Lundi 31 octobre 2005 1 31 /10 /Oct /2005 00:00

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Vous n’aurez pas ma peau !

Tout au long du traitement, j’ai connu des troubles assez chiants, évoqués au début de ce journal : lichen-plan, psoriasis, desquamation en tous genres, urticaire géant, eczéma etc. Devant les non-réponses de mon hépato face à ces problèmes, j’ai décidé de consulter un dermatologue au quatrième mois, tellement ça devenait insupportable. J’ai passé une journée en hôpital de jour pour divers examens. Je devais arriver le matin à 8 heures avec mes urines de 24 heures. Mort de rire ! Sous traitement il faut boire beaucoup, je buvais de l’eau, du thé vert au citron et du jus de fruit. ( Depuis, je fais gaffe au thé vert, c'est bon si on a trop de fer mais l'abus peut induire une anémie) Ça fait beaucoup de liquide, ça fait aussi beaucoup d’urine. J’avais gardé pas mal de bouteilles en plastique et j’ai commencé la mise en bouteille à 7 heures du matin. A 17 heures, j’ai appelé la surveillante du service de dermato pour lui demander s’il fallait vraiment « toutes » les urines de 24 heures et s’ils avaient une citerne à ma disposition. Elle m’a dit de faire pour le mieux. Le matin je suis arrivé en métro avec 7 magnums d’un litre et demi du précieux liquide, je ne pouvais pas faire mieux, j’avais plus de bouteilles. Le type qui était devant moi avait deux « Maxi-Vittel » qu’il déposait sur le comptoir du service. L’infirmière m’a regardé en riant et j’ai dis : « Petit joueur ! » Le patient n’a pas compris et l’infirmière n’arrivait plus à garder son calme. Je venais de lui raconter que j’avais eu peur de me faire braquer par des assoiffés dans les couloirs du métro. J’imaginais aussi un contrôle de police :
- Que transportez-vous dans ces bouteilles ?
- Mon urine chef !
- Vous vous foutez de ma gueule ?
- Non chef !
- Allez ! On va analyser tout ça !
On m’a fait des prélèvements de peau, des analyses diverses et variées. L’interne me fait quitter mon T-shirt, j’ai une grosse poussée d’urticaire qui me recouvre tout le corps instantanément. Il me dit de ne pas bouger et va chercher le professeur. Lorsqu’il revient, je n’ai presque plus d’urticaire. Je dis au professeur :
-Vous voulez voir comment c’était ?
Je vais au lavabo et m’asperge d’eau, la crise recommence. Les deux médecins trouvent ça intéressant, ils sont après mes éruptions et grattent des morceaux de peau avec des abaisse-langue en bois, j’ai le corps tout griffé. On me donnera pour traitement un comprimé de Zyrtec le matin et un Attarax le soir. J’ai un gel à base de corticoïdes pour traiter le lichen plan et un autre et une pommade pour le cuir chevelu et les lésions importantes sur la peau. Beaucoup de mes troubles, d’après les dermatologues, viennent de l’état de mon foie et sont exacerbés par le traitement. Mais j’ai aussi un anticoagulant circulant qui me produit un syndrome des antiphospholipides et génère une vascularite.
J’ai une espèce d’eczéma sur le ventre, des lésions qui ressemblent à un psoriasis sur le visage, les coudes et les jambes, du lichen-plan dans la bouche et des croûtes sur le cuir chevelu mais rien de bien grave selon eux. Moi, ça me fait bien chier de me gratter comme un singe lorsque je me déshabille et après la douche mais puisque c’est normal… N’empêche que, quand tu es comédien et que la maquilleuse ne sait plus ce qu’elle doit te mettre sur la tronche pour que tu aies l’air normal, ça craint un peu. De plus, dans les transports et les lieux publics, le regard de l’autre te fait penser aux pestiférés du moyen-âge. Je hais le prurit!
Le prurit se définit comme une sensation conduisant à une envie irrésistible de se gratter. Il s'agit d'un motif de consultation fréquent qui pose alors un double problème : d'une part, pour le patient en raison du caractère souvent inconfortable du prurit et du retentissement qu'il peut avoir sur la vie sociale et professionnelle, et, d'autre part, pour le soignant car le prurit constitue un véritable signe d'appel pour de nombreuses pathologies de nature et de gravité extrêmement variables. Il appartient ainsi au soignant non seulement de mettre en œuvre un traitement permettant d'apporter un soulagement rapide, mais également de savoir reconnaître la maladie causale parmi la multitude d'affections pouvant être à l'origine d'un prurit.
Ça c'est ce que disent les spécialistes, nos hépatos eux, ils ont plutôt tendance à te dire que : "Oui, c'est normal, ça arrive, ça vient de l'hépatite, c'est exacerbé par le traitement…" Et je fais quoi moi, mignon? Je continue à me gratter? Je dors avec des gants de boxe, j'essaie de faire baisser mon pouvoir d'achat en demandant la dernière crème à 30 $ minimum le tube à ma pharmacienne préférée qui va bientôt se mettre à vendre des légumes, je change de savon toutes les semaines et je rêve de me "faire une peau de star "parce que je le vaux bien!"

Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Dimanche 30 octobre 2005 7 30 /10 /Oct /2005 00:00
 
2 mois du journal d’Alexia
 
4/mai : Cher vieux torchon… deux mois que je n’ai pas cochonné tes pages, because : abandon forcé. Je me suis encore tiré de chez ce connard et je t’avais oublié dans un coin, tu sais comme je suis bordélique. Il t’a quand même renvoyé chez mon père. Ce dernier n’a pas apprécié certaines de mes confidences, à croire qu’il y a aussi de l’encre antipathique !
Le vieux ne supporte pas que je considère que j’ai raté mon enfance, ballottée  entre une mère cinglée et un père menteur. J’avais aussi écrit que ma facilité à raconter des conneries, venait de lui. Comme j’ai dit aussi que mon comportement plutôt instable venait de la mère, tu vois le topo ?
Ces enfoirés veulent toujours me refaire. Pourtant, quand on rate son soi-disant chef-d’œuvre, ça ne se refait pas.
Je sais que je déçois tout mon entourage, peut-être même la terre entière mais je m’en branle ! C’est pas ça qui nous ramènera Kurt Cobain. Ni l’autre con non plus d’ailleurs, je l’ai bien cassé.
Je sais que je suis une salope et une égoïste mais moi au moins je le sais !
Il dit qu’il m’aime mais je sais bien que l’amour ça n’existe pas. Je pense sincèrement qu’il faut être sacrément con pour aimer une fille comme moi.
Je ne suis pas vraiment belle mais je plais aux hommes, il dit que j’érotise tous mes rapports, j’aurais dû balancer ses bouquins de psy ! C’est vrai que j’ai trois ou quatre kilos en trop mais dès que j’arrête la bière et les bonbons, c’est bon. Il veut que je m’habille chicos et que je me maquille et après il s’étonne que les mâles me collent au cul ! Il a plus qu’à se poigner en silence le con ! Tout seul dans son plumard. Viendra bien me rechercher !
Je fais tout de travers et je n’ai rien à foutre de rien !
C’est pourquoi je vais me coucher. Dormir, rêver peut-être ! Tiens, il peut dire que je ne lis jamais, c’est quand même du Shakespeare. (Y’a pas de faute, j’ai vérifié dans le dico.)
 
11Mai. Plan de carrière tiré sur la comète de : Allez les filles !
 
