« Les vérités scientifiques finissent toujours par s’imposer, parce que « la vérité ne triomphe jamais, mais ses ennemis finissent par mourir » (Max Planck, Prix Nobel de physique 1918)
La médecine moderne et sa technologie de plus en plus impressionnante nous donne l’image d’une puissance, d’un savoir si grand qu’il est difficile d’imaginer que nos ressources individuelles vont changer quoi que ce soit.
Pourtant depuis quelques années on s’intéresse beaucoup à l’effet des émotions sur le vécu et le déroulement de la maladie.
Uneconfirmation est offerte par l’étude de Dean Ornish, parue pour la première fois en 1990 dans Reversing Heart Disease (" Renverser le cours de la maladie cardiaque "). Cette étude portait sur des personnes traitées pour une maladie coronarienne grave.
Un groupe de malades a suivi un travail psychologique qui les a amenés à transformer leur style de vie, dans les domaines préconisés aux patients du Simonton[1] Centre : le sport, l’alimentation, la relaxation et le travail avec des groupes de soutien.
Un deuxième groupe a reçu exclusivement un traitement médical classique. Selon Ornish, 82 % des patients ayant participé à la psychothérapie ont vu leur système coronarien s’améliorer. Dans le même temps, il empirait dans 53 % des cas du groupe de contrôle.
Je voudrais vous parler d’une autre discipline importante et relativement nouvelle, connue sous le nom de psycho-neuro-immunologie. Les recherches effectuées, par le passé, auprès de malades ont clairement montré le lien entre l’esprit et le corps mais elles n’ont pas expliqué son fonctionnement. La psycho-neuro-immunologie apporte aujourd’hui des réponses. Elle permet de mieux comprendre comment les émotions se traduisent en substances chimiques (molécules d’information) qui agissent sur le système immunitaire et nos autres mécanismes de guérison.
Parmi les travaux les plus intéressants dans ce domaine figurent ceux de Candace Pert, ancienne directrice de la biochimie du cerveau au National Institute of Mental Health (Institut national de la santé mentale).
Elle est coresponsable de la découverte du premier récepteur neuropeptide, un récepteur chimique qui intervient dans la transmission de l'émotion. Sa découverte date de 1973. Depuis, plus de cinquante neuropeptides ont été identifiés.
Nous le savons maintenant, il y a dans le corps au moins trois systèmes pouvant transmettre les émotions au niveau physique : le système endocrinien qui communique au travers d’hormones, le système nerveux, directement relié aux globules blancs, et le troisième système, celui de la famille des molécules de communication (neuropeptides, neurotransmetteurs, facteurs de croissance, cytokines) qui influence l’activité cellulaire et le fonctionnement génétique.
Grâce aux nouveaux progrès technologiques, les scientifiques peuvent observer en laboratoire que certaines fibres nerveuses aboutissent en réalité à la surface de certains globules blancs.
C’est la preuve physique que les globules blancs reçoivent des messages directs du système nerveux, messages dont l’origine est le cerveau. Or les globules blancs sont des composants clefs du système immunitaire : leur rôle est d’identifier et d’éliminer les corps étrangers, bactéries, cellules cancéreuse, etc. Nous sommes donc désormais en mesure d’observer, réellement, en laboratoire, le processus physique par lequel un message du cerveau influence le système immunitaire.
La maladie bouleverse tout le monde de façon inégale
« Bienheureux les fêlés car ils laissent passer la lumière »
Judith Malina.
Lorsqu’on apprend sa maladie, un tas de choses vous passent dans la tête.
Pour le malade, il y a alors un véritable basculement, un passage de frontière du monde des biens portants dans celui, beaucoup moins confortable, des êtres en sursis. Le malade sait qu’il risque de perdre la vie, sa famille, de perdre un être aimé, autant de facteurs qui génèrent une souffrance singulière qu’il convient d’écouter et de prendre en charge de manière précoce et adaptée.
