hepatite-c

Samedi 22 octobre 2005 6 22 /10 /2005 00:00

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Le foie est le plus grand organe existant à l’intérieur du corps : il pèse environ 1,400kg chez l’adulte. Il se situe sous le gril costal droit et comporte deux lobes : le lobe droit, le plus grand et le lobe gauche coiffant l’estomac près de l’abouchement de l’œsophage. Ce foie, dont la surface est lisse et « caoutchouteuse », est composé de 300 milliards de cellules regroupées en 50 000 à 100 000 lobules. Ces cellules, les hépatocytes, sont responsables de toutes les activités vitales du foie, du stockage jusqu’à l’élimination.

 

 

 

Les lobules hépatiques sont centrés par une veine dite « centro-lobulaire » qui est reliée à des centaines d’hépatocytes, ceux-ci bordés par des microscopiques canalicules biliaires et des capillaires sanguins dits « sinusoïdes », chargés de véhiculer le sang oxygéné et les nutriments nécessaires à ces cellules.

 

 

 

Finalement le foie est assimilable à une éponge où circulent du sang oxygéné, du sang veineux et de la bile. L ’artère hépatique, venant de l’aorte, apporte au foie du sang frais pour oxygéner les cellules, et la veine porte conduit le sang riche en nutriments qui viennent de l’estomac et de l’intestin grêle pour le filtrer à travers les hépatocytes. Là, les nutriments sont extraits, métabolisés, stockés ou renvoyés dans la circulation par l’intermédiaire de la veine cave inférieure.

 

 

 

Les multiples fonctions du foie

 

 

 

Le filtre hépatique

 

 

 

Lorsque l’organisme a besoin de sang, le foie est prêt à lui en fournir La quantité de sang traversant le foie représente le quart du volume sanguin circulant. Il faut savoir qu’un foie sain filtre 1,2 l de sang par minute chez l’homme au repos. Au bout d’une année, le foie aura filtré 630 120 litres de sang.

 

 

 

Le foie épurateur du sang

 

 

 

Simultanément avec ce rôle de filtre, le foie régule la composition du sang. Comme la rate, le foie participe à l’élimination des vieilles hématies (érythrocyte =  globule rouge du sang). Il dégrade leur hémoglobine et la transforme en bilirubine, évacuée dans la bile (fonction biliaire du foie).

 

 

 

Certaines cellules du foie, bordant les sinusoïdes, appelées cellules de Kupffer, relevant du système réticulo-endothélial (relatif au système des grandes cellules d'origine mésenchymateuses - mésenchymateuse : relative au mésenchyme, tissu embryonnaire pouvant se transformer en tissu conjonctif cartilagineux, osseux, musculaire, etc. ) débarrassent le sang des bactéries qui proviennent du côlon. Quant au hépatocytes, ils convertissent les produits toxiques en composés solubles qui sont ensuite éliminés dans la bile ou bien l’urine. Ils mettent également fin à l’activité des hormones en excès.

 

 

 

Les fonctions métaboliques du foie

 

 

 

À la fois « raffinerie, fabrique et entrepôt de stockage », le foie transforme les sucres et les graisses. Dans l’heure qui suit un repas,  des glucides (glucose, fructose, galactose), des acides aminés (éléments constitutifs des protéines), des lipides (acides gras, glycérol et cholestérol) ainsi que des vitamines et des minéraux lui parviennent de l’intestin grêle. La moitié de ces produits de digestion peuvent alimenter directement les muscles ou les tissus adipeux. Une autre partie est stockée par le foie mais peut être réinjectée à la moindre demande. Ainsi, quand le niveau de sucre baisse, le foie transforme le glycogène en glucose et le reverse dans le sang pour répondre aux besoins de certains organes comme le cerveau qui exigent un niveau constant de sucre. Cette transformation du glycogène en glucose ou du glucose phosphaté en glucose simple par l’hépatocyte est stimulée par l’insuline. Cette hormone sécrétée par le pancréas déclenche dans toutes les cellules l’activation d’enzymes qui vont « brûler » le  glucose et libérer de l’énergie sous forme d’adénosine triphosphaté (ATP).