 
Un jour, je partirai d’ici !
Je le sais.
Je le sens.
Il y aura un mec bien, pas un blaireau schizo, il sera grand, brun avec beaucoup de cheveux frisés.
Il viendra me chercher, il sentira la pomme verte ou la framboise.
Il aura une grosse … hum ! Non, un tandem. Et nous pédalerons jusqu’au bord de la mer.
Bof ! c’est trop crevant.
Un jour, je partirai d’ici avec personne !
J’irai toute seule, loin, très loin…
Dans les îles Kouriles et j’élèverai des chiens de traîneau, des Samoyède. Les chiens sont fidèles eux ! même quand on les tabasse à mort. Surtout même… ouais, pas terrible !
Un jour, lorsqu’il fera nuit, je m’éclipserai.
Un engin extraterrestre se posera près de la maison et un Schmurz bleu turquoise aux oreilles oranges (c’est les plus craquants) m’emmènera sur Orion.
Il m’offrira des sandales en molybdène et des robes en peau de Zébi ganymèdien.
J’aurai, pour me servir, trois esclaves saturniens, vierges ascendants barjo et je boirai du vin rouge de Mars dans des cornes de cocus plutoniens.
Un jour, ça c’est sûr, j’arrêterai de rêver, je lèverai mon cul et j’irai me pendre au cou d’un vrai mec.
Un jour…
Peut-être…
Un jour…
Mais c’est loin bordel !
 
18 mai : Petit joujou, petit journal …
 
Huit jours que je glande comme une malade. Pourtant je pourrais en faire des choses !
Tu vois, j’aimerais bien faire une ou deux actions d’éclat avant de me solidifier sur place comme un fémur de diplodocus :
: Défoncer la sale tronche de nazi de Jean-Marie ou mieux, lui refiler la chtouille ou le das. Pas en le tirant mais à la seringue ou au parapluie bulgare !
: Chanter en duo avec Tom Yorke de Radiohead et devenir l’idole du Rock (au moins du 93).
c : Partir sur un bateau en bois d’au moins douze mètres, pour les îles marquises, fleurir Gauguin et Brel.
d : Etre la vedette du prochain film des frères Cohen ou de Tarentino avec Bradd Pitt ou mieux : Johnny Deep !
J’arrête là parce que c’est encore du rêve, comme la semaine dernière et celle d’avant et d’avant….
Quand je regarde la vie du haut de mes vingt hivers, je me demande vraiment à quoi j’ai passé mon temps et qu’ai-je fait d’intéressant : Nada !
Sauf peut-être les vacances chez ma grand-mère en finistère.
Elle m’a appris à faire les galettes de blé noir, à aimer les tripes au vin rouge, les pieds de porc frits et aussi, cette diablesse de mémé Phine, un peu sorcière, à me foutre totalement du monde entier.
Elle me disait toujours : ‘’ Tu sais, un moment de honte est vite passé ! Quand tu seras morte, ton crédit sera effacé quelque soit la longueur de l’ardoise !’’
C’est vrai que sa philosophie à cent balles m’a permis de passer au travers de beaucoup de choses et surtout de ne pas avoir peur.
Pas plus tard qu’avant-hier, les flics du métro avaient serré un beau black, jeune et craquant. Fouille au corps et tout le cirque ! Un vrai délit de sale gueule.
J’ai gueulé comme une possédée et gens autours de moi ont enfin réagit. Les bœufs étaient tellement surpris, qu’ils ont laissé le black se tirer.
Moi par contre, ils ne m’ont pas ratée : 18 heures de garde à vue. J’en suis presque aussi fière que mon pépé l’est du maquis.
Tu vois un peu ça : Je suis devenue une ancienne conne battante ! merci Mémé !
 
