Jeudi 17 novembre 2005 4 17 /11 /Nov /2005 19:27
 

De quelques marqueurs biologiques

 Sur le forum de SOS Hépatites et dans les rencontres avec les malades (eh oui ! à SOS on rencontre des malades en dehors du Forum), on nous interpelle souvent sur les marqueurs biologiques, les « transas » et autres. Il m’a semblé important de faire le point afin de rassurer sur l’élévation potentielle des analyses bio qui ne sont pas nécessairement catastrophiques ou en rapport direct avec l’hépatite virale.

 
La Gamma GT, ou Gamma glutamyl transpeptidase, est un enzyme contenu dans plusieurs organes (foie, pancréas, reins) qui intervient dans le métabolisme des acides animés.
 
Les GGT :
·                    Ce sont de très mauvais marqueurs (surtout pour l'alcoolisme car on peut avoir des patients qui boivent beaucoup et qui ont des GGT basses).
En général on n’utilise pas ce marqueur à titre de diagnostic ou de dépistage.
·                    Des gens normaux peuvent avoir une GGT anormale : 2 à 3 % de la population française asymptomatique est porteuse d'une augmentation des GGT.
Alors à quoi bon ?
·                    - Pour le bilan et le suivi d'un alcoolisme : chez un patient alcoolique, il est intéressant de connaître le chiffre de départ car les fluctuations ultérieures seront un bon marqueur de sa consommation.
- A titre d'orientation : un chiffre très élevé des GGT est un facteur d'orientation : par exemple pour la cirrhose biliaire primitive (CBP). C'est une orientation également pour un obstacle mécanique
·                    Que faire si le patient consulte avec une GGT élevée ?
Transaminases : des transaminases élevées confirment qu'il existe bien une pathologie hépatique.
- Échographie du foie : on peut parfois tomber sur une métastase hépatique, une tumeur, un calcul ...
Si le chiffre est élevé et  le bilan normal il faut penser à la CBP en phase précoce (on dosera alors les anticorps anti-mitochondries) ou à la cholangite sclérosante (maladie rare qui sclérose les voies biliaires).
 
Les phosphatases alcalines :
 
Les phosphatases alcalines sont des enzymes présentes partout dans l'organisme mais surtout dans le foie, l'os, l'intestin, les reins et les globules blancs. Son dosage présente un intérêt dans les atteintes du foie, des os et certains cancers.
 
Valeurs normales
Enfant :
90 - 450 UI /l
Adulte :
40 - 100 UI /l
> 60 ans :
50 - 130 UI /l
(valeurs plus basses si le dosage est réalisé à 30°C)
 
Variations physiologiques et pathologiques
Diminution :
·                    Insuffisance hépato-cellulaire sévère
·                    Hypophosphatasémie héréditaire (rare)
Augmentation : 
·                    Chez l'enfant et jusqu'à l'adolescence (­ fraction osseuse)
·                    Grossesse (2ième et 3ième trimestre)
·                    Cholestases, hépatomes, métastases hépatiques (surtout dans cancers colorectaux), cirrhoses, lithiases et tumeurs biliaires, cancer du pancréas
·                    Maladie de Paget, tumeurs et métastases osseuses, ostéomalacie et rachitisme (carence en vitamine D), ostéodystrophie rénale, hyperparathyroïdie
·                    Cancer du sein, de l'ovaire, de l'utérus, des testicules, de la prostate
Les transaminases :
 
Signification : les transaminases sont des enzymes importants de l’organisme. Il en existe deux variétés : ALAT, Alanine-aminotransférase (ou SGPT, Sérum Glutamopyruvate Transférase) et ASAT, Aspartate-Aminotransférase (ou SGOT, Sérum Glutamooxaloacétate Transférase). 
On trouve les ALAT essentiellement dans le foie, les reins mais également en faible quantité dans les muscles striés et dans les globules rouges. Les ASAT sont, eux, retrouvés plus spécifiquement dans les muscles striés, les globules rouges et dans le foie.
Valeurs normales :
ALAT.
Chez l’homme : 8 à 35 UI/l (unités internationales/litre).
    Chez la femme : de 6 à 25 UI/l.
ASAT.
Chez l’homme : de 8 à 30 UI/l.
Chez la femme : de 6 à 25 UI/l.

Variations physiologiques : les transaminases sont moins importantes chez la femme, mais augmentent chez la personne âgée (plus de 60 ans).
 
·                    Ce sont des enzymes ubiquitaires : mais c'est surtout le muscle qui va créer des interférences avec le foie.
·                    Il existe également des interférences analytiques  avec les médicaments : Érythromycine, Vitamine C (fausses élévations).
·                    Il existe des fluctuations de la normale selon les laboratoires (aussi préfère t'on les exprimer en X la normale)
·                    Il existe des interférence avec le muscle : la prédominance de l'augmentation est celle des ASAT (SGOT):
- Traumatismes musculaires : contusions, hématomes, piqûres.
- Exercice musculaire soutenu
- Nécrose myocardique : rare et de courte durée : la confirmation se fait par les CPK et la fraction MB.
- Toxiques médicamenteux : statines, amiodarone.
- Dysthyroïdie : surtout hypo, voire hyper
- Maladies musculaires aiguës : infections bactériennes, virales.
- Maladies musculaires chroniques : inflammatoires, dysmétaboliques, dégénératives.
La confirmation se fait par les CPK et les ALDOLASES.
 