 

 

 

Cette même insuline encourage le stockage du glucose en excès. Dans le foie et les muscles, les molécules de glucose en se combinant les unes aux autres vont donner du glycogène. Dans le foie et dans les tissus adipeux, les catabolites (déchet résultant du catabolisme, phase destructrice du métabolisme) du glucose vont s’unir et donner des acides gras. Ceux-ci, en se liant au glycérol, donneront des triglycérides connus pour être des lipides de réserve. Une partie d’entre eux servent à fabriquer du cholestérol.

 

 

 

En s’associant au cholestérol et après avoir été enrobés de protéines, les triglycérides vont se transformer en lipoprotéines ; c’est le cas des VLDL. (les lipomicrons ou VLDL (very low density lipoproteins ), sont des lipoprotéines de très basse densité. ) Celles-ci, mises en circulation, vont remplir des rôles différents : soit,  être dégradées pour fournir de l’énergie, soit entrer dans la fabrication des membranes cellulaires, des facteurs de la coagulation sanguine, des hormones stéroïdes ou de la bile. Ayant perdu une bonne partie de leur contenu, ces lipoprotéines reviennent au foie pour y être catabolisées. Les LDL (les LDL (low density lipoproteins ), sont des lipoprotéines de basse densité), nées de la transformation des VLDL dans la microcirculation, portent une apoprotéine qui leur permet d’être capturées par des récepteurs des cellules de l’organisme et d’être recaptées par le foie. Des concentrations excessives de LDL plasmatiques par défaut de recaptation lèsent l’endothélium vasculaire et constitueront ultérieurement le noyau d’une plaque d’athérome (dégénérescence de la tunique interne des artères).

 

 

 

Le cholestérol est évacué dans la bile sécrétée par les hépatocytes. Présents dans les lipoprotéines, les acides aminés servent à la synthèse hépatique de nombreuses autres protéines : albumines, enzymes, protéines de la coagulation sanguine. Mais ils peuvent également servir de combustibles. Débarrassés de leur groupement aminé (NH2), ces acides aminés entrent comme intermédiaire du glucose et pourront être brûlés pour fournir de l’ATP (acide-adénosine-triphosphorique, l’ATP, molécule riche en énergie, est le vecteur intracellulaire universel de l’énergie.) 

Quant au groupement aminé, il est éliminé sous forme d’ammoniaque (NH3 ). Combiné à du gaz carbonique, deux molécules d’ammoniaques forment une molécule d’urée : cette urée sera transportée par le sang jusqu’aux reins qui l’intègrent dans l’urine. Cette transformation des acides aminés en urée figure la fonction uréopoiétique du foie. Une bonne partie de l’ammoniaque injectée dans la circulation générale se dissimule sous forme d’un composé ammoniogène dont la cellule rénale libère à nouveau NH3.  Le précurseur de l’ammoniaque urinaire serait la glutamine, provenant de la combinaison de l’acide glutamique, un acide aminé, avec NH3, réaction nécessitant une enzyme (la glutamine-synthétase) et de l’ATP.

 

 

 

Pour en revenir à l’insuline, elle commande à la fois la combustion du glucose, son stockage, le transport des acides aminés et la synthèse protéique. Son effet est directement mesurable : elle fait baisser la concentration du glucose dans le sang. Quand cette dernière descend au-dessous d’un minimum (5millimoles/litre), le pancréas, alerté, secrète une nouvelle hormone, le glucagon qui favorise des réactions inverses à celles de l’insuline. Sous ses « directives », les hépatocytes dilapident leurs réserves, stocks de glycogène et de triglycérides, pour en tirer du glucose. Si cela ne suffit pas, les hépatocytes élaborent de nouvelles molécules de glucose (néoglucogénèse) à partir d’acides aminés et du glycérol. Ces réactions, qui surviennent lors du jeûne, sont favorisées par l’adrénaline, un médiateur libéré par le système nerveux. Les traumatismes, l’anxiété, la colère ou le stress provoquent par ce biais les mêmes effets que le glucagon.

