Mercredi 16 novembre 2005 3 16 /11 /Nov /2005 22:10

Dans mon association préférée nous avons un système de communication par mail liste dit « liste administrative » où l’on parle de tout sauf d’administration. Il y a quelques jours j’ai lu ceci :

 
Message reçu à la fédé :
A propos de propos choquants et discriminatoires dans le film Ma Sorcière Bien Aimée, film destiné à un public familial
Donc une jeune femme dans le film chasse un importun dragueur en lui disant "j'ai j'hépatite C" et ça marche, le dragueur prend ses jambes à son coup !!!!
Le film est en fin de diffusion en France Par contre le DVD sort en mars 2005... la sorcière dans tous les foyers et pour longtemps !!!
L'éditeur est Gaumont Columbia Tristar Home Video 31, rue Louis Pasteur
92774 Boulogne-Billancourt Cedex
Suit le téléphone et le fax.
Les associations ne doivent pas laisser passer ce genre de choses n'est-ce pas ?
Est-ce qu'on doit rester passifs quand on pourri l'état d'esprit de nos jeunes vis-à-vis d'une maladie bien assez lourde comme ça ?
Merci d'avance de votre aide
 D -  J
Lyon
 
J’ai donc répondu immédiatement sans doute sous le coup de la colère qui comme chacun le sait est très mauvaise conseillère mais si on devait supprimer les mauvais conseillers, il n’y aurait plus de politique et de politiciens.
«  - Je n'y crois pas !
Faut vraiment être con pour réagir de cette manière.
Le film montre simplement qu'il y a des abrutis qui ne savent pas ce qu'est une hépatite C. Il faudrait aussi condamner 90% des films qui véhiculent des choses autrement plus pernicieuses du genre violence, croyances religieuses etc. C'est une réaction type "politiquement correct". A bas la censure, les nazis brûlaient aussi les livres, cramons les films qui nous déplaisent. Tu n'as rien d'autre à foutre D J ou c'est une déformation névrotique due à ton patronyme ? »
(Son nom faisait un peu magistrat.)
 
Mais nom de dieu de bordel de merde la maladie aurait-elle aussi ses intégristes ? Dans un film, si l’héroïne repousse un mec moche, les mecs moches doivent-ils demander la suppression du film. Mais il y a aussi les gros, les malades mentaux (souvent des assassins et des pervers) les méchants, les flics pourris, les prostitués, les homos, les travelos, les nains etc.
Les femmes au nez crochus devraient attaquer et demander la suppression des contes  de Perrault...
Je n’ai pas vu ce film et ne le verrai sans doute jamais mais je trouve vraiment bien de montrer qu’il y a des abrutis à qui la maladie fait peur puisque, d’après ce que l’on nous dit du film, l’inconnu, l’étranger fait peur, étant donné que visiblement, le dragueur ne connaît rien de la maladie sinon il ne se sauverait pas.
Le problème des œuvres fictionnelles, littérature, cinéma, peinture, musique, chansons etc. c’est qu’elle ne sont ni reçues ni appréciées de la même façon par deux individus différents. Des gens pleurent devant Bambi, d’autres se prennent un pied terrible devant « Massacre à la tronçonneuse ».
On a interdit Ulysse de Joyce pour pornographie, un tableau de Courbet (l’origine du monde) pour la même raison, le Film « Les sentiers de la Gloire » de Stanley Kubrick en France pendant 14 ans parce qu’il parlait des exécutions pour l’exemple en 1914. Quand Bret Easton Ellis à publié « American Psycho » (vendu depuis à plusieurs millions d’exemplaires) on a tenter de le faire retirer des ventes. Il a même reçu des menaces de mort. Staline, Hitler, Laval, Pinochet, Franco, Salazar et compagnie pratiquait allègrement le trie sélectif dans la production artistique. Il faut choisir son camp et ne plus demander aucune censure pour qui que ce soit ou quoi que ce soit il est préférable d’éduquer les gens afin de rire de tout avec tout le monde.
 
Ça me fait aussi penser à ces listes de soutien qui fleurissent sur Internet. Il y en a une où les participants se félicitent d’être nombreux, conviviaux etc. Ils s’autocongratulent à longueur de posts, avec des dessins de merde en illustration de leur pseudo,  qu’ils n’ont même pas créés, des citations douteuses tirées de la Guerre des Etoiles ou de  Blanche Fesses chez les 7 Mains. Y’a même des vioques qui recopient des chansons de Sardou, les Roses Blanches et autres scies de merde.
Le pire c’est les félicitations qu’ils adressent à la personne qui dit avoir négativé suite à un traitement. S’ils pouvaient se rendre compte du mal qu’ils font au pauvre mec qui n’a pas, lui, négativé malgré ses efforts, sa compliance exemplaire, son toubib attentif etc. Comme si c’était un exploit. Quand ça veut, ça veut... Faudrait pouvoir contrôler son système immunitaire, ainsi qu’un certain nombre de facteurs que l’on ne connait pas encore. Tu peux être le meilleur malade du monde et ne pas guérir. C’est d’ailleurs aussi con que les expressions des toubibs qui nomment le malade « mauvais répondeur » quand ça ne marche pas et quand ça marche c’est « le traitement qui a marché. »
Tu verrais le nombre de conneries mortelles que l’on peut lire sur ces listes, surtout sur le VHB. Y’a même des blaireaux qui dans sujet consacré au VHB expliquent que eux c’est pas pareil alors qu’ils ont le VHC. Ils causent pour causer. Sont dans le virtuel le bla bla et donnent des conseils à partir de leur expérience alors qu’ils sont dans l’erreur la plus totale.
Exemple : dans le forum VHB, posté le 31 août 2005 à 22 h 02
Quand à la transmission de l'hépatite B il se passe au moment de l'accouchement non pendant la grossesse. Dès la naissance de l'enfant on donne au BB des gammaglobulines ainsi que le vaccin et au bout de un mois un rappel du vaccin. Pour ton suivit de grossesse va l'hôpital chez nous en clinique ils ne veulent pas de ceux qui ont une hépatite en suivi et renvoient vers l'hôpital.
 