·                    La cause numéro un de l'élévation des transaminases chez un patient bien portant, est l'obésité ! Cette élévation n'est pas corrélée à l'intensité de l'obésité. Quelquefois ce surpoids est très modéré. En revanche la chute des transaminases sera proportionnelle à la chute du poids.
Cela correspond à une stéatose hépatique. L'échographiste en fait le diagnostic si on lui pose la question (car parfois il ne le signale pas). Dans les formes communes d'obésité, il n'existe pas de risque hépatique important.
·                    On peut avoir également une augmentation des transaminases quand un diabète est mal contrôlé.
·                    Dans l'alcoolisation excessive, l'augmentation des transaminases est constitutive de l'hépatite alcoolique avec la particularité suivante : habituellement les ALAT (SGPT) sont supérieures aux ASAT (SGOT) dans les maladies du foie, mais pas dans ce cas là !
Le pronostic des hépatites alcooliques n'est pas du tout proportionnel à l'élévation des transaminases. 
                  Quelles maladies peuvent élever les transaminases :
  •                    causes nutritionnelles. obésité (stéatose), diabète mal contrôle, régime hypercalorique
  •                    alcoolisation excessive (ASAT > ALAT)
  •                    virus hépatotrope : B, C, autres virus : EBV, CMV, zona, herpes etc. 
  •                    obstacles biliaires : calculs, tumeurs, cholangite sclérosante
  •                     hépatites médicamenteuses.
  •                     hépatites chroniques auto-immunes.
  •                     cirrhose biliaire primitive
  •                     hémochromatose
  •                     maladie de Wilson...  
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Jeudi 17 novembre 2005 4 17 /11 /Nov /2005 01:09
La Grognafmobile
 
Quand j’arrivai, cette nuit-là, à sa demeure, je trouvai mon hôte tout à fait pareil, aussi affable et aussi courtois que je l’avais trouvé précédemment.
Chrétien De Troyes : Yvain. Le Chevalier au Lion  
 