 

 

 

La fonction biliaire

 

 

 

Chaque jour, le foie fabrique un demi-litre à un litre de bile. Cette bile est composée de 97% d’eau et de sels biliaires. Ceux-ci déversés dans l’intestin grêle, émulsionnent les graisses pour favoriser leur attaque par les enzymes et leur passage dans les  villosités intestinales. L’alcalinité de la bile permet la neutralisation du chyme (liquide résultant de la digestion)  acide venu de l’estomac. Lorsque le foie est malade, il ne peut plus extraire convenablement la bilirubine du sang pour l’excréter dans la bile en vue de son élimination. Le pigment reste alors dans le sang et s’y accumule. Résultat : la peau et la conjonctive (blanc des yeux) prennent une teinte jaune. C’est la jaunisse (ictère). C’est également la bilirubine qui donne aux selles leur coloration caractéristique. Pendant un ictère, les selles se décolorent et prennent une teinte « mastic ». En revanche, la bilirubine (transformée en urobiline) et les pigments biliaires (provenant de la dégradation de l’hémoglobine après destruction de l’hématie) passent du sang dans les urines qui foncent.

 

 

 

Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Vendredi 21 octobre 2005 5 21 /10 /2005 00:00
3
« Thérapie », j’adore ce mot qui vient du grec soigner. Mon groupe de rock préféré s’appelle THERAPY. Dans un de leurs anciens albums, « Born in a crash » il y a une chanson qui m’obsède depuis quelque temps : Nauséa.
Voici les paroles :

Nausée

 
Me voici
Comme je suis
Comme tu me l'as fait penser
je ne t'entends pas
je n'ai pas besoin de toi
je ne veux pas de toi
je…
 
je ne veux plus sentir
 
ceci est ceci   
ceci est ça
 
pas mes baisers, juste mon poignet
je ne t'entends pas
je n'ai pas besoin de toi
je ne veux pas de toi
je…
 
je ne veux plus sentir
 
la maladie est en toi
Je la lui chante à « la C ». Oui, c’est comme ça que je l’appelle cette salope :  « La C ». Lassé d’avoir la C, je me suis prélassé. La C, je ne t’entends pas, je n’ai pas besoin de toi, je ne veux pas de toi. Don’t wanna feel anymore… The sickness is inside you. Me voici comme je suis, je ne veux plus te sentir. Ma thérapie, c’est Thérapy à fond la caisse, ça me remonte à mort. C’est aussi de ne pas me laisser aller et de mettre toutes les chances de mon côté pour virer la C. Balancer la C, épater la Tite C, lui péter l’appétit, patater la Flavie qui m’a piraté la vie. Tu sais comment on dit foie en Anglais : « liver ». Ça vient de « live » qui veut dire vivre. Je mets tout en branle pour me soigner. Ce n’est pas de la tarte ! Mais je ne fais que ça. Tout mon temps est consacré à ce but unique : devenir négatif au VHC. Les mauvaises langues diront que la négativité ça me connaît. Rien à cuire ! Oui, je veux vivre, même si ça n’a pas été le pied pour moi depuis pas mal de temps.
Dans un premier temps, je devais aller passer deux jours à l’hôpital pour faire un certain nombre d’examens. Pour me préparer à affronter l’attente interminable que le patient subit à l’hosto, je me suis cherché un paquet de documents sur le foie. Peut-être fallait-il commencer par ça. Se taper une tranche de foie de veau au déjeuner en étudiant « Le Foie, Sa Vie et Son œuvre. » Mon beau foie tout agressé me faisait penser à ma conduite devant ma première voiture en panne, un Morris 850. J’avais acheté une revue technique afin de l’ausculter moi-même et de savoir interpréter les termes inconnus composant la quasi-totalité du diagnostic ténébreux de mon garagiste.  Le problème mon gars, c’est que le corps humain c’est de loin la plus belle, la plus sophistiquée et la plus capricieuse des mécaniques. Elle n’est pas faite en série et c’est bien tant mieux.
 
