces de vie étaient censées passer en eux jusqu’au prochain sacrifice. Puis, vers - 25000, semblent apparaître les “rites caducéens ”  (Jacques Walter, Psychanalyse des rites- Denoél éditeur). On se rappelle que la Grande Déesse est souvent représentée entre deux animaux symbolisant son pouvoir sur toute la création. Lors des rites solsticiaux, les deux animaux sont alors figurés par deux hommes qui s’accouplent publiquement à une prêtresse ; après quoi on les enterre vivants tous les trois. De   25000 à - 5000, après le viol de la prêtresse les deux hommes s’affrontent, par exemple en des jeux de force tels que le jeu de la corde sur laquelle tirent leurs deux équipes. Le vainqueur est proclamé le roi de la fête et il tue son adversaire, lui-même restant en vie. De - 4000 à - 2000 il semble que le roi soit volontaire pour se laisser dépecer et dévorer vivant et cru. Tels auraient été les cas des Zeus annuels en Crête, des Héraclès à Argos, des Thésée à Athènes. Puis on les fit cuire. Enfin ils prirent goût au pouvoir et acquirent les moyens de le conserver et de l’exercer vraiment toute l’année durant et non plus seulement pendant un jour. Lorsque arrivait le temps du sacrifice, ils disparaissaient pendant la semaine cruciale. On leur choisissait alors un substitut, fils ou prisonnier, qui jouait le rôle du roi pendant cette semaine et que l’on tuait le septième jour, après quoi le roi véritable réapparaissait, comme rajeuni par cet échange d’une vie. C’est à l’origine de l’histoire du Minotaure de Crête à la place duquel étaient sacrifiées de jeunes victimes athéniennes. Dans le sud de l’Égypte, en Nubie, le souverain de Méroé n’était sacrifié qu’au bout de trente ans. Le roi des Mossi, le Mogho-Nuba, fêtait un jubilé au bout de trente ans également, mais il avait acquis le privilège de rester en vie et l’on célébrait seulement des fêtes évoquant son rajeunissement. Dans la plupart des cas ce rajeunissement des rois sacrés était symbolisé par un nouveau mariage avec une reine plus jeune que la précédente. Chez les Hébreux, Moïse et Aaron avaient été, eux aussi, des rois sacrés avec tout ce que cela comportait comme funestes échéances. Moïse, ou plutôt l’un des “moïse ”, tua Aaron, son taniste ou jumeau, ou prédécesseur, puis se fit tuer à son tour vraisemblablement par Josué, son successeur désigné. Les deux meurtres eurent lieu sur des montagnes comme le désiraient les traditions. C’est également pour respecter la même tradition que les feux de la Saint Jean se font encore de préférence sur des sommets de collines. Saint Jean-Baptiste, dans la mythologie chrétienne, remplit le rôle de taniste de Jésus (il y là un doublet avec Thomas qui, plusieurs pages plus loin, après la disparition de Jean, reprend le rôle de jumeau). Mais désormais les tanistes ne se tuent plus. Ils rendent témoignage l’un de l’autre. On aura remarqué que la parenté entre les deux “jumeaux ”est une parenté solaire  ils ne sont jumeaux qu’à la manière des deux solstices  de l’année, six mois séparent  les naissances du Baptiste et du Christ. La fête de la Nativité de saint Jean-Baptiste n’est pas la seule que L’Eglise chrétienne ait placée à cette époque de l’année Est-ce en effet un hasard Si la tête des saints Pierre et Paul tombe le 29 juin, vraiment fort près de l’anniversaire sacrificiel rituel ? On sait que Pierre et Paul furent adversaires ; Paul peut avoir représenté dès lors, dans la nouvelle mythologie, une sorte de taniste de Pierre. Pierre dut être exécuté à Jérusalem, malgré le chapitre romancé des Actes des Apôtres qui le fait échapper miraculeusement a son sort mais qui se garde bien de donner désormais des détails sur sa vie après sa bizarre délivrance par un ange. C’est pour qu’il pût apparaître comme le taniste de Paul, taniste a la nouvelle mode, c’est-à-dire ami plus qu’adversaire, que L’Eglise l’a fait arriver à Rome on ne sait ni quand ni pourquoi, et se réconcilier avec son rival
Dans certaines mythologies les deux jumeaux ou rivaux fusionnent en un seul être auquel demeurent des traces de cette double origine : tel est le cas des dieux hindous à quatre bras, du dieu Mardouk qui avait quatre yeux et quatre oreilles, de Janus aux deux visages et de Proserpine qui avait également deux visages lorsqu’elle se rendait dans les Enfers rejoindre annuellement son mari. Ces deux jumeaux ou ces deux personnalités en une seule figurent l’étoile du matin et l’étoile du soir, c’est-à-dire la même planète Grande Déesse Vénus sous ses deux aspects de vie le matin et de mort le soir. Ce qui explique pourquoi tant de mythes, puis de romans d’amour sont aussi des mythes, ou des romans, de mort.
Je pense que le meurtre cannibale est à l’origine du rite des deux boissons que doit avaler le candidat à l’initiation en Franc-Maçonnerie. Selon les obédiences, les deux boissons, une amère et une douce, sont bues dans un ordre différent et à un des moments différents de la cérémonie d’initiation. Dans le rituel français pratiqué au Grand Orient, elles sont bues en fin d’initiation, après les trois voyages et juste avant que le bandeau ne soit retiré des yeux du néophyte. La boisson amère est bue avant la boisson douce. Dans le rituel écossais pratiqué a la Grande Loge l’initié doit boire en trois gorgées une boisson douce 4ui devient progressivement amère, puis on lui accorde une nouvelle boisson douce. Dans le rituel de Memphis-Misraim c’est la boisson douce qui est bue la première et avant toute autre épreuve, la boisson amère est bue en fin d initiation. Ce rituel spécifie que la boisson douce est une infusion froide d’aubépine et qu’elle joue le rôle de philtre d’oubli de ce qui a été la vie antérieure du profane. La boisson amère est une infusion de gentiane “destinée à dépersonnaliser ”, c’est-à-dire qu’il y a là un doublet fautif avec la boisson d’oubli précédente. On peut remarquer que, dans les Évangiles, c’est le vin des noces de Cana qui semble jouer le rôle de boisson douce ou agréable et qu’il est bu tout au début de la vie publique du Christ, c’est-à-dire au début du scénario initiatique. Dans la mythologie grecque il s’agit de l’ambroisie servie a la table des dieux ou encore de la boisson servie aux compagnons d’Ulysse par les Lotophages et destinée à leur faire perdre le souvenir de leur vie passée. Dans le rituel cannibale la boisson agréable était donc une boisson enivrante destinée a ôter toute raison aux acteurs du drame, aussi bien a la victime qui se trouvait ainsi sans défense (d’autant qu’elle n’avait pas le droit de porter de métal, c’est-à-dire d’armes, dans un enclos sacré) qu’aux autres protagonistes rendus incapables de comprendre l’horreur de leur acte.
Le rôle primitif de la boisson amère est un peu plus difficile a trouver. On la repère dans les Évangiles sous deux aspects l’aspect moral du calice d’amertume apparaissant au Christ au Jardin des Oliviers et qu’il supplie son père d’ôter de sa vue, puis l’aspect physique de l’éponge pleine de vinaigre à laquelle Jésus s’abreuve sur la croix avant de mourir. On la repère dans les anciens rites d’initiation aux mystères d’Éleusis les postulants à l’initiation devaient commencer par prendre une purge. Celle-ci était alors destinée à leur assurer une pureté morale a l’image de la pureté physique qu’elle déterminait dans leurs tubes digestifs. Mais c’est là encore une vision morale des choses et chaque fois que je rencontre une explication morale d’un rite, je soupçonne qu’elle remplace une explication physique originelle depuis longtemps oubliée. On peut déjà remarquer que le moment ou la boisson amère doit être avalée n’est plus le même chez les Évangélistes que chez les initiés d’Éleusis. On peut raisonnablement penser que l’initiation aux mystères d’Éleusis nous restitue, plus fidèlement que les Évangiles les rites antiques. Dès lors on peut admettre que c’est la boisson amère qui devait en effet être bue la première, avant toute épreuve, et qu’elle était chargée de vider les intestins. Elle sera remplacée dans plusieurs religions par des obligations de jeûnes plus ou moins prolongés à certaines époques. La raison de cette toilette intérieure devient facile a comprendre Si l’on se représente le spectacle dégoûtant que devait être le dépeçage de la victime palpitante. Quelques expériences particulièrement nauséabondes ont dû inspirer l’obligation de la purge.
Les crustacés changent de carapace périodiquement ; les scarabées sont le résultat de mues successives. Voilà qui explique pourquoi de tels animaux furent choisis pour symboliser la période de l’année où il était imposé au roi de rajeunir. On prétend d’ailleurs que le signe du Cancer favorise, chez ses natifs, les sentiments d’attachement à la mère et à l’enfance.
Comme le chêne était censé attirer la foudre (on en avait fait l’arbre de Zeus puisque l’on tuait les Zeus au mois du Chêne) le premier jour du mois du Chêne est devenu la Pentecôte des Chrétiens, la fête des langues de feu. Une semaine et demie plus tard L’Eglise catholique célèbre la Fête-Dieu. En effet, ce qui s’est passé pour les Quatre-Temps se reproduit ici. Le sacrifice eucharistique ayant été déplacé du solstice de juin à Pâques, on n’en continua pas moins à observer l’ancienne fête, à la symbolique anthropophagique, dans certaines campagnes. L’Eglise décida donc d’instituer une fête du corps du Christ à l’ancienne date et fit promener l’hostie en procession a travers les rues des villes et les chemins des campagnes ce fut la Fête-Dieu qu’institua Urbain IV en I 264 en prenant le prétexte de commémorer le miracle de l’apparition du sang sur une hostie près d’Orvieto.
Entre la Pentecôte et le jeudi de la Fête-Dieu se place tout naturellement le dimanche de la Trinité. En effet, le sacrifice du roi solaire du Chêne se plaçait normalement au terme de quelques jours de festivités en l’honneur de la triple déesse lunaire.
Étant donné l’époque de la procession de la Fête-Dieu, il sembla naturel de garnir de fleurs son parcours. C’est ce que faisaient déjà les Grecs lors des Anthesphories, fêtes des fleurs en l’honneur de Proserpine et de Cérès, en plein milieu du printemps ; on y jonchait le sol de fleurs.
Le mois du Chêne est à cheval sur deux signes du zodiaque contemporain. Pourtant la lettre phénicienne DALETH lui correspond, avec le symbolisme de “porte solide ”.
