Samedi 26 novembre 2005 6 26 /11 /Nov /2005 00:05

Like A Rolling Stone

 

Comme une pierre qui roule

 

Once upon a time you dressed so fine
You threw the bums a dime in your prime, didn't you?
People'd call, say, "Beware doll, you're bound to fall"
You thought they were all kiddin' you
You used to laugh about
Everybody that was hangin' out
Now you don't talk so loud
Now you don't seem so proud
About having to be scrounging for your next meal.

 

Il était un temps où tu étais si bien habillée,
Tu jetais tes frusques aux mendiants, n'est ce pas ?
Les gens prévenaient "Gaffe poupée, tu vas tomber"
Tu pensais qu'ils te faisaient tous marcher
Tu avais l'habitude de te moquer
De tous ceux qui traînaient alentour
Maintenant tu ne parles plus si fort
Maintenant tu ne sembles plus si fière
D'avoir à chaparder pour ton prochain repas.

 

How does it feel
How does it feel
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

 

 

 

 

 

 

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?
 

 

You've gone to the finest school all right, Miss Lonely
But you know you only used to get juiced in it
And nobody has ever taught you how to live on the street
And now you find out you're gonna have to get used to it
You said you'd never compromise
With the mystery tramp, but now you realize
He's not selling any alibis
As you stare into the vacuum of his eyes
And ask him do you want to make a deal?

 

 

 

Tu viens de la meilleure école, très bien, Miss Solitaire
Mais tu sais tu as seulement appris à t'y soûler
Et personne ne t'a jamais enseigné comment vivre dans la rue
Et maintenant tu découvres que tu vas devoir t'y habituer
Tu disais que tu ne te compromettrais jamais
Avec le vagabond mystère, mais maintenant tu te rends compte
Qu'il ne cherche pas d'excuses
Quand tu plonges dans le vide de ses yeux
Et tu lui demandes s'il veut bien faire un marché.
 
 

 

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

 

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est tout seul
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?

 

You never turned around to see the frowns on the jugglers and the clowns
When they all come down and did tricks for you
You never understood that it ain't no good
You shouldn't let other people get your kicks for you
You used to ride on the chrome horse with your diplomat
Who carried on his shoulder a Siamese cat
Ain't it hard when you discover that
He really wasn't where it's at
After he took from you everything he could steal.

 

Jamais tu ne tournais la tête sur les jongleurs et les clowns désapprouvés
Car ils venaient tous faire leurs tours rien que pour toi
Tu ne voulais pas voir ce qui n'allait pas bien
Tu n'aurais pas dû laisser d'autres gens prendre leur pied pour toi
Tu passais ton temps à monter ce cheval d'acier avec ton diplomate
Qui portait sur son épaule un chat siamois
Ce fut très dur, non, lorsque tu découvris
Qu'il n'était pas réellement ce qu'il disait
Une fois qu'il t'eut pris tout ce qu'il pouvait voler.

 

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

 

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est tout seul
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?

 

Princess on the steeple and all the pretty people
They're drinkin', thinkin' that they got it made
Exchanging all kinds of precious gifts and things
But you'd better lift your diamond ring, you'd better pawn it babe
You used to be so amused
At Napoleon in rags and the language that he used
Go to him now, he calls you, you can't refuse
When you got nothing, you got nothing to lose
You're invisible now, you got no secrets to conceal.

 

 

 

Princesse dans ta tour et tout ce joli monde
Qui boit et pense son avenir assuré
Echangeant toutes sortes de choses et dons précieux
Mais tu ferais mieux d'enlever ton diamant, tu ferais mieux de le gager, chou
Tu avais l'habitude de t'amuser
De ce Napoléon en haillons et des mots qu'il disait
Va le voir maintenant, il t'appelle, tu ne peux plus refuser
Quand on a rien, on n'a rien à perdre
Tu es invisible maintenant, tu n'as plus de secrets à dissimuler.

 

How does it feel
How does it feel
To be on your own
With no direction home
Like a complete unknown
Like a rolling stone?

 

 

Comment se sent-on ?
Comment se sent-on ?
Quand on est tout seul
Quand on est sans maison
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule ?

 

 

Par Billy Rubin - Publié dans : Poémes
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Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /Nov /2005 20:32
L’essentiel en questions - réponses
 