Après mes aventures commerciales j’en avais ras les godasses. Heureusement que j’ai pu partir à la campagne chez  Grognaf. Lui c’était un vrai pote comme l’on n’en fait plus des masses.
Je suis arrivé devant chez Grognaf et j’ai tout de suite vu que c’était bien chez lui. C’était une ancienne ferme au bord d’un des nombreux ruisseaux du Finistère sud, tout près de Bannalec. Lorsqu’on n’est pas certain de trouver chez Grognaf, mais avec le petit espoir d’être dans son secteur de vie, on demande à n’importe qui s’il n’y a pas une habitation dans le coin avec un amas de  carcasses de citrons. En général Grognaf est repéré depuis son premier jour dans le lieu. Il accumule devant chez lui une quantité astronomique d’épaves de voitures, rien que des citrons. Il récupère des Tractions, des deux chevaux, des trois chevaux, des DS 19 etc.
J’ai garé ma vieille camionnette Fiat Fiorino assez loin du dépôt de citrons. Je ne voulais pas qu’elle s’imagine que j’allais l’abandonner dans le bourier de Grognaf. Elle n’était pas vraiment rassurée et m’a fait un petit coup d’auto-allumage pour me montrer sa peur. Je l’ai calmée en laissant mon mouchoir sur le siège du passager, il parait que ça marche avec les enfants et après tout, elle n’avait que cinq ans.
Grognaf était plus qu’heureux de me revoir. Il avait tout du chien fou, en plus calme tout de même, il ne pissait pas partout. Il m’a emmené dans sa cuisine et a ouvert une bouteille de Loupiac.
- Flaire-moi ça mon Déluge ! Ce seigneur t’attendait à bras ouverts.
Je ne vous avais pas prévenu avant mais Grognaf m’appelle Déluge. Ça remonte à très loin, j’étais en maternelle avec lui et je pleurais déjà comme une fontaine. Lui aussi ne s’appelle pas vraiment Grognaf. Il ne s’appelle même pas comme ça du tout, c’est juste un gros gnaf. Allez savoir comment naît un surnom ! Le mien en tout cas, je l’ai bien mérité. Et quand Grognaf m’appelle Déluge, il n’y a rien de péjoratif là dedans. Pour en finir une fois pour toutes, Grognaf est un gros gnaf quel que soit son nom et moi je suis un déluge ambulant et, pour corser le tout, je m’appelle Perceval Fontaine. Je sais, ça fait Table Ronde du côté du prénom et redondant par le nom mais je n’en ai vraiment rien à moudre ! Mes parents ont craqué sur les légendes à un tel point, qu’ils m’ont fait naître à Paimpont, en plein cœur de l’ancienne forêt de Brocéliande, près de la Fontaine de Barenton. Mon père, apportant de l’eau à la sage-femme, comme dans les bons films, en a renversé sur le seuil et vous ne me croirez jamais mais un putain d’orage a salué mon arrivée.
On n’est presque pas responsable des conneries de ses parents, presque pas. On naît de rêves et on fait rêver un maximum la maman qui vous entoure, ça dépend ce qu’elle vous donne à rêver. Seulement pour vous, à l’intérieur d’elle-même, elle m’aime et vous à rêver, c’est déjà beaucoup non ?
Le Loupiac à Grognaf, mon cher Boris, sentait le miel, la lavande, l’herbe grillée de juin, la terre qui craquelle, l’amande, le tilleul et les baisers de celle qui vous manque sans arrêt. Au deuxième verre je pleurais à chaudes larmes et Grognaf était absolument heureux de voir que je n’avais pas changé.
- J’étais sûr et certain que mon Loupiac allait te bouleverser de con en fonble ! Mon déluge, ma galère ambulante qu’est-ce que tu viens branler dans mon paysage ?
- Grognaf, excuse-moi d’empiéter sur ta galaxie mais j’ai besoin de me réfugier dans un endroit ou personne ne pourra me marcher sur l’intégrité. Un lieu ou le maître n’est pas un dieu de colère mais un ange de miséricorde. Je suis désolé pour toi mais en toute dernière analyse, il n’y avait que ton nom sur mes listings.
- Tu es bien tombé mon vieux Déluge, je crois qu’inconsciemment je t’attendais. Tu vas m’aider à parfaire mon grand œuvre. Seul un sensitif comme toi pourrait me prêter main forte en toute simplicité. On va poser tes bagages et t’installer le mieux possible. Tu es ici chez nous.
Je me suis installé chez Grognaf, j’avais un grand lit sous les combles de la maison qu’il avait aménagées le mieux du monde. Tout était recouvert de frisette de sapin qui rappelait sans doute à Grognaf son Jura natal. La fenêtre donnait sur une pisciculture dont les bassins s’étalaient au fond du jardin  et toutes les truites étaient très souriantes. Pour avoir une idée de l’ambiance de mon âme vous pouvez écouter l’album  de Melaine FAVENNEC Au Secret Déluge, il l’a publié lui-même et sa maison d’édition c’est INTIME IN TIME productions BP 5- 29110 Plomeur. Ma préférée: N’ALLEZ PAS CROIRE.
Je suis redescendu voir Grognaf ; il n’était pas dans la maison. Je suis sorti et j’ai fait le tour de Grognaf House. Près du jardin se dressait une espèce de hangar recouvert de toile goudronnée, des bruits divers sortaient de l’endroit. Grognaf devait être en train d’exercer une activité quelconque mais bruyante. J’ai tarzané un vieux cri devant la cagna. Le gros est sorti comme un fou, un casque de soudeur sur l’occiput, des gants de la même corporation à ses menottes de poète. On aurait dit qu’il était soulagé que ce soit moi le dérangeur.
- FLIPPE PAS ! C’est que ma pomme j’ai dit.
- T’en as de bonne toi, c’est souvent que des zigotos m’arrivent dessus à l’improviste. Pas plus tard qu’hier y’avait ou plutôt Yawheh devrais-je dire, deux témoins de Jéhovah qui voulaient me causer de leur patron. T’aurais vu la conduite de Grenoble que je leur ai donnée ! mais il faut que je me trouve un clébard, ça craint un peu ici pour la tranquillité.
- Le problème mon vieux Grognaf c’est que si tu élèves un clebs, il va être comme toi, la meilleure bête du monde.
- C’est pour ça que je n’en ai pas, mais j’en aurai un bientôt quand même. Allez entre, j’vas te montrer mon intimité.