TINNE désigne le Houx, le Chêne vert ou le Térébinthe selon les lieux. C’est le mois du triomphe meurtrier du roi du Chêne. Sa lettre, le TAU, aura, à partir des Phéniciens, la forme de la croix, instrument de supplice. La hache à deux tranchants (chacun d’eux évoquant une phase de la lune) est également le symbole du second roi sacré de l’année : l’arme a servi à dépecer le roi du Chêne et marque donc le triomphe de la Déesse-Lune sur le Soleil dans l’ordre des préséances puisque le roi du Chêne est sacrifié précisément la nuit du solstice au moment où le Soleil vient de connaître son instant d’apogée au plus haut du ciel. Les Chrétiens ont déplacé la date mythique de la mort du Christ qui aurait dû survenir un 24 juin. C’est que la date véritable du supplice du Jésus historique a dû réellement se situer avant la pâque. Mais le triomphe de la Déesse-Lune est tout de même commémoré par les Évangélistes : au moment de la mort du Christ se place une éclipse totale de Soleil.
La tribu d’Israël correspondante est celle de Siméon (“ le Frère Sanglant ”). Le dieu qui présidait à ce mois était Seth, meurtrier d’Osiris, en Égypte. Peut-être le travail d’Héraclès correspondant était-il la capture des juments de Diomède  elles étaient en effet cannibales et c’étaient des juments, non des chevaux or les rois sacrés étaient mis â mort sur les ordres des prêtresses. A moins qu’il ne s’agisse de la mise à mort du lion de Némée. La liste des travaux d’Héraclès, comme celle des plaies d’Egypte, a été faite par des poètes aux temps desquels avait été déjà oubliée la plus grande partie des raisons de telles mythologies : l’ordre saisonnier n’y est donc pas respecté et certains épisodes comportent des symbolismes qui se chevauchent. Les poètes ne sont pas responsables de ces mélanges car ils ont retranscrit ces histoires à des époques où les religions qui leur avaient donné naissance étaient devenues hérétiques. Par exemple, la période de l’histoire entourant la naissance du Christianisme, période pourtant récente, a été tellement travestie à partir de Constantin qu’il est devenu impossible à des écrivains modernes de bonne foi de pouvoir la raconter dans son exactitude.
Le mois du Houx s’étend du 8 juillet au 4 août. Il recouvre donc une partie du Cancer et une partie du Lion et correspondrait plutôt au Lion ambitieux, autoritaire, rayonnant.
Taliésin faisait dire au dieu
“ J’ai été un géant abattant une armée ”.
La mythologie grecque fait mourir Dryas (“le Chêne ”) sous les coups de Térée (nom commençant par T).
On a vu que la fête des Lamas (2 août), fête du Soleil ardent, a été maquillée dans L’Eglise chrétienne en fête de la Transfiguration.
COLL désigne le Noisetier dans nos climats et l’Amandier plus au sud. La verge d’Aaron était en amandier.
Le mois s’étend du 5 août au 1er septembre.
C’est celui de la sagesse concentrée, c’est-à-dire de la connaissance, de la clairvoyance. C’est le mois du dieu Hermès car Hermès conduisait les âmes des morts aux Enfers, or la divination se pratiquait en interrogeant les morts. Il correspond à la tribu d’Éphraïm (“ la Fertile ”). La baguette de noisetier servait à découvrir l’eau, les trésors, voire les coupables de meurtre.
Le 13 août se plaçait la tête de la déesse Vesta (autre nom de Diane Némésis) ; elle devint la tête de l’Assomption de la Vierge chez les Catholiques. Il se trouve que le mois du noisetier recouvre le signe du Lion et celui de la Vierge, ce qui prouve que le calendrier des arbres encadrait mieux les fêtes traditionnelles que le zodiaque actuel dans lequel le 15 août ne fait plus partie du signe de la Vierge.
Dans les litanies de la Très Sainte Vierge Marie on trouve  “ Sedes Sapientae, ora pro nobis” (“ Trône de Sagesse, priez pour nous ”). Cela indique que la tête de la Vierge avait originellement sa place dans le mois de la Sagesse, bien avant que l’on ait inventé une vierge Marie. Il en est résulté que les vertus de raison, de contrôle, de réserve ont été tout naturellement transférées au signe zodiacal de la Vierge. On observera incidemment que L’Eglise a conservé, parmi les phrases composant les litanies des saints, certaines formules traditionnelles. Il serait instructif de se livrer à des recherches systématiques pour découvrir quelle divinité antique se dissimule à la date de la tête de tel ou tel saint chrétien.
Taliésin faisait dire au dieu :
“J’ai été un saumon dans l’étang ”.
En effet, dans les mythes celtiques, le saumon se nourrit de noisettes. La lettre phénicienne correspondant au signe de la Vierge est le HE qui signifie “l’enclos, la grange ”. Elle symbolise la mise à l’abri derrière une clôture, l’engrangement et, par suite, l’ordre un peu ennuyeux. Le travail d’Héraclès correspondant à ce mois est la quête des pommes des Hespérides (Vespérides), c’est-à-dire des jardinières de l’ouest, du couchant. En effet, chez les Druides, le pommier devait patronner le 1cr jour du mois du noisetier et doit donc être considéré comme la source de sagesse par excellence.
MUIN désigne la Ronce, dans le nord, ou la Vigne, dans le sud.
C’est aussi le mois de Minerve, des Muses, de l’inspiration poétique Opposée au discours raisonnable. Il devint le mois de Dionysos et d’Osiris. C’est Dionysos, élevé par la nymphe Iaccha, qui devint le Bacchus des poètes grecs puis romains.
Le mois s’étend du 2 septembre au 29 septembre. Sa pierre est l’améthyste ou pierre de vin  sa tribu d’Israël est celle de Managé (“ La Négligence ”). Il commande à la joie, à la gaieté, voire à l’emportement furieux. Il inclut l’équinoxe d’Automne que L’Eglise chrétienne meublera de la Saint Matthieu (21 septembre) dont elle tentera de faire le premier des Évangélistes ; c’est, en tout cas, celui qui donne le plus de détails correspondants à ce que l’on attend de la vie romancée d’un roi solaire traditionnel.
Taliésin disait du dieu en ce mois
“ J’ai été une colline de poésie ”.
Cela ne convient évidemment pas du tout au signe terre à terre de la Vierge dans le zodiaque moderne, bien que, le 8 septembre, les Chrétiens célèbrent la Nativité de la Vierge Marie. Cela convient plutôt à la Balance, le signe du charme, de l’affectivité, dont la devise pourrait être “ j’aime donc je suis ” (François-Régis Bastide, Zodiaque, Presses Pocket) qui invente tant de petites histoires sans motif, pour le plaisir. Le décalage s’accentue ici terriblement entre le calendrier des arbres et le zodiaque actuel  il atteint presque un mois. Peut-être serait-il bon, par conséquent, de résumer l’histoire du Premier de l’An.
Dire qu’au cours des âges il s’est déplacé tout le long de l’année est trop simple : dans un même pays, par exemple en Grèce, des cités voisines ne trouvèrent pas ridicule d’utiliser des calendriers complètement différents.
Dans le monde occidental il faudra attendre la réforme de Jules César pour que l’année civile et l’année religieuse coïncident.
Histoire du Premier de l’an
Janus, le dieu panique à deux têtes, considéré à la fois comme le dieu des portes et comme la charnière entre le passé et le futur, dut évidemment patronner, à l’origine, le Premier de l’An, moment où la vieille année cédait la place à la nouvelle, et ce Premier de l’An devait se situer à la fin des vacances de sept jours qui suivaient la mort du roi du Chêne, c’est-à-dire vers notre 1er juillet. Puis cette date se déplaça suivant certains mouvements de populations que nous appelons “invasions ” celtiques, doriennes, etc.  qui durent ressembler aux expansions françaises en Italie et en Dalmatie sous Bonaparte. Ces populations n’étaient pas plus “ nomades ” que les Français dans leur comportement habituel. A Athènes, le Premier de l’An tombait à la nouvelle lune la plus voisine du solstice d’été  à Sparte, il s’agissait de la nouvelle lune la plus voisine de l’équinoxe d’automne et toutes les colonies de l’empire spartiate, y compris la Sicile, adoptèrent ce Premier de l’An. C’était également celui des Perses et de toute la Celtie et cela n’est pas sans jeter des lumières sur la délimitation du territoire originel de cette Celtie. Chacun de leur côté, les Achéens et les Étrusques avaient adopté l’équinoxe de printemps ‘le Premier de l’An s’était donc fixé chez eux en mars comme on peut le déduire des noms des mois de SEPTembre, OCTobre, etc., qu’ils ont légué aux Romains et que les Romains nous ont légués. Les Thébains préféraient le solstice d’hiver.
En 432 av. J.-C., pour mettre fin à ce pêle-mêle, l’astronome athénien Méton réforma le calendrier et fit commencer l’année le 16 juillet.
Les Israélites, héritiers des traditions celtiques éoliennes puis achéennes par le canal des Philistins ou Peuples de la Mer, célébraient le Nouvel An à la nouvelle lune précédant l’équinoxe de printemps. De plus, leur calendrier fut calqué sur celui des Grecs car ils continuèrent avec la Grèce le commerce que les Philistins, grecs eux-mêmes, entretenaient avec elle ; et les rois hébreux, à partir de David, eurent des mercenaires grecs dans leurs armées. A partir de Méton leur année s’aligna donc sur l’année grecque réformée : elle eut douze mois, alternativement de trente et de vingt-neuf jours. Les 3e,6e,8e,11e,14e,17e,et 19e années de chaque période de dix-neuf ans, le douzième mois était doublé, ce qui était un souvenir de l’année des treize mois-arbres.
Le système de Méton avait été conçu, en partie, pour diminuer le nombre des jours en surplus dans les calendriers précédents. Par exemple, les treize mois de vingt-huit jours du calendrier des arbres faisaient 364 jours l’année civile comportait donc un jour de plus que l’année religieuse, le 365e. Les douze mois de trente jours des Égyptiens requéraient cinq jours en plus. Il y eut des époques où l’année romaine comporta 304 puis 355 jours. Les jours en surplus, implaçables dans l’année religieuse, furent considérés comme autorisant toutes les licences puisqu’ils se trouvaient hors des périodes de tabous. Les esclaves avaient le droit de s’y conduire en maîtres. Le souvenir s’en est perpétué jusqu’au XXe  siècle en Occident, à la campagne, où la semaine entre Noël et le Premier de l’An s’appelait encore la “ Vieille Semaine ” avant la guerre de 1914 et où les domestiques des fermiers cessaient de travailler et laissaient leurs employeurs se morfondre, ignorant si le personnel demanderait à renouveler ses contrats. Cette liberté temporaire évoquait le fabuleux “ âge d’or ” gouverné par Saturne et l’on avait appelé ces jours en surplus les Saturnales. On les retrouvera dans le calendrier révolutionnaire français sous le nom de “ Sans-culottides ”.
Or les jours en surplus devaient logiquement se placer après le terme de l’année religieuse. On comprend donc qu’ils aient, eux aussi, suivi les avatars du Premier de l’An. L’actuelle tête de la Saint-Michel, qui marque la fin des récoltes dans les champs, est un souvenir des Saturnales d’automne de l’empire de Sparte  la Mi-Carême est le Souvenir des Saturnales de printemps et la Vieille Semaine, dont parle Pierre-Jakez Hélias dans son Cheval d’Orgueil est le souvenir des Saturnales d’hiver.