1. Pourquoi reparle-t-on de l’association entre vaccination hépatite B et sclérose en plaques ?
Le rôle éventuel de la vaccination contre l’hépatite B dans la survenue d’une sclérose en plaques (SEP) est à nouveau discuté parce que la publication d’une étude (Hernan et al, Neurology 2004) relance les interrogations posées il y a une dizaine d’années.
2. En quoi consiste cette nouvelle étude ?
Cette étude rétrospective, dont les résultats avaient été présentés en septembre 2003, a utilisé le registre de médecins généralistes anglais (GPRD) pour rechercher tous les patients adultes avec une SEP et comparer les vaccins qu’ils avaient reçus au cours des années précédentes avec ceux reçus par des patients adultes contrôles sans SEP. Parmi 713 patients avec une suspicion de SEP, 275 ont été éliminés parce que leur diagnostic de SEP était erroné ou incertain, leurs dossiers incomplets ou leur suivi interrompu par un décès. Les dossiers des 438 patients restant ont été analysés pour déterminer la date des premiers symptômes de SEP et les auteurs se sont concentrés sur 163 patients suivis depuis au moins 3 ans dans le GPRD avant la date présumée de leurs premiers symptômes. En analysant ces 163 dossiers, les auteurs ont observé que la majorité des patients (141/152, 93.3%) n’avaient pas été vaccinés contre l’hépatite B. La petite proportion de patients vaccinés contre l’hépatite B (11/152, 6.7%) était cependant 3 fois plus élevée (OR 3.1, IC95 1.5 – 6.3) que chez les sujets contrôles (39/1565, 2.4%). Si cette observation était représentative, elle pourrait donc indiquer un rôle de la vaccination hépatite B dans la survenue d’une SEP.
3. En quoi cette étude diffère-t-elle des études précédentes ?
Toutes les études ont des particularités susceptibles d’aboutir à des résultats éventuellement différents. Une particularité de l’étude de Hernan est d’avoir utilisé les dossiers médicaux constitués par les médecins généralistes, alors que les autres études se sont fiées aux indications des patients pour relever leurs vaccinations et le début des symptômes de SEP. Il suffirait par exemple que certaines vaccinations ne soient pas indiquées dans les dossiers des médecins généralistes pour que les résultats soient faussés. Une autre limitation est que la vaccination hépatite B est seulement recommandée en Angleterre pour certains groupes à risques (professionnels de santé, voyageurs en région d’endémie, patients avec atteinte hépatique ou rénale, prostituées et toxicomanes) qui pourraient ne pas être représentatifs des populations inclues dans les autres études. Les auteurs ont dû éliminer beaucoup de dossiers incertains ou incomplets, ce qui a réduit le nombre de leurs observations à un tout petit nombre de patients (seulement 11 ayant reçu le vaccin contre l'hépatite B). Il suffirait d’une erreur dans les dates de vaccination ou de début de symptômes chez 1-2 patients pour que l’étude de Hernan conclue, comme les études précédentes, à l’absence de corrélation entre vaccination hépatite B et SEP.  Une autre différence est le fait que l'étude de Hernan considère une période de risque plus longue (3 ans) allant au delà de la période suggérée par les données de pharmacovigilance françaises.
4. Cette étude suggère-t-elle que la vaccination contre l’hépatite B pourrait accélérer la survenue d’une SEP chez certains patients prédisposés ?
Non, les résultats de l’étude de Hernan ne suggèrent pas que la vaccination puisse accélérer la survenue d’une SEP. D’une part, l’âge moyen lors du premier symptôme de SEP était similaire même chez les sujets vaccinés et les sujets non vaccinés contre l’hépatite B. D’autre part, la proportion des patients ayant développé une SEP dans les 12 mois après vaccination était comparable à celle des sujets contrôles (1.8% et 1.0%, respectivement). La seule différence apparente concerne donc la période s’écoulant entre 12 et 36 mois après vaccination. Cette étude est donc en accord avec toutes les autres études n’ayant pas identifié de risque accru de développer une SEP dans l’année suivant une vaccination hépatite B comme cela avait été suggéré par les données françaises de pharmacovigilance.
5. Cette étude suggère-t-elle que la vaccination contre l’hépatite B pourrait causer une SEP ?
L’étude de Hernan présente des limitations qui ne permettent pas d’étendre ses résultats à la population générale : elle repose sur l’analyse d’un très petit nombre de patients vaccinés (11) présentant des facteurs de risques pour une hépatite B. La présente étude contraste avec les conclusions de multiples autres études et comités d'experts qui ont conclu à l'absence de lien entre la SEP et la vaccination contre l'hépatite B. Bien qu'il puisse y avoir les problèmes méthodologiques dans certaines des autres études, nous devons considérer l'étude de Hernan dans le contexte de l'ensemble des autres études négatives.
6. Est-ce que les résultats de cette étude sont en accord avec ceux des autres études ?
Non. Aucune des nombreuses études précédentes n’a mis en évidence d'augmentation significative  du risque de SEP après vaccination contre l’hépatite B. L’étude de Hernan doit donc être considérée comme une pièce de puzzle inattendue dans un ensemble de données soutenant la sécurité de la vaccination contre l’hépatite B. 
7. Est-ce que la différence entre cette étude et les études précédentes pourrait refléter la méthodologie utilisée?
Afin de déterminer si les résultats inattendus de cette étude s’expliquent par la méthodologie utilisée, le CDC a appliqué la même méthodologie aux données d’un grand registre américain (VSD), en utilisant soit les données médicales, soit les données fournies par les patients (De Stefano F, 20th International Conference on Pharmacoepidemiology, Bordeaux, August 2004). Leurs observations confirment que les dossiers médicaux ne contiennent souvent qu’une partie des informations dont disposent les patients, en particulier en ce qui concerne leurs vaccinations !  Cette étude américaine analysant les dossiers de 276 patients et 599 contrôles appariés n’a identifié aucune corrélation entre la vaccination hépatite B et la survenue d’une SEP, et ce à aucun moment dans les 5 années suivant la vaccination. Ces données renforcent la suspicion de l’existence de facteurs de confusions dans l’étude de Hernan, y compris la vaccination de sujets à risques, l’analyse de données médicales peut-être non exhaustives et le petit nombre de patients retenus.
8. Quels sont les résultats de cette étude en ce qui concerne les autres vaccins?
En suivant la même approche que pour la vaccination hépatite B, Hernan et collaborateurs ont trouvé la même proportion de patients (6.1%) et de contrôles (6.0%) vaccinés contre la grippe au cours des 3 ans précédents. Ceci est en accord avec les autres études ayant montré qu’il n’y a aucune influence de la vaccination contre la grippe sur la survenue d’une SEP. Ils ont observé que la proportion de patients vaccinés contre le tétanos (11.7%) au cours des 3 ans précédents était significativement plus faible que celle des contrôles (17.4%). Les limitations de l’étude ne permettent cependant pas de suggérer que la vaccination contre le tétanos pourrait avoir un effet protecteur sur la survenue d’une SEP.
9. Si les résultats de cette étude étaient représentatifs, quelle en serait l’hypothèse biologique?
Si les résultats de cette étude étaient représentatifs de la population générale, il faudrait trouver une hypothèse compatible avec une augmentation du risque de SEP entre 12 et 36 mois après vaccination de sujets adultes contre l’hépatite B. Cet intervalle de temps n’est pas compatible avec un effet non-spécifique des vaccins ou de leurs adjuvants, observé dans les semaines après une vaccination. Il faudrait donc imaginer un rôle causal de l’antigène AgHBs, mais ceci est rendu improbable par l’absence d’association entre infection hépatite B et SEP. Le rôle potentiel de l’aluminium / du thiomersal contenus dans le vaccin hépatite B est démenti par l’absence d’influence des vaccins tétanos et influenza dans la même étude. Ainsi, il n’y a actuellement pas d’hypothèse biologique susceptible d’expliquer les observations de cette étude.
10. Si les résultats de cette étude étaient représentatifs, est-ce que cela accuserait les adjuvants ou les additifs contenus dans les vaccins contre l’hépatite B ?
Non. Si les résultats de cette étude étaient représentatifs de la population générale et indiquait un risque accru de SEP entre 12 et 36 mois après vaccination, on ne pourrait pas attribuer ce risque à l’aluminium ou au thiomersal puisque ces composants sont aussi présents dans les vaccins tétanos et influenza, qui ne sont pas identifiés comme augmentant le risque de SEP dans l’étude de Hernan ni dans aucune des études précédentes.
11. Si les résultats de cette étude étaient représentatifs, quel serait le risque maximal pour la population vaccinée contre l’hépatite B ?
Si les résultats de cette étude étaient représentatifs de la population générale, on devrait s’attendre à ce que le risque de développer une SEP dans les 3 ans après la vaccination hépatite B de sujets adultes puisse augmenter de 3,1 fois, passant par exemple de 1 patient / 100'000 à 3 patients / 100'000 environ. Mais les limitations de cette étude et les données de sécurité vaccinale accumulées à travers le monde indiquent que ce scénario n’est pas probable.
12. Les résultats de cette étude vont-ils entraîner des modifications dans les recommandations de vaccination contre l’hépatite B ?
Ni les auteurs de l’étude, ni l’éditorial qui l’accompagne, ne remettent en cause l’importance de la vaccination contre l’hépatite B. Les résultats préliminaires de cette étude ont déjà été présenté publiquement il y a plus d’un an. Bien qu’il soit trop tôt pour que les autorités de santé se soient déjà prononcées, aucune n’a fait part de l’intention de modifier ses recommandations de vaccination contre l’hépatite B, dont la réalité médicale est bien supérieure à celle d’un risque théorique non démontré. Il est important de noter que quelles que soient les explications aux résultats de l’étude de Hernan, cette étude concerne exclusivement la vaccination des sujets adultes à risques d’hépatite B. Les données accumulées depuis 20 ans ont formellement démontré la sécurité de la vaccination hépatite B chez les nouveaux-nés, les nourrissons, les enfants et les adolescents.
L’ HEPATITE B EST AU PREMIER PLAN DES MALADIES INFECTIEUSES PLANETAIRES DONT TOUTES LES CONSEQUENCES SONT EVITABLES PAR UN VACCIN
 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /Nov /2005 20:06
Qu'est-ce qu'un anticorps? Comment est-il fabriqué?
Le nom d'abord, anticorps, vient de ce que cette substance reconnaît le corps étranger et s'y fixe. On ne parle pas d'anticorps sans parler de son partenaire obligé, l'antigène, nommé ainsi parce que c'est justement... le "générateur" d'anticorps. L'antigène est le composé qui, quand on l'introduit dans l'organisme, provoque la formation d'anticorps spécifiques dirigés contre lui.
Les anticorps sont des protéines solubles présentes dans le sang. On les appelle également immunoglobulines. Elles sont fabriquées par un type particulier de globules blancs, les lymphocytes B. Le sang humain en contient une quantité énorme : un litre recèle environ soixante-dix grammes de protéines, dont dix à vingt grammes d'immunoglobulines.
Le terme antigène désigne toute espèce moléculaire d’origine biologique ou synthétique qui, au contact de cellules appropriées du système immunitaire d’un organisme animal donné, appelé hôte ou receveur, est reconnue par ces cellules et provoque un processus impliquant leur prolifération, connue sous le nom de réaction immunitaire, caractérisée par la synthèse d’effecteurs moléculaires libres ou associés à des cellules ayant la propriété de se combiner spécifiquement in vivo (dans l’organisme de l’hôte) ou in vitro avec l’antigène qui en a suscité la production.
Lorsqu'un antigène a été reconnu une première fois, le système immunitaire s'en souvient. La mémoire repose sur des cellules à durée de vie extrêmement longue : elles -- ou leurs descendantes -- restent dans la rate, dans les ganglions, pendant des mois ou des années, prêtes à se réveiller si l'antigène réapparaît. En revanche, la très grande majorité des lymphocytes ne vivent que quelques jours : après avoir été activés et s'être multipliés à très grande allure pendant la réponse immunitaire, ils meurent en masse, se suicidant en réponse à des signaux externes.
Le virus de l’hépatite B
Le virus de l'hépatite B (VHB) est un virus à ADN, enveloppé. Le virus est présent dans le sérum, dans les sécrétions sexuelles, dans les lymphocytes, dans la moelle osseuse, dans le lait maternel et dans la salive si la réplication virale est intense. Le virus résiste, en moyenne, 7 jours en milieu extérieur. Il n'est pas inactivé par l'alcool, ni l'éther. Le pouvoir contaminant du VHB est très grand : le risque de contamination lors d'un accident d'exposition au sang d'une personne infectée est de 30%. Par comparaison, il est de 0,3% pour le virus de l'immunodéficience humaine et de 3% pour le virus de l'hépatite C.
(La Recherche n°72 de novembre 1976)
Il appartient à la famille des Hepdnaviridae (pour Hepatotrophic DNA Viruses) qui rassemble des virus d'hépatites.
Virus enveloppé classique contenant une nucléocapside qui renferme
·        un DNA partiellement bicaténaire circulaire (1,6 Mg.mol-1 soit 3200 nucléotides)
·        une DNA polymérase ARN ADN dépendante
Le virion est encore appelé Particule de Dane. (43 nm de diamètre).
 