J’ai corrigé les fautes d’orthographe mais laisser dire une telle connerie alors que, si le dépistage du VHB est obligatoire au 6e mois de la grossesse, c’est bien parce que le virus est transmissible à travers le fœtus.
«  - D'après une étude rétrospective régionale, vu le nombre de femmes enceintes infectées par le VHB, un peu plus de 3 000 nouveau-nés par an pourraient devenir porteurs chroniques du VHB en l'absence d'une sérovaccination dans les 12 à 24 heures qui suivent la naissance. Malgré une politique de dépistage systématique de l’antigène HBs (AgHBs) pendant la grossesse, 20 % des femmes enceintes échappent à ce dépistage. Par ailleurs, 2 nouveau-nés sur 5, nés de mères dépistées, ne bénéficient pas d'une sérovaccination. »
RÉUNION DE CONSENSUS
Vaccination contre le virus de l’hépatite B
Mercredi 10 septembre et jeudi 11 septembre 2003
Faculté de médecine Xavier-Bichat - Paris
 
Ce qui me détruit le plus c’est qu’une majorité de « soi-disant malades » internautes soient capables d’aller sur un forum mais ne puissent pas se procurer les infos de base concernant leur maladie. De même qu’ils posent des questions à des malades mais sont incapables de les poser à leur médecin. Lorsqu’on voit la qualité des conseils donnés sur ces listes, plus les babas amateurs de plantes et de cocktails miracles, les tenants de la médecine chinoise qui devraient aller voir à Saint Louis ou la Salpetrière les asiatiques venir se faire soigner. Certains sont d’ailleurs de bons vendeurs de plantes...
On parle de soutien mais on ne voit personne aller discuter avec les pouvoirs publics, faire du lobbying avec les autres assos de malades, se préoccuper de la recherche et de l’info, d’aller discuter des protocoles avec les médecins de l’ANRS, de négocier l’ALD avec la CNAM etc.
Mais ils sont polis, bien formatés, à l’abri derrière leur écran. Rien à foutre de ceux qui n’ont ni Internet, ni même de couverture sociale ou d’argent pour acheter des plantes ou des aliments diététiques.
Les gouvernements ont encore de beaux jours devant eux, ils peuvent niquer un peu plus le malade, réduire l’ALD, ne pas dépister (les traitements coûtent trop cher) ne pas soigner etc. Les 200 000 malades dépistés ne seront jamais capables de se mobiliser, les activistes de l’hépatite virale, malades militants sont à peine une centaine, les autres ils dorment dans le conforme, le rêve et le virtuel et s’attaquent au politiquement correct au cinéma.
 
 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Jeudi 3 novembre 2005 4 03 /11 /Nov /2005 00:00

Un rêve japonais et sucré

Le radio-réveil s'allume ce matin sur une information diabolique. Par les noisettes du Christ, je crois bien que je rêve dans mon rêve !Un putain de missile venu d'on ne sait où s'est perdu en Bretagne sur les côtes ou dans la mer. Il est gros comme un carré frais Gervais et peut faire sauter, le con de ses morts, toute la France et avec, en prime, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, la Cornouaille anglaise, le pays de Galles et une partie de l'Italie. Tout le monde s'est retiré dans les steppes de l'Asie Centrale auprès d’ Alexander Porfirievitch Borodine, comme ça, en deux jours. Moi, je ne le savais pas car je dormais depuis justement deux jours et n'avais donc pas écouté la radio. De toute façon je ne serais pas parti en Asie centrale mais en Ukraine car je préfère Sergueï Sergueïevitch Prokofiev.  Je décide de rester car je m'en fous comme de ma première chaude-pisse. Je me balade le long de la côte que j'ai rejointe en empruntant une des nombreuses voitures abandonnées. Je suis dans le secteur de la pointe de Trévignon. Je rencontre une scientifique japonaise qui a mis au point un système de détection de ce putain de Gervais atomique. Elle est sûre de pouvoir le détecter.

Elle a trente ans, elle est belle comme une DS 19 et je l'aide à chercher. Nous trouvons l'objet, il est vert car recouvert d'algues. Elle me le montre et me dit qu'elle va essayer de le désactiver. Il y a une chance sur dix mille dit-elle de réussir.
Je lui demande d'attendre une minute. Si nous devons mourir ensemble, je voudrais que ce soit en beauté. Je lui demande de me montrer son corps pour avoir une image idyllique à emporter dans la mort. Elle sourit et enlève sa blouse blanche en la faisant glisser le long de ses épaules. Elle est nue dessous,    (Bien sûr, puisque c'est un rêve!) elle enjambe la blouse et me dit que je peux toucher. Elle a le sexe épilé et celui-ci ressemble à un abricot gorgé de soleil. Au moment où je tends une main timide et émue vers son corps merveilleux de délicatesse, la sonnerie du téléphone retentie.
Fin du rêve.
 
Je me réveille et ne comprends rien au film, ça sonnait dans mon rêve et ça sonne toujours dans la réalité. Je décroche trop tard, ce salopard de répondeur a démarré! J'entends une voix qui débite ses conneries, c'est ma voix, mon message, ridicule en cet instant! Je jure et, en même temps, manoeuvre mal les touches de l'engin alors j'entends une voix qui me dit:
- Allo, c'est trop tard, ça a sauté! Peut-être ailleurs? Billy, moi aussi j'avais envie de vous en cet instant ultime!
Je veux parler, ça a raccroché, je suis effondré.
C'était UN ACCENT DE FEMME ASIATIQUE! Putain de bordel de merde!
J'en suis sûr, plus que sûr, c'était la voix de mon abricot! Mon rêve se déroulait-il vraiment dans une autre dimension?
Je ne sais pas! Comment savoir des choses pareilles, on n'est pas préparé à ça! C'est de la folie furieuse! Qu'est-ce que c'est bête, je voulais juste la toucher, simplement la toucher pour affirmer que nous étions vivants tous deux, les derniers vivants du secteur: " Adam et Eve, le retour! " Je suis défait, je n'ai jamais eu de réveil aussi désespérant! Je vais dans la cuisine faire du café, j'attrape le pot de confiture d'abricots que j'ai acheté la veille, je lis l'étiquette qui me saute aux yeux: " Confiture de mes Rêves". On voit une japonaise en kimono cueillir des abricots avec la mer derrière elle. Je lèche la cuillère après avoir savouré son contenu, une larme roule sur ma joue, puis une autre, je les écrase de mes doigts et je lèche ceux-ci machinalement. Les larmes sont sucrées!
Merde!
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Lundi 31 octobre 2005 1 31 /10 /Oct /2005 00:00
Les mystères du monde
 
Mes pensées glissent avec rapidité
sur la vaine poésie des bardes de Bretagne.
Ils bafouent le meilleur d’eux-mêmes en un étalage excessif.
Le marteau est nécessaire au forgeron.
Je demande un bâton pour maintenir la science bardique.
Qui ne connaît l’antre des bardes?
TALIESIN Barde 6e siècle
 
Voici un chant sur ce que j’ai dans l’âme.
Je me fous de savoir qui a commencé!
Je gobe l’oeuf et mange la poule.
Je dors le jour et vis la nuit.
C’est mon spermatozoïde qui a tendu
un traquenard à l’ovule mère
qui m’a fécondé.
J’accepte de vivre en toute modestie,
mais je n’en pense pas moins.
 