Le cycle de Méton avait marqué un réel progrès, mais il n’était pas d’une justesse absolue tous les 76 ans il avançait d’un jour, ce qu’officialisa tout bonnement la “ réforme ” de Calippe de Cyzique au temps d’Alexandre. Mais à Rome on n’était pas parvenu à cette solution ~ il régnait une épouvantable confusion par la faute des pontifes chargés chaque année d’établir le calendrier des têtes et des foires et qui voulaient empêcher les Nones (les 5 des mois de vingt-neuf jours et le 7 des mois de trente et un) de tomber à la date des marchés publics qui se tenaient tous les huit jours. Il en était résulté des modifications successives telles qu’en l’an 190 le 1er janvier correspondait au 29 août et en 68 au 15 octobre  Prenant conseil de l’astronome égyptien Sosigène, Jules César mit fin à ce désordre. L’année - 47 compta 445 jours pour rattraper le temps astronomique. Le peuple l’appela “l’année de confusion ”. Les années suivantes comptèrent 365 jours et les années bissextiles 366. Le jour supplémentaire fut affecté au dernier mois de l’année d’alors, c’est-à-dire à février, et il y est toujours affecté.
Les Gaulois célébraient le début de leur année le même jour que les légionnaires romains célébraient la fête de Mithra, ce qui signifie que le culte de Mithra et le culte gaulois avaient des origines communes. L’année gauloise commençait donc le 1er Pantaranos (équivalent à notre  1er Octobre - lorsqu’elle était en correspondance avec l’année solaire, ce qui était rare). Elle était en effet lunaire, avançait de près d’un mois par an et avait besoin d’une remise en place annuelle. Elle se composait de vingt-six mois de quinze jours ou, plus exactement, de treize mois de trente jours, chaque mois étant divisé en deux parties, la seconde étant affectée de l’adjectif atenoux (Pantaranos atenoux, Samonios atenoux, etc.) ; les druides indiquaient par là que certains “versants ” des mois étaient fastes et d’autres néfastes pour entreprendre des actions.
Cependant, dans chaque période faste ou néfaste se trouvait un jour au destin opposé, exactement comme dans le T’AI KI chinois, figure circulaire moitié noire et moitié blanche, il se trouve un point blanc dans la moitié noire. Il est très vraisemblable que ces deux traditions proviennent d’un fonds commun.
Le résultat obtenu par César était trop beau : l’année chrétienne commença au 1er avril. En France, les Mérovingiens firent commencer l’année le 1er  mai, jour où ils avaient l’habitude de passer leurs troupes en revue. Les Carolingiens la firent commencer à Noël, c’est-à-dire au solstice d’hiver. Les Capétiens la firent commencer à Pâques. Enfin, en 1564, Charles IX la fit commencer au 1er janvier comme l’avait décidé L’Eglise, ce qui détermina les plaisanteries le 1er avril suivant. En 1582, Grégoire XIII supprima dix jours qui s’étaient accumulés en trop. Quant à l’année liturgique, elle avait fini, de son côté, par se déplacer de Pâques au premier dimanche de l’Avent (le plus proche de la Saint André), quatre semaines avant Noël.
[1]Lorsque Robert Graves précise les correspondances de jours entre le calendrier des arbres et le calendrier actuel, par exemple lorsqu’il indique que le mois du Houx s’étendait du 8 juillet au 4 août (et ce sont ses indications que j’ai reprises ici), il ne se rend pas compte que les mois-arbres, étant lunaires, se déplaçaient obligatoirement chaque année. Exactement comme les mois druidiques gaulois. Je constate par exemple qu’en 1965 le 1er Pantaranos correspondait au 18 septembre mais qu’en 1966 il correspondait au 8 octobre. Graves s’imagine donc que le calendrier des arbres était luni-solaire, c’est-à-dire que ses repères étaient fixes. L’histoire nous prouve que l’utilisation de repères fixes et l’établissement de têtes fixes n’a pu s’effectuer qu’après le rejet de toute division lunaire. Si j’ai conservé les indications de Graves, c’est qu’elles sont commodes pour le lecteur non averti, Si commodes, du reste, qu’elles correspondent à des années où les deux calendriers, le lunaire et le solaire, ont coïncidé vraiment, c’est-à-dire où le festiaire et les travaux des champs correspondants ont coïncidé. C’est à partir de telles coïncidences qu’ont dû s’imposer certaines fêtes fixes dans les campagnes, à des dates plus ou moins approximatives, hors de tout cérémonial officiel. Ces têtes fixes furent les ancêtres des têtes fixes du Christianisme.
 Graves suppose que les cultivateurs et leur bas clergé avaient une telle expérience de la mesure du temps qui s’écoule qu’ils avaient pu mettre au point un calendrier fixe à partir des solstices repérés de façon précise. Une telle découverte aurait été Si utile que tout le monde sans exception l’aurait adoptée. Or il n’existe aucune indication que quiconque l’ait fait. C’est donc que Graves prête à nos ancêtres celtes une intelligence qu’ils n’ont pas eue.
On sait que les tribulations du Premier de l’An ne prirent pas fin avec la réforme de Grégoire XII : le 22 septembre 1792 devint en France le 1er Vendémiaire, premier jour du calendrier républicain. Par un hasard remarquable il s’agissait d’un équinoxe vrai d’automne.  
GORT désigne le Lierre.
Le mois s’étend (tout à fait théoriquement, nous le savons désormais) du 30 septembre au 27 octobre.
C’est celui pendant lequel Seth, déguisé en sanglier, tue l’Osiris du lierre. La “ Fille du Lierre ”, dernière gerbe de la moisson et symbole de la résurrection à venir, est l’adversaire du “ Gars du Houx ”, symbole de mort.
La tribu de Dan avait pour devise “ Comme un Serpent ”. Le serpent évoque la liane de lierre.
Taliésin disait du dieu en ce mois
“ Je suis un sanglier cruel ”. C’est en effet un sanglier qui tue Adonis, Osiris, etc. On a là l’indication que la Grande Déesse locale avait été assimilée à une truie. Lorsque la Grande Déesse était assimilée à une vache le roi sacré était assassiné par un de ses compagnons déguisés en taureau lorsqu’elle était assimilée à une biche l’exécuteur était déguisé en cerf. D’où l’origine des tabous sur certaines viandes ; l’origine de ces tabous n’a rien a voir avec l’hygiène ;  la Grande Déesse avait été symbolisée par l’animal le plus utile dans la région, cette utilité englobait évidemment le chapitre de la nourriture. C’est par un contresens ahurissant que l’on en vint à interdire de manger l’animal symbolisant la Grande Déesse : on lui ôtait dès lors toute utilité. Tel est le cas du porc chez les Arabes ou de la vache chez les Indiens.
La lettre phénicienne correspondant au signe du Scorpion était le ZAIN qui signifie peut-être “ dard ” même dans sa signification argotique de sexe masculin. Or le véritable mot pour désigner les sangliers des mythes évoqués signifiait “ verrats ”. Mais le mois commandé par le signe du Scorpion et le mois du Lierre n’ont que trois jours en commun ; la Balance occupe tout le reste du mois du Lierre.
La plus grande fête de Mithra se célébrait le 2 octobre. Il semble bien que  L’Eglise ait tenté, ici encore, de remplacer cette fête d’un héros solaire par celui de ses héros propres le plus apte à tenir le rôle. Il s’agit de Saint Michel (29 septembre). La fête était encore très importante à la campagne il  y a peu d’années et marquait le jour anniversaire des contrats de fermage ou de locations d’immeubles. D’ailleurs cette fête est qualifiée par l’Église de “ double de première classe ” (alors que saint Matthieu n’a droit qu’à la seconde classe). Il est évident que la fête fut originellement une fête équinoxiale et qu’elle fut légèrement déplacée par la suite, à moins que sa date ait été mal calculée. En tout cas il est très symptomatique que L’Eglise chrétienne fasse de la Saint-Michel l’exact pendant de la Saint-Gabriel dans l’autre moitié de l’année.
La religion de Mithra n’admettait pas les sacrifices humains et représentait donc une amélioration par rapport aux fêtes primitives de la fin de la moisson où l’on sacrifiait une victime humaine, fille du lierre ou gars du houx. A Jérusalem, avant l’exil, une fois la moisson terminée, le grand prêtre représentant Iahvé célébrait son mariage religieux avec la déesse Anatha (Athéna) pour assurer de bonnes récoltes l’année suivante. Leurs enfants étaient les grains de blé à venir.
 PETHBOC ou NGETAL dans les alphabets celtiques ne comportant pas de P.
PETHBOC, ou NGETAL, désigne le hièble, la boule de neige, la viorne, mais surtout, à l’origine, le Roseau sous tous ses aspects, même celui de jonc marin insigne de la royauté des pharaons, d’où les plaisanteries du prophète Isaïe sur l’Égypte qu’il compare au roseau fragile.
Le mois s‘étend du 28 octobre au 24 novembre. C’est le douzième mois. Douze symbolise donc le pouvoir établi, représenté aussi bien par le jonc pharaonique que par le chaume de roseau qui couvre une maison, c’est-à-dire qui l’achève et autorise à ce qu’on l’appelle désormais maison. Le mois inclut la veille de la Toussaint : désormais la lumière s’achemine vers son point le plus bas.
Taliésin disait du dieu en ce mois
“ J’ai été une flèche décochée dans une bataille ”.
En effet la hampe des flèches était faite avec la tige d’un roseau.
Ruis désigne le Sureau porte-malheur, celui-là auquel se serait pendu Judas Si l’on avait, du moins, laissé Judas se pendre et Si l’on n’avait pas préféré l’éventrer. A la fin du mois, le roi du Houx est mis à mort pour laisser la place au Divin Enfant représentant la Nouvelle Année et dont le sort sera d’être mis à mort à son tour au solstice d’été suivant. On pourrait en tirer comme conclusion symbolique qu’il semble normal que le nombre treize soit considéré comme un porte-malheur. Ce n’est pas certain du tout. Le fait que treize soit devenu un porte-malheur est vraisemblablement imputable à l’une des religions à douze mois qui ont succédé à la religion aux treize mois-arbres, et l’on ne peut s’empêcher, évidemment, de penser à la religion chrétienne, puisque les religions grecques et romaines intermédiaires n’ont jamais combattu, elles, les “ mystères ” des Grandes Déesses ou de Dionysos ou d’Adonis qui assuraient, de façon discrète mais quasi-officielle, la pérennité des anciens mythes. Le treize doit donc être considéré simplement comme le nombre des lunaisons au cours d’une année solaire.
Le mois du Sureau s’étend du 25 novembre au 22 décembre.
C’est donc lui qui correspondrait au Capricorne, le signe froid du jeune Harold, passionné de suicides et d’enterrements dans le roman Harold et Maud. Le travail Héraclès correspondant est la visite aux Enfers et la capture du chien Cerbère.
Taliésin disait du dieu en ce mois