Ag = antigène
Le virus est constitué d’un noyau central (core, Ag HBc) contenant l’acide désoxyribonucléique du virus (ADN-VHB). Ce noyau est entouré d’une enveloppe externe (antigène de surface, Ag HBs). L’antigène «e» (Ag Hbe) est une protéine soluble dérivée de l’Ag HBc qui lui est insoluble (c.-à-d. ne se retrouve pas en circulation, mais seulement dans le foie). Le VHB se réplique par des mécanismes similaires à ceux des rétrovirus. L’ADN polymérase du VHB possède en effet une activité transcriptase inverse (ADN->ARN->ADN), ce qui explique l’efficacité de certains agents antiviraux comme la Lamivudine (qui bloque la transcriptase inverse) dans le traitement de l’hépatite B.
 
Marqueurs
- Actualité : Ag HBs (enveloppe).
- Réplication : ADN-VHB  + Ag HBe.
- Guérison : Ac anti-HBs  + Ac anti-HBe.
- Contage : Ac anti-HBc.
=> Conduite à tenir :
- Premier marqueur à demander = Ac anti-HBc.
- Si négatif : N'est pas une hépatite B.
- Si positif : Demander Ag HBs, ADN-VHB et Ac anti-HBs pour savoir si le patient est guéri ou si la maladie est évolutive...
 