Je ne suis pas un résigné
je frôle parfois la connaissance
j’ai celle, intime, d’être debout.
Je n’ai pas perdu le pays céleste
ni la grande amitié,
ils sont encodés dans les yeux
de ma fille Aurore.
 
Combien y a-t-il de désastres affectifs
dans une heure universelle?
Qui est mort de froid dans son carton
hier au soir?
Combien aujourd’hui?
Pourquoi demain?
Pourquoi les richesses fabriquées
par des hommes morts à la tâche
dorment sur des comptes dans le cyberespace
et dans la tête des pleutres.
 
Il y a un jardin merveilleux
sous la colline de l’amour,
il y a une chambre sacrée
sous le flot de l’océan.
Hypocrite endormi,
dis-moi le nom du veilleur!
 
Qui a foutu Marie en cloque?
Quand Adam s’est-il poigné
pour la première fois?
En pensant à qui, à quoi?
Dante est resté combien de temps en enfer?
Béatrice avait-elle des gros seins?
Qu’elle était la température extérieure
de l’enfer?
Combien de fois James Joyce
a-t-il mangé des rognons de porc
frits à la poêle
avant d’écrire  Ulysse?
 
Peut-être que Mahler
compose encore ailleurs
des chants pour les enfants vivants.
Avait-il lu le livre
des morts tibétain?
 
J’ai été avec de pseudos initiés,
avec des penseurs marxiens
et des prêtres vaudois
pratiquant le vaudou suisse
au cours de cérémonies fendantes
où l’on buvait du vin blanc
au bord d’un lac pollué
aux rives impeccables.
 
Je suis vieux, je suis jeune, je suis moi.
Je suis universel, je suis doué d’une hargne vivifiante.
Souviens-toi, vieux Celte,
des Gaulois, ces buveurs d’absolu,
rêveurs de l’impossible qui ont fait
trembler Rome.
Je suis un barde, je ne cache rien aux coeurs purs.
Je suis un ferment, la mèche.
Si tu chauffes, ça brûle, si tu brûles, il ne fait pas froid.
 
Avant de lutiner la faucheuse,
avant que ma cendre refroidisse
 au fond d’une poubelle,
avant que je reparte d’où je viens,
puisse-t-il y avoir une vraie fête pour mon âme.
Personne ne sait ce qu’il y a après,
la peur fait dire n’importe quoi.
Que ceux qui m’entendent se rassurent
je ne serai pas seul à vous attendre
dans l’infini profond.
Billy Rubin  fête de  Samain 2000
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Poémes
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Lundi 31 octobre 2005 1 31 /10 /Oct /2005 00:00

Pleure mon cœur, tu pisseras moins demain.

 

 

 
 
C’est d’abord la Quête, c’est-à-dire la recherche, dans tous les domaines, et plus particulièrement la recherche de l’équilibre de l’Homme, de son bonheur, dans une harmonie complète avec la nature. Mais le bonheur se gagne lorsqu’on a subi tout une série d’épreuves, qui sont celles de la vie, épreuves violentes, dures, sanglantes : alors l’Homme sait, il connaît la formule miraculeuse qui lui permet de faire face à son destin, car cette formule miraculeuse, personne ne peut la lui apprendre, il n’y a que lui à pouvoir la déchiffrer, patiemment, le long des routes qu’il sillonne, dans les batailles où rôde la mort, dans la victoire qui est dans ses mains.
Jean Markale : L’Épopée Celtique En Bretagne
 