25 mai : la vie n’est pas un pique-nique !
J’ai bien cru trimballer une petite graine dans mon ventre.
Pauvre conne !
C’était juste dans ma tête.
Il ne faut jamais prendre ses faux désirs pour de vraies réalités.
Bref : j’ai eu mes règles ce matin.
Je suis comme d’habitude, pas de surprises : crevée, abattue, groggy ! J’ai mal partout, surtout à l’intérieur de tout. Quelle saloperie !
En même temps, c’est sans doute mieux. Comment ferais-je avec un baby sans père et avec une mère Sans Existence Sociale Attestée ?
SESA : c’est ça !
Ça fait beaucoup de sang et de sans mais pas des masses de sens je le sens !
Chaque fois que mes trucs arrivent, je pense à ma tante Pascale. C’est elle qui m’a appris à ne pas prendre cet état, strictement féminin, pour une malédiction formelle.
Elle me racontait que, dans les groupes ‘’Femmes Radicales’’ qu’elle fréquentait dans les années 70, elles se faisaient des soirées où les filles apprenaient à  reconnaître leur sexe et à l’observer à l’aide d’un miroir. A cette époque, il n’y avait que des croquis en coupe du sexe féminin dans les livres, même dans les manuels à l’usage des étudiants en médecine. La majorité des nanas bien élevées n’avaient jamais vu un sexe de près. Et je parle  d’un sexe féminin, pas d’une bite !
Les filles, dans ces soirées, devaient toucher leur sang et se barbouiller le visage avec.
Merci Pascale, grâce à toi, je n’ai jamais été dégoûtée par mon sang.
Même qu’une fois, c’était qui déjà ? ah oui, un beau zozo quelconque mais on s’en fout !
Donc, Dugenou m’invite au resto, l’enflure, dans le but évident de me séduire par un moyen à la con, c’est-à-dire à l’aide d’alcool et autres douceurs qui font briller les yeux des filles.
Au milieu du repas, je lui dis négligemment que le magnifique édicule qui vient d’émerger sur mon menton est plus qu’un phénomène normal vu que mes périodes ont commencé etc.
Zozo a commencé à tirer la gueule et je sentais bien que d’un seul coup, le goût de ses aliments s’en trouvait affecté.
Il m’a emmené chez lui, nourrissant le secret espoir d’avoir malgré tout une petite compensation à la hauteur de son désir premier. On peut toujours rêver !
Je lui ai demandé de se mettre au lit et de m’attendre. Je devais passer aux toilettes avant toute chose. Lorsqu’il m’a vu arriver de la salle de bain avec mes peintures de guerre périodiques sur le visage, il a hurlé comme un damné.
Pauvre chéri, pauvre mec !
Mais ce qu’il n’a surtout pas digéré, si j’ose dire, avant que je ne me casse, c’est le tampax lancé sur sa belle gravure au-dessus du lit. Il est resté planté au milieu de la tête du personnage avec sa petite ficelle qui s’agitait, réplique exacte de la sienne. Pauvre zozo ! On aurait dit qu’un rat bouffait le nez du mec du dessin.
Quel pied de nez !
J’aime avoir mes règles même si j’ai mal. Est-ce que souffrance voudrait dire existence ?
Je sais que j’existe et que je suis femme. Si j’attendais un bébé j’aurais sûrement d’autres sensations, je le sais au plus profond de moi, j’en suis sûre.
Il y aurait encore de la souffrance mais pas gratos, il y aurait un enfant à moi au bout de l’aventure. Je ne souffrirais pas pour rien.
Oui, mais pas maintenant !
Oui mais quand ?
J’ai écrit ‘’aventure’’ mais pour qui ?
J’aimerais bien être mère mais ce serait terrible d’avoir un enfant qui vous reprocherait de l’avoir mis au monde un jour.
Faut assurer, faut être deux et ne pas être trop con ! faudrait que lui et moi ça colle. Où est-il ce pingouin ?
Donc il faut que je me bouge, il y  certainement un père idéal pour mon bébé quelque part.
Avant de partir à sa recherche dans le monde, je vais prendre un bain ! C’est le meilleur début qui soit.
 
  
Mardi 1 juin : J’entre dans la vie active et j’en ressort aussi vite.
 