J’ai suivi Grognaf à l’intérieur du gourbi et il a refermé la porte derrière moi. J’ai vu devant mes yeux un monstre. C’était comme dans les Jules Verne de mon enfance collection Hertzel. Une espèce de taupe métallique de trois mètres de long, carrossée comme un engin extraterrestre pour fouir la lune ou la planète Mars. Je suis resté la bouche ouverte, contemplant le char Grognafier.
- Tu travailles pour la recherche spatiale ? j’ai dit.
- Je travaille pour la recherche spéciale et pour la gloire. Tu as devant tes yeux de merlan frit néanmoins ébahis, la “ Grognafmobile ” première du nom. Dix années de recherches et de travail. Chaque particule de cet engin provient d’un morceau de Citroën, sauf le moteur qui est entièrement de mon invention.
- Et ça va rouler ?
- C’est là que tu interviens, je pense que sans ton aide elle ne pourra pas rouler.
- Tu m’inquiètes un tantinet mon mignon, je suis aussi nul en mécanique que le dernier des mohicans.
- Ce n’est pas de mécanique ta mère qu’il s’agit, c’est de carburant !
- De carburant ? Je connais encore moins cette connerie que la mécanique, je sais qu’on en trouve dans les stations service mais je ne sais même pas la différence qu’il y a entre le sans plomb et l’ordinaire et les taux d’octane me sont aussi étrangers que les cours de la bourse.
- Ce n’est pas grave du tout vu que mon carburant à moi, il ne s’achète pas dans les stations de sévices.
Grognaf paraissait plus que mystérieux en disant cela et je sentais bien qu’il était excité par mon agacement grandissant.
- Quitte ces airs de cachottier Gnafron sinon je repars en enfer que je lui ai dit.
Le gros gloussait comme un dindon. Il m’invita à le suivre dans le fond de l’atelier ou un rideau noir descendait des poutres pour cacher un petit espace de quatre mètres sur trois. Ça sentait une odeur qui ne m’était pas inconnue. Derrière la table il y avait un moteur sur un établi et à côté du moteur, dormait un alambic de fortune fabriqué à l’aide d’une bouille à traire. Un rouleau de cuivre de plomberie faisait usage de serpentin, vous savez celui qui se vend en supermarché, on n’a plus qu’à tirer sur un rouleau de deux mètres pour avoir un serpentin. Son installation était correcte. Le serpentin était raccordé à la bouille à l’aide d’un bouchon de caoutchouc tronconique et il reposait dans un jerrican de plastique troué en bas pour le laisser ressortir. Un tuyau d’arrosage avec un robinet amenait l’eau pour refroidir le serpentin. La bouille était installée sur un genre de trépied à gaz de crêperie. Grognaf fit les présentations.
- Voici mon proto et voilà ma raffinerie.
- Ça sent la pomme dis-je.
- Exact, ça sent le lambig, mon prototype marche exclusivement au lambig. Je vais te faire une démonstration. On va d’abord donner à boire aux bestiaux.
Grognaf sortit une bonbonne paillée qu’il posa sur l’établi. Il la déboucha et à l’aide d’un tuyau de caoutchouc aspira du liquide qu’il fit couler dans le réservoir du moteur. Il pinça le bout du tuyau quand le réservoir fut plein et remplit deux verres à bière qui se trouvaient sous l’établi, releva le tuyau pour arrêter le débit et rangea sa bonbonne. Il me tendit le verre le plus sale et trinqua.
- A la “ Grognafmobile ”, à nous !
Le carburant était vraiment raide mais laissait un authentique goût de pomme sur la brûlure.
- C’est pas pire hein ! dit le gros.
- C’est ton sans plomb ou ton ordinaire ? Il est un peu jeunot non ?
- C’est bien là le drame, faut que j’en trouve du vieux. Tu vas voir il marche super bien avec celui-ci mais après je te ferai un essai avec le litre qui me reste d’un lambig de Rostrenen qu’a passé trois ans dans un tonneau. Tu constateras toi-même que ça tourne bien mieux avec du vieux. Ça doit être les tanins qui activent la combustion.
- Ou celui-ci a trop d’éther peut-être, il tire combien.
- Quatre-vingt-quinze environ. J’ai pas essayé au-dessus par gourmandise. Celui de Rostrenen fait soixante-quinze et ça marche mieux. C’est mystérieux la chimie. Vingt putains de petits degrés et tu roules en sport.
- Ou en G.T comme les gammas.
- Laisse-les tranquilles ceux-là, quand on aime, on ne compte pas !
Grognaf appuya sur le démarreur deux trois fois, il régla un petit robinet, desserra une ou deux vis et le moteur démarra au quart de tour. C’était assez étrange, il ne faisait presque pas de bruit et tournait à une allure folle. On aurait dit un moteur de machine à coudre ou d’aspirateur enfin, les modernes qui coûtent chers et sont assez silencieux. Il regardait des cadrans et m’invita à  les observer. Je ne comprenais pas grand chose et ça le faisait marrer.
- C’est simple, si le gros, celui qu’est dans la caisse, il tourne comme celui-ci, je pense qu’on pourra rouler à cent cinquante à l’heure en buvant cinq litres aux cent.
- Chacun ? Ben, pour nous c’est beaucoup mais ta putain de bagnole, elle boira combien ? Dis-je.
Le gros me fusilla du regard et m’invita à l’aider après avoir arrêté le moteur.
- Tiens, au lieu de dire des conneries, passe-moi la bonbonne on va vidanger le moteur.
Grognaf dévissa une petite durite placée en dessous du réservoir et laissa le liquide s’écouler dans la bonbonne. Il se pencha et lécha la durite puis aspira le liquide qui restait dans le réservoir avec un sourire gourmand.
- Gros dis-je, tu es un inventeur génial mais criminel ! Si tous les moteurs se mettent à tourner aux spiritueux, ça va siphonner hardi petit dans nos ruelles. Tu vas avoir sur le dos la Ligue Antialcoolique, la Croix D’or et les ligues de tempérance.
- J’emmerde tous ces boules-à-noeuds, ces pisse-froid, ce sont les mêmes qui ne veulent pas que le progrès atteigne nos contrées. C’est spécialement pour leur déplaire que je mets au point ce moteur qui ne consommera qu’un seul carburant, celui issu de la pomme. Tu es sans conteste la personne qui me connaît le mieux ? Toi, tu sais mon patronyme?