Petit exercice de diction à usage thérapeutique.
Argh, je vais achever le vhc sans sourciller et sans tarder !
Flaviviridae, flapi et ridé, ravi et fixé, je vais t’extirper et t’exterminer même te déloger, te délocaliser et t’éradiquer de mon foie miné sans même hésiter, virus virulent veule et emmerdant, je vais te flanquer mon pied dans les dents.
A réciter comme un mantra à chaque coup de blues, pas d’effets secondaires connus pour le moment.
 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Jeudi 20 octobre 2005 4 20 /10 /2005 00:00

2

Dans le bus qui me ramenait à Saint-Denis j’ai commencé à jeter un œil sur ce bouquin. Les premières lignes que j’ai lues disaient ceci :

 

 

 

 

 

«  Toute maladie est un événement qui implique des échanges entre trois partenaires : le malade, son entourage, son médecin. La guérison et le mieux-être dépendent de la nature de ces échanges, et de leur renforcement mutuel. On peut vivre seul sa maladie. Mais pour réunir toutes les chances de guérir, mieux vaut être trois partenaires à la combattre… »

 

 

 

 

 

J’ai refermé le livre et l’ai posé sur mes genoux. J’avais le regard dans le vague, ruminant ces quelques lignes. Ça me faisait penser à un vieux sketch  de Coluche sur l’usine occupée. Il y avait un mouvement circulaire qui changeait parfois de sens mais tournait toujours. Je voyais le gros, habillé en diable, comme quand il chantait « la salsa du démon » avec le Splendid.  Les CRS, les ouvriers, les patrons… La maladie, le malade, son entourage, le médecin… Quel entourage ? Quel enculage ! Toute maladie est un événement… Tout événement est une maladie… Oui, c’est ça chez moi : tout événement est une maladie ou tout du moins : tout événement devient une maladie. Mon entourage est une maladie infectieuse et mon médecin une maladie infantile, la rougeole que tu dois faire au moins une fois.

 

 

 

 

 

 Je ne vivrai pas ma maladie : Je suis ma maladie ! La maladie c’est moi et c’est ma vie, moi dans ma vie. Étonnamment, je n’avais pas peur. Je n’étais même pas résigné, je crois que j’ai l’habitude de la merde et s’il y a une maladie que je n’ai pas, c’est bien celle de vouloir à tout prix ressembler à quelqu’un d’autre, envier un autre sort que le mien. Je ne suis pas fataliste, juste adapté à ce monde de merde. En gros, ce que les con(formes ) appellent l’inadaptation. Je suis un inadapté au rêve conforme de la majorité ambiante.

 

 

 

 

 

J’ai atterri dans le bus en me posant en douceur, comme une caravelle sur Roissy à la tombée de la nuit avec deux ou trois feux clignotants dans le soleil couchant. En face de moi une taupe-model en Faux-Armani C&A m’envoyait des signaux du genou et des yeux.

 

 

 

 

 

Ça c’est la meilleur !  Malade à crever, 53 ans, et enfin une fille me drague ! La première pensée qui a déboulé dans mon esprit était :

« Cette connasse d’hépatite C ne se transmet pas sexuellement, c’est une des premières chose que m’a dit le toubib ».

 

 

 

Je l’ai dit à haute voix, mot pour mot, à la Charogne Stone du 9-3; elle a aperçu le livre sur mes genoux et s’est cassée près de la porte en me traitant de « pas net ». Je me suis dit que je venais de prendre contact avec mon entourage potentiel, ça ne m’a rien fait de plus, «  la bite rude est une seconde nature ». Quand tu l’as dans le cul, tu ne serres pas les fesses, t’attends que ça se passe !

 

 

 

 

 

 

Poème de richard Brautigan.

 

 

 

Trousse de réparation pour Karma.

Articles 1-4

 1- Se procurer suffisamment de nourriture,

et manger.

 2- Trouver un coin tranquille pour dormir,

et dormir.

 3- Diminuer le parasitage intellectuel et

émotionnel jusqu'à trouver le silence intérieur,

et l'écouter.

 4-

 Richard Brautigan - Il pleut en amour.

 

 

Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Dimanche 16 octobre 2005 7 16 /10 /2005 00:00

1

« Je sais que la plupart des gens, y compris ceux qui sont à l’aise devant les problèmes de la plus grande complexité, acceptent rarement même la plus simple et la plus évidente des vérités si elle les oblige à admettre la fausseté des conclusions qu’ils se sont plu à expliquer à leurs collègues, qu’ils ont fièrement enseignées à d’autres, et qu’ils ont nouées, fil après fil, dans le tissus de leur existence. »

 

Léon Tolstoï

 Ceci est le journal de mon hépatite, je collerai un morceau de temps à autre.Ces écrits ont été réalisés 3 ans après mon 1 er traitement. Attendez pour vous faire une idée que je vous parle du 6e qui marche bien et vous verrez la différence entre un accompagnement, de l'information et rien.