Car, ce qu’il faut prévenir, dès l’annonce du diagnostic, c’est l’installation de mécanismes de défense inadaptés, qui vont aller en se rigidifiant, au fur et à mesure de l’augmentation de la pression anxieuse.
Une fois la phase de choc et de sidération passée, il faut relancer et maintenir l’activité des processus psychologiques vitaux, afin que le malade continue son chemin de vie de la meilleure façon possible.
Il s’agit là d’un authentique travail de soins spécialisés qui est essentiellement centré sur la qualité de vie du patient. Ce type de prise en charge s’adresse avant tout au malade et, si cela s’avère nécessaire, à sa famille. Il devrait pouvoir être accessible à tous les patients atteints de maladie grave, ce qui, malheureusement est encore loin d’être le cas…
La réaction du patient est souvent imprévisible :
Surprise, détresse, panique… voire soulagement. Quoi qu’il en soit, la charge émotionnelle est violente. La réaction est parfois déconcertante et rarement en harmonie avec l’idée préconçue du médecin. Elle peut être dépendante et détachée de la sévérité de la maladie chronique, immédiate ou différée ; la réaction pouvant être paradoxale ! L'annonce de maladie chronique est l'annonce d'une “grande nouvelle” et le processus psychologique est le même que pour les autres grandes “nouvelles”. Dans tous les cas, l’annonce a un impact important sur l’acceptation et le vécu de la maladie. L’annonce pose également une marque indélébile sur l’avenir (le “futur est à réinventer”). L’annonce d’une maladie chronique a un impact psychologique important avec trois types d’effets :
1. L’annonce est un acte de baptême d’une maladie
2. L’annonce entraîne un changement d’identité : “apprendre que l’on a une maladie chronique, c’est aussi apprendre que l’on est malade” ;
3. L’annonce nécessite enfin un travail de “deuil” de l’état de santé antérieur : il est nécessaire de “faire le deuil de ce que l’on était” avant de “s’accepter tel que l’on est maintenant” et de reconstruire le futur.
Ce travail de deuil de l’état de santé antérieur permet l’acceptation de la maladie chronique, c’est-à-dire « l’appropriation » de sa maladie par le patient. Il s’agit d’une attitude qui se caractérise par le consentement lucide à une réalité, à une situation que l’on décide d’assumer et qui permet d’envisager un avenir avec la maladie chronique. Une carence ou une mauvaise information au début de la maladie peuvent grever lourdement la prise en charge ultérieure (déni, refus de soins, non observance…).
Il s’agit d’un long processus de maturation (cheminement) de réactions psychologiques naturelles (réactions normales de défense). Le découplage artificiel en plusieurs phases permet de mieux comprendre le long processus de maturation de l’acceptation (Modèle d’Elizabeth Kübler-Ross[2], 1976). Tous les stades peuvent être intriqués et ne sont pas obligatoires.
On parle souvent d’adaptation dynamique : le passage d’une étape à l’autre se fait plus ou moins rapidement selon les personnes, avec fluctuation entre deux stades consécutifs avant de passer au stade suivant, enfin, il y a parfois une possibilité de blocage définitif à un stade (la cristallisation des différents événements est alors pathologique). Ces différents stades de l’acceptation sont des réactions psychologiques naturelles, mais leur prolongation dans le temps ou leur inadaptation “bloquent” le travail de “deuil”.
• Le choc initial est un processus de sidération, véritable “scotome auditif”, “surdité émotionnelle”.
• Le déni est une réaction d’incrédulité, un mécanisme de défense, en partie inconscient, qui consiste à refouler une réalité insupportable, trop menaçante pour l’équilibre psychique.
• La révolte : le patient prend conscience de la réalité de l’affection, il peut avoir une réaction d’agressivité, un sentiment de culpabilité, d’injustice (“punition”), une dépression peut survenir.
• La négociation réveille des sentiments contradictoires et se traduit par des tentatives de marchandage vis-à-vis des contraintes des traitements, refus d’une partie du traitement ou surcompensation.
• La réflexion, le retour sur soi, l’accommodation, représentent un compromis entre ce qui aurait pu être et ce qui est. La personne prend conscience de ce qu’elle doit assumer, elle sait qu’elle ne sera plus comme avant : perte définitive de quelque chose (amertume, ressentiment et tristesse, état “méditatif- dépressif”).
• L’acceptation active enfin. La personne assume, intègre la maladie chronique dans sa vie quotidienne, elle reconnaît que la maladie implique des contraintes, et prend conscience que la maladie comporte des risques, la maladie est enfin acceptée (ou “supportée”). Le patient a une nouvelle image de lui avec la maladie chronique. L’idée d’une vie sans maladie chronique est abandonnée, le “handicap” est admis (responsabilité, dynamisme, “savoir être”). Le dépassement de l’épreuve permet la construction d’un avenir avec la maladie, d’un “projet de vie”.
La non-acceptation de la maladie transforme le patient en “malade clandestin”, niant totalement sa maladie, peu ou pas observant.
La parole comme solution thérapeutique
Je suis persuadé que la parole, dès la connaissance de la maladie, est un outil qui va vous aider à vivre correctement votre maladie. Il faut s’exprimer totalement et surtout être écouté.
Selon le philosophe Ludwig Wittgenstein il s’agit précisément de l’idée selon laquelle les mots servent à dire le désir. L’insistance de Wittgenstein sur la difficulté qu’il y a à dire n’est pas faite pour surprendre : comme Freud, il est conscient de notre tendance à refouler le désir et à étouffer sa voix.
« Ainsi, aimerais-je dire, les mots « puisse-t-il donc venir ! » sont lourds de mon désir. Et les mots peuvent nous être arrachés – comme un cri. Les mots peuvent être difficiles à dire : tels sont par exemple ceux par quoi l’on effectue un renoncement, ou ceux qui confessent une faiblesse. (Les mots sont aussi des actes[3].) »
Il n’est pas facile pour certains de libérer sa parole surtout dans son environnement proche : famille, travail, loisir. Le malade a souvent l’impression qu’il dérange lorsqu’il parle de sa maladie. L’entourage est souvent pathogène. Il ne supporte pas son ressenti, ses angoisses et va faire remonter tous les petits problèmes qui, jusqu’à présent était mis en veilleuse.
L’idéal dans ce cas c’est de rejoindre s’il existe un cercle de paroles. Le cercle de parole fonctionne dans un climat relationnel de confiance, qui permet de rompre l’isolement, de bénéficier des témoignages et de l’expérience des autres participants.
Dans un climat de non jugement et de regard positif inconditionnel, Il y devient possible de prendre le risque d’expérimenter sa liberté intérieure, son aptitude à trouver par soi-même ses orientations et ses solutions, d’affirmer ses valeurs et trouver son propre sens à sa vie. Il stimule ainsi la capacité interne d’auto développement, d’auto guérison, que tout être humain porte en lui-même. Il ouvre la voie à des relations humaines plus ouvertes, sereines, épanouies, plus profondes.
Si vous pouvez bénéficier d’un programme d’Education Thérapeutique dans le cadre d’un réseau de soin, vous pouvez avoir accès à un psychologue formé à l’approche de l’hépatite. De même que l’infirmière d’éducation va vous aider et vous orienter selon le les besoins qu’elle aura déterminés grâce à son « diagnostic thérapeutique. » de même qu’elle demandera à votre entourage de participer aux consultations.
Une autre solution que je recommande c’est d’écrire sur ce que l’on ressent régulièrement et de le relire souvent. Ma Grand-Mère disait : « si tu gardes des mots à l’intérieur de toi, ils vont finir par pourrir. »
Produire un signal, prononcer des paroles n'est jamais une action "gratuite", mais tend à avoir un certain effet sur le récepteur, l'auditeur, à provoquer chez lui un comportement, une action, une émotion. Le signal a donc une fonction stimulatrice, même si le récepteur peut s'y abandonner ou s'en défendre. La fonction stimulatrice est exercée par des éléments voulus et destinés à provoquer et obtenir une réaction de l'auditeur/le lecteur/le récepteur.
a. action
b. émotion: joie, douleur, pitié, crainte etc.
Comme le langage parlé, langage écrit aussi a des effets sur les patients. Une lettre bien écrite ou une note peut stimuler des sentiments agréables ou l’inverse chez un malade. La religion, la magie et le Chamanisme ont utilisé toujours le pouvoir du langage écrit. On parle depuis des siècles de la thérapie épistolaire. L’être humain ne peut jamais être insensible à un poème bien lu.
Dans “Lettres Persanes”, Montesquieu parle d’un malade qui ne dormait point depuis trente-cinq jours`; son médecin lui ordonne l’opium mais il refuse tout cela:
“Je connais un homme qui n’exerce pas la médecine, mais qui a chez lui un nombre innombrable de remèdes contre l’insomnie...si je ne dors pas cette nuit, je vous promets que je reviendrai à vous.”
Le malade appelle un libraire, celui-ci examine le malade et retourne chercher le remède dans sa boutique. Il choisit un livre sacré qui s’appelle “La Cour saint du père Caussin”
“La Cour saint arrive; on en secoue la poudre; le fils du malade, jeune écolier, commence à la lire. Il en sentit le premier l’effet: à la seconde page, il ne prononçait plus que d’une voix mal articulée, et déjà toute la compagnie se sentait faiblir. Un instant après, tout ronfla, excepté le malade, qui après avoir été longtemps éprouvé, s’assoupit à la fin. p.284”
« La parole est une grande puissance, elle qui à partir de l'être physique le plus petit et le moins perceptible, exerce l'action la plus divine. Elle peut faire cesser la crainte, ôter l'affliction, susciter la joie, développer la pitié. »
Gorgias, ve siècle av. J.-C.
La parole des soignants
L’effet thérapeutique d’un médicament dépend aussi d’une certaine façon de le donner.
Qu’est-ce à dire ?
Le professionnel cherche l’apaisement et l’adhésion du sujet, ce qui nécessite qu’on lui parle, qu’il soit interlocuteur dans la démarche de soin :
Pourquoi ce médicament, comment le prendre, les effets attendus, les effets possibles... dans une atmosphère de sécurisation devant ce qui est trop souvent automatisme, passage à l’acte non parlé, voire action agressive ou intrusive pour obliger la prise du médicament.
Autour du soin, se confirme la compréhension d’autrui comme un sujet à part entière, qui compte au-delà de ses symptômes et qui attend qu’on l’écoute dans sa souffrance comme dans ses plaisirs
Dans leur pratique d'entretien, les médecins interrogent les patients pour rechercher des signes pathologiques et des symptômes, et ils recherchent rarement les aspects psychosociaux ainsi que les ressources des patients.
La parole soutient. Adaptée à la situation vécue, empreinte d'une confiance réciproque, renouvelée au gré des situations et des humeurs, elle crée une perspective meilleure ou plus sereine. Sans elle, les traitements ne seraient que techniques et offenseraient la dignité de la personne. Plus pénibles sont les protocoles de traitement et leurs complications, plus inquiétante l'évolution de la maladie et plus la parole doit être vraie et renouvelée.
La parole peut être aussi messager d'espoir. L'adaptation aux traitements comme la réadaptation plus tard aux relations familiales et sociales n'est possible que si le traumatisme de l'annonce du diagnostic et les bouleversements provoqués par la maladie et les traitements proposés ont été dépassés. La parole y contribue beaucoup ; c'est elle qui libère.
Le dialogue est la parole partagée. À une recherche de savoir, à un souci de comprendre, à une obsession du lendemain doit répondre une information juste et confiante. Mais le dialogue est un art complexe. Ne manque-t-il pas, quelquefois ou souvent, avant la prise en charge d'un malade? Les raisons (ou les prétextes) sont connues : manque de temps, non-perception d'une dimension majeure dans l'acte thérapeutique, crainte de ne pouvoir et/ou de ne savoir faire face à des situations relationnelles complexes, difficulté de disposer d'un langage bien reçu par la personne malade, démission au profit de « psy ».
Les difficultés relationnelles qui affectent le malade, ses parents et l'ensemble de l'équipe soignante sont fréquentes, même si elles sont peu nombreuses à revêtir une expression dramatique. Comment annoncer à un patient, enfant ou adulte, et à sa famille, une greffe de foie, une chimiothérapie, un essai de phase I, ou une fin prochaine ? Et comment réagir devant des parents ou des proches, incompétents ou dangereux ?
L'objectif de l’hépatologue et de l'équipe avec laquelle il partage la responsabilité de prendre en charge les traitements et le suivi des patients n'est pas seulement de traiter l’hépatite. Il est aussi la guérison du malade.
Pour que celle-ci soit la meilleure possible, sa dimension psychologique - et donc humaine - ne doit pas être négligée. Le dialogue est certainement une des clés pour y parvenir. Mais rappelons-nous que, comme l'écrivait Maurice Druon : « la réussite du dialogue, ce n'est pas d'avoir le dernier mot mais le dernier silence ».
La qualité de vie
Les définitions de la qualité de vie peuvent varier selon les auteurs, mais elles ont toutes pour base commune, la définition de la santé donnée par l'OMS en 1948 : « La santé, ce n'est pas seulement une absence de maladie, c'est aussi un état total de bien-être physique, psychologique et social ».
La qualité de vie liée à l'état de santé évalue donc les répercussions de la maladie et de son traitement, perçues par le patient dans les différentes dimensions de la vie et sur son état de bien-être. Quelle que soit la définition, la mesure de la qualité de la vie est multidimensionnelle et subjective.
Multidimensionnelle, car explorant au moins les dimensions : physique (autonomie, capacités physiques, capacité à réaliser les tâches de la vie quotidienne...), psychologique (émotivité, anxiété, dépression, état de bien-être...), sociale (rapport à l'environnement familial, amical ou professionnel, engagement dans des relations personnelles, participation aux activités sociales et de loisirs...), somatiques (symptômes liés à la maladie ou aux traitements).
D'autres dimensions peuvent être évaluées, selon la pathologie, le traitement ou l'âge des patients : douleur, sommeil, alimentation, sexualité...
Subjective, car mesurant la perception du patient du retentissement de la maladie et du traitement, influencée par ses expériences et ses attentes. La mesure se fait donc par auto-questionnaire dans la plupart des situations.
Comme nous l’avons vu plus haut, se savoir atteint d’une hépatite chronique, même sans symptômes, a forcément un impact sur la vie quotidienne, on sait que son foie est malade, qu’il fonctionne de moins en moins bien avec le risque d’une évolution éventuelle vers la cirrhose et peut-être un cancer du foie. Il y aussi ce doute, cette ignorance au début sur l’état réel du foie au moment du diagnostic d’hépatite C, et cette crainte des traitements, connus pour leur tolérance souvent difficile.
Nous savons que les personnes atteintes d’une hépatite C chronique, même sans traitement, ont une qualité de vie plus médiocre que celles atteintes d’une hépatite B chronique.
On sait aussi que plusieurs facteurs peuvent intervenir :
Un état de fatigue persistant, décrit par de nombreux patients, et qui semble bien particulier à l’hépatite C. Il est possible que le VHC possède un effet pathogène
propre qui, de manière directe ou indirecte par le biais des cytokines, soit à la base de la fatigue. En effet, ces problèmes de fatigue ne semblent pas se poser avec la même intensité avec le VHB
en dehors de la phase aiguë symptomatique initiale.
L’impact de l’infection chronique par le VHC, et l’impact d’un système immunitaire activé de manière prolongée et, donc sous stress chronique, cherchant à éliminer le VHC, sur l’organisme d’un individu pendant plusieurs décennies est certainement important.
Les difficultés liées à la cause même de la contamination, s’il s’agit, ce qui est assez souvent le cas, de l’usage de drogues injectables, avec son cortège de
difficultés personnelles et sociales ;
Une atteinte, encore assez mal connue, des fonctions cognitives ; le virus est aussi présent dans le système nerveux central (ces troubles s’améliorent d’ailleurs
sous traitement).
Informer le patient...
Une bonne communication entre le médecin qui prend en charge la personne atteinte d’hépatite C, son équipe, la personne elle-même et son entourage, est essentielle pour aplanir une partie de ces difficultés : il s’agit de donner une information honnête et actualisée sur les risques d’évolution, les possibilités thérapeutiques actuelles et futures (le traitement de l’hépatite C est en pleine évolution).
Les outils qui seront utilisés pour préciser le diagnostic et pour le suivi. Il faut aussi prendre en compte les autres problèmes de santé (alcool, tabac.) et anticiper les conséquences possibles du traitement sur l’entourage, la vie sociale et professionnelle.
Une personne atteinte par le VHC se pose de nombreuses questions quant aux risques de contamination pour ceux qui partagent sa vie et il faut essayer d’y répondre de la façon la plus précise possible. Le risque de contamination par rapports sexuels est très faible et le port du préservatif n’est pas nécessaire (en l’absence de co-infection par le VIH)
Information sur l’usage de drogue, la contamination entre personnes ayant utilisé des drogues injectables ne se limite pas à l’usage de la seringue, mais peut aussi prendre le chemin des tampons, filtres, cuillers, échantillons d’eau utilisés en commun.
Vivre avec les autres
Les autres personnes vivant sous le même toit n’ont pas de précaution particulière à observer, sauf celle de ne pas partager les objets de toilette tels que brosse à dents, rasoir, coupe-ongles.
Un dépistage de l’hépatite C pour elles n’est pas nécessaire, sauf en cas de partage d’objets tels que ceux cités.
Dans la vie professionnelle, aucune consigne particulière n’est non plus à observer ; il est cependant raisonnable d’informer du portage du VHC les soignants amenés à un risque éventuel de contact avec le sang (infirmière, dentiste).
L’abord du traitement est une phase délicate, qu’il importe de dédramatiser, sans pour autant nier ou négliger les conséquences fréquentes de celui-ci : les effets indésirables sont fréquents, mais pas obligatoires. L’aide des réseaux " Hépatite C " et de l’association de malades SOS Hépatites est souvent précieuse. Des documents d’information adaptés sont disponibles gratuitement.
Il faut s’attendre à une baisse possible de la capacité de travail et, si certains arrivent à maintenir une activité professionnelle quasi normale, d’autres personnes sous traitement enchaînent les arrêts de travail.
Les effets indésirables de l’interféron sont les plus pénibles : dépression pour certains, irritabilité qui peut être très déstabilisante pour le patient ainsi que pour l’entourage. Les arrêts de traitement sont quelquefois inévitables et surviennent même, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, plus fréquemment après les six premiers mois.
Une bonne gestion de cette période de traitement permet d’en éviter en partie les écueils : la personne doit entièrement accepter et même s’approprier le traitement après en avoir compris les difficultés mais aussi envisager les solutions possibles et les bénéfices attendus.
Une fois le traitement terminé, l’horizon s’éclaircit, et la qualité de vie s’améliore, la fatigue se dissipe en général, avec un retour possible à une activité professionnelle normale.
[1] Le docteur Carl
Simonton est américain, radiothérapeute cancérologue, et explique au début des années 1970 que la guérison dépend beaucoup, et même essentiellement du traitement offert par la médecine mais
que, l'être humain étant fait de chair et d'esprit, il est nécessaire de tenir compte du psychisme du patient.
[2] Elisabeth Kübler-Ross (née le 8 juillet 1926 à Zurich en Suisse et décédée le 24 août 2004), était une psychiatre et une psychologue américaine, pionnière de l'approche des « soins palliatifs » pour les personnes en fin de vie et de l'accompagnement aux mourants.
[3] Ludwig Wittgenstein : Philosophische Untersuchungen, § 546.
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