“ Je suis une vague de la mer ” pour exprimer, sans doute, le perpétuel mouvement des années qui se recouvrent l’une l’autre.



[1] Guy Trévoux : Lettres, Chiffres et Dieux.
à suivre...
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /Nov /2005 23:24
 
Comme le souligne le rapport public 1998 du Conseil d’État intitulé Réflexions sur le droit à la santé:
Le médecin doit informer le patient en vue d’éclairer son consentement aux soins et de lui permettre d’adapter sa conduite à la maladie et à la thérapeutique prescrite.
 
La question de l’information du patient est donc d’abord une obligation déontologique qui concerne les praticiens hospitaliers comme leurs confrères libéraux. Elle comporte différentes dimensions précisées par plusieurs articles du code de déontologie médicale. Mais l’obligation d’information pèse aussi sur les autres professionnels de santé et les établissements hospitaliers.
 
L’INFORMATION ET LA DÉONTOLOGIE MÉDICALE
 
L’obligation déontologique qui impose aux praticiens hospitaliers d’informer le patient sur les actes et les thérapeutiques trouve son fondement dans l’article 35 du code de déontologie médicale. Celui-ci souligne que le médecin doit à la personne qu’il examine, qu’il soigne ou conseille une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu’il lui propose. L’article L. 1111-2 du code de la santé publique introduit par la loi du 4 mars 2002 indique clairement que toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé. Et précise que cette information doit porter sur les investigations, traitements ou actions de prévention proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, ainsi que sur les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu’ils comportent.
L’information du patient est le préalable indispensable aux soins et actes médicaux proposés par le médecin. Elle constitue un élément concret du principe du consentement. Toutefois, l’information donnée doit être adaptée et le médecin peut, dans l’intérêt du malade et pour des raisons légitimes qu’il apprécie en conscience, tenir un patient dans l’ignorance d’un diagnostic ou d’un pronostic graves, sauf dans les cas où l’affection dont il est atteint expose les tiers à un risque de contamination.
 
 
Le code de déontologie impose également au praticien de ne révéler un pronostic fatal qu’avec circonspection, mais les proches doivent en être prévenus, sauf exception ou si le malade a préalablement interdit cette révélation ou les tiers auxquels elle doit être faite.
 
Avec la charte du patient hospitalisé, l’information du malade n’est plus seulement une obligation déontologique pour le médecin: elle devient un droit pour l’intéressé. Cette charte du 6 mai 1995 énonce les droits et devoirs des personnes hospitalisées. Le chapitre Il décrit les sujétions qui s’imposent aux professionnels de santé en matière d’information du patient.
 
L’information du patient doit également être replacée au niveau de l’engagement de la responsabilité médicale pour défaut d’information. La jurisprudence —judiciaire puis administrative — a considérablement évolué en la matière. Jusqu’à une période récente, les juges estimaient que les praticiens n’étaient pas tenus d’informer le patient des risques inhérents à un acte médical proposé lorsque les risques étaient exceptionnels. Par ailleurs, la charge de la preuve du défaut d’information pesait sur le patient.
 
Plusieurs arrêts récents (C. Cass. 25 février 1997 - Hedreul; CE. 5 janvier 2000, Telle, n0 181899/Guilbot, n0 198530) infirment cette jurisprudence. Les juges —tant judiciaire qu’administratif — considèrent désormais que lorsque l’acte médical, même accompli dans les règles de l’art, présente des risques connus de décès ou d’invalidité, le patient doit en être informé afin de recueillir son consentement éclairé. La seule circonstance que ces risques ne se réalisent qu’exceptionnellement ne dispense pas les praticiens de leur obligation. La jurisprudence a également évolué en matière de charge de la preuve puisque ces arrêts ont inversé la charge de la preuve d’information à l’encontre de l’hôpital. Celui-ci doit désormais prouver que le devoir d’information du malade par le médecin a bien été respecté.
 
L’INFORMATION ET LES PROFESSIONNELS DE SANTE
 
Le praticien hospitalier n’est pas le seul concerné par l’obligation d’information du malade. Ainsi, l’article 32 des règles professionnelles des infirmières issues du décret n0 93-221 du 16 février 1993 impose l’information du patient ou de son représentant légal sur les soins, les moyens et les techniques mises en oeuvre.
 
Dans le cadre du statut des personnels hospitaliers, la loi n0 86-33 du 9 janvier i 986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière prévoit, dans son article 27, que les professionnels ont le devoir de satisfaire aux demandes d’information du public dans le respect du secret professionnel.
 
La structure hospitalière doit également communiquer avec sa clientèle. Trois aspects peuvent être soulignés: la remise du livret d’accueil; la communication du dossier médical; l’information spécifique définie par différents textes (don d’organes, administration de produits sanguins, maladies vénériennes...). Par ailleurs, la charte du patient hospitalisé demande aux établissements de veiller à ce que l’information médicale et sociale des patients soit assurée et que les moyens mis en oeuvre soient adaptés aux éventuelles difficultés de communication et de compréhension des patients afin de garantir à tous l’égalité d’accès à l’information.
 
La mesure la plus attendue par les patients dans la loi du 4 mars 2002 était sans doute la réforme de l’accès aux éléments du dossier médical. Alors qu’antérieurement il était nécessaire de faire transiter le dossier médical par l’intermédiaire d’un médecin que le patient désignait, désormais le principe de communication directe à la personne est la règle. Des délais très courts sont prévus (8 jours ou 2 mois si les informations datent de plus de  5 ans). Un des intérêts de cette nouvelle disposition réside dans l’obligation faite aux établissements de réfléchir globalement à la question du dossier du patient, de sa constitution à son archivage.
 
L’opacité du monde hospitalier a souvent été dénoncée. Les nombreuses enquêtes comparatives d’établissements ou de services spécialisés irritent les responsables hospitaliers et les praticiens qui n’ont pas été habitués à ces appréciations extérieures. Certes, les méthodes et indicateurs de comparaison doivent être affinés pour être valables mais il faut bien considérer que les patients veulent — dans un souci de sécurité — une plus grande transparence sur l’activité ou sur les « performances »des établissements de santé. Ajoutons que la procédure d’accréditation qui s’impose à tous les établissements prévoit une communication publique du compte rendu d’accréditation.
 
 
• Problématique actuelle
L’information sur l’hôpital est un enjeu de démocratie sanitaire que les pouvoirs publics souhaitent développer, répondant ainsi aux attentes des usagers. Quoi de plus naturel en effet que de connaître les forces et les faiblesses d’un établissement de santé dans lequel on confie parfois sa vie?
 
L’article L. 1111-2 impose également aux professionnels de santé le principe de l’information des patients sur les risques nouveaux identifiés postérieurement à l’exécution des actes. C’est le fondement du principe de signalement qui commence a s’imposer progressivement dans les établissements de santé.
 
L’effort de transparence doit porter sur les projets de l’établissement (projet médical notamment) mais doit également informer l’usager sur les mesures prises pour assurer sa sécurité et la qualité des soins. Il ne faut pas oublier à cet égard que le rapport d’accréditation de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé ou ANAES est rendu public. De nombreux établissements ont commencé à prendre conscience de cette nouvelle dimension d’information du patient en créant notamment des services de communication et en ouvrant des sites Internet.
 
Au sein du Manuel d’accréditation, certaines références s’intéressent particulièrement aux pratiques des professionnels dans le domaine de l’information du patient.
 
Dans le but d’aider les établissements de santé dans le processus d’information du patient, l’arrêté du 5 mars 2004 a homologué les bonnes pratiques relatives à l’accès aux informations concernant la santé d’une personne, et notamment ‘accompagnement de cet accès.


• Textes
Code de déontologie médicale, décret n0 95-1000 du 6 septembre 1995 (JO du 8 septembre 1995) modifié par le décret n0 97-503 du 21 mai 1997 (JO du 22 mai1997).
Articles L. 1111-2, L. 1111-3, L. 1111-7 du code de la santé publique, loi n0 2002-303 du 4 mars 2002 (JO du 5 mars 2002).
Décret n0 2002-637 du 29 avril 2002 relatif à l’accès aux informations personnelles détenues par les professionnels de santé et les établissements de santé en application des articles L. 1111-7 et L. 1112-1 du code de la santé publique (JO du 30 avril 2002).
Charte du patient hospitalisé, circulaire n0 95-22 du 6 mai 1995.
Arrêté du 5 mars 2004 portant homologation des recommandations de bonnes pratiques relatives à l’accès aux informations concernant la santé d’une personne, et notamment l’accompagnement de cet accès (JO du 17 mars 2004).
 
 
• Bibliographie
Rapport public du conseil d’État 1998, Réflexions sur le droit de la santé.
Information et formation du patient, Ordre des médecins, 1999.
Information des patients, recommandations destinées aux médecins, ANAES, 2000.
Manuel d’accréditation des établissements de santé, 2e procédure d’accréditation, ANAES, 2004.
 
 
• Jurisprudence
C. Cass. 25 février 1997, Hedreul; CE. 5 janvier 2000, Telle, n0 181899/Guilbot n° 198530
 
Par Billy Rubin - Publié dans : santé publique
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Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /Nov /2005 23:17
Le patient hospitalisé a le droit d’accepter ou de refuser les soins qu’on lui propose. Ce droit fondamental mais relativement méconnu est une exigence éthique majeure qui s’impose aux professionnels de santé et en particulier aux praticiens hospitaliers.
 
Le consentement aux soins trouve son origine dans l’article 1 6-3 inscrit dans le code civil par une des lois dites de bioéthique (loi n0 94-653 du 29 juillet 1994) qui prévoit l’interdiction de porter atteinte à l’intégrité du corps humain. Ainsi, le consentement pour tout acte médical ou thérapeutique doit être recueilli préalablement, hors le cas où l’état de santé de la personne rend nécessaire une intervention thérapeutique ô laquelle elle n’est pas ô même de consentir.
 
L’article L. 1111-4 inséré dans le code de la santé publique par la loi du 4 mars 2002 confirme le principe général du consentement aux soins. Il souligne «qu’aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment».
 
La loi du 4 mars 2002 institue également la notion de personne de confiance (article L. 1111-6 du code de la santé publique) qui peut être désignée par toute personne majeure et qui sera consultée au cas où elle-même serait hors d’état d’exprimer sa volonté. Lors de toute hospitalisation dans un établissement de santé, il doit être proposé au malade de désigner une personne de confiance.
 
Par ailleurs, la loi prévoit un dispositif qui permet ô un mineur dans certaines situations de s’affranchir du consentement des parents pour des actes de soins pratiqués sur un mineur (article L.1111-5 du code de la santé publique).
 
Le consentement aux soins se caractérise aussi par la nécessité d’informer le patient sur l’acte médical ou thérapeutique envisagé. Ce préalable indispensable conditionne le consentement. L’information inclut les objectifs de soins poursuivis mais aussi les risques inhérents, connus ou exceptionnels, à l’acte médical. Les récentes décisions du Conseil d’Etat (5 janvier 2000) imposent désormais une information préalable au consentement même si les risques sont considérés comme exceptionnels.
 
Le consentement aux soins médicaux doit donc être libre, éclairé et renouvelé pour tout acte médical ultérieur. Les soins médicaux sont considérés au sens large : examen clinique, intervention chirurgicale, investigations complémentaires, traitements.
Sauf dans certains cas précis (voir ci-dessous), les textes ne prévoient pas de forme particulière pour l’expression du consentement. Au document écrit attestant que le patient a bien été informé, il faut certainement préférer une attitude de dialogue, gage d’une meilleure relation entre le malade et le médecin.
 