Je voulais écrire un texte drôle mais je n’y arrive pas. Je n’arrête pourtant pas d’être drôle d’après mes amis. Je passe même plutôt pour une espèce de guignol que pour un gus très sérieux mais...
Brautigan est mort et je ne sais toujours pas où acheter un ouvre-boîtes critique pour l’offrir à mes amis. Surtout à Zézette, cette fille est persuadée qu’elle me connaît profondément. Est-ce parce qu’elle m’a vu souvent à poil ?
Je n’ai pas les mêmes prétentions que Zézette-la-vieille-côtelette. Oui, je l’appelle comme ça et ça la fout drôlement en pétard. J’ai beau lui dire que c’est une référence archéo-testamentaire - c’est un beau mot n’est-ce pas ? - elle ne supporte pas la référence biblique des vieux chrétiens. La femme née d’une côte de porc dit Zézette ! Pourquoi pas d’une tête de veau ou d’un pied de porc frit !  ( Elle adore que je lui fasse des pieds frits, elle dit : “ qu’au moins pendant que je fais ça, je ne casse pas les siens ”. )
Attendez un instant, je suis en train de m’apercevoir que je voulais aussi écrire spécialement pour vous, quelque chose qui serait jeté comme un pont entre vous et moi. Pourquoi vous ? Ce n’est tout de même pas à moi de répondre mais vous le savez bien. Chacun mérite de l’attention de la part de son prochain, même si c’est un enfoiré de première, ne serait-ce que pour pouvoir mieux le voir venir vous marcher sur les mains. L’écriture, ce n’est pas tout, il y a aussi la musique. Je vais donc vous demander d’écouter, tout en me lisant tranquillement, un peu de musique, ce qui devrait renforcer le pont. On pourrait commencer avec un vieux Neil Young, l'album "Harvest Moon". Mon morceau préféré sur le disque : "Natural Beauty". Vous n’êtes pas obligés de tout écouter le disque mais vous pouvez aussi cesser de lire et prendre le temps d’écouter la musique.
En fait, si Zézette est une côtelette, elle est loin d’être vieille. Juste un peu âgée mais je ne peux pas dire tout de suite son âge. Imaginez le topo : un soi-disant ami qui vous balance une chose confidentielle avant la fin de la deuxième page. Ça craint un maximum !
Un jour j’ai cherché pour elle un qualificatif spécial, qui ne pourrait s’appliquer qu’à elle, à personne d’autre de ma connaissance. Étant capricorne, je suis tenace, particulièrement  tenace, je me suis tapé le dico toute la nuit malgré ses ruades et ses cris. Elle voulait absolument dormir et donc que j’éteigne la lumière. J’en étais à la page 316 de mon Larousse illustré, édition de 1980, lorsque j’ai décidé de continuer ma recherche sur la cuvette des gogues, ses coups de pied me dérangeant un peu.
J’aurais pu rester sur  “ diaboliquement ”  mais ça ne convenait pas.   “ Dialypétale ”  me plaisait assez mais c’était une sous-classe de dicotylédones comprenant plusieurs familles dont les fleurs sont à pétales séparés. La fleur de Zézette-la-vieille-côtelette n’avait rien d’une quelconque ombellifère à pétales séparés. Elle était plus proche de l’orchidée dont le nom vient du grec orkhis qui veut dire testicule. Les orchidées de plus sont souvent épiphytes. Un végétal épiphyte est un végétal fixé sur un autre mais non parasite. Ça se précisait dans ma tête, une orchidée, une fleur  admirable  qui se fixe sur la tige d’une autre fleur, pas pour la parasiter mais pour l’embellir et la charmer et... ah non ! Zézette- la-vieille-côtelette va tiquer sur l’origine grecque de l’orchidée et je l’entends déjà :
Pour toi mon pote, je suis une couille ?
Ça ne pouvait pas aller du tout et je tombai sur  ”dichroïque ”, qui présente du dichroïsme, propriété que possèdent certaines substances d’offrir des colorations diverses suivant les circonstances de l’observation : “  les cristaux et les gemmes anisotropes présentent souvent un dichroïsme marqué. ” J’ai tiré inutilement la chasse d’eau et faillis me casser la gueule à cause des fourmis qui courraient dans mes jambes sans autorisation. On ne devrait pas lire plus de deux heures sur des chiottes, elles ne sont pas prévues pour ça, nos jambes non plus et les fourmis sont partout. Je possédais néanmoins mon qualificatif pour Zézette-la-vieille-côtelette-qui-pionce.
Se voir comparer à un cristal ou une gemme, c’est autrement plus flatteur qu’à une fleur de testicule même parfumée. Zézette-la-jeune-côtelette s’est réveillée à dix heures du matin ce jour là avec son qualificatif perso : dichroïque. Ce mot l’avait rajeunie instantanément.
Elle l’a très bien accepté, après deux heures d’explications vaseuses sur la beauté des pierres, cristaux et autres gemmes, tous précieux. Ça encore, ça passait à l’aise mais les colorations diverses suivant l’observation coinçaient un peu, il m’a fallu argumenter sur ses qualités nombreuses et pas toujours visibles dans telle ou telle situation mais heureusement, je manie très bien la litote et la métaphore et de plus, je suis doué d’un fort instinct de conservation.
C’est un fait établi à présent, Zézette-la vieille-côtelette est dichroïque quoi qu’en pense le monde entier, même si je n’ai plus le monopole de l’observation de toutes ses facettes, fossettes et autres plis et replis, ce qui parfois me fait pleurer.
J’ai dit au début de la page que je voulais écrire un texte drôle et je viens d’écrire que parfois je pleurais. Si vous voulez mon avis, je ne suis pas prêt de m’en sortir.
Des individus de ma connaissance pensent qu’il est honteux pour un homme de pleurer pour un certain nombre de raisons. Je tente parfois de dresser la liste de ces raisons et comme je suis absolument un grand fainéant, j’arrête au bout de quelque temps en me disant qu’après tout, je m’en moque éperdument. Je crois même que j’adore pleurer, enfin pas pour n’importe quoi et surtout pas avec n’importe qui. J’adore pleurer, surtout quand je suis  seul ou alors il faut que ce soit avec quelqu’un que j’aime très fort.
J’adore pleurer au cinéma. Chaque fois que je vois “ Un Monde Parfait ”  de Clint EASTWOOD et je l’ai déjà vu vingt-cinq fois, je pleure. Quand j’ai fini de lire certains livres aussi, je pleure. Pas tout bien sûr. Franny et Zoé de Salinger, Dalva de Jim Harrison me font toujours pleurer après plusieurs lectures.
Un jour que je devais être en manque de pleurs, j’ai pleuré en lisant un horaire des trains qui partaient pour le Nord de la France. J’imaginais réellement tous ces gens obligés d’aller vivre dans la grisaille et le froid. C’était comme si j’avais assisté à un départ collectif pour le purgatoire. J'entendais le diable hurler avec la voix de Tom Waits (oui, il picole et fume comme un beau diable) :
- Béthune, Gravelines, Hazebrouck, Wattrelos, une éternité d'arrêt tout le monde descend!
J’ai une telle faculté de produire des larmes que je pourrais être classé catastrophe naturelle. Je suis un véritable déluge ambulant. Je sais aussi m’en servir pour la bonne cause, par exemple la mienne. Un jour j’ai regardé ma feuille de paie devant mon patron, il lui a fallu deux heures et une boîte de kleenex pour me laisser tranquille. Il ne comprenait plus rien le bougre. Ce n’était pas un vrai patron. Il était directeur d’un supermarché où j’avais été embauché comme poissonnier. Un directeur de magasin à succursales multiples est un employé payé au mois. Il est patron factice, chien de garde. Il se trouve parfois dans une situation aussi précaire que le dernier des employés.
J’imagine tous les problèmes qui klaxonnent à ses oreilles directoriales : Le chiffre, la fauche, les employés, la propreté, la répression des fraudes, les graffitis des chiottes qui révèlent la taille de son pénis etc. J’avais préféré être à ma place dans son gourbi supertruc et j’ai regretté de l’avoir tourneboulé pendant au moins deux minutes. J’ai mis fin à mes pleurs et à ses affres en une seule question.
- Vous connaissez Charles Aznavour ?
- ?
Je lui ai chanté le premier couplet d’ “emmenez-moi ”   qui dit : “ il me semble que la misère serait moins pénible au soleil ”. Comme il ne comprenait toujours pas, je lui ai expliqué que j’avais décidé de partir plus au sud. C’était un samedi à dix-neuf heures, juste au moment de la fermeture. Le mardi il a été très surpris d’apprendre que je m’occupais du rayon poissons de son concurrent direct à cinq cents mètres de son magasin. Pourtant je n’avais pas menti, c’était plus au sud.
J’avais passé trois mois dans sa boutique à ce brave homme et je ne lui ai laissé que de bons souvenirs. J’avais fait l’ouverture de son rayon et je devais être intéressé au chiffre d’affaires. Au bout de deux mois, j’étais toujours smicard. Ce qui m’a vraiment décidé à agir, c’est que je n’avais pas envie de pleurer et ça, c'était pas naturel.