Hépatite B Aiguë
Chez 75% des sujets, l’hépatite aiguë ne s’accompagne pas d’ictère, est souvent asymptomatique et n’est pas diagnostiquée, alors que 25% des sujets atteints ont un ictère et des symptômes cliniques. Une minorité de cas (moins de 1%) ont une maladie fulminante conduisant rapidement vers le décès et sont candidats à une transplantation hépatique d’urgence. Parmi les adultes infectés, environ 5% demeurent des porteurs chroniques du VHB
Dans un contexte d’hépatite aiguë, c’est la présence d’un Ag HBs positif et d’IgM-anti-HBc qui permet d’établir un diagnostic d’hépatite B aiguë. Cependant, dans certains cas d’hépatite B chronique, les IgM-anti-HBc peuvent redevenir positifs lors de poussées d’activité de la maladie. Les IgM-anti-HBc ne sont donc pas entièrement spécifiques d’une infection aiguë et une poussée d’activité chez un porteur chronique peut donner le change pour une hépatite aiguë.
Hépatite B chronique
À la suite d’une infection aiguë par le VHB, certains sujets sont incapables de développer une réponse immunitaire qui leur permette d’éliminer le virus, et deviennent porteurs chroniques du VHB. La proportion des sujets qui évoluent vers l’état de porteur chronique varie inversement avec l’âge (tableau 1); les sujets chez qui l’infection initiale est asymptomatique ont également un risque plus élevé de devenir porteurs chroniques. Cependant, les mécanismes biologiques responsables de l’évolution vers la chronicité sont encore mal connus.
 Tableau 1
Chez les porteurs chroniques du VHB, deux phases évolutives de la maladie sont reconnues : une première phase dite réplicative, et une seconde phase dite non réplicative ou faiblement réplicative. Durant la phase initiale, il y a évidence de réplication virale telle que démontrée par la présence dans le sang de l’Ag HBe et de l’ADN-VHB. La réplication virale cause une nécrose et une inflammation de sévérité variable dans le foie, et les transaminases sont discrètement ou modérément élevées. Puis après plusieurs années d’évolution de la maladie, la réplication virale cesse ou diminue avec une disparition de l’Ag HBe, apparition d’anticorps anti-HBe, diminution de l’inflammation dans le foie et normalisation des transaminases. Le taux d’ADN-VHB diminue et devient non mesurable par les essais conventionnels d’hybridation, mais demeure détectable par des techniques d’amplification génique (PCR). Les patients demeurent positifs pour l’Ag HBs, mais environ 1% des porteurs perdront éventuellement l’Ag HBs annuellement après la séroconversion Ag HBe/anti-HBe.
Selon la durée et la sévérité de la phase initiale de réplication virale active, qui peut varier de quelques années à plus de 20 - 30 ans, on observe chez les porteurs chroniques du VHB des lésions hépatiques allant du foie quasi-normal (porteur inactif) jusqu’à la cirrhose sévère avec insuffisance hépatique grave et décès. On estime qu’environ 25% des porteurs chroniques du VHB évoluent vers la cirrhose. En Afrique et en Asie, on a démontré que les porteurs chroniques ont un risque accru de développer un carcinome hépatocellulaire, de l’ordre de 40 à 100 fois celui de la population non infectée.
Quelques situations particulières chez les porteurs chroniques du VHB
Ag HBs positif et anti-HBs positif : Chez environ 15% des porteurs chroniques du VHB, on détecte simultanément la présence d’Ag HBs et d’anti-HBs. La présence d’anti-HBs dans cette situation n’a aucune signification : elle n’indique pas une infectivité réduite ou une clairance imminente du VHB.
Ag HBs positif, Ag HBe positif et transaminases normales : Dans l’hépatite B chronique, on pense que le dommage hépatique est dû principalement à la réponse immunitaire de l’hôte contre le virus. Pour rendre compte de l’observation que les transaminases peuvent être normales même si l’Ag HBe est positif, surtout chez les porteurs d’origine asiatique, on parle alors de tolérance immunitaire, généralement suivie des années plus tard d’un stade où les transaminases deviennent élevées.
Ag HBs positif, Ag HBe négatif, anti-HBe positif et ADN-VHB positif : Chez certains porteurs chroniques, on observe de l’inflammation dans le foie, des transaminases élevées et une positivité de l’ADN-VHB dans le sang malgré un statut Ag HBe négatif/anti-HBe positif. Ceci reflète habituellement la présence d’un virus B porteur d’une mutation dans la région «pré-core» de son génome. Le virus mutant n’exprime pas l’Ag HBe, mais conserve sa capacité de réplication et sa pathogénicité.
Portage inactif de l’Ag HBs (ex porteurs sains) : La définition d’un « porteur sain » re­posait il y a quelques années sur la né­gativité de la recherche de l’ADN-VHB par technique d’hybridation molécu­laire. La simplification et la générali­sation de l’utilisation des techniques de PCR, leur précision croissante qui permet actuellement de descendre au seuil de 200 copies/ml, ont paradoxa­lement compliqué le travail du clini­cien en lui dévoilant une réalité bien plus complexe. Une standardisation de l’expression des résultats serait très souhaitable pour simplifier la compa­raison des résultats, et en particulier pour faciliter le suivi chez un même malade.
Au cours des hépatites chroniques à virus sauvage avec antigène HBe sérique l’ADN-VHB est le plus souvent > 10 5 copies/ml ou 5 log et peut être mesuré au-delà de 10 10 copies/ml ou de 10 log. Au cours des hépatites chro­niques à mutant pré-C avec anticorps anti-HBe sérique, la virémie est le plus souvent moindre, entre 10 4 copies/ml ou 4 log et 10 8 copies/ml ou 8 log. Chez les porteurs « inactifs » de l’anti-gène HBs, l’ADN-VHB fluctue entre l’indétectabilité et 10 5 copies/ml ou 5 log. Une virémie entre 4 et 5 log peut donc correspondre à ces 3 situations et il est donc très difficile d’évaluer un porteur de l’antigène HBs sur une seule détermination. La surveillance dans le temps est un élément majeur pour évaluer un malade porteur de l’anti-gène HBs.
La dénomination de porteur inactif a désormais remplacé celle de « porteur sain ». Elle désigne un porteur chro­nique de l’antigène HBs à transami­nases constamment normales (la nor­malité de 6 mesures consécutives de l’ALAT effectuées mensuellement est souhaitable), avec anticorps anti-HBe sérique, avec ADN-VHB indétectable par méthode d’hybridation moléculaire ou < 5 log ou 10 5 copies/ml par PCR, sans élévation des gamma-globulines (globuline du plasma sanguin agissant comme anticorps)  ni de l’αFP (alphafœtoprotéines) et avec une échographie hépa­tique normale. Un tel porteur inactif, s’il reste asymptomatique, peut être simplement surveillé par une consul­tation annuelle avec vérification de la normalité de l’ALAT et de l’absence d’exacerbation de la réplication virale.
On parle d’hépatite en phase de tolé­rance immunitaire chez un sujet encore jeune, asymptomatique et contaminé dans l’enfance, qui peut être porteur de l’antigène HBe ou de l’anticorps anti-HBe, mais a une réplication vi­rale élevée ou très élevée mesurée par l’ADN-VHB et l’absence de cytolyse hépatique ou d’élévation des gamma-globulines. Cette phase de tolérance immu­nitaire peut se rompre à l’adolescence, plus rarement dans l’enfance, ou à l’âge adulte. Il est re­commandé de surveiller ces patients pour ne leur proposer un traitement que lorsque l’apparition d’une cyto­lyse témoigne de la rupture de l’immunotolérance. Dans cette situation, une surveillance trimestrielle de l’ALAT est recommandée.
 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /Nov /2005 14:11

« Tous les contes populaires font rencontrer au jeune héros un vieillard ou une vieille femme qui le renseignera sur son destin d’une façon ou d’une autre. Ce peut être l’image d’un  « guru » ou d’un(e) initiateur(rice) secret pour qui il est important de diriger un jeune homme plein d’ardeur vers un but qu’il est un des seuls à connaître. A partir de ce moment Perceval a gravi quelques échelons : il passe du domaine de l’inconscient au domaine du subconscient. Et il le prouve au château de Blanchefleur. »

 

Jean Markale : Le Graal

 