Outre le code civil, le principe du consentement est rappelé dans plusieurs textes. Le code de déontologie médicale issu du décret du 6 septembre 1995 le souligne dans son article 36:
Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d’exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposés, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences.
Si le malade est hors d’état d’exprimer sa volonté, le médecin ne peut intervenir sans que ses proches aient été prévenus et informés, sauf urgence ou impossibilité...
La charte du patient hospitalisé consacre deux chapitres au principe du consentement général et du consentement spécifique pour certains actes.
 
LES CAS PARTICULIERS
 
En ce qui concerne les mineurs ou les majeurs bénéficiant d’une mesure de protection, les détenteurs de l’autorité parentale ou les représentants légaux doivent exprimer leur consentement pour les actes médicaux concernant ces personnes. Mais si l’intégrité corporelle du mineur ou du majeur protégé est menacée par un refus ou une impossibilité de recueillir le consentement, il est possible de saisir le procureur de la République qui peut ordonner des mesures d’assistance notamment éducative pour les mineurs.
 
S’agissant des personnes souffrant de troubles mentaux, la loi du 27 juin 1990 a organisé le régime de l’hospitalisation sur demande d’un tiers et l’hospitalisation d’office qui constituent des hospitalisations sans consentement. Il faut souligner toutefois que la personne concernée doit être informée de sa situation juridique et de ses droits dès son admission.
 
Les personnes privées de liberté et hospitalisées bénéficient comme les autres patients du principe du consentement préalable pour les actes médicaux.
 
Certains actes médicaux nécessitent des dispositions particulières en matière de consentement:
  •             La recherche médicale: les articles L.1122-1 et suivants du code de la santé publique, issus de la loi n0 88-1138 du 20 décembre 1988 modifiée par la loi n0 2004-806 du 9 août 2004, précisent que préalablement à la réalisation d’une recherche biomédicale sur une personne, le consentement libre, éclairé et exprès de celle-ci doit être recueilli après que l’investigateur, ou un médecin qui le représente, lui a fait connaître:
  •               l’objectif de la recherche, sa méthodologie et sa durée,
  •              les bénéfices attendus, les contraintes et les risques prévisibles, y compris en cas d’arrêt de la recherche avant son terme.
Les informations communiquées sont résumées dans un document écrit remis ô la personne dont le consentement est sollicité. A l’issue de la recherche, la personne qui s’y est prêtée a le droit d’être informée des résultats globaux de cette recherche, selon les modalités qui lui seront précisées dans le document d’information.
Le consentement est donné par écrit ou, en cas d’impossibilité, attesté par un tiers. Ce dernier doit être totalement indépendant de l’investigateur et du promoteur.
— L’assistance médicale à la procréation et le diagnostic prénatal doivent faire l’objet d’un consentement exprimé par écrit (articles L.2142-1 et suiv. L.2131 -1 et L.2 131-4 du code de la santé publique).
— L’identification génétique organisée par l’article L.1131-1 du code de la santé publique prévoit que l’examen des caractéristiques génétiques d’une personne ou son identification par empreintes génétiques, lorsqu’elle n’est pas réalisée dans le cadre d’une procédure judiciaire, ne peuvent être entrepris qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique et qu’après avoir recueilli son consentement. Lorsque cet examen ou cette identification sont effectués à des fins médicales, le consentement est recueilli par écrit.
— Le consentement lié au prélèvement d’organes ou de tissus humains est organisé par la loi n0 94-564 du 29 juillet 1994. Pour les prélèvements sur personne vivante, l’accord du donneur est recueilli par le tribunal de grande instance, ou par le procureur de la République en cas d’urgence. Pour les prélèvements sur une personne décédée, c’est le principe du consentement présumé qui s’applique: si la personne n a pas fait état, de son vivant, de son refus par une inscription sur le registre national des refus, le prélèvement peut être effectué (en pratique les équipes médicales questionnent également la famille). Un consentement écrit, par les titulaires de l’autorité parentale ou le représentant légal, est par ailleurs imposé pour tout prélèvement sur un mineur ou majeur protégé décédé.
 
— Pour les interruptions volontaires de grossesse, l’article L.2162-5 impose une confirmation écrite de la demande d’IVG.
— Il convient de signaler également que la loi du 27 juin 1990 relative aux droits des personnes hospitalisées en raison de troubles mentaux a créé les conditions d’une meilleure affirmation des droits des malades hospitalisés en milieu psychiatrique. L’ancienne loi du 30 juin 1 838 avait le mérite de définir une politique sanitaire pour la maladie mentale. Mais ce texte présentait le défaut d’organiser les traitements dans un cadre très carcéral et donc limitant les droits des malades. La loi de 1990 permet de mieux assurer le respect des droits des patients et de leur famille.
 
Il existe trois modalités d’admission en établissement psychiatrique:
- l’hospitalisation libre;
- l’hospitalisation sur demande d’un tiers;
- l’hospitalisation d’office.
Selon ces trois types d’hospitalisation, les droits des personnes subissent des restrictions permettant de garantir la propre sécurité de la personne hospitalisée ou celle des tiers.
 
 
• Problématique actuelle
Une des difficultés du principe de consentement réside dans les moyens de preuve et notamment de savoir si un document signé du patient est nécessaire. Outre le fait qu’une demande de signature d’un patient avant un acte médical risque de dénaturer la relation de confiance entre celui-ci et son médecin, le consentement écrit n’a pas de valeur juridique absolue, sauf lorsque les textes l’exigent.
En cas de contentieux, le juge appréciera l’ensemble des éléments qui ont permis au patient de prendre une décision (entretien, témoignage...). De ce constat, on ne peut que souligner l’importance de la bonne tenue et d’une gestion efficace du dossier médical d ans lequel devra figurer la trace du consentement du patient.
 
• Textes
Articles L1111-4, L.1111-5 et L.1111-6, loi n0 2002-303 du 4 mars 2002 (JO du 5 mars 2002).
Article 16-3 du code civil, loi n0 94-653 du 29 juillet 1994 (JO du 30 juillet 1994).
Articles L.1131-1 et suiv. loi n0 94-654 du 29 juillet 1994 (JO du 30 juillet  1994).
Article L.2141-5, loi n0 94-654 du 29 juillet 1994 (JO du 30juillet 1994).
Article L.2141-8, décret n0 97-613 du 27 mai 1997 (JO du 1er juin 1997).
Articles L.1122-1 et suiv. modifiés par loi n0 94-630 du 25 juillet 1994 (JO du 26 juillet 1994).
Article 1.3214-1 modifié par loi n0 92-1336 du 16 décembre 1992 (JO du 17 décembre 1992).
Article L.1211-2, loi n° 94-654 du 29 juillet 1994 (JO du 30 juillet 1994).
Article L.1221-3, loi n93-5 du 4 janvier 1993 (JO du 5 janvier 1993).
Articles L.1231-1 et suiv.  loi n0 94-654 du 29 juillet 1994 (JO du 30 juillet 1994).
Articles R.671 -3-2 et suiv. décret n0 96-375 du 29 avril 1996 (JO du 5 mai 1996).
Circulaire ministérielle n0 95-22 du 6 mai 1995, Charte du patient hospitalisé, Chapitre IV, Du principe général du consentement préalable, Chapitre V, Du consentement spécifique pour certains actes.
Article 36 du code de déontologie médicale.
 
• Bibliographie
Sauquet J., Goldstein E., «Consentement et information du patient», La Médecine hospitalière, 1999, n0 6.
Sargos P., « Information et consentement du patient», Bulletin de l’ordre des médecins, 1999, n° 1
Schweitzer M.-G., « Information, consentement et acte médical », Annales médico-psychologiques, Revue psychiatrique, Bulletin officiel de la société médico-psychologique, 1999, vol. 157, n0 4.
Rapport public sur le droit de la santé, Conseil d’État, 1998.
 
 
• Site Internet
 
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Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /Nov /2005 23:14
Les autorités dans la définition des politiques de santé :
Le Haut Conseil de la Santé Publique
La Haute Autorité de Santé (HAS)
Le Comité National de Santé Publique
La Conférence Nationale de Santé et les Conférences Régionales de Santé
 
LE HAUT CONSEIL DE LA SANTÉ PUBLIQUE
 
Le Haut Conseil de la santé publique a été institué par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Ses missions ont été modifiées par la loi du 9 août 2004 et doivent être précisées par un décret à paraître.
 
Placé auprès du ministre chargé de la santé, le Haut Conseil de la santé publique a pour missions:
•        D’établir un rapport d’analyse des problèmes de santé de la population et des facteurs susceptibles de l’influencer, pro p osant des objectifs quantifiés en vue d’améliorer l’état de santé de la population; ce rapport sert de base à la loi définissant tous les 5 ans les objectifs de santé publique.
•        D’évaluer la réalisation des objectifs nationaux de santé publique et de contribuer au suivi annuel de la mise en oeuvre de la loi de santé publique.
•        De fournir aux pouvoirs publics l’expertise nécessaire à la gestion des risques.
•        De fournir aux pouvoirs publics des réflexions prospectives et des conseils sur les questions de santé publique.
 
Le Haut Conseil de la santé publique peut être consulté par les ministres, les présidents des commissions compétentes du Parlement, le président de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé sur toute question relative à la prévention, à la sécurité sanitaire ou à la performance du système de santé.
 
Le Haut Conseil de la santé publique comprend des membres de droit et des personnalités qualifiées.
 
LA HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ (HAS)
 
La HAS est une autorité publique indépendante à caractère scientifique dotée de la personnalité morale, instituée par la loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie. Elle rend des avis, formule des recommandations ou propo­sitions ou prend des décisions.
Ses missions sont les suivantes:
•        Évaluer périodiquement le service attendu des produits, actes ou prestations de santé et du service qu’ils rendent.
•        Élaborer et diffuser des guides de bon usage des soins et de recommandations de bonne pratique; contribuer à l’information des professionnels de santé et du public.
•        Établir et mettre en oeuvre les procédures d’évaluation des pratiques professionnelles et d’accréditation des professionnels et des équipes médicales.
•        Établir et mettre en oeuvre les procédures de certification des établissements de santé.
•        Participer au développement de l’évaluation de la qualité de la prise en charge sanitaire de la population par le système de santé.
 
Chacune des attributions de la HAS est précisée par le décret du 26 octobre 2004; ce décret prévoit également les modalités de son fonctionnement, le statut des membres et collaborateurs de la Haute Autorité, les dispositions budgétaires et comptables et les modalités d’évaluation et de certification des établissements de santé.
 
La HAS élabore un rapport annuel d’activité adressé au Parlement et au gouver­nement avant le 1er juillet.
 
 
LE COMITÉ NATIONAL DE SANTE PUBLIQUE
 
Ce comité est institué par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Il a pour missions:
•        Coordonner l’action des différents départements ministériels en matière de sécurité sanitaire et de prévention.
•        Analyser les évènements susceptibles d’affecter la santé de la population.
•        Contribuer à l’élaboration de la politique du gouvernement dans les domaines de la sécurité sanitaire et de la prévention et d’en examiner les conditions de financement.
 