J’ai donc passé un mois à me marrer dans mon rayon. Les dernières semaines je travaillais en salopette rose, sweater rose et lunettes noires, cerclées de rose, le Walkman sur les oreilles. J’étais en pleine forme musicale, je m’envoyais la 6eme de Mahler ou Berlin de Lou Reed. Vous pouvez en faire de même et écouter, surtout Berlin, on va garder la sixième pour plus tard. Je distribuais des mini-mars et des Mini-Bounty, (que je piquais dans les rayons) aux enfants de mes clients potentiels. Je racolais ces derniers avec des formules jamais entendues dans un magasin de ce type.
- Soyez bons avec les animaux : adoptez un hareng, adoptez un merlan ! Le poisson, ceux qui n’en achètent pas sont cons ! Salut les copains mais ça ne pue pas mes colins !
Ma machine à fabriquer de la glace était habitée par d’étranges flacons qui n’attendaient au frais que mon envie de boire. Vin jaune, pur-malt et autres bénédictions alcoolisées me régalaient à longueur de journée. Je me cuisais des langoustines hors de prix que je ne mettais même pas en vente, c’est tellement bon chaud. Je déjeunais d’huîtres de Belon, de langoustes et autres douceurs.
Ce con de directeur réussit tout de même à me faire pleurer un jour mais c’était moins bien que Clint EASTWOOD ou JD SALINGER.
Il y avait un quai de débarquement des marchandises juste à côté de mon labo, où je stockais et préparais mon poisson. A droite du quai, à l’extérieur il y avait un gros conteneur à ordures. Lorsqu’il était plein, un employé mettait un autre à sa place. Le matin à six heures, les éboueurs en vidaient un certain nombre dans leur benne. Il y avait aussi des conteneurs pour les cartons et les papiers.
Le petit directeur de mon cœur était occupé ce jour là à écrabouiller une cinquantaine de camemberts à grands coups de tatanes pour les jeter plats comme des galettes dans la benne à ordures.
- Ces camemberts sont foutus lui demandais-je ?
- Que nenni mon brave, leur date de vente est dépassée !
- Laissez-les à côté de la benne, il y a un pauvre vieux qui vient souvent chercher de la nourriture dans les ordures.
- Je sais, c’est pour cela que je les démastique et je sais aussi que vous lui déposez  des choses dans un carton. C’est complètement illégal et ça pourrait vous coûter la porte si d’aventure vous récidiviez. Vous êtes prévenu.
- La porte je la prendrai bientôt, c’est une certitude. Mais ce vieux bonhomme, il n’a rien d’autre à bouffer que ce qu’il trouve dans les poubelles. Si on lui donne trois ou quatre camemberts périmés ça ne va pas mettre la société en péril. Il y a des magasins où l’on revend les articles périmés à moitié prix. Une date de vente, c’est de la couille en barre Raymond, on voit bien que ces clacos sont loin d’être pourraves ! Moi personnellement je n’achète jamais de calendos ici, ils sont durs comme du plâtre !
- Vous ne comprenez pas, nous ne pouvons pas nous permettre de donner de la nourriture périmée. La société serait responsable en cas de problème d’intoxication et ça pose aussi des problèmes d’autre nature.
- Putain ! y’a un restau du cœur qui galère pour trouver de la nourriture et vous balancez des machins tout bons ! On ne dirait vraiment pas que tu es né dans une famille de huit enfants à l’H.L.M. n° 1 de la route de Syam. Ton père était bien manœuvre aux fours à chaux Ducon ?
Gros silence et regard appuyé. J’avais tapé dans le mille. Ce petit connard, je l’avais vu sortir de l’école des centaines de fois. Il avait eu l’air de ne pas me reconnaître mais on ne me la fait pas. Je pense que c’est sur ce point que j’ai craqué. Quand j’en ai discuté avec Zézette-la-belle-côtelette elle pensait, elle, que c’était aussi la quantité d’alcool que j’avais dans le cerveau qui me prédisposait  à déborder des lacrymales. Zézette n’est pas partiale lorsqu’il s’agit de moi. Elle dit que lorsqu’on aime bien quelqu’un on ne doit pas lui faire de cadeau. Mais moi, j’aime mieux sa peau que sa philosophie et ses morsures sont des caresses.
Je pleurais dans mon rayon en vendant mon poisson. Mes larmes coulaient sur la julienne et le cabillaud, elles resalaient un peu plus les huîtres et les moules, faisaient des trous dans la glace ce qui mettait en péril la fraîcheur du poisson. Quand une cliente me demandait la cause de mon chagrin, j’expliquais le pourquoi du déluge. Une a ri, deux ou trois sont passées à autre chose et une femme magnifique que je ne connaissais pas a pleuré au moins cinq bonnes minutes avec moi. J'étais tellement ému que je ne lui ai même pas demandé son prénom. Elle sentait un parfum genre "senteurs marines" ou " Effluves Océanes", un truc de ce genre que j'avais senti une fois sur une fée bretonne un jour de défonce.
Je ne sais pas qui est allé voir le directeur, ma fée ou des clientes qui en avaient marre de me voir pleurer, tout ce que je sais, c’est qu’en fin d’après-midi, il m’a appelé pour me montrer son œuvre. Il avait installé un caddie entre les caisses et la sortie, juste avant la porte avec une pancarte ainsi libellée :
Pour les restaurants du cœur.
Vous pouvez mettre des produits qui leur seront donnés.
La Direction du magasin.
Je lui ai fait remarquer que cela n’engageait pas du tout la société qui exploitait ce magasin. Il est parti dans son bureau en pestant sur l’ingratitude humaine, il avait passé des heures au téléphone pour obtenir l’autorisation de faire ce geste de la part de la grande direction. Je suis allé plusieurs fois voir en douce à travers la porte du bureau s’il pleurait. C’était un vrai dur, il ne s’épanchait pas, ne versait pas une larme.
Le lendemain, alors qu’il était en réunion avec la haute direction, je suis allé voir de près le caddie. Il n’y avait pas grand chose dedans  et j’ai demandé aux trois caissières de permanence à cette heure plutôt creuse comment ça se passait et s’il y avait eu beaucoup de marchandises dedans depuis la veille. L’une d’elle me dit :
- Dedans le caddie y’a que trois paquets de nouilles et deux kilos de sucre. On a regardé tout à l’heure et je peux te dire que les pauvres à ce rythme là, ils ne vont pas chier gras.
- Avec tout ce qu’on jette ici, si ce n’est pas malheureux ! Je vous ai vu hier discuter avec l’autre tordu, j’en étais toute retournée dit la deuxième.
- Ce n’est pas avec ce qu’on gagne qu’on va mettre beaucoup de choses dedans dit la troisième, ils se foutent vraiment de la gueule du monde.
- Je vous propose un jeu mes tendres collègues dis-je. Vous allez fermer les yeux pendant cinq minutes dans un instant.
L’une des caissières me fit remarquer que le chef de rayon qui surveillait le magasin en l’absence du dirlo, se trouvait dans la cabine vitrée et il nous regardait converser. Je leur demandai un instant et repartis au fond du magasin.
De la boucherie j’appelai le bureau et en changeant ma voix, je demandai au chef de rayon s’il lui fallait de la volaille préemballée, articles qui dépendaient du magasin et non pas des bouchers. Le chef de rayon alla au fond du magasin compter les barquettes d’escalopes de dinde et autres volailles. Je fonçais dans les rayons, les bras chargés de produits divers et je passais les caisses en courant devant les caissières hilares. Le chariot des restaus fut vite plein et je regagnais le téléphone de la boucherie avant que le chef de rayon ne rejoigne le bureau. Lorsqu’il commença à égrener sa commande, je reposai le combiné sur sa fourche. Pas de pot coco, ça a raccroché !
J’ai inauguré cette pratique, que bien sûr les autres employés ont vite fait de reprendre. Chaque semaine les restaus du cœur embarquaient deux caddies pleins, les autres supermarchés étant au courant, ils ne voulurent pas rester en reste et firent de même. Je ne sais pas si leurs employés étaient aussi sympas que mes collègues mais à mon avis ils ne sont pas plus cons que nous et sont aussi mal payés alors on peut espérer.
Je m’aperçois que je n’ai toujours pas réussi à vous faire rire, il va falloir que je trouve autre chose. Si vous voulez, je peux vous faire pleurer, je ne sais pas si c’est aussi communicatif que le rire mais on peut essayer. Vous voulez que je vous parle de mon relevé de compte en banque  ou de ma vie sexuelle ?
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Lundi 31 octobre 2005 1 31 /10 /Oct /2005 00:00
Si Interféron tête de con... Ribavirine tête de pine !
 