Le lendemain matin, je me suis levé de bonne heure, ce qui pour moi était un véritable exploit vu que rien ne m’y obligeait, si ce n’était la quête de Grognaf à laquelle je me devais d’adhérer comme le morpion sur les roubignoles.
Je me sentais vraiment bien dans ma vieille peau de cinquantenaire, pas ridée du tout. Ce jeudi marquait l’équinoxe de printemps et Grognaf était dans sa cuisine, il commençait à péter la gueule à une demi-douzaine d’œufs qui ne lui avait rien fait pour le moment.
- Calmos gros, j’ai dit, le cholestérol ne passera pas par moi !
- Tu ne vas pas reculer lâchement devant une séance d’avortement avicole ! Une petite omelette n’a jamais cassé que des œufs. Il faut nourrir la bête de bon matin car :   “ Un estomac bien plein le matin réjouit toujours le pèlerin ”.
Je me suis laissé faire par le gros et j’ai attaqué son omelette forestière.
- Tu vois, dit Grognaf en torchant son assiette avec du pain de campagne aussi bon que lui, ce n’était jamais que des œufs, des champignons du Jura en bocal, du lard et du fromage. Faut peu pour faire un monde !
- Et d’où viennent ces bolets mon Gnafron ?
- Ben... je les avais gardés pour une grande occase mec. C’est un vieux bocal qu’a au moins trois ans, ta mère me l’avait donné quand on est allé pour ton père, tu sais bien ?
J’ai versé trois larmes dans mon assiette, le gros m’avait accompagné pour l’incinération de mon père. Trois ans déjà, il me manquait souvent mon Papou. Le gros avait eu raison de me faire manger les derniers champignons qu’il avait sans doute ramassés avant de se faire manger par le crabe. J’ai toujours eu peur de ne pas assez penser à tous ces gens que j’aime et qui disparaissent. Le gros me regardait comme un cocker sauf que ses oreilles ne pendaient pas. Je lui ai pris la main qui traînait sur la table.
- T’es un gros con mais moi aussi et je t’aime bien, que je lui ai dit.
Il m’a regardé en souriant et, en larguant ma main, il a proféré :
- On ne va pas retourner au pieu maintenant mon mignon ?
Ma main gauche a manqué la tronche du gros, hilare, content de lui.
- Au fait mon Gnafrounet adoré, c’est comment tes amours en ce moment ?
- Je suis sur deux coups, le moteur de la Grognafmobile, un coup de  maître et Flo, une maîtresse femme, une déesse, une... bon tu vois.
Je voyais, je n’avais jamais entendu Grognaf qualifier une personne du sexe féminin de plus d’un mot. En général c’était : ouais- ah- beuh- bof ou ben ! J’asticotais le gros un tantinet.
- Tu me la présentes quand ta Flo ou plutôt, quand est ce que tu me remets à flots ?
- C’n’est pas ce que tu crois dit le gros en rosissant.
- Moi mon pote, je ne crois que ce que je vois, flo ce qui flo !
Grognaf se mit debout, rouge comme un prépuce de premier communiant, il exultait et s’étouffait d’indignation en même temps. Vieux salopard, il était content de m’apprendre une chose et s’en défendait par un vieux restant de principe que j’allais tôt fait d’extirper.
- Alors, ça y est, tu as trempé ton biscuit gros sagouin ? J’espère que tu la mérites, la pauvre ! Moi qui croyais que tu finirais moine ou pédé, enfin c’est pareil. Bon Dieu ! Ça s’arrose à mort ce truc, c’est un coup à rester à boire pendant deux jours !
- Ne commence pas, il n’y a pas que du vin sur la planche ! Nous reparlerons de tout cela demain soir, Elle viendra pour un ou deux jours et tu verras ! En attendant qu’est-ce que tu vas faire, tu as déjà prévu ta journée ?
- J’ai l’intention de me faire une ou deux mairies du secteur afin de commencer à te trouver du carburant. En gros, je vais me lancer dans la prospection pommeau-carburante, je vais te forer un puits de lambig.
Grognaf me tendit un trousseau de clefs et me dit :
- C’est tes clefs, ça ouvre partout ici, je ne serai peut-être pas là lorsque tu rentreras. J’ai des trucs importants à faire, je t’en parlerai plus tard. Il y a à manger, à boire, tu peux ramener du pain et des roses. C’est tout ce qui manque ici pour l’instant.
Grognaf est parti, et moi, je peux partir à la recherche du lambig perdu. J’avais dans la voiture la 6eme Symphonie en La mineur de Gustav MALHER, Orchestre Symphonique de Chicago dirigé par Claudio ABBADO. Ça m’a bien collé la pêche !
J’ai garé la Fiorino devant la mairie de Bannaden. Je me suis dit que j’allais certainement avoir à faire à un vieux mec sortit tout droit de l’univers de Courteline, avec la blouse grise et les manches à élastiques. Tout faux ! Le secrétaire de mairie était une secrétaire, la trentaine plutôt avenante, plus proche de Thomas Lanier Williams (dit Tennessee) que de Georges Moinaux (dit Courteline). Enfin, plus “chatte sur un toit brûlant  ” que “rond de cuir ”. Elle était assise derrière un bureau en noyer qui jurait un maximum avec l’ordinateur ultramoderne qui trônait dessus. Je l’ai saluée et dans une seule inspiration lui ai présenté ma requête. J’ai prétexté une thèse balaise d’ethno alcoologie ayant pour sujet  d’étude “la dimension religieuse intrinsèque de la recherche sur les usages, la fabrication artisanale et la consommation des spiritueux indigènes en Basse-Bretagne et de sa répercussion sur le psychisme des autochtones ” afin de lui extorquer des adresses de personnes de sexe féminin ayant encore l’usage du droit de bouilleur de cru.
- Vous voulez des adresses de bouilleuses de cru, si je comprends bien. C’est pour  vérifier si elles sont crues ou cuites, si elles bouillent toujours. Un truc comme ça ne doit pas pouvoir s’inventer.
Je ne savais pas si elle se foutait de moi ou si elle était d’une jovialité à toute épreuve. J’ai sorti mon sourire d’idiot numéro trois et j’ai plongé sans tuba afin de toucher le fond au plus vite. Un suicide diluvien en perspective se préparait dans mon esprit.
- Le sujet peut vous paraître rébarbatif ou amusant mais c’est un travail tout ce qu’il y a de plus sérieux dont les retombées seront utilisées dans des domaines aussi variés que la psychiatrie, l’ethnopsychiatrie, la physique des particules et la pharmacopsychologie...
- Vous oubliez aussi la malacologie, la synesthésie, l’analyse factorielle des douves de tonneaux et l’âge du capitaine qui, comme chacun le sait, avait un frère dont le père était une grosse bonne femme qui tenait les douches, son père et sa mère étaient les deux sœurs, qui étaient cousins avec Tas-De-Sable qui lui, avait connu la bécane à Jules, le même d’ailleurs, qui avait perdu une dent au Pôle Nord !
- Vous ne semblez pas me prendre au sérieux, je peux savoir pourquoi ?
- Parce que vos arguments spécieux ne tiennent pas la route un seul instant. Même le dernier des étudiants de l’Université de Bretagne Occidentale, en licence de foutaises eschatologiques avancées ou autres billevesées, saurait, avant de commencer une enquête de ce type, si ça existe, et surtout que ce genre de renseignement s’obtient aux indirectes mais pas dans une mairie. Vous voulez acheter du lambig et du chouchen à de pauvres veuves qui en ont plein leur cellier, des mamies avec des  sabots bourrés de paille et des coiffes bigoudènes façon Bécassine. Vous ne manquez pas d’air !
- Si je vous donne les raisons réelles qui me poussent à vous demander ces renseignements, vous allez me  croire encore plus menteur ou givré. Je suis désolé, je vous laisse travailler et je m’excuse de vous avoir importuné...
- Attendez un instant dit la dame de la mairie, vous ne m’avez même pas dit votre nom.
- Laissez tomber, ce qui vous semble une impolitesse, c’est juste pour m’éviter d’avoir l’air encore plus ridicule à vos yeux.
La secrétaire se leva et me prenant la main en souriant déclara :
- Perceval, que faites-vous ici ? Qui vous amena sur cette montagne d’où vous ne pouvez être tiré que par aventure et où vous mourrez de faim et d’ennui ? Perceval, sais-tu d’où je viens ?·
- Qui vous a appris mon nom ? Fit Perceval, · ai-je répondu, souriant et soulagé en percevant une issue.
- Je le sais bien, et vous connais mieux que vous ne pensez.·
Vous connaissez les romans arthuriens ou je me trompe ?
- Je ne saurais malheureusement en dire beaucoup plus, j’ai juste appris ce petit passage ayant été averti, par un ami commun, que vous viendriez immanquablement me voir cher monsieur Perceval Fontaine.
- Vous connaissez Grogn... euh ! Noël Pichon ?