- Ben oui dis-je, tu t’appelles  Noël Pichon ! A l’école c’était le chonchon, Pichon-Marchand-De-Cochons. Le Pipi, le Chonchon, le Chompi, le Pichon. Le nôtre, le Gros Gnaf, Gros Gnafron. Pichon gros Gnafron mange la pomme laisse le trognon !
- Bien, dit le gros, la Bible 2 4-10,11 Le Paradis Terrestre : “ Un fleuve sortant d’Éden arrosait le jardin, puis il se divisait pour former quatre bras. Le nom du premier est Pichon ; il baigne tout le pays de la Havila où se trouve l’or ”. Je te passe la suite ! Il y a aussi les références à la mythologie celtique, l’Île d’Avalon avec ses pommes d’or, la lettre Q, le Quert dans l’alphabet celte B L N est le pommier sauvage. Ce n’est ni une consonne-mois ni une voyelle-date, c’est une consonne empathique mise pour cc, c’est à dire “la plus que sagesse ”, “la clairvoyance ”.
- Un instant mon Gnafron dis-je, le fleuve de la Bible, les pommes, où veux-tu en venir ?
- J’ai aussi oublié le Jardin des Hespérides dans la mythologie grecque, il était tenu par des nymphes qui produisaient des pommes d’or qui donnaient l’immortalité. Le Pichon arrose le jardin d’Éden où pousse quoi donc, je te le donne Émile ?
- Le fruit de la connaissance, encore qu’on ne soit pas sûr et certain qu’il s’agissait  bien d’une Golden ou d’une Reinette...
Le gros me coupa la parole et s’enflamma comme son lambig.
- “ Yahweh fit pousser du sol toutes sortes d’arbres beaux à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. ” Pour moi il n’y a aucun doute possible, c’est d’un pommier qu’il s’agit. Tu as déjà coupé une pomme par le travers, tu vois une étoile à cinq branches. La pomme est le fruit de la connaissance et mon moteur fonctionne à la pomme, à l’essence de pomme, l’essence de la conne-naissance. Comme je te la disais en arrivant tu vas pouvoir m’aider.
Je me demandais bien ce que je pouvais faire pour aider Grognaf dans son œuvre au noir, l’alchimiste Newtonien devant mon inquiétude grandissante me fit part de ce qu’il attendait de ma pomme.
- Tu présentes bien et tu sais émouvoir les gens, il va falloir battre la campagne bretonne pour trouver ce précieux carburant qui dort dans des armoires et des caves dans tout l’arrière-pays. Les vieux qui bouillaient le lambig sont tombés au champ d’honneur, dévastés par l’abus de ce précieux nectar et la fatigue de leur vie déculturée. Ce qui nous fait une quantité impressionnante de veuves qui ne se servent que d’une bouteille ou deux par ans pour quelques grogs et quelques frictions, c’est excellent pour l’arthrose et les luxations congénitales de la hanche. On arrive et on récupère, c’est dans la hanche !
- C’est pas du tout cuit mon Gnafron dis-je innocemment. Je me voyais déjà courir avec des clébards aux chausses dans des cours de fermes lointaines, poursuivi par la meute excitée elle-même par une mémé hurleuse.
- Il te faudra déjà faire les mairies pour savoir qui a encore les droits de bouilleur de cru. On trouvera un prétexte, la vente de matériel de cave, une étude sur les traditions, n’importe quoi. Tu n’as que l’embarras du choix. Le reste viendra tout seul, je sais que tu peux faire craquer les mamies. Passons maintenant aux choses sérieuses.
Le gros prit un litre dans une armoire, il contenait soixante centilitres de vieux lambig à la belle couleur ambrée, signe qu’il s’était reposé un certain temps dans un fût de chêne qui lui avait légué sa belle dorure à grands coups de tannins.
- C’est le fameux lambig de Rostrenen, une pure merveille dit Grognaf.  On va d’abord s’en coller une lampée derrière les amygdales et après tu vas voir le moteur alimenté par ce nectar.
- Je t’ai déjà parlé, dis-je, de ce copain de Rostrenen, Mimi la Crêpe. Il fait le comédien à Paris. Un fou de théâtre contemporain, il galère dans des aventures les plus folles et il bouffe en donnant des cours de math. Ses vieux étaient paysans près de Rostrenen, Rostren comme il dit, c’est un tout petit bled, Saint-Gilles Pijot, un truc comme ça. Faudrait que je le contacte, il doit savoir qui fait du lambig dans son coin. Celui-ci est fameux.
- Un fils de plouc, matheux et de surcroît comédien ! C’est un drôle de personnage dit Grognaf.
- Oui, ça tu peux le dire. Il possède le plus haut diplôme décerné par  l’Éducation  Nationale : Docteur en Chimie. La Crêpe m’expliquait qu’il avait choisi la chimie par ce qu’il était fainéant. Tu apprends des formules par cœur. Après sa thèse, il pouvait bosser dans un labo mais il a préféré monter à Pantruche pour faire ce qu’il aimait: jouer. Théâtre, cinéma, La Crêpe, c’est de la vraie graine de comédien. Il a sombré dans la chimie des mots...
- Attends un peu dit Grognaf, il est chimiste ton pote ?
- Si je te le dis !
- On pourrait lui demander de nous faire des analyses du carburant. Vu ses origines il doit savoir ce qu’est un bon lambig.
- Ça mon gros, tu peux lui faire confiance. Il a beau avoir publié sa thèse sur les polymères, il connaît tous les bons produits du terroir : lambig, chouchen, cidre, kro, gwen-ru etc.
Grognaf mit quelques centilitres du produit doré dans le réservoir de son proto et le fit démarrer. Je ne voyais pas la différence mais il est vrai que j’avais du mal à m’intéresser à la mécanique ta sœur  et que ce qui était miraculeux n’était pas les qualités intrinsèques de la Grognafmobile mais la quête de son inventeur. Je regardais le gros, il rayonnait comme Arthur devant Guenièvre. Je ne pouvais pas faire autrement que de mettre mes pieds sous sa Table Ronde.
J’ai dit : gros, j’irai où qu’est le Graal pour toi et ton engin.  Je suis ton adjoint qui quête, Lancelot  et  commande une tournée.
a suivre

Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Mercredi 16 novembre 2005 3 16 /11 /Nov /2005 22:55
DERNIERS INSTANTS
CE SOIR
TOMBE VRAIMENT BAS
J'AI COUPE LE COL DE MA CHEMISE
AVEC DES CISEAUX
 FUME UNE CIGARETTE
BU UN VERRE DE RHUM
PUIS J'AI PENSE A TOI
PAS LAISSE DE MOT
VU TOUTE MA VIE
ET ME SUIS CONDAMNE
A VIVRE
 ENCORE
PEUT-ETRE TOUJOURS
QUELLE PUNITION !!!
 
GROS CON DE VOISIN
 
quand le voisin
t'a pour la première fois
appelée MADAME
j'ai tout de suite compris
que quelque chose
avait changé
nous sommes devenus
subitement
un vieux couple
c'est atrocement ennuyeux
et tout frais
gros con de voisin!
 
 
 
 
 
 
PLEIN LA VUE
 
 
 
ce  matin je suis sorti sans lunettes
c'est comme dans un blues
et j'envie les aveugles
d'être si bons musiciens
je regarde et ne vois
que des symphonies inachevées
la variété me saute aux yeux
la musak de la vie
m'englue les oreilles
il y a une harmonie du chaos
tout est tellement en ordre
que demain
je me crève les yeux
pour rester sourd au monde
 
 
 
 
SOUVENIRS SALES=SS!
 
 
la mer a exactement le goût
le goût du dernier vrai
que j'ai eu
et la mer tu sais
je l'ai goûtée
oui que j'ai eu
très précisément
avec toi ANNE
fille méduse qui revient
chaque fois que je mange
une huître
qui revient aussi
chaque fois que je pisse
et chaque fois je me dis
que c'est bien triste ce truc génial
mais sans toi que veux-tu
c'est révolu
sans objet
heureusement il y a les huîtres
tu vas bien?
Moi...
 
 
  
  
DODO-TOXICO
 
dodo toxico le manque
reviendra bien vite
dodo toxico
y faudra trouver de l'héro
l'dealer qu'est en haut
la coupe à la chaux
celui qu'est en bas
à la mort-aux-rats
dodo toxico tu paieras
sûrement de ta vie
dodo toxico
y te feront pas de cadeaux
le juge qu'est en haut
t'envoie au cachot
le flic qu'est en bas
te passe à tabac
dodo toxico
peut-être séropositif
dodo toxico
en attendant l'overdo-do
 
 
 
CAOL ILA
 
La distillerie de Caol Ila
fondée en 1848
est située à Port Askaig
dans l’Ile d’Islay.
Face à l’Ile de Jura,
à l’entrée des Hébrides,
de l’autre côté du canal du nord.
L’eau provient du Loch nam Ban.
La tourbe, qui sert au filtrage,
contient tellement de sédiments marins
que, quand tu ouvres la bouteille,
il faut faire attention à ne pas prendre
une mouette dans la gueule!
Ou un putain de goéland
que sa cuite de  géant
empêche de marcher.
Il t’arrive de l’iode,
des odeurs d’oursins,
ces nanas mauves et piquantes
parfumées à la violette
dont on suce les ovaires
avec délicatesse.
Islay Single Malt
Scotch Whisky
Caol Ila
Avec un phoque
sur l’étiquette.
A boire avec recueillement,
Calédonia for ever!
 


 BLUES 1
 
 
C’était un soir de vin frais
Et d’amis précieux.
Mais les deux manquaient !
Ma tristesse était inversement proportionnelle
À la deuxième loi de Carnot
Sur la thermodynamique.
J’échange la totalité de la science
Contre mon chagrin posthume.
J’aspire sincèrement
À mourir idiot
Sans savoir compter.
Et, comme je suis un pragmatique,
Dorénavant,
Je re conterai n’importe quoi.
C’était un soir où j’aurais  donné
Le Taj mahal contre une baraque de chantier
Si tu l’avais habité.
C’était un de mes soirs
Un de ceux qui durent
Jusqu’au petit matin.
Un soir d’enfer comme je les aime bien.
On craint souvent ce qu’on aime.
 
 
 
 
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Poémes
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Mercredi 16 novembre 2005 3 16 /11 /Nov /2005 22:10

Dans mon association préférée nous avons un système de communication par mail liste dit « liste administrative » où l’on parle de tout sauf d’administration. Il y a quelques jours j’ai lu ceci :

 
Message reçu à la fédé :
A propos de propos choquants et discriminatoires dans le film Ma Sorcière Bien Aimée, film destiné à un public familial
Donc une jeune femme dans le film chasse un importun dragueur en lui disant "j'ai j'hépatite C" et ça marche, le dragueur prend ses jambes à son coup !!!!
Le film est en fin de diffusion en France Par contre le DVD sort en mars 2005... la sorcière dans tous les foyers et pour longtemps !!!
L'éditeur est Gaumont Columbia Tristar Home Video 31, rue Louis Pasteur
92774 Boulogne-Billancourt Cedex
Suit le téléphone et le fax.
Les associations ne doivent pas laisser passer ce genre de choses n'est-ce pas ?
Est-ce qu'on doit rester passifs quand on pourri l'état d'esprit de nos jeunes vis-à-vis d'une maladie bien assez lourde comme ça ?
Merci d'avance de votre aide
 D -  J
Lyon
 
J’ai donc répondu immédiatement sans doute sous le coup de la colère qui comme chacun le sait est très mauvaise conseillère mais si on devait supprimer les mauvais conseillers, il n’y aurait plus de politique et de politiciens.
«  - Je n'y crois pas !
Faut vraiment être con pour réagir de cette manière.
Le film montre simplement qu'il y a des abrutis qui ne savent pas ce qu'est une hépatite C. Il faudrait aussi condamner 90% des films qui véhiculent des choses autrement plus pernicieuses du genre violence, croyances religieuses etc. C'est une réaction type "politiquement correct". A bas la censure, les nazis brûlaient aussi les livres, cramons les films qui nous déplaisent. Tu n'as rien d'autre à foutre D J ou c'est une déformation névrotique due à ton patronyme ? »
(Son nom faisait un peu magistrat.)
 