LA CONFÉRENCE NATIONALE DE SANTE
 
Cette conférence a été créée par l’ordonnance du 24 avril 1996 relative à la maîtrise médicalisée des dépenses de soins; ses attributions ont été redéfinies par la loi du 4 mars 2002 et par la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Elle a pour objet de permettre la concertation sur les questions de santé.
Ses missions sont les suivantes:
•        Donner un avis au gouvernement lors de la préparation du projet de loi définissant les objectifs de la politique de santé publique.
•        Formuler des avis ou des propositions en vue d’améliorer le système de santé publique.
•        Élaborer, sur la base des rapports établis par les conseils régionaux de santé, un rapport annuel, adressé au ministre de la santé et rendu public, sur le respect des droits des usagers du système de santé.
•        Contribuer à l’organisation de débats publics permettant l’expression des citoyens sur des questions de santé.
 
Les avis de la Conférence nationale de santé sont rendus publics. Un décret à paraître précisera les modalités de fonctionnement et sa composition.
 
LA CONFÉRENCE RÉGIONALE OU TERRITORIALE DE SANTÉ
 
Une conférence régionale de santé est constituée dans chaque région et dans la collectivité territoriale de Corse; elle a pour mission de contribuer à la définition et à l’évaluation des objectifs régionaux de santé.
 
Ses attributions sont les suivantes:
 
•        Lors de l’élaboration du plan régional de santé publique, elle est consultée par le représentant de l’Etat et formule des avis et des propositions sur les programmes qui le composent; elle est ensuite tenue informée de leur  état d’avancement ainsi que des évaluations qui en sont faites.
 
•        Elle procède à l’évaluation des conditions dans lesquelles sont appliquées et respectés les droits des personnes malades et des usagers; cette évaluation fait l’objet d’un rapport spécifique qui est transmis à la Conférence nationale de santé.
 
La conférence régionale de santé comprend des représentants des collectivités territoriales, des organismes d’assurance maladie, des malades et des usagers du système de santé, des professionnels du champ sanitaire et social, des institutions et établissements sanitaires et sociaux, de l’observatoire régional de santé, des représentants du comité régional de l’organisation sociale et médico-sociale, des représentants des comités régionaux d’éducation pour la santé ainsi que des personnalités qualifiées.
 
 
•        Problématique actuelle
La mise en place des conférences régionales de santé avait permis de créer un lieu de débat attendu au plus près du terrain dans un souci de progression de la démocratie sanitaire, de meilleure lisibilité des politiques de santé publique et de définition concertée des priorités de santé. Cette politique s’inscrit dans le mouvement de régionalisation des politiques de santé.
 
Pour une réelle reconnaissance des priorités de santé publique, il conviendra que les recommandations et les avis au niveau national ou au niveau régional s’intègrent plus directement dans les processus décisionnels.
 
 
•        Textes
Ordonnance n0 96-345 du 24 avril 1996 relative à la maîtrise médicalisée des dépenses.
Loi n0  2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.
Loi n0  2004-810 du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie.
Décret n0 2004-1139 du 26 octobre 2004 relatif à la HAS.
Décret n0 97-360 du 17 avril 1997 relatif aux conférences régionales de santé.
 
 
•        Bibliographie
Brisson J., « Conférence nationale de santé 2000 », Perspectives sanitaires et sociales, n0 149, 2000.
Collin J.-F., « L’élaboration de priorités de santé en France (1995-2000): un processus d’amélioration de la démocratie sanitaire », Revue Française des affaires sociales, n0 2, 2000.
 
 
•        Sites Internet
www. hcsp.ensp. fr
www.sante.gouv.fr
 
Par Billy Rubin - Publié dans : santé publique
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Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /Nov /2005 00:56
Pourquoi les lettres sont-elles rangées dans des ordres qui ne sont jamais des ordres logiques, du moins pour nous ? Un ordre logique exigerait que les labiales soient rassemblées les unes à côté des autres, de même les explosives, les palatales, etc. Or ce n’est pas ce que l’on peut vérifier. C’est que l’homme est un animal beaucoup plus irrationnel que raisonnable. Toute son histoire le prouve, même l’histoire quotidienne actuelle des nations ou de la moindre commune. L’histoire des alphabets n’est qu’un conte de fées de plus.
Guy TREVOUX : LETTRES, CHIFFRES ET DIEUX
 