- Je connais Grognaf mon cher Déluge, je m’appelle Floripar  Pelléhen, Flo pour les amis. Il ne vous a pas parlé de moi ?
- À peine, c’est un cachottier. Je crois que l’on se voit demain soir belle dame.
- Absolument mais il faut que je vous parle d’une personne que vous devez aller voir sans faute pour votre recherche de “carburant ” ou pour votre thèse fabuleuse au choix mon preux chevalier de mes deux choses.
- Ne vous moquez pas de moi, je ne savais absolument pas comment vous faire part de ma recherche, ça semble tellement absurde. Grognaf aurait du me dire que vous seriez en mesure de m’aider.
- Ce gougnafier, qui se dit, soit dit en passant, votre ami, m’a affirmé en se marrant que vous étiez capable d’affronter n’importe quelle situation même la plus désespérée. En fait, il n’avait pas tort, je trouve que vous ne vous en tirez pas trop mal. Pour vous aider, je vais vous donner les coordonnées d’une personne admirable qui va pouvoir vous rendre service. C’est une femme qui habite la Ferme de l’Arbre Sec au lieu dit Maenbrân. Elle s’appelle Rhiannon Brunissen, son mari est décédé il y a une dizaine d’années. Elle connaît bien le secteur et les gens qui y travaillent. Son lambig est un des meilleurs du coin, peut-être même du monde. Il est indispensable, pour votre recherche, de la rencontrer, vous m’en reparlerez demain soir.
Flo m’a noté les indications nécessaires pour me rendre à Maenbrân et j’ai enfourché mon destrier d’origine italienne, blanc avec quelques taches de rouille. Après avoir quitté la départementale qui rejoint Scaër, j’ai enquillé quelques chemins creux magnifiques comme on n’en trouve plus qu’en Finistère Sud.  C’étaient de véritables tunnels percés dans les châtaigniers et les chênes verts, bordés de buttes de terre, rempart antiques, façonnés par les humains contre le vent, abris inextricables pour un tas d’oiseaux, d’insectes et autres animaux. J’ai garé la voiture près d’une très ancienne croix celtique qui gisait au pied de sa colonne de granit et je me suis avancé dans le chemin qui conduisait à la ferme. Aux détours du chemin creux, un verger clos de pierre descendait jusqu’à la ferme. Au milieu du verger, un tertre, recouvert de fleurs blanches de différentes variétés, dominait l’ensemble de cette petite vallée et protégeait le penty des regards indiscrets. Le verger en fleurs devait apparemment accueillir toutes les variétés de pommiers que l’on puisse trouver en Bretagne, un vrai conservatoire de la pomme à cidre.
Il fallait traverser le verger pour accéder à la maison. J’ai entrouvert la barrière de bois, pénétré dans ce paradis et refermé derrière moi. Je me suis immobilisé car sur la couronne de pommiers qui entourait le tertre, toute une tribu d’oiseaux les plus divers était juchée sur les plus hautes branches et leur chant composait une polyphonie des plus singulière. Je n’avais jamais entendu de chant aussi profond, délicatement pour ne pas les effaroucher, je me suis assis dans l’herbe devant le tertre et j’ai écouté attentivement en essayant de repérer qui chantait quoi. C’était réellement impossible. Dès que je pensais avoir surpris du regard un des oiseaux, ce dernier cessait son chant et semblait me regarder. J’ai reconnu parmi eux des loriots, troglodytes, fauvettes à tête noire, un bouvreuil, des pinsons, un gorge bleu, un couple de pies, des étourneaux, quelques bergeronnettes, des mésanges, un roitelet huppé et d’autres dont je ne connaissais pas le nom. Ils semblaient non seulement se respecter mais singulièrement être en répétition dans une cathédrale de verdure. J’ai aussi imaginé que le chef de cet orchestre céleste était un grand corbeau perché au sommet d’un immense châtaignier en bordure du verger et qui donnait la mesure, de temps à autre à coups de battements d’ailes. J’ai cessé de tenter de surprendre les exécutants et je me suis laissé aller dans l’herbe, étendu, les yeux fermés. Un sentiment étrange m’a envahi et un grand ravissement m’a saisi. Tous les oiseaux chantaient mais chacun un chant différent et s’accordant ensemble en une merveilleuse harmonie. Je me réjouis de leur joie, j’écoutais jusqu’au bout leur concert ;  je n’avais jamais entendu auparavant de si belle musique.
Je me surpris à ne plus savoir si je rêvais ou si la situation était réelle, j’avais envie de me fondre dans cette plénitude et j’ai commencé à verser des larmes de joie. Le chant c’est soudain arrêté et j’ai entendu des pas sur les dalles de pierre qui garnissaient le chemin conduisant au penty.
Une femme blonde est arrivée à quelques pas de moi. Il était impossible de lui donner un âge précis, à peine la soixantaine ou peut-être plus. Elle était vêtue d’un élégant corsage de soie et d’une jupe blanche en coton. Ses longs cheveux fins et blonds étaient noués gracieusement d’un lien doré. Elle avait un beau visage plaisant et tenait à la main des fleurs blanches qu’elle venait sans doute de couper de l’autre côté du tertre. C’était une belle image et ça sentait bon. J’ai pleuré un peu plus.
- Vous pleurez d’écouter le chant des oiseaux ? a-t-elle demandé.
- Je crois que j’ai fait plus que de les écouter, lui ai-je répondu, je les ai entendus et cela m’a profondément bouleversé. Je pleure souvent, de joie comme de peine, je suis désolé. Excusez-moi et aussi d’avoir pénétré chez vous sans m’annoncer mais la symphonie m’a détournée de mon projet qui était d’aller sonner à votre porte. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis dans l’herbe, mon intention première était juste de traverser pour m’annoncer.
- Ne vous excusez pas, si vous n’aviez pas été attentif à l’accueil de mes compagnons, je ne vous aurais pas prêté attention et vous n’auriez pas pu sonner. Le chant des oiseaux est ma sonnette en quelque sorte et voir un homme pleurer est une chose de plus en plus rare. C’est aussi beau et précieux que le chant des oiseaux.
- Je me suis mis à bredouiller ce qui aurait dû être une présentation et elle se mit à rire d’une façon joyeuse lorsqu’elle a entendu mon nom. J’ai tendu la main dans sa direction et je suis resté figé pendant une seconde qui m’a semblé l’éternité. Elle a saisi ma main et j’ai su qu’elle savait qui j’étais. Je ne parle pas de mon identité sociale ni de la façade qui va avec mais de mon moi profond et de ses racines postérieures à la naissance, à ma naissance et toutes les autres.
- Je m’appelle Rhiannon dit-elle en gardant ma main encore un instant. Rhiannon Brunissen, c’est un très vieux nom et un très vieux prénom aussi, bien plus vieux que le vôtre, Perceval Fontaine, nos parents devaient avoir en commun le même amour pour les choses anciennes.
- Je me souviens d’avoir entendu ces noms dans des vieilles légendes celtiques mais  Perceval est certainement plus récent, mes parents étaient passionnés par les romans arthuriens.
- Les romans de La Table Ronde ont pour origine les mêmes mythes que ceux qui  évoquent mon nom et mon prénom, ils ont été modifiés par ces lettrés chrétiens du Moyen-Âge qui s’étaient arrogé le savoir des païens après les avoir exterminés où convertis de force. Avant cela, la tradition se transmettait oralement par les bardes, de génération en génération. Les bardes étaient une composante essentielle de la société celte et les mythes, leurs chants et épopées sont d’une richesse incroyable qui servira de fondement à la littérature européenne du moyen-âge. Je pense qu’avec un prénom tel que le vôtre,  vous vous êtes intéressé à tout cela.
- J’ai appris à lire dans les contes et les légendes éditées pour les enfants et j’aimais beaucoup Merlin l’enchanteur mais depuis une dizaine d’années j’essaie de m’intéresser plus sérieusement à la mythologie celtique et surtout aux poèmes des bardes gallois après avoir lu un court texte d’André Breton qui préfaçait une traduction de poèmes des grands Bardes Gallois par Jean Markale. Ce texte s’intitulait : “ Braise Au Trépied De Keridwen ”.·  J’ai réussi à trouver le livre chez un bouquiniste et j’ai essayé d’apprendre des poèmes de Taliésin, j’aime beaucoup “conjuration Hostile ”, j’en connais encore des passages entiers. Ça commence ainsi :
“ Voici le barde qui n’a pas encore chanté.
Mais il chantera bientôt,
et à la fin de son chant
il connaîtra la science des étoiles.
 