Mais nom de dieu de bordel de merde la maladie aurait-elle aussi ses intégristes ? Dans un film, si l’héroïne repousse un mec moche, les mecs moches doivent-ils demander la suppression du film. Mais il y a aussi les gros, les malades mentaux (souvent des assassins et des pervers) les méchants, les flics pourris, les prostitués, les homos, les travelos, les nains etc.
Les femmes au nez crochus devraient attaquer et demander la suppression des contes  de Perrault...
Je n’ai pas vu ce film et ne le verrai sans doute jamais mais je trouve vraiment bien de montrer qu’il y a des abrutis à qui la maladie fait peur puisque, d’après ce que l’on nous dit du film, l’inconnu, l’étranger fait peur, étant donné que visiblement, le dragueur ne connaît rien de la maladie sinon il ne se sauverait pas.
Le problème des œuvres fictionnelles, littérature, cinéma, peinture, musique, chansons etc. c’est qu’elle ne sont ni reçues ni appréciées de la même façon par deux individus différents. Des gens pleurent devant Bambi, d’autres se prennent un pied terrible devant « Massacre à la tronçonneuse ».
On a interdit Ulysse de Joyce pour pornographie, un tableau de Courbet (l’origine du monde) pour la même raison, le Film « Les sentiers de la Gloire » de Stanley Kubrick en France pendant 14 ans parce qu’il parlait des exécutions pour l’exemple en 1914. Quand Bret Easton Ellis à publié « American Psycho » (vendu depuis à plusieurs millions d’exemplaires) on a tenter de le faire retirer des ventes. Il a même reçu des menaces de mort. Staline, Hitler, Laval, Pinochet, Franco, Salazar et compagnie pratiquait allègrement le trie sélectif dans la production artistique. Il faut choisir son camp et ne plus demander aucune censure pour qui que ce soit ou quoi que ce soit il est préférable d’éduquer les gens afin de rire de tout avec tout le monde.
 
Ça me fait aussi penser à ces listes de soutien qui fleurissent sur Internet. Il y en a une où les participants se félicitent d’être nombreux, conviviaux etc. Ils s’autocongratulent à longueur de posts, avec des dessins de merde en illustration de leur pseudo,  qu’ils n’ont même pas créés, des citations douteuses tirées de la Guerre des Etoiles ou de  Blanche Fesses chez les 7 Mains. Y’a même des vioques qui recopient des chansons de Sardou, les Roses Blanches et autres scies de merde.
Le pire c’est les félicitations qu’ils adressent à la personne qui dit avoir négativé suite à un traitement. S’ils pouvaient se rendre compte du mal qu’ils font au pauvre mec qui n’a pas, lui, négativé malgré ses efforts, sa compliance exemplaire, son toubib attentif etc. Comme si c’était un exploit. Quand ça veut, ça veut... Faudrait pouvoir contrôler son système immunitaire, ainsi qu’un certain nombre de facteurs que l’on ne connait pas encore. Tu peux être le meilleur malade du monde et ne pas guérir. C’est d’ailleurs aussi con que les expressions des toubibs qui nomment le malade « mauvais répondeur » quand ça ne marche pas et quand ça marche c’est « le traitement qui a marché. »
Tu verrais le nombre de conneries mortelles que l’on peut lire sur ces listes, surtout sur le VHB. Y’a même des blaireaux qui dans sujet consacré au VHB expliquent que eux c’est pas pareil alors qu’ils ont le VHC. Ils causent pour causer. Sont dans le virtuel le bla bla et donnent des conseils à partir de leur expérience alors qu’ils sont dans l’erreur la plus totale.
Exemple : dans le forum VHB, posté le 31 août 2005 à 22 h 02
Quand à la transmission de l'hépatite B il se passe au moment de l'accouchement non pendant la grossesse. Dès la naissance de l'enfant on donne au BB des gammaglobulines ainsi que le vaccin et au bout de un mois un rappel du vaccin. Pour ton suivit de grossesse va l'hôpital chez nous en clinique ils ne veulent pas de ceux qui ont une hépatite en suivi et renvoient vers l'hôpital.
 
J’ai corrigé les fautes d’orthographe mais laisser dire une telle connerie alors que, si le dépistage du VHB est obligatoire au 6e mois de la grossesse, c’est bien parce que le virus est transmissible à travers le fœtus.
«  - D'après une étude rétrospective régionale, vu le nombre de femmes enceintes infectées par le VHB, un peu plus de 3 000 nouveau-nés par an pourraient devenir porteurs chroniques du VHB en l'absence d'une sérovaccination dans les 12 à 24 heures qui suivent la naissance. Malgré une politique de dépistage systématique de l’antigène HBs (AgHBs) pendant la grossesse, 20 % des femmes enceintes échappent à ce dépistage. Par ailleurs, 2 nouveau-nés sur 5, nés de mères dépistées, ne bénéficient pas d'une sérovaccination. »
RÉUNION DE CONSENSUS
Vaccination contre le virus de l’hépatite B
Mercredi 10 septembre et jeudi 11 septembre 2003
Faculté de médecine Xavier-Bichat - Paris
 