Si j’avais été moins impressionné par cette femme étrange, je me serais sans doute dit que, qui dit cidre dit lambig mais à chaque instant suffit sa peine et j’ai suivi la maîtresse des lieux pour une traversée du verger. Nous l’avons traversé tranquillement ; le tertre cachait un jardin potager qui bordait le penty et ce jardin était protégé  du vent par une haie très particulière. Chaque arbre de la haie était d’une variété différente. Rhiannon a vu mon regard posé sur la haie et  elle a dit :
- C’est mon alphab-haie, treize essences d’arbres la composent et  chacun de ces  arbres représente une lettre de l’alphabet celte Beth-Luis-Nion, dit BLN.
- Je vois bien le bouleau pour la lettre b dis-je, mais le l et le n c’est quoi ?
- Luis, pour le l, est le nom du sorbier. C’est ce grand alisier ou allouchier qui se trouve à côté du bouleau, dans la même famille il y a le cormier, sorbier domestique qui fait de beaux manches d’outils et donne un fruit, la corme qui est comestible, j’ai préféré le sorbus aucuparia, le sorbier des oiseleurs qui donne des fruits rouges que mangent les oiseaux. Dans la même famille il y a le sorbus torminalis, l’alisier dont le bois régulier prend un beau poli et sert en ébénisterie ; son fruit, l’alise, devenu blet, est comestible et donne une eau-de-vie très parfumée. Juste après est le frêne dont le nom celte est nion, le n. Celui-ci est un frêne de l’espèce Fraxinus excelsior, le frêne élevé. Il peut atteindre plus de 35 mètres de haut sur trois mètres de tour et vivre deux cents ans. Son écorce est fébrifuge ; ses feuilles, employées en infusions diurétiques, laxatives, antirhumatismales, servent aussi à préparer une boisson rafraîchissante, la frênette qui a été mise au point par les Gaulois bien avant la bière.
- Ainsi chaque lettre de l’alphabet correspondait à une essence précise ?
- On ne peut pas parler d’alphabet,  ce serait impropre. Venant d’alpha et bêta, deux premières lettres de l’alphabet grec, l’alphabet est la liste de toutes les lettres d’une Langue. Il y a des milliers d’années, les peuples de Sumer à l’extrême Occident, inventèrent l’écriture puis l’alphabet. Les “aryens ” et les “Phrygiens ”, eux, les interdirent pour ne pas faire injure au temps. Les lettres ne servaient qu’à épeler et avaient une fonction magique. Ils avaient pourtant formé une manière de syllabaire oral en utilisant certains phonèmes de leurs langues. Or la voix humaine exprime des sentiments et définit l’environnement sous forme de mots. L’environnement c’est le monde et le monde est une des expressions possibles de la divinité. Les phonèmes peuvent donc légitimement prétendre être l’expression d’avatars divins. Parmi les différentes catégories d’avatars divins on en vint à penser aux saisons et aux mois de l’année. En effet, l’année peut être considérée comme l’ensemble des avatars de la divinité et chaque mois comme une catégorie d’avatars se ressemblant entre eux plus ou moins. Dès lors, les noms des mois pouvaient exprimer des avatars divins. Et selon les caractéristiques que l’on accordait à tel ou tel avatar, il était possible, par conséquent, de raccorder l’art de la divination au nom des mois. Les mois sont des divisions du temps et l’art de la divination consiste à prévoir ce qui se passera dans les divisions à venir. Cette croyance sera raccordée aux signes du zodiaque aux environ du 1er siècle.
Je buvais les paroles de Rhiannon, n’en perdant pas une miette et j’avais envie qu’elle continue à m’expliquer la composition et le sens de la haie, je lui ai demandé si ça ne la dérangeait pas et elle m’a proposé de le faire à l’intérieur. Nous sommes entrés dans la cuisine. J’ai tout de suite remarqué un mur couvert d’étagères sur lesquelles étaient disposés de nombreux bocaux de plantes séchées. La grande table de ferme devait servir de bureau dans la journée, une pile de livres et des petits cahiers s’étalait, occupant un bon quart de la surface. Rhiannon a sorti une bouteille de cidre et deux verres. Nous étions assis côte à côte à la table, face à la fenêtre qui encadrait la haie. J’ai posé la question qui me brûlait les lèvres depuis dix minutes.
- Cet alphabet ou plutôt ce syllabaire, si j’ai bien compris, était purement oral, il ne s’écrivait pas ?
- Exactement ! Pour pallier leur défaut d’écriture, ces peuples protoceltes usaient de procédés mnémotechniques qu’ils légueront à leurs lointains descendants les druides d’Occident. Ces procédés s’appelleront plus tard des oghams. Ils consistaient à associer à des phalanges, à des membres, à des parties du visage, des séries de mots qu’il fallait se rappeler. Selon la tradition grecque, vers -1700, des prêtres du mont Ida, en Phrygie, vinrent s’établir en Crête. Ils furent surnommés les Dactyles à cause de leurs procédés mnémotechniques. Toutefois l’alphabet des arbres n’a pu exister en tant qu’alphabet qu’à une époque plus récente que -1000, époque où les Doriens imaginèrent les voyelles. Le syllabaire d’avant les Doriens n’ayant qu’un nombre réduit de phonèmes initiaux correspondants à treize ou quinze syllabes réparties sur les cinq doigts de la main.
- Pourquoi des arbres et pourquoi treize dans le B-L-N ?
- On avait choisi treize noms parce que l’année comptait  treize mois. En effet, la Grande Déesse, dans les Pays du Proche-Orient, était la Lune (le soleil étant le Grand Dieu des Hyperboréens) et, comme elle apparaissait ou disparaissait selon un cycle voisin du cycle féminin d’ovulation, on s’aperçut qu’une année solaire renfermait treize “périodes ” lunaires, soit 364 jours, plus un jour. Chacune des périodes fut assimilée à un mois. Le jour en surplus ne faisait pas partie de l’année sacrée ; d ’ou l’expression “un an et un jour ”. Ce qui change le plus visiblement dans la nature d’un mois à l’autre c’est la végétation. D’où l’idée d’appeler chaque mois par un nom d’arbre choisi à cause de la date d’apparition de ses bourgeons ou de ses fruits. Ce calendrier ne fut probablement pas composé ex nihilo par un clergé. Il naquit peu à peu dans les campagnes. Il fut le pense-bête élaboré petit à petit par les paysans pour se fixer des points de repères cependant que le clergé s’emberlificotait dans des calendriers lunaires jamais en concordance avec le rythme des saisons et les impératifs des travaux des champs. Le clergé druidique, désespérant de l’extirper, finit par se l’approprier comme le clergé chrétien s’est approprié le Mithraïsme à la suite de problèmes du même genre.
- Le Mithraïsme c’était une religion ?
- Mithra était la grande divinité des Perses, dont le nom apparaît pour la première fois sous Darios 1er vers 500 avant J.C. Le dieu Mithra était un dieu dit de la première fonction, juge et médiateur. Dieu qui voyait et entendait tout, il pesait les âmes des morts dans l’au-delà. En Perse, il était nommé, à l’époque achéménide, avec Anâhita, et eut aussi les aspects du dieu solaire Shamash. Les noms de personnes formés avec le nom de Mithra, à toutes les époques, témoignent de son immense popularité. Les Grecs d’Asie lui donnèrent à l’époque hellénistique une représentation figurée. Son culte se diffusa au IIeme siècle après J.C dans les ports, les grandes villes et les lieux de garnison de l’Occident romain, surtout le Rhin, le Danube, l’Italie. Le sens moral que donnait à son culte l’espoir d’une rédemption, permettant d’acquérir dans l’au-delà une vie purement spirituelle, avait contribué à ce succès. Les initiés bénéficiaient de l’immortalité grâce au sacrifice d’un taureau par Mithra. Les mystères de Mithra se célébraient dans des grottes ou des cryptes, dont plusieurs centaines ont été retrouvées, notamment à Rome et à Ostie. Ce culte initiatique comportait sept grades : corbeau, griffon, soldat, lion, Perse, héliodrome (“courrier du soleil ”) et père. Un père des pères était le chef suprême de cette religion. Pour passer d’un degré au suivant, on devait subir des épreuves. Dans certaines cérémonies, les mystes (du grec mustês, initié) portaient des masques ; ils se purifiaient par l’eau lustrale, le jeûne, la flagellation, pratiquaient des banquets sacrés et des sacrifices d’animaux. Le jour de la fête de Mithra était le 24 décembre, fête solaire par excellence marquant la résurrection.  Les catholiques ont déplacé la naissance du Christ qu’ils fêtaient auparavant le 6 janvier à la date du solstice d’hiver parce quel le public ne pouvait se décider à abandonner la célébration du culte de Mithra, la nuit du 24 décembre. Il fut décidé de transférer la fête de la naissance du Christ la nuit du 24 au 25 décembre et de consacrer le 6 janvier à n’importe quoi d’autre qu’on pût cependant y rattacher avec plus ou moins de logique. Dans les contes de fées ce sont les fées qui entourent le nouveau-né pour lui accorder leurs dons. Les fées sont les anciennes Parques, bien entendu. Les Chrétiens ont remplacé les Parques-fées par les rois mages. Les rois mages viennent donc apporter leurs cadeaux à l’enfant le 6 janvier et la fête reste donc un doublet de la Nativité. La vérité historique de la visite des Mages ne peut évidemment être soutenue ; au contraire, le mythe avoue très clairement son origine : à la crèche, le bœuf et l’âne, représentants de la vache Hathor, esprit du bien et de l’âne Seth, esprit du mal ou symbole d’un destin malheureux, figurent évidemment l’apport égyptien dans le Christianisme ; l’apport perse transmis au travers de la Babylonie est figuré par les mages ; quant à la grotte elle-même elle est grecque : c’est celle où Déméter, violée par Poséidon, se retira pour accoucher du cheval marin Arion lequel, fusionné au Moyen Âge avec le Capricorne, deviendra la licorne.
- On retrouve beaucoup de choses des catholiques, la rédemption, le jeûne, la flagellation et aussi le dieu unique mais je trouve que ça ressemble aussi à la Franc-Maçonnerie.
- Oui, c’était aussi un rite initiatique. Ce qui m’interroge le plus dans le Mithraïsme, c’est que ça a duré pendant au moins dix siècles voyez-vous.
- Est-ce que nos cathos dureront aussi longtemps ?
- Je ne pense pas, il faudrait qu’ils trouvent un nouveau mouvement pour aller de l’avant et je ne le souhaite pas non plus. Toutes leurs avancées se sont faites sur les dépouilles d’autres civilisations en récupérant chaque fois ce qui les intéressait le plus ou plutôt ce que les dépouillés ne voulaient pas lâcher. Actuellement ils s’attaquent aux scientifiques, à la science et, ce qui est beaucoup plus grave aux matérialistes. Il suffit de lire les écrits de leurs intellectuels, surtout les plus progressistes, pour comprendre leur vision. On trouve même des physiciens catholiques ! Mais, pour revenir à des choses plus sympathiques, donc à la haie dont nous étions partis, à chacune des treize lettres de l’alphabet B-L-N correspond un arbre et un mois de l’année lunaire.
- Je connais bien les arbres, j’ai dit, je pourrais essayer de les retrouver ?
- Allez-y en suivant dit Rhiannon, nous avons déjà, dans l’ordre, le bouleau, le sorbier et le frêne ; au suivant !
- C’est un Aulne je crois, je ne connais pas la variété, dans le Jura on l’appelle la verne ou vergne. Le bois est très beau, un peu rougeâtre.
- Son nom dans l’alphabet est Fearn, l’Aulne est consacré au Cronos des Grecs, Saturne des Romains, Bran des Irlandais et des Gaulois. Les mots “ cornouiller ”, “ corneille ”, “ Cronos ”, “ Bran ”, “ Brennus ” et sans doute la Cornu Galliæ ou “ Cornouaille ” armoricaine et , par conséquent, le mot “ corne ”, puis le mot anglais corn, désignant le blé et, par conséquent, le Corn-wall britannique ou “ Cornouailles ”, dérivent sans doute les uns des autres. Le mois s’étend du 18 mars au 14 avril. Il comprend l’équinoxe de printemps. Le rituel chrétien perpétue fidèlement la mythologie ancienne. C’est saint Joseph, personnage traditionnellement représenté comme âgé, barbu et travailleur du bois, qui remplace Cronos devenu le Temps, et la faucille de Cronos qui avait servi à émasculer Ouranos devient d’une part la faux du Temps et d’autre part le rabot et la scie de saint Joseph. La fête de saint Joseph se place le 19 mars, tout au début du mois de Cronos-l’Aulne. L’équinoxe de printemps est marqué dans le calendrier chrétien par la saint Gabriel (24 mars), l’ange de l’Annonciation et le Prométhée judéo-chrétien.
- Ici, le lieu-dit s’appelle Maenbrân et je me souviens aussi d’une Bande dessinée magnifique, Brân-ruz je crois. C’est une relation à l’Aulne ou au corbeau ?
- Maenbrân c’est littéralement “ La pierre du corbeau ”, Brân-ruz c’est “ corbeau rouge ”. Bran, le dieu de l’Aulne est aussi le nom du corbeau et vous avez dit tout à l’heure que le bois de l’Aulne est rouge, sa sève est comme du sang, il était interdit d’introduire de l’Aulne dans le temple de Jérusalem. La pierre attachée à ce mois est le grenat rouge-feu. Dans l’histoire du dieu Brân, le roi sacré-arbre-dieu Brân, à la sève rouge, se jette au travers d’un fleuve et toute son armée peut ainsi traverser sur son dos. “ Pâque ” signifie “traversée ”,  Pessah en hébreu. Dans la liturgie juive, Pâque commémore annuellement la sortie d’Égypte, la traversée de la Mer Rouge.
- L’arbre qui est après est un saule, dans le jura on dit un osier.
- L’osier est une des variétés, il y a aussi les marsaults. L’osier sert à faire les paniers, le marsault a des feuilles elliptiques, on le trouve exclusivement près de l’eau même si tous les autres saules aiment l’humidité. Ils sont de la famille des salicacées qui comprend aussi les peupliers. La salicine est un glucoside que l’on extrait de l’écorce des saules, on en tire un acide antiseptique.
- L’acide acétylsalicylique, l’aspirine.