Quand j’ai commencé ce 1er traitement, la ribavirine venait d’arriver et elle était encore en ATU (autorisation temporaire d’utilisation) et disponible seulement à l’hosto. On savait que ça potentialisait l’action de l’interféron mais on ne savait pas pourquoi. 7 ans après c’est terrible, on ne le sait toujours pas.
 
Pharmacologie et mécanisme d'action
La ribavirine est un nucléoside synthétique analogue à la guanosine (5,6). Tout comme celui de l’interféron, le mécanisme d’action exact de la ribavirine n’est pas élucidé. La ribavirine semble interférer avec la synthèse de l’acide ribonucléique (ARN) et de l’acide désoxyribonucléique (ADN) ce qui inhibe la synthèse des protéines et la réplication de certains virus (1). La ribavirine semble également agir comme un stimulant du système immunitaire (3,7). De plus, la ribavirine inhiberait la réponse pro inflammatoire de l’infection virale, ce qui diminuerait les dommages hépatocytaires (3). Cependant, la ribavirine en monothérapie n'a démontré aucune action inhibitrice contre les enzymes spécifiques du virus de l'hépatite C, ni contre la réplication de ce virus (3,8). Le mécanisme par lequel la ribavirine augmente l’activité antivirale de l’interféron alpha-2b est inconnu à ce jour (5).
 
Pharmacocinétique
La ribavirine est rapidement absorbée au niveau de l'intestin grêle et transportée activement dans presque toutes les cellules de l’organisme (10). La nourriture ralentit la vitesse d’absorption de la ribavirine et augmente légèrement la biodisponibilité (6,10). Au niveau intracellulaire, la ribavirine est phosphorylée principalement en ribavirine triphosphate. La ribavirine doit être déphosphorylée pour être transportée au niveau extracellulaire. Les érythrocytes ne possèdent pas les enzymes nécessaires à la déphosphorylation de la ribavirine intracellulaire. On observe ainsi une accumulation plus importante de ribavirine dans les érythrocytes. Des études effectuées chez les animaux suggèrent que seule l’hémolyse permettrait la libération de la ribavirine. Une diminution de la demi-vie des érythrocytes a d'ailleurs été observée (10).
Les principaux paramètres pharmacocinétiques de l’interféron alfa-2b et de la ribavirine sont présentés au tableau I. L’administration parentérale de l’interféron est nécessaire, car sa biodisponibilité est presque nulle lors d’une administration orale. Une administration SC permet d’atteindre une concentration adéquate et une distribution tissulaire rapide (9).
 
  
Tableau I : Paramètres pharmacocinétiques de l’interféron alpha 2-b et de la ribavirine (6,9-11)
 
PARAMÈTRES
INTERFÉRON
RIBAVIRINE
Biodisponibilité
Orale : minimale
SC : 80  %
Orale : 50-64  %
Demi-vie plasmatique
2-3 heures si injection SC
44 heures après une dose unique de 600 mg
298 heures après des doses multiples (600 mg bid)
Métabolisme
Dégradation extensive par les enzymes du tractus gastro-intestinal et le rein
Hépatique : deux métabolites sont formés dont un avec une activité antivirale similaire à la ribavirine
Élimination
Principalement rénale sous forme de métabolites
Principalement rénale sous forme de métabolites
Liaison aux protéines plasmatiques
Non disponible
Minimale
Légende : Bid : deux fois par jour
Essais cliniques
 
Dans les études cliniques, la réponse au traitement a été définie selon les recommandations du National Institute of Health. Ainsi deux critères d’efficacité ont été évalués soient la normalisation du niveau d’alanine aminotransférase (ALT) sérique  (réponse biochimique) et le niveau indétectable d’ARN viral (réponse virologique) (7,8).
 
Trois essais cliniques majeurs, multicentriques, randomisés et avec placebo ont évalué l’efficacité de l’association interféron alfa-2b et ribavirine pendant 24 à 48 semaines chez des patients qui n’avaient jamais été traités de même que chez les patients qui avaient répondu à un traitement d’interféron alfa-2b mais qui ont rechuté dans la première année suivant l’arrêt de la médication (5, 12,13). Les patients inclus dans ces études recevaient l’interféron alfa-2b à raison de trois millions d’unités internationales (UI) trois fois par semaine associé ou non à 1000 mg ou 1200 mg par jour de ribavirine selon le poids du patient.
Les résultats sont présentés au tableau II. Ces études démontrent que l’association médicamenteuse pendant 24 à 48 semaines est supérieure à l’interféron alfa-2b seul pour obtenir une réponse complète et pour diminuer les rechutes (5, 12,13). Une amélioration histologique au niveau hépatique est également observée peu importe le traitement initié (5, 12,13). Par ailleurs, peu de différence est observés dans la population totale entre un traitement de 24 ou 48 semaines. Cependant, l’analyse de sous-groupes permet de supposer qu’un traitement de 24 semaines serait suffisant chez les patients présentant plus de trois facteurs prédisant une réponse favorable. Les facteurs identifiés sont les suivants: un génotype viral de type 2 ou 3, une charge virale inférieure à deux millions de copies/mL, moins de 40 ans, peu de fibrose hépatique et le sexe féminin (8). Des études devront confirmer cette tendance afin de déterminer la durée optimale de la thérapie médicamenteuse.
Tableau II : Études cliniques sur l’efficacité de l’association médicamenteuse interféron alfa-2b et ribavirine.
 