 Le virus de l’hépatite C est un virus à ARN simple brin, (heureusement, tu le vois en plus compliqué comme une bête ?), de 50 à 60 nm de diamètre – j’ai regardé dans le dictionnaire, nm c’est nanomètre, un milliard de fois plus petit qu’un mètre) il est apparenté à la famille des  Flavivirus. Ces fumiers sont toute une tribu, plusieurs familles, on appelle une famille le génotype. Le mien est 3A. Le premier qui dit « coulé », je le mords ! Comment ai-je choppé cette merde ? Les toubibs n’en savent trop rien. Le plus vraisemblable serait les quatre ou cinq shoots que je me suis envoyé, il y a plus de dix ans. J’avais bien pensé au sida à l’époque mais, la ravissante femelle blaireau, avec qui j’avais échangé la shooteuse et des câlins, avait un beau test HIV tout neuf, il n’y avait aucun risque. Le problème ce n’est pas le nombre ; quatre ou cinq piquouses ou cent, une seule suffit et c’est souvent la première. Ça peut être aussi transmis par des soins dentaires ou un snif de cocke. Tu comprends maintenant, mon beau joujou délaissé, que j’avais d’autres préoccupations dans ma petite caboche de piaf. Je te raconte en gros comment ça a commencé :

 

La fatigue, la grosse fatigue, la méga fatigue. Il n’y a même pas de mots pour décrire une salope de fatigue comme cette pute là ! Tu ne peux même pas récupérer, insomnie, fatigue, abattement soudain, envie de rien, crise de larmes, colères brusques, sentiment d’être une merde de chien posée là. J’ai essayé d’en parler, j’ai vu un toubib parce qu’aussi, j’avais pour projet de me faire poser une prothèse de hanche. Je boitais sévèrement, le rhumatologue avait dépisté une coxarthrose évoluée, plus de cartilage sur la tête du fémur. Je pensais que c’était cette douleur permanente et ces difficultés de marche qui agissait sur mes nerfs et la fatigue. J ’ai exprimé à l’homme de l’art mes maux avec mes mots.

 - Moi aussi je suis fatigué Monsieur, il faut vous reposer, prendre un Xanax le soir et s’il n’y a pas d’amélioration dans un mois, je vous donnerai l’adresse d’un bon thérapeute. Nous allons commencer par une prise de sang pour faire une série d’analyses.

  

 

  C’est bien de rechercher à priori, parfois ça paye. Il y avait des trucs qui clochaient dans mon sang, je l’ai su en sortant du labo avec les résultats à la main, le lendemain. Sur la feuille, il y avait des chiffres en gras, d’autres en taille normale. Il y avait une colonne, à droite des résultats, qui donnait la norme. J ’y connais rien mais ce qui clochait était marqué en gras, 3600 leucocytes et la norme est de 4000 à 10000, 103000 plaquettes, il en faut 150 à 45000, et surtout les transaminases, 82 et la normale est entre 4 et 40. Il y avait aussi la gamma-GT et d’autres conneries avec des noms à la con. Je n’y comprenais rien mais flairais la patate. Le médecin m’a fait faire une autre série d’examens dont la recherche des hépatites (y’en a une tripotée à telle point qu’ils leur donnent des lettres et en sont à G).

 

  

Re-attente, résultats de nouveau décevant, taux de bilirubine, anticorps anti-VHC etc. Le toubib m’a adressé en consultation d’hépato-gastro-entérologie à l’hôpital Saint-Louis. Je suis ressorti un peu sonné, j’avais une hépatite C, il fallait me faire d’autres examens, on m’a prélevé encore du sang et donné un rendez-vous pour deux jours d’hospitalisation  en hôpital de jour pour des examens assez délicats. Je ne savais plus où j’en étais et j’ai décidé de commettre un acte désespéré. Après avoir réfléchi deux minutes, je suis passé à la Fnac où j’ai taxé un bouquin : « Les hépatites ».

 

   

Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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