Ce qui me détruit le plus c’est qu’une majorité de « soi-disant malades » internautes soient capables d’aller sur un forum mais ne puissent pas se procurer les infos de base concernant leur maladie. De même qu’ils posent des questions à des malades mais sont incapables de les poser à leur médecin. Lorsqu’on voit la qualité des conseils donnés sur ces listes, plus les babas amateurs de plantes et de cocktails miracles, les tenants de la médecine chinoise qui devraient aller voir à Saint Louis ou la Salpetrière les asiatiques venir se faire soigner. Certains sont d’ailleurs de bons vendeurs de plantes...
On parle de soutien mais on ne voit personne aller discuter avec les pouvoirs publics, faire du lobbying avec les autres assos de malades, se préoccuper de la recherche et de l’info, d’aller discuter des protocoles avec les médecins de l’ANRS, de négocier l’ALD avec la CNAM etc.
Mais ils sont polis, bien formatés, à l’abri derrière leur écran. Rien à foutre de ceux qui n’ont ni Internet, ni même de couverture sociale ou d’argent pour acheter des plantes ou des aliments diététiques.
Les gouvernements ont encore de beaux jours devant eux, ils peuvent niquer un peu plus le malade, réduire l’ALD, ne pas dépister (les traitements coûtent trop cher) ne pas soigner etc. Les 200 000 malades dépistés ne seront jamais capables de se mobiliser, les activistes de l’hépatite virale, malades militants sont à peine une centaine, les autres ils dorment dans le conforme, le rêve et le virtuel et s’attaquent au politiquement correct au cinéma.
 
 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Jeudi 3 novembre 2005 4 03 /11 /Nov /2005 00:00

Un rêve japonais et sucré

Le radio-réveil s'allume ce matin sur une information diabolique. Par les noisettes du Christ, je crois bien que je rêve dans mon rêve !Un putain de missile venu d'on ne sait où s'est perdu en Bretagne sur les côtes ou dans la mer. Il est gros comme un carré frais Gervais et peut faire sauter, le con de ses morts, toute la France et avec, en prime, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, la Cornouaille anglaise, le pays de Galles et une partie de l'Italie. Tout le monde s'est retiré dans les steppes de l'Asie Centrale auprès d’ Alexander Porfirievitch Borodine, comme ça, en deux jours. Moi, je ne le savais pas car je dormais depuis justement deux jours et n'avais donc pas écouté la radio. De toute façon je ne serais pas parti en Asie centrale mais en Ukraine car je préfère Sergueï Sergueïevitch Prokofiev.  Je décide de rester car je m'en fous comme de ma première chaude-pisse. Je me balade le long de la côte que j'ai rejointe en empruntant une des nombreuses voitures abandonnées. Je suis dans le secteur de la pointe de Trévignon. Je rencontre une scientifique japonaise qui a mis au point un système de détection de ce putain de Gervais atomique. Elle est sûre de pouvoir le détecter.

Elle a trente ans, elle est belle comme une DS 19 et je l'aide à chercher. Nous trouvons l'objet, il est vert car recouvert d'algues. Elle me le montre et me dit qu'elle va essayer de le désactiver. Il y a une chance sur dix mille dit-elle de réussir.
Je lui demande d'attendre une minute. Si nous devons mourir ensemble, je voudrais que ce soit en beauté. Je lui demande de me montrer son corps pour avoir une image idyllique à emporter dans la mort. Elle sourit et enlève sa blouse blanche en la faisant glisser le long de ses épaules. Elle est nue dessous,    (Bien sûr, puisque c'est un rêve!) elle enjambe la blouse et me dit que je peux toucher. Elle a le sexe épilé et celui-ci ressemble à un abricot gorgé de soleil. Au moment où je tends une main timide et émue vers son corps merveilleux de délicatesse, la sonnerie du téléphone retentie.
Fin du rêve.
 
Je me réveille et ne comprends rien au film, ça sonnait dans mon rêve et ça sonne toujours dans la réalité. Je décroche trop tard, ce salopard de répondeur a démarré! J'entends une voix qui débite ses conneries, c'est ma voix, mon message, ridicule en cet instant! Je jure et, en même temps, manoeuvre mal les touches de l'engin alors j'entends une voix qui me dit:
- Allo, c'est trop tard, ça a sauté! Peut-être ailleurs? Billy, moi aussi j'avais envie de vous en cet instant ultime!
Je veux parler, ça a raccroché, je suis effondré.
C'était UN ACCENT DE FEMME ASIATIQUE! Putain de bordel de merde!
J'en suis sûr, plus que sûr, c'était la voix de mon abricot! Mon rêve se déroulait-il vraiment dans une autre dimension?
Je ne sais pas! Comment savoir des choses pareilles, on n'est pas préparé à ça! C'est de la folie furieuse! Qu'est-ce que c'est bête, je voulais juste la toucher, simplement la toucher pour affirmer que nous étions vivants tous deux, les derniers vivants du secteur: " Adam et Eve, le retour! " Je suis défait, je n'ai jamais eu de réveil aussi désespérant! Je vais dans la cuisine faire du café, j'attrape le pot de confiture d'abricots que j'ai acheté la veille, je lis l'étiquette qui me saute aux yeux: " Confiture de mes Rêves". On voit une japonaise en kimono cueillir des abricots avec la mer derrière elle. Je lèche la cuillère après avoir savouré son contenu, une larme roule sur ma joue, puis une autre, je les écrase de mes doigts et je lèche ceux-ci machinalement. Les larmes sont sucrées!
Merde!
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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