- Exactement, son nom dans l’alphabet est Saille. Il est tout entier sous le contrôle de la lune, elle-même se présentant sous l’aspect d’Hécate. Le mois s’étend du 15 avril au 12 mai. Le premier jour du mois du Saule, on célébrait en Grèce l’Hybristica, “conduite Honteuse ”, fête commémorant la résistance victorieuse de la prêtresse Télésilla à Argos contre le roi Cléomène de Sparte et son armée en -514. Ce jour-là, les garçons déguisés en filles et les filles en garçons simulaient des combats. La date de la fête avait été choisie un peu avant l’équinoxe du printemps car, à ce moment, le Soleil sort de la tutelle de la nuit. Les mythes exprimaient ce mûrissement des héros solaires en les faisant alors sortir du quartier des femmes et prendre leurs armes. Achille, en effet, se cache parmi les femmes, Héraclès file aux pieds d’Omphale, Bran lui-même, le pilotis d’aune, devient provisoirement une femme. La fête travestie de l’Hybristica s’est conservée sous la forme de la Mi-Carême. Au milieu du mois se place le 1er mai, Beltaine chez les Celtes. La nuit qui précédait Beltaine était la deuxième des quatre fêtes solaires intercalaires de l’année. L’escarboucle était la pierre du mois. Cette nuit-là était consacrée à des ébats orgiaques. Au matin, on essayait de récolter la “rosée de Mai ”, ce qui fait dire à Taliésin, ce barde que vous aimez bien :  “ J’ai été une larme du soleil ! ”
- Le suivant est une épine ou un prunellier ?
- Ici c’est une Aubépine on dit aussi épine blanche, épine de mai son vrai nom est “ Crataegus oxyacantha ”, il y a d’autres  variétés à fleurs roses. Ses fruits, appelés cenelles, sont des baies rouges d’un goût légèrement  astringent. Ses fleurs séchées peuvent être utilisées en infusion comme régulateur cardiaque. Son bois, jaunâtre, dur et compact, est utilisé en tournerie. Son nom dans l’alphabet est Uath, le mois s’étend du 13 mai au 9 juin. C’est le mois des maléfices, de la nuisance et des dommages ; c’est surtout celui de la chasteté exagérée ; ce n’est donc pas gratuitement qu’il est devenu le “mois de Marie ”. On n’avait pas le droit de s’y marier, ni même de s’y livrer au plaisir de l’amour et l’interdit subsistait encore aux premiers temps de l’empire romain selon le témoignage d’Ovide. C’est la vieille déesse Maïa, une grand-mère au caractère de mégère à l’occasion, qui le présidait. Ce mois était archi-tabou. On en profitait pour faire la toilette des maisons, des temples et des statues des dieux, mais l’on devait se garder de porter alors des vêtements neufs pour ne pas se faire remarquer par la déesse.
Taliésin disait du dieu pendant le mois de l ’Aubépine : “ J’ai été une fleur parmi les fleurs ”. En Irlande, l’aubépine est le buisson sacré, la demeure des Fées. La malédiction druidique appelée glam dicinn faisait appel à l’aubépine : “ le poète devait partir avec six compagnons… Ils tournaient le dos à un buisson d’aubépines…Le vent soufflant du nord, chacun d’eux, tenant en main une pierre de fronde et une branche d’aubépine, chantait contre le roi une strophe au-dessus de ces deux objets…Chacun d’eux déposait alors sa pierre et son rameau sur la racine du buisson d’aubépine. ”  D’après Jean Markale, il est évident qu’il s’agit là d’un appel aux fées, c’est-à-dire au monde des Tertres pour obtenir des habitants de l’autre-monde une aide efficace contre ses ennemis.
Le glam dicinn, dans la mythologie celtique irlandaise, est une malédiction suprême, proférée par un druide spécialisé, un file. Il s’agit d'une forme de satire qui provoque instantanément l’éruption de trois furoncles, sur le visage de celui qui en est l’objet. Ces furoncles représentent respectivement la « Honte », le « Blâme » et la « Laideur ». La victime est exclue de la vie sociale, et vouée à la mort. La satire se fait sous forme d’un cri, et si elle est parfaite, la mort peut être immédiate. L’un des exemple les plus connus est celui de l’infâme druide Aithirne Ailgesach qui fait mourir de honte Luaine , la fiancée du roi Conchobar Mac Nessa , parce qu’elle ne veut pas coucher avec lui. Dans la littérature médiévale irlandaise, cette pratique est généralement appliquée au roi ou à une personne de premier plan, qui a refusé un privilège au file.
- Vous savez donc toutes ces correspondances entre les arbres, l’alphabet et la mythologie mais vous êtes passée un peu rapidement sur le bouleau, le sorbier et le frêne du point de vue des mythes.
- Vous avez raison,  dans le BETH-LUIS-NION, le mot BETH désigne l’arbre-mois BOULEAU. Le mois s’étend du 24 décembre au 21 janvier. C’est celui où le soleil renaît. Le bouleau est le symbole des débuts et des impatiences. Aussi votre cher Taliésin fait-il dire à la divinité, ce mois-là
“ J’ai été un bœuf aux sept combats. ”
Cette formule poétique celte des “j’ai été ”, souvent reproduite, a été mal comprise par Pythagore et lui a inspiré sa doctrine de la métempsycose. Le bouleau est l’Arbre des Morts. Ce symbolisme est d’origine nordique, le bouleau étant l’arbre à feuilles caduques que l’on trouve le plus loin vers le nord. On sait que les Tuatha Dé Danann venaient “des îles du nord du monde ”,  où ils avaient appris la science, la magie, la sorcellerie et le druidisme. Or les Tuatha sont les fils d’Ana ou Dana, c’est-à-dire, dans la mythologie galloise, les fils de Dôn. En breton armoricain, le mot anaon signifie “trépassés ” et désigne le Peuple d’Ana, le Peuple des Morts.
En latin, le bouleau se dit betulla, ce qui fait penser aux bétylles, ces pierres dressées, analogues aux menhirs, représentant la Divinité. Le nom celtique du bouleau est en relation avec le nom du tombeau (gallois bedd, breton-armoricain bez). Il est également en rapport avec le nom de la vie (gallois buhedd, bret-arm buhez), avec le verbe être (gallois bod, bret-arm bezân)  et avec le nom du monde, c’est-à-dire de ce qui est (gallois bydd, bret-arm bed). C’est donc à la fois l’Arbre des Morts et l’Arbre de Vie, comme celui dont il est question dans la Quête du Saint Graal :·
“ Eve, la pécheresse, cueillit le fruit mortel de l’Arbre que le créateur avait interdit et le rameau vint avec le fruit qui y pendait… Lorsque ensuite Dieu les chassa du jardin de délices, Eve tenait toujours le rameau en main… Elle le planta en terre et… il reprit racine… Il devint  un arbre au vaste ombrage : et branches et feuilles, et le tronc même, tout en lui était blanc comme neige. Un jour Adam et Eve étaient assis sous cet arbre et Adam, l’ayant contemplé, se mit à déplorer la douleur de l’exil… Eve dit que l’Arbre portait  en soi souvenance de douleur : c’était l’Arbre de Mort. Or, à peine avait-elle prononcé ces paroles que du haut des cieux une voix leur dit : O chétifs ! pourquoi parlez-vous ainsi de la mort ? ne préjugez pas du destin, mais revenez à l’espérance et réconfortez-vous l’un l’autre, car la Vie triomphera de la mort. ”· Cet arbre blanc devient vert le jour où Eve perd sa virginité, puis vermeil lorsque Caïn tue Abel. On le nommait toujours l’Arbre de vie.
Pour le sorbier, Luis, le mois s’étend du 22 janvier au 18 février et culmine à la Chandeleur ou Sainte Brigitte. Cette fête est l’une des huit fêtes solaires de l’année. Ces huit fêtes comprenaient les deux solstices et les deux équinoxes. C’étaient les principales ; puis quatre dates équidistantes d’un solstice et d’un équinoxe. Ces dernières étaient extrêmement populaires : on y demandait à la divinité d’accorder sa protection aux champs et aux troupeaux et peut-être ces quatre moments paraissaient-ils moins solennels que les solstices et les équinoxes car plus proches des besoins paysans. Les sorcières prétendirent plus tard tenir leurs sabats à ces dates intercalaires. ; elles les appelaient les jours de croix-quartier (cross-square). L’Église chrétienne finit parles adopter pour ne pas décevoir la population et se contenta de les déplacer mais conserva le but de ces fêtes qui était d’appeler les bénédictions célestes sur la nature. Elle le fit en deux temps.
En un premier temps, elle conserva les quatre dates et se contenta de christianiser les fêtes. La fête de la lumière croissante ou Chandeleur, fut transformée en commémoration de la présentation de l’enfant Jésus au temple (entendre par “enfant Jésus ” : le petit roi sacré annuel représentant la lumière du soleil) et de la purification de la Vierge Marie. Cette transformation eut lieu soit sous le pape Gélase 1er, en 472, soit sous le pape Vigile, en 536.
La fête de la nature bouillonnante et des pâturages, celle où l’on avait coutume d’aller recueillir la “rosée de Mai ”, la veille du 1er Mai, devint la fête des saints Jacques et Philippe. Or “Jacques ” vient de “Bacchus ”, c’est-à-dire que le travestissement était transparent. A condition de ne plus célébrer les rites orgiaques on pouvait désormais continuer à adresser les mêmes prières au dieu ancien christianisé. Bien plus, en 474, Saint Mamert, évêque de Vienne en Dauphiné, institua en cette même période de l’année la fête des Rogatons, très ouvertement pour attirer les bénédictions de Dieu sur les biens de la terre. Le concile d’Orléans, en 511, décida qu’elle serait célébrée à travers toute la France les lundi, mardi, et mercredi précédant le jeudi de l’Ascension, cette Ascension (la lumière réoccupant le ciel) se fêtant elle-même quarante jours après Pâques.
La fête du Soleil éclatant, celle du dieu Lug, célébrée encore récemment en Irlande par une procession suivant un jeune homme portant une roue ornée de guirlandes (la course annuelle du soleil) en plein milieu de l’époque des grandes chaleurs, devint la fête de la Transfiguration en mémoire de l’apparition de Jésus dans toute sa gloire à Pierre, Jacques et Jean (peut-être le choix des noms de ces trois apôtres n’est-il pas fortuit et doit-on les interpréter comme représentant chacun une tradition : Jacques-Bacchus, la Grèce ; Jean-Ani, Sumer et Babylone ; Pierre la Palestine).
La fête du Soleil décroissant, considéré comme s’en allant visiter l’empire des morts sous la conduite d’Hermès ou d’Anubis, devint la Toussaint à partir de 731 par la grâce du pape Grégoire III. Mais les Gaulois ne purent jamais se décider à oublier qu’elle avait été d’abord une fête des morts, si bien qu’Odilon, abbé de Cluny, eut le bon esprit d’ajouter aux offices joyeux de la Toussaint des prières pour les morts vers le commencement du XI siècle.
En un deuxième temps, comme le peuple des campagnes n’en continuait pas moins à célébrer en catimini les anciens rites ou, tout au moins, à invoquer Dieu en ces quatre moments de l’année sous une forme spécialement panique, en dépit et en sus des rites officiels, il fut décidé d’officialiser de telles prières et de célébrer chrétiennement les Croix-Quartiers. Dès 460, le pape saint Léon avait institué un jeûne aux environs des quatre dates fatidiques. Vers 1073, Grégoire  VII, le fameux adversaire de l’empereur germanique Henri IV, voyant que la christianisation des quatre fêtes n’avait pas suffi, accorda au peuple de les célébrer non plus pour des motifs liturgiques mais pour le vieux motif d’implorer le ciel pour les biens de la nature. Mais, comme il  n’était pas question de supprimer les quatre fêtes chrétiennes qui avaient été instituées entre-temps, on en institua donc quatre autres qui furent nommées les QUATRE-TEMPS, forme la plus récente des Croix-Quartiers.
Le 2 février reçut ainsi comme doublure le premier mercredi après les cendres ; La nuit avant le 1er mai reçut pour doublure le premier mercredi après la Pentecôte ; L’ancien 2 août, qui s’était déplacé au 6 août entre-temps, reçut pour doublure le mercredi après l’exaltation de la Sainte-Croix qui se célèbre le 14 septembre ; Enfin l’ancienne veille du 1er novembre reçut comme doublure le mercredi de la troisième semaine de l’Avent. Ici donc  le décalage était considérable et, sans doute, opéré pour que les anciennes fêtes païennes sombrassent peu à peu dans l’oubli ; c’est au même motif qu’obéit Jean XXIII lorsqu’il perturba le calendrier des fêtes autour de 1960. On sait que les sorcières n’en continuèrent pas moins à se vanter de célébrer leurs sabbats aux anciens jours ou nuits de Croix-Quartiers. La vantardise était plus ou moins grosse et le sabbat ne devait pas considérer en des rites bien méchants ; il devait même ses réduire, pour quelques héritières esseulées des anciennes coutumes, à la cueillette de certaines plantes tout en observant certains rites.
Le sorbier est un arbre qui paraît avoir été utilisé par les druides pour son pouvoir magique : “ Rien ne te secourra, si ce n’est de faire un feu druidique… Que les armées aillent dans les bois et qu’elles apportent des branches de sorbier, car c’est avec cela que sont faits les meilleurs feux. ” Les baguettes de sorbier, jetées au hasard sur une peau fraîchement écorchée, servaient à répondre aux questions difficiles, d’où la vieille expression druidique encore employée en Irlande pour certifier que l’on met tous ses efforts à résoudre un problème : “ marcher sur les rameaux de connaissance ”. L’arbre-mois du Sorbier  patronnait la rapidité. Par contre, mais après tout, peut-être homéopathiquement, un pieu de sorbier, fiché au travers d’un cadavre, immobilisait son fantôme. Taliésin fait dire au dieu en ce mois : “ J’ai été un vent sur la mer ” ce qui exprime que le signe est à la fois aérien et aquatique. D’ailleurs sa lettre phénicienne MEM signifiait “les Eaux ”. Taliésin ne se trompe pas tellement en associant la mer au vent en ce mois. En réalité l’eau du Verseau n’est ni mer, ni rivière, ni étang ; il s’agit de la pluie, ce qui explique que le Verseau soit considéré comme un signe d’air malgré ce qui sort de sa cruche. 
A suivre...
 


· Jean Markale, Les Celtes. Payot
· A.Pauphilet. La Quête du Saint-Graal, 80-81
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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