Auteurs (références)
Nombre de patients
Réponse virologique
à la fin du traitement1
Réponse biochimique
à la fin du traitement1
Réponse virologique six mois après l’arrêt du traitement1
Réponse biochimique six mois après l’arrêt du traitement1
Interféron seul
Interféron
et ribavirine
Interféron seul
Interféron et  ribavirine
Interféron seul
Interféron et  ribavirine
Interféron seul
Interféron et  ribavirine
McHutchison2 et al.(4)
912
24 %
50 %
28 %
65 %
13 %
38 %
16 %
36 %
Poynard2 et al(5)
832
33 %
52 %
44 %
71 %
19 %
43 %
24 %
50 %
Davis3 et al(6)
345
47 %
82 %
57 %
89 %
5 %
49 %
5 %
47 %
Notes :
 
1.                p < 0,001 pour la comparaison entre les deux traitements pour tous les résultats présentés.
2.                Résultats après 48 semaines de traitement des études effectuées chez des patients n’ayant jamais été traités avec de l’interféron.
3.        Résultats après 24 semaines de traitement de l’étude effectuée chez des patients ayant rechuté après un traitement avec de l’interféron.
 
Effets indésirables
 
 Les effets indésirables, relativement fréquents, sont d’une intensité légère à modérée (5). Les principaux effets indésirables sont résumés au tableau III. Dans les études cliniques, seulement 6 à 9 % des patients recevant la thérapie combinée ont cessé leur médication en raison d’effets indésirables (6,14). La dépression est la raison principale pour cesser le traitement (12, 13,14). La fatigue, les céphalées et les symptômes grippaux sévères sont d’autres motifs fréquents de cessation. Peu d’effets indésirables sont exacerbés par l’ajout de la ribavirine à l’interféron alfa-2b. Lors de l’association médicamenteuse, seulement le prurit, la nausée, la dyspnée et le rash ont été rapportés plus fréquemment (12, 13,14).
 
L’anémie hémolytique est le principal effet indésirable associé à la ribavirine. La diminution de l’hémoglobine se produit dans les deux premières semaines et se stabilise après quatre semaines en raison d’une réponse compensatoire de la réticulocytose (5, 6,14). La diminution moyenne observée est de 26 à 31 g/L (5, 6, 8, 12,14). Cette anémie peut provoquer des symptômes respiratoires et cardiovasculaires surtout chez les patients à risques (6, 14,15). L’anémie est la principale raison pour diminuer les doses de ribavirine (3, 5,13). Suite à une réduction de dose, l’hémoglobine augmente de 10 à 15 g/L et se maintient pendant tout le traitement (7). À l’arrêt du traitement, l’hémoglobine revient à sa valeur initiale en quatre à huit semaines (5, 6, 8,12-14).
 
Les effets indésirables psychiatriques les plus souvent rapportés sont la dépression, l’insomnie et l’irritabilité (12,14). On note que moins de 1 % des patients auront des comportements suicidaires (6). Une diminution de la dose d’interféron permet parfois de contrôler les symptômes psychiatriques sévères.  Des psychostimulants et des inhibiteurs du recaptage de la sérotonine ont déjà été essayés avec succès.
 
L’effet myélosuppressif de cette association médicamenteuse résulte rarement en une diminution significative des globules blancs et des plaquettes (5,14). Aucune infection ou hémorragie n’a été associée à l’utilisation de ce produit. Cependant des modifications de la dose d’interféron alfa-2b sont recommandées lorsque ces éléments sanguins chutent (voir section posologie)(6,14).
  
 
Tableau III : Effets indésirables de l’association médicamenteuse interféron alfa-2b et ribavirine (adapté des références 1, 12,13)
 
Effets indésirables*
 
Symptômes grippaux
(céphalées, fatigue, fièvre, myalgie, arthralgie…)
Jusqu’à 68 %
Symptômes psychiatriques
(insomnie, dépression, irritabilité…)
Jusqu’à 39 %
Symptômes gastro-intestinaux
(nausées, anorexie, diarrhées…)
Jusqu’à 38 %
Symptômes dermatologiques
(Alopécie, prurit, éruptions cutanées…)
Jusqu’à 21 %
Symptômes respiratoires
(dyspnée, toux, pharyngite…)
Jusqu’à 19 %
Anémie :
hémoglobine < 100 g/L
8-9 %
Thrombopénie :
plaquettes < 100 x 109/L
2-5 %
Neutropénie :
neutrophiles absolus < 0,5 x 109/L
1-2 %
Note :
* Entre parenthèses, on retrouve les principaux effets indésirables, du plus fréquent au moins fréquent.
 
Interactions médicamenteuses
 
Une administration concomitante d’antiacides et de ribavirine a démontré une légère diminution de la biodisponibilité de la ribavirine (6,10). Par contre, cette diminution ne semble pas être cliniquement significative (10). In vitro, la phosphorylation des analogues de la pyrimidine tels la zidovudine et le d4T est inhibée tandis que la phosphorylation des analogues de la purine comme la didanosine est augmentée par la ribavirine diminuant ou augmentant leur activité antivirale respectivement (6,10). La pertinence clinique de cette interaction n’est pas connue mais l’association doit être utilisée avec prudence (6). Les médicaments qui inhibent la recaptation de l’adénosine tel le dipyridamole peuvent théoriquement diminuer le transport intracellulaire de la ribavirine ce qui pourrait diminuer son activité clinique. Aucune étude n’a démontré une interaction avec les enzymes du cytochrome P-450(10).
 
Mises en garde et contre-indications
 
La ribavirine est tératogène chez l’animal à des fractions de la dose utilisée chez l’humain (14). On ne doit pas administrer la bi thérapie  aux femmes enceintes ni aux hommes dont la partenaire est enceinte (1). Il est recommandé d’utiliser deux moyens de contraception efficaces pendant le traitement et jusqu’à six mois suivant l’arrêt de la médication (1).
 