Les hommes généreux rejettent mes chants,
il n’en est pas un pour écouter
les paroles de Taliésin. ”
 
Comme elle était silencieuse et semblait attendre la suite, j’ai continué.
- Il y a des passages qui semblent être écrits par des poètes contemporains, je comprends pourquoi André Breton s’était reconnu dans ces bardes gallois et dans leur langue dont il dit qu’elle est “de l’âme pour l’âme... de la pensée accrochant la pensée et tirant ”. Ce qui me fait penser à un autre passage du même “conjuration Hostile ”.
“ Cette paix que tu m’apportes
dans les profondeurs de tes louanges,
n’est-elle pas plutôt une conjuration hostile ?
 
Quelle est donc cette pratique ?
votre langue récite
tant et tant de chants nationaux
que vous ne pouvez même plus dire la prière ?
de bénédiction sur la liqueur de clarté
qui est le thème de toute rapsodie. ”
- Pourquoi ne pas rentrer dans la maison et continuer cette intéressante conversation devant une bolée de cidre ? S’est enquis Rhiannon.
- Si le cidre vient de ce verger, je veux bien ai-je répondu bêtement.
Vous pouvez écouter John SURMAN, PRIVATE CITY chez ECM, mon préféré : tout l’album.


· Les Grands Bardes Gallois. Jean MARKALE, précédé de Braise Au Trépied De Keridwen  par André BRETON. Éditions FALAIZE -1956
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Vendredi 25 novembre 2005 5 25 /11 /Nov /2005 00:13
TELE-MARKETING
Deux hommes, H1 et H2, sont devant un poste de travail, table ou bureau. Deux téléphones et des paperasses sont à leur disposition.
H1 apprend à H2 comment faire une action de Télémarketing.
 
H1: -Bon, je vais te le faire une fois!
 
Il regarde sur une liste, compose un numéro et parle, très sûr de lui. L'autre prend l'écouteur.
 