Arthur disait que ‘’la vie est ailleurs’’ moi je pense qu’elle est intérieure.
Je ne suis bien que seule avec mes pensées et mes rêves et je n’arrête pas de dire que je voudrais vivre avec quelqu’un.
Contradiction ?
Dans ce mot il y a diction, il y a contrat et il y a con. Bizarre !
J’ai bossé deux jours dans un magasin d’alimentation, un mini marché pour les pauvres.
Ça m’a autant minée que mes années de lycée.
J’avais répondu à une annonce de merde et une espèce de mutant m’a reçue dans un bureau aussi glauque que lui.
J’aurais du me méfier, il avait une tronche à imprimer des faux billets de sept francs pour le monopoly.
J’ai obtenu un emploi jeune à l’essai !
C’est dur d’être jeune à l’essai quand on n’a pas envie d’essayer.
J’ai rempli des rayons le premier jour. J’ai empilé des tas de trucs merdiques : des boîtes de tomates, du P.Q, des sardines, des Tampax, des bouteilles de flotte, du vin, de l’huile, des fraises Haribo etc. etc.
Je n’ai pas l’habitude d’être active non-stop, j’aime pouvoir fumer un clope de temps en temps… impossible !
Et la musique !
Il ne passait que des merdes, Dion, Fabian, toutes les pétasses et aussi des tarlouses, Obispo, 2B3, oasis… bref, de la musique de plouc. Je sentais que ça ne durerait pas.
Le deuxième jour on m’a mise à la caisse en double avec Rachida, pour apprendre. Super sympa la Rachida ! Un peu stressée mais gentille. Elle m’a tout de suite expliqué la poloche.
Le directeur, si tu es gentille avec lui, ça va ! Sinon tu as affaire au fils de Thatcher et de Goebbels : il te propagande l’économie à mort.
On m’a lâchée au bout de deux heures. Tout roulait à peu près bien, je me faisais chier à mort mais je voyais des gens sympas.
Il y a une petite mamie qui est venue à ma caisse, elle avait deux steaks sous vide, une boîte de petits pois et un paquet de gâteaux Chamonix Orange. Elle m’a dit que son fils allait enfin venir manger chez elle ce soir. Elle m’a tendu son porte monnaie  en me demandant s’il y avait assez dedans. Elle avait à peine trente balles et il y en avait pour quarante-cinq.
J’ai dit oui, j’ai pris trois francs et elle est partie.
L’autre enflure avait tout vu, il est arrivé tout gai en me disant : Bravo mademoiselle, on joue Mère Térésa ! Je vais contrôler votre caisse…
Je l’ai coupé, je me suis levé, je lui ai donné les cinquante balles qui me restaient pour finir le mois puis, je lui ai dit d’aller se faire mettre. À mon avis, il n’y est pas allé, il a le cul trop serré.
Si c’est dans un monde comme celui-ci qu’il me faut vivre, c’est sans moi les mecs !
En sortant j’ai foutu par terre la pyramide de boîtes de haricots verts que j’avais mis quatre heures à monter. Ça roulait partout. On a les vengeances que l’on peut.
 
Mardi 8 juin : Je n’ai pas retrouvé ma trousse de réparation pour vie gâchée !
 
J’ai passé deux jours chez ma copine Fredo. Je le fais environ tous les six mois. C’est le laps de temps moyen pour que j’arrive à oublier combien, malgré mon amitié, je la trouve futile et même chiante.
Nous ne nous sommes pas quittées fâchées,  juste un peu en froid. Faut dire que nous avons l’habitude de dormir ensemble. Nous ne sommes pas de vraies goudous, non, seulement  deux copines qui s’aiment bien et qui sont un peu câlines.
Un soir, au lit, j’avais mis mon visage contre ses seins coquins et je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire :
-Putain ! Tu sens vachement la cocotte !
Elle fût vexée comme un pou, la conne et elle m’a répondu qu’elle avait mis ce coûteux parfum spécialement pour me faire honneur et que j’étais une ingrate sans cœur et sans pudeur etc.
La conversation a alors pris une allure de débat politique.
À droite du lit : Fredo, pour l’expulsion forcenée de tout ce qui est étrange.
À gauche : ma pomme, pour conserver tout ce qui émane de soi-même.
En gros, le droit du sol contre celui de l’aérosol.
Moi, j’aime mes odeurs personnelles. Je suis propre, je me lave  régulièrement mais je n’aime pas les déodorants et autres savons à la con. Rexona ne passera pas par moi !
J’ai horreur de contraindre mon corps. J’aime être à l’aise dans mon enveloppe et je refuse de la martyriser. Pas d’artifice ni de tatouage, piercing, stérilet, olisbos et autres conneries. Le savon de Marseille, le gant de crin et, tout au plus, la crème Nivéa pour les rougeurs. Lorsque je trouve de la menthe fraîche, je m’écrase les feuilles sur le corps et je me frotte avec.
Mes parfums usuels sont : le zeste de citron vert, la menthe, le tilleul, la verveine, la mandarine, la lavande. En bref tout ce qui se mange, je suis une pragmatique.
Il faut que la personne qui a mon corps en cadeau ait envie de me sentir et de me goûter.
Si : il ou elle ne peut pas me sentir… hé bien la chose est entendue.
Si d’aventure j’ai envie d’être très gentille, je transforme mon corps en jeu de piste pour fin limier. (Pas toujours fin limeur !) Le but est d’attirer son nez et sa langue au bon endroit, la règle du jeu est simple et ça marche mon bébé !
Surtout, il faut tout faire pour que le chercheur fou ait envie de revenir et donc qu’il se souvienne de ces charmantes fragrances.
Une nuit, j’ai fait un super rêve odorant et coquin. Voici :
 