Il n’est pas recommandé d’utiliser cette association médicamenteuse chez les patients ayant des antécédents d’une maladie cardiaque importante ou instable et chez ceux présentant une hémoglobinopathie primaire (1,6). La ribavirine et l’interféron alfa-2b doivent être utilisés avec prudence chez les patients ayant des troubles psychiatriques spécialement ceux ayant des antécédents de dépression (1,6). Cette association médicamenteuse doit être utilisée avec précaution chez les patients ayant une clairance à la créatinine inférieure à 83,3 mL/s (1, 6,10). En gériatrie, il est important d’évaluer la fonction rénale avant de débuter un traitement (10). En pédiatrie, l’efficacité et l’innocuité de la ribavirine et de l’interféron alfa-2b seuls ou en association n’ont pas été établies (6,9).
 
 
Posologie
 
La dose recommandée est de trois millions UI d’interféron alfa-2b en injection SC trois fois par semaine en association avec 1000 mg (400 mg le matin et 600 mg le soir) ou 1200 mg (600 mg matin et soir) de ribavirine. On recommande une dose quotidienne de 1000 mg pour les patients de 75 kg et moins et une dose de 1200 mg chez les patients de plus de 75 kg (1). L’injection l’interféron alfa-2b au coucher permet de diminuer la fréquence et l’intensité des effets indésirables (11). Le fabricant recommande un  traitement d’une durée de 24 à 48 semaines chez les patients n’ayant jamais reçu de l’interféron alpha et de 24 semaines chez les patients qui ont été traités avec l’interféron (1).
 
Le tableau IV présente les modifications posologiques recommandées selon l’évolution du patient. Chez les patients qui ont des antécédents de maladies cardio-vasculaires stables les recommandations sont plus conservatrices concernant l’anémie. Si l’hémoglobine est abaissée de 20 g/L ou plus durant quatre semaines consécutives, la dose quotidienne de ribavirine doit être diminuée à 600 mg. Le traitement devrait être cessé si l’hémoglobine demeure inférieure à 120 g/L  quatre semaines après la réduction de la dose de ribavirine (1).
  
Tableau IV : Modifications posologiques recommandées (adapté de la référence 1)
Paramètres sanguins
Diminution de la dose de ribavirine à 600 mg une fois par jour
Diminution de la dose d’interféron alfa-2b à 1,5 millions UI
Abandon définitif du traitement par RebetronMD
Hémoglobine
< 100 g/L
 
< 85 g/L
Globules blancs
 
< 1,5 x 109/L
< 1,0 x 109/L
Neutrophiles absolus
 
< 0,75 x 109/L
< 0,5 x 109/L
Plaquettes
 
< 50 x 109/L
< 25 x 109/L
Créatinine
 
 
>120 mmol/L
ALT/AST
 
 
2 x la valeur de départ ET >10 x la limite supérieure
Bilirubine conjuguée
 
 
2,5 x la limite supérieure
Bilirubine libre
>85 mmol/L
 
> 68 mmol/L pendant plus de 4 semaines
 
Suivi du patient
 
Afin d’évaluer la réponse du patient à la thérapie médicamenteuse le taux d’ALT et le niveau d’ARN viral sont mesurés. Selon le fabricant, l’ALT devrait être mesurée aux semaines 2, 4, 12 et 24 de traitement (1).
 
Avant le début du traitement, il est important d’effectuer un test de grossesse chez les femmes, d’évaluer la formule sanguine, la créatinine, la fonction thyroïdienne et la bilirubine. Il est recommandé d’effectuer un monitorage de la formule sanguine complète deux et quatre semaines après le début du traitement et selon la nécessité clinique ensuite (6). De plus, il est important d’être attentif aux symptômes de dépression ou à tout autre trouble psychiatrique (1,6).
 
Références :
 
1-     Schering Canada Inc. Monographie de RebetronMD (ribavirine et interféron alpha 2-b). Pointe-Claire, Québec 1999.
2-     Dieterich DT, Purow JM, Rajapaksa R. Activity of combination therapy with interferon alfa-2b plus ribavirin in chronic hepatitis C patient co-infected with HIV. Semin Liver Dis 1999;19 (suppl 1):87-94.
3-     Davis GL. Combination therapy with interferon alfa and ribavirin as retreatment of interferon relapse in chronic hepatitis C. Semin Liver Dis 1999 ;19 :49-55.
4-         Keeffe EB, Hollinger FB, Consensus interferon study group. Therapy of hepatitis C :consensus interferon trials. Hepatology 1997 ;26 (suppl 1) :101S-7S.
5-         Poynard T. Marcellin P, Lee SS et al. Randomised trial of interferon a2b plus ribavirin for 48 weeks or for 24 weeks versus interferon a2b plus placebo for 48 weeks for treatment of chronic infection with hepatitis C virus. Lancet 1998 ;352 :1426-32.
6-         McEvoy GK, éditeur. AHFS, Drug information 1999. Bethesda, MD: American Society of Hospital Pharmacists; 1999: 543-553.
7-         Gish RG. Standards of treatment in chronic hepatitis C. Semin Liver Dis 1999 ;19 :35-47.
8-         Christie JML, Chapman RWG. Combination therapy for chronic hepatitis C :interferon and ribavirin. Hosp Med 1999 ;60 :357-61.
9-         McEvoy GK, éditeur. AHFS, Drug information 1999. Bethesda, MD: American Society of Hospital Pharmacists; 1999: 897-927.
10-       Glue P. The clinical pharmacology of ribavirin. Semin Liver Dis 1999 ;19 :17-24.
11-       Dusheiko G. Side effects of alpha interferon in chronic hepatitis C. Hepatology 1997;26 (suppl 1) :112S-21S.
12-       McHutchison JG, Gordon SC, Schiff ER et al. Interferon alfa-2b alone or in combination with ribavirin as initial treatment for chronic hepatitis C. N Engl J Med 1998 ;339 :1485-92.
13-       Davis GL, Esteban-Mur R, Rustgi V et al. Interferon alfa-2b alone or in combination with ribavirin for the treatment of relapse of chronic hepatitis C. N Engl J Med 1998 ;339 :1493-9.
14-       Maddrey WC. Safety of combination interferon alfa-2b/ribarivin therapy in chronic hepatitis C-relapsed and treatment-naive patients. Semin Liver Dis 1999 ;19 :67-75.
15-       Reichard O, Schvarcz R, Weiland O. Therapy of hepatitis C :alpha interferon and ribavirin. Hepatology 1997 ;26 (suppl 1) :108S-11S.
 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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