- Bonjour, ici Dominique Lefebvre de la SOFRES, nous sommes chargés par le ministère de faire une enquête sur la propriété. Je dois vous poser quatre questions et ça ne prendra que trois minutes à peine!
1: êtes-vous marié?
Oui! ( Il coche une case sur un papier.)
Très bien!
2: avez-vous des enfants?
Oui! (Il coche.)
Encore mieux!
3: êtes-vous propriétaire ou locataire de votre habitation principale?
Propriétaire!
Bien!
Merci beaucoup Monsieur, oui,  c'est tout! Au revoir et merci encore!
Il raccroche et s'adresse à H2:
- Alors tu vois, c'est simple! Tu as fait une croix en face de chaque hypothèse, là! Pour celui-ci, c'est foutu, il est propriétaire donc il ne nous intéresse pas, on ne s'en servira pas!
H2:- Et si il avait été locataire?
H1:- Tu aurais fait la croix ici et tu passais à la quatrième et dernière question: - avez-vous déjà envisagé le fait de devenir propriétaire de votre résidence principale?
Il faut dire exactement les mots prévus.
Deux possibilités: oui ou non!
Les croix au bon endroit suivant la réponse et c'est tout. Tu t'en débarrasses vite fait bien fait!
H2: - Et c'est donc ça, qualifier un fichier?
H1: - Aussi simple mais précis! A partir de ce qui reste, les oui à toutes les questions, quinze jours après nous avons une autre opération et là c'est:
- Bonjour Monsieur, ici Dominique Lefebvre de la société X, je vous appelle car notre spécialiste est dans votre quartier en ce moment. Savez-vous qu'il y a une opération de construction de lotissements dans le cadre des prêts P. A. P et que vous pourriez sans aucun doute en bénéficier?
H2: - Pape?
H1: - pour Prêts Accession à la Propriété. P. A. P!
H2: - Et c'est pas du pipeau?
H1: - Absolument pas! Le P. A. P c'est un droit, la loi pour tous. Pour y avoir accès il faut remplir un certain nombre de conditions: de salaire, être marié, avoir des enfants etc.
C'est pourquoi on pose ces questions au début, pour épurer le fichier. La boîte nous fournit un listing genre " abonnés au téléphone " de l'endroit où ils peuvent faire un lotissement, on prend le prétexte d'une enquête et on sélectionne. On élimine les vieux, les célibataires, les "qu'ont-pas-d'enfants " et après, le commercial passe sur rendez-vous. Il fait du 80%, c'est ciblé à mort!
H2: - C'est loin d'être con! Mais et le type, au bout du fil, il peut pas dire oui à ta deuxième question, quand tu lui dis " savez-vous " heu...il pourrait dire oui bien sûr, je suis pas con!
H1: - Absolument pas, c'est fait exprès, il ne peut pas encore savoir qu'il y aura une opération immobilière dans son quartier. De plus, tu lui apprends, quand même, qu'il pourrait bénéficier, tu pèses ce mot? BENEFICIER d'aide à la construction, tu rentres à fond dans ses rêves les plus chers dans tous les sens du terme! Il bande à mort, les gens aiment bien rester dans un coin où ils ont déjà des marques, les commerces où on les connaît, le bistro P. M. U du coin, la voisine qui garde la petite, le cimetière où dorment les grands-parents etc. Tout ce qu'il te reste à faire, c'est de lui proposer une date pour un rendez-vous ferme avec le commercial!
H2: - Là, ça doit être plus coton, non?
H1: - Pas vraiment, il y a aussi une technique. Tiens, on va le faire si tu veux bien! Tu es le client potentiel, vas-y, réponds!
- Vous préférez jeudi ou vendredi?
H2: - Pas de pot mon gars, je pars mercredi en vacances!
H1: - Qu'à cela ne tienne, vous rentrez quand?
H2: - Heu...dans un mois, non cinq semaines!
H1: - O.K! Donc le quatre, tu as toujours un calendrier sous tes yeux, alors le quatre?
H2: - Ben, heu...oui, le quatre, dans cinq semaines, enfin je veux dire dans cinq semaines après mercredi, je n'ai pas de calendrier moi!
C'est quel jour au fait?
H1: - Tu vois, tu es piègé, écoute bien!
Monsieur, vous souhaitez vraiment avoir ces renseignements et être fixé sur vos possibilités réelles et prochaines de devenir propriétaire de votre résidence principale en ne payant pas plus cher que votre loyer actuel?
H1: - Ouais ben tu parles, je veux mon nerveux!
H1: - Donc, vous préférez le six ou le sept? Je vous laisse récupérer un peu, c'est deux jours après votre retour, vous aurez l'esprit clair, c'est pas à deux jours près mais quand même, il n'y en aura pas pour tous!
H2: - Le deux!
H1: - Vous n'écoutez pas Monsieur, pourtant, ça peut être une rencontre terriblement importante pour vous, je proposais le six ou le sept!
H2: - Excusez-moi, le sept!
H1: - Bien, à dix-neuf heures ou à vingt heures?
H2: - Je ne rentre qu'à vingt-et-une heure!
H1: - Très bien, je marque vingt-et-une heures trente ou vingt-deux heures?
H2: - Eh merde, je n'ai plus le choix, coincé!
H1: - Exact, t'es coincé, ferré! Question fermée, imparable!
H2: - Et s'il ne veut pas du tout nous voir!
H1: - Argumentaire page 1, tu l'as sous la main à côté du calendrier!
1e: Vous payez combien de loyer?
Là, tu prends la calculette, toujours à ta droite, à portée de la main. X multiplié par douze, ça VOUS fait tant! HOULALALALA! WOUHA! La vache, c'est énorme Monsieur, Kolossale dépense! Vous pourriez non seulement payer moins cher mais aussi être PROPRIETAIRE de VOTRE MAISON au bout de vingt ans seulement! Franchement Monsieur Duchnoque, cela n'est-il pas préférable pour vous et vos finances? Et puis la rencontre avec notre spécialiste est absolument sans aucun engagement de votre part, vous ne perdrez pas votre temps, on vous informe gratuitement, notre seul atout, c'est votre possible!
H2: - Ils vendent beaucoup de maisons?
H1: - Tu parles, ils font un carton, sinon nous ne serions plus là! Mais ça marche à mort! Bon vas-y, à toi de faire!
H2 fait un numéro de téléphone et commence.
H2: - Bonjour, ici Lefebvre de la Soufresse, heu...non, de la Sofres, excusez-moi! Nous sommes charmés par le ministère de faire une enquête sur la propreté...Non, non, la propriété, la propriété, excusez-moi encore!
Quel ministère? Ben, je sais pas moi, heu la saleté, je veux dire la santé, non non, (à son collègue en aparté, il cache le combiné avec la main) on me dit l'intérieur!
(à son correspondant)
Attendez, je regarde si c'est l'intérieur!
(à H1) Il me demande quel ministère, qu'est-ce que je dis?
(H1 appuyant sur le repose combiné coupe la communication.)
H1: - Laisse tomber, c'est un emmerdeur! Rien à tirer de ce genre de pelgreux! De toute façon, quoi qu'il arrive, l'autre au bout du fil ne doit pas en placer une! Toi, tu le tiens, c'est toi qui dirige le débat, t'es le chef , le maître absolu, tu diriges réellement la conversation, tu sais exactement où tu veux l'emmener, ce qu'il doit répondre, seulement cela!
Ah, au téléphone tu dois sourire, le sourire se voit au téléphone autant qu'en face à face. Tu dois être sûr de toi, si on met ta parole en doute, tu raccroches, pas de discussion tu perds ton temps! Et vois-tu ici, le temps c'est véritablement de l'argent! Son ministère à l'autre plouc, tu l'emmerdes, tu n'as pas que ça à foutre!
Bon, tu essaies à nouveau! Plein pot mon gars! On est les gagnants!
(H2 fait un numéro et obtient tout de suite son correspondant, il arbore un sourire à la " Lecanuet 66 ")
H2: - Bonjour, Monsieur Lefebvre de la Sofres...
Oui, je sais bien qu’il n’est pas chez vous puisque c'est moi...
Qui? Non! Je disais c'est moi! (Sa voix monte, l'autre est sourd)
OUI, c'est moi, Monsieur Lefebvre de la SOFRES!
OUI, SOFRES!  Non moi c'est LEFEBVRE, LE. FE. BVRE. BVRE. Lefebvre...de la Sofres! Non, non, c'est pour une enquête...
(Il crie, à la limite de l'hystérie)
Non, pas la police, LA SOFRES!
Leuf...leuf...le fumier! Il a raccroché, putain! Il est sourd comme un pot ou con comme la mort et méfiant comme une truite!
H1: - Bon, ça chie pas, tu vois tout de suite à qui tu as à faire! Le vieux, tu le largues tout de suite! La politesse tu t'en branles! Surtout que dans ta première phrase, tu n'as pas donné le nom de la boîte mais celui de la SOFRES, les pauvres, ils ont l’habitude, toutes les agences de phoning font ça! Mais tu n'as pas une minute à perdre, les vieux n'entre pas dans les critères d'attribution des P. A. P, les célibataires non plus d'ailleurs mais eux, on ne les reconnais pas à la voix! Dommage, on gagnerait du temps! Fais en un autre. Il faut absolument que tu répète très exactement le texte prévu, tu avais oublié " ici ", le prénom aussi, c'est très important le prénom!
H2: - Ah bon! Pourquoi?
H1: - D'abord, ça met en confiance et puis on s'appelle tous Dominique, le type au bout du fil, il ne sait plus si c'est un homme ou une femme qui l'a appelé, on peut tous bosser sur lui si il faut le relancer. La relation est personnalisée tu vois! Il aura à faire à Dominique Lefebvre, pour lui ce sera toujours la même personne.
H2: - Et si il dit:Tiens j'ai déjà eu un coup de fil mais c'était une femme?
H1: - C'était ta femme, on travaille en famille, encore une dimension rassurante! Si il discute, arrange-toi pour lui envoyer des questions auxquelles il ne peut répondre que par oui!
Les américains, qui ont inventé le marketing téléphonique, se sont aperçus que si un pékin au bout du fil est amené à dire trois fois oui de suite, c'est gagné pour son interlocuteur! La fameuse règle des trois oui! Tu verras, ça vient très vite! Allez, recommence!
H2 recompose un numéro
H2: - Allo, bonjour Madame, je suis Dominique Lefebvre de la Sofres, je suis chargé d'une enquête pour le ministère, celle-ci porte sur la propriété. Je dois vous poser quatre questions et ça ne prendra pas plus de quelques minutes à peine!
(H1 lui fait signe que c'est bien avec le pouce)
1ère question: êtes-vous mariée?
Bien sûr que ça ne me regarde pas! Mais vous devez me répondre par oui ou par non sinon ça fausse l'enquête. Vous me répondez et on n'en parle plus!
NON, les autres dépendent de celle-là, je ne peux pas vous les poser si vous n’avez pas répondu à la première! Non, y'a rien à gagner!
Ecoutez Madame, je ne peux tout de même pas vous dire ce que vous devez me répondre, pas tout de suite, c'est à vous de...Bon, vous êtes bien une femme?
Donc c'est oui!
Votre téléphone c'est bien le 01 40 05 34 38 ?
Donc c'est oui!
Bon heu, vous êtes bien en train de parler à Dominique Lefebvre de la Sofres?
Mais si bien sûr! Puisque c'est moi, si je vous le dis !
Donc c'est encore oui!
Bon! Donc, vous devez me répondre, c'est scientifique tout de même! Alors je répète la question qui nous préoccupe: êtes-vous mariée?
Non, je ne drague pas au téléphone, je veux juste savoir si vous êtes mariée, c'est important pour la suite!
Non, moi je peux vous répondre, je suis marié, à Dominique Lefebvre, oui, elle s'appelle comme moi! C'est bien vous savez de travailler en famille et d'avoir le même nom, oui, surtout quand on travaille ensemble! Vous voyez pas pourquoi! Ben on peut s'occuper des mêmes affaires, ça met le client en confiance normalement! Alors répondez-moi, vous êtes mariée? On ne va pas y passer la nuit tout de même! Non elle n'est pas là, pas à côté de moi!
(un temps)
H1: - Qu'est-ce qu'elle dit?
H2: - Elle demande la couleur de mes yeux!
H1: - Raccroche, c'est une hystérique!
H2: - Attends, attends!
Oui, je vous rappelle, dans la soirée, d'accord, oui...Comment? OUI, je note l'adresse, comment? Dominique aussi, quoi, qui rit quand on...Oui, classique quoi ! O. K, O. K, à plus tard Dominique  qui rit quand...!
(Il raccroche)
C'est une folle, elle me demande de venir vérifier si elle est mariée!
H1: - Laisse tomber, tu te pointes chez-elle et tu te retrouves devant un gros camionneur ou un poulet armé d'un fusil à pompe! Fais en un autre, ça n'avance pas !
H2: - Je crois que je vais arrêter là, je préfère aller vérifier le calibre du fusil à pompe, si il n'y en a pas, ce que je crois et espère, je pourrai toujours lui proposer mon 22 long rifle de poche! Je n’aurai jamais deux fois une occase pareille, elle a une de ces voix, entre Bernadette Laffond et Magali Noël, ça promet !
H1: - Ouais! C'est peut-être mieux comme ça, à mon avis tu n'es pas fait pour ce boulot, faut avoir les nerfs solides!
H2: - Si tu en trouves une autre marque-moi l'adresse, qualifie-moi un fichier, tu as mes coordonnées!
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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