Rêve odorant

Elle écrit sur des pages de fine batiste, chaque feuille est faite de ce tissu et correspond à une partie de son corps où son odeur est si différente. Elle a passé chaque page sur chacun de ses endroits vénérés par son amour. Il reçoit les lettres et se dépêche de les sentir une à une. Il aime surtout celle de l’entrejambes et celle de ses seins.
Il les superpose et ferme les yeux en pensant à elle fortement. Il savoure les odeurs adorées du corps absent de celle qu’il aime tant, et se retrouve en rêve sur elle, avec elle, contre elle, en elle. Il s’abandonne si puissamment que son sexe lui fait mal, il se touche à peine la peau du gland et dans un râle d’amour, libère sa semence sur la lettre de soie qu’il venait de lui préparer. Elle aura sa réponse demain par chronopost. Aucun mot sur la page de soie sauvage, juste une trace de soi, trace qu’il laisse sauvage comme son désir, de lui à elle simplement, le carré soigneusement plié pour ne pas que sa liqueur sèche, elle en aura sérieusement besoin.
Elle le dépliera, se le passera sur le visage et saura alors combien il l’aime et pense à elle. Elle lira les autres pages avec un petit faible pour celle des aisselles, c’est une page double en chantoung, une page pour chaque narine. Elle s’endormira avec la page qui contient l’odeur de son ventre, posée sur son oreiller en pensant que sa tête repose dessus son ventre véritablement, son ventre à lui, le ventre aimé de son homme odorant.
 
15 juin : à te lier, des cris  (se) turent !
Fredo m’a inscrite à un atelier d’écriture animé par une femme écrivain très connue que je ne connaissais pas. On ne peut pas tout savoir, on ne peut pas tout connaître et on ne doit pas tout aimer !
Elle se nomme Marie Redonnet. J’ai bien essayé de chourer un de ses livres dans une librairie mais à Saint-Denis, mission impossible ! Les librairies disparaissent aussi vite que les baleines bleues. J’en ai fait cinq à Paris avant de trouver la bonne, Place de Clichy.
Monde de chiens ou il est plus facile de faucher du Sulitzer merdique que des livres intéressants !
J’avais un peu les boules de me confronter à des inconnus mais après avoir lu ‘’Rose Mélie Rose’’ j’ai vraiment eu envie d’y aller et de la rencontrer. Le thème de l’atelier était ‘‘voix de femmes’’ et il y avait quatorze participants, douze nanas et deux blaireaux.
Je me suis aperçue qu’il était assez dur d’échapper à son ego et que l’écriture est parfois un vrai arrachement. J’ai inventé un personnage, une pétasse de 40 berges, tout le contraire de moi. Elle a une situation stable, un mari et des enfants et malgré ça, la salope trompe son vieux, ne supporte plus ses lardons et rêve de se barrer à Katmandou où elle n’a pas pu aller quand elle avait vingