Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /2005 00:00
2050 eme ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE D’ALESIA
 
 
Après-midi d’octobre noir
à l’intérieur de la forêt,
le soleil n’atteint plus
le sol déshonoré.
Je monte dans les sapins
au lieu-dit “ la Côte Poire ”.
C’est l’ancien camp nord de César.
Un pic noir à crête rouge
scande à grands coups de bec
le rythme de mon coeur
sur l’aubier d’un vieillard
debout comme un menhir.
Je sais que c’est ici
que tout s’est déroulé,
même les oiseaux le disent
depuis plus de vingt siècles.
L’armée de secours,
240 000 hommes
venus de toute la Gaule,
se heurte aux pièges romains.
Sedullos, chef des Lemovices,
est tué.
Vercassivellaunos, l’arverne magnifique,
cousin de Vercingétorix
est capturé.
L’armée de secours est en déroute.
César ordonne,
il l’écrira dans les commentaires,
 “ qu’on lui remette les armes
et qu’on lui amène les chefs des cités ”.
On lui livre Vercingétorix,
on lui jette les armes à ses pieds.
Chez les Celtes le chef
est responsable devant les siens.
C’est un concept sacré
et hautement démocratique:
Vercingétorix s’est trompé,
il doit payer et être sacrifié
pour permettre à ses hommes
d’être sauvés!
Brân après son échec en Irlande
demande à ses compagnons
de lui couper la tête.
Brennus après le sac de Delphes
et la défaite gauloise
se suicide une fois ivre.
Quelle belle leçon de conscience politique
à remettre au goût du jour les amis!
Un renard sort d’un fourré
nullement intimidé.
C’est un ancien combattant,
il marche sur trois pattes.
Il a dû en laissé une
dans un piège à blaireau
j’en ai vu un en montant.
Heureux perdant!
Lui ne sera pas étranglé
après six ans de prison à Rome.
Derrière moi, des pierres entassées
elles l’ont été sans doute
à la même saison qu’aujourd’hui
un jour d’automne
en 52 avant JC.
Ça m’intimide tellement
que ce soir je reviendrai
dormir sur la mousse.
Pour le moment,
je redescend à Syam.
Ensuite je vais monter à la Chaux
par la route forestière.
Je vais grimper vers l’oppidum de Cornu.
“ In summo colle ”
comme le disait Jules dans son guide
touristique  “De bello Gallico ”
 Là où était la ville
et puis la citadelle.
Passer de l’Urbs à l’Arx
suivant la voie sacrée.
Je suis chez moi,
“ In sequanos ”
et je t’emmerde
César de mes deux!
J’ai trouvé des lys martagons
et quelques cyclamens.
Par Billy Rubin - Publié dans : Poémes
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /2005 00:00

Poman (poésie et roman)

La vie de rêve n’est pas une opérette, mais parfois un strip déjeuner...
Je sors de l’épicerie du coin, genre supermarché avec un grand parking, je pousse un caddie plein de courses en direction de ma voiture. La voiture est une vieille « traction-avant quinze chevaux » Citroën. À côté de mon véhicule une jeune femme attend. Elle a vraiment une allure pas possible. Elle est blonde avec des yeux bleus, des seins superbes, un cul à l’africaine bien nourrie, elle ressemble un peu à mon ex-femme Marie Jo. Donc je dois rêver à fond les draps. Elle me demande si je peux la ramener à la maison car sa voiture est en panne.
Il est impossible que je refuse, je charge ses courses dans le coffre de la voiture puis les miennes et je l’invite à monter. Je lui demande ou elle habite, elle me dit que c’est dans la direction que je prends pour rentrer habituellement. Je lui demande si elle me connaît, elle a un sourire mystérieux. Je ne reconnais pas la route que j’emprunte, je lui fais part de mon étonnement, elle me dit que la route a changé pendant que je faisais mes courses. Ça ne m’étonne pas le moins du monde. J’arrive devant une maison en rase campagne et elle me dit que c’est ici. Je lui demande si c’est l’endroit ou elle habite, elle répond en souriant que moi aussi j’habite là. Je lui dis de m’excuser, que je ne savais pas que nous habitions dans la même maison, elle me répond que c’est comme la route, ça vient de changer et que c’est donc pourquoi je ne le savais pas. Je lui demande si nous vivons ensemble, elle me répond   :    
·                  Pas pour le moment mais dans un instant nous vivrons ensemble depuis trois ans !  
J’ai un peu de mal à comprendre mais je fais comme si tout était normal, je ne fais pas semblant de croire que c’est normal, j’ai l’impression que c’est comme ça. Je rentre mes courses dans la maison, la fille fait de même avec les siennes, nous connaissons tous deux la maison parfaitement bien
Je veux lui demander si elle s’appelle Marie Jo mais je renonce car je sais soudain que la fille s’appelle Colette, nous nous sommes mariés il y a trois ans et elle adore les tartines de beurre avec du chocolat en poudre dessus. Je lui prépare quelques tartines et nous nous installons dans un canapé
Chaque fois qu’elle mange une tartine, elle enlève un de ses vêtements, je regarde ce qui lui reste à manger :   une tartine. Par contre elle est en collant et en soutien-gorge. Je fais rapidement trois tartines, une pour le collant, une pour le slip et l’autre pour le soutien-gorge. Quand elle est nue, elle me sourit et me demande de me dépêcher de manger pour me déshabiller. Je lui demande ce que je dois manger, elle me dit   :   
·                  Ne fais pas l’innocent, tu le sais très bien !  
Impatient j’essaye d’enlever mon pull, je n’y arrive pas, elle se bidonne comme une malade et me dit :   
·                  Tu fais l’idiot ou tu ne te souviens vraiment pas ? 
J’ai envie de pleurer, ma détresse est grande. Elle me dit qu’elle ne peut pas m’aider vu que ça change tout le temps et qu’il faut que je fasse vite car elle a très envie. J’essaye tout ce qui se mange sur des tartines dans la maison. Rien ! J’attaque les boissons, après avoir tout essayé même le liquide vaisselle, je pense à l’eau. Ça marche, c’est un verre de flotte :   une fringue. J’ai plus que le slip à enlever quand soudain ça change !  L’eau ne marche plus et Colette devient vieille rapidement. Je me retrouve avec une mémé qui m’engueule parce que je n’ai pas su me démerder. Je suis confus de honte et glacé de dégoût. Elle m’explique que pour qu’elle rajeunisse, je dois lui faire l’amour pendant deux heures en surmontant mon dégoût et que ce doit être sincère. J’essaye de mon mieux et en pleurant, je lui dis que je vais la conduire à l’hospice vu que je ne peux rien pour elle. Elle répond que c’est trop tard, elle redevient progressivement jeune et belle et moi je suis transformé dans le même temps en bébé de trois mois. Elle me donne le sein, je la regarde, j’ai les sentiments d’un homme de quarante ans et le corps d’un bébé.
Le sein, c’est génial mais je bande comme un salaud dans mes couches et ça me fait très mal, il n’y a pas de petits élastiques pour la détendre cette putain de couche ! Dans mon prochain rêve je veux des Pampers dernier cri comme on voit dans les publicités ! Je me réveille en sueur, j’ai une formidable envie de sein ou de clito à sucer. Je me contente d’une bière, c’est froid, je mets la bouteille contre mon sexe, il se détend rapidement alors je finis ma bière et me recouche en suçant mon pouce!  
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /2005 00:00
14
ET SI VOTRE FOIE ÉTAIT UNE FORÊT ?
communication à la conférence de consensus de février 2002 ou Pascal melin intervenait dans le collège des experts.
 
Comment représenter la maladie ? Voilà une question qu'on ne travaille pas assez. Les médecins ont leur langage et les malades le traduisent comme ils le peuvent. Pour éviter les malentendus, je vous propose de comparer le foie à une forêt et l'hépatite à un incendie.
 
Je vais probablement faire sourire les médecins, mais c'est aux malades que je m'adresse. Depuis deux ans, je cherche à leur expliquer, de la façon la plus juste possible, les résultats de leur biopsie hépatique. L'exercice est difficile et lorsque je réinterroge les patients sur ce qu'ils en ont compris, je suis obligé de constater que le résultat n'est pas toujours à la hauteur de mes efforts.
 
Le recours au score de Knodell, thermomètre de l'hépatite pour les optimistes ou échelle de Richter pour ceux qui vivent leur maladie comme un séisme interne, me semble assez ambigu. Gradué de 0 à 22, il permettait sans doute de donner aux malades une note de gravité à leur hépatite avec des repères relativement simples. En dessous de 5, on considérait qu'il s'agissait d'hépatites minimes. Au-delà, on les qualifiait volontiers d'actives, voire de très actives après la barre des 10.
 
Mais lorsque les traitements permettaient de faire disparaître définitivement le virus, il était parfois difficile d'expliquer qu'à la biopsie de contrôle, qu'on soit passé de 8 à 5 et que c'était un bon résultat. Le malade espérait, lui, un score de zéro.
 
Le traitement, un Canadair
 
Le Score Métavir est plus subtil, puisqu'il se décompose en deux chiffres : l'un représente l'activité de l'hépatite, l'autre l'importance de la fibrose. Et c'est un malade qui m'a aidé à le présenter comme un feu de forêt. L'activité est cotée de 0 à 3 et on peut la représenter par les flammes. Au stade A0, il n'y a pas de flammes, le foyer est éteint. Au stade A1, les flammes sont petites et peu agressives. Quand on arrive à A2, elles sont importantes et provoquent des dégâts qui risquent de se propager. Au stade A3 enfin, il s'agit d'un véritable incendie avec des flammes qui détruisent rapidement la forêt.
 
La fibrose, quant à elle, correspond à la taille du brasier et à la partie de la forêt déjà détruite. Elle se cote de 0 à 4. F0, la forêt est encore intacte. F1, les destructions sont minimes. Au stade F2, une partie importante de la forêt a déjà brûlé. A F3, le sinistre est très important et la plupart de la forêt est détruite. Mais si l'on réussit à éteindre l'incendie, la forêt pourra repousser. Au stade F4, les dégâts sont très importants et il ne sera pas possible de faire repousser la forêt, du moins certaines zones. C'est le stade de la cirrhose.
 
Ne mettez pas d'huile sur le feu
 
Conjuguons maintenant les deux critères. Votre score est A1-F1 ? Les flammes sont petites, le foyer aussi. Il n'y a pas forcément d'urgence pour appeler les pompiers. En revanche, si votre score est A2-F2 ou A3-F3, il faut penser à éteindre l'incendie si l'on veut que la forêt puisse repousser. Le Canadair, c'est le traitement médicamenteux. S'il est efficace, un patient qui était A3-F3 avant traitement se retrouvera peut être A0-F2 après. Les flammes auront alors disparu, les dégâts auront été contenus et la forêt aura même repris le dessus.
 
Avec cette représentation, on peut aussi comprendre qu'il ne faut pas attiser l'incendie. Consommer de l'alcool avec une hépatite, n'est-ce pas mettre de l'huile sur le feu ? (Ou, pour conserver l'image du feu de forêt, c'est faire souffler le mistral, réduisant à néant le travail des pompiers.)
 
On peut comprendre aussi que les traitements ne permettent pas toujours de maîtriser l'incendie, mais qu'ils peuvent néanmoins en limiter la propagation. D'autres ajouteraient qu'avoir une bonne hygiène de vie, c'est entretenir la forêt, et donc la rendre plus résistante aux incendies. Quant à moi, si j'osais pousser plus loin la comparaison entre les hépatites et le feu de forêt, je soulignerais qu'il nous manque sans doute des Canadairs encore plus puissants, mais aussi des moyens de replanter la forêt quand l'incendie, même s'il a pu être maîtrisé, a provoqué des ravages trop importants (ce qui peut être le cas pour les patients au stade de cirrhose).
 
Sans doute cette représentation est-elle grossière et a-t-elle ses limites. Elle n'a pas d'autre prétention que d'aider à construire une représentation commune de la maladie.  
Pascal Melin (Président de SOS Hépatites et néanmoins médecin)
SOS Hépatites BP 88 52103 St Dizier cedex. Tel. 03 25 06 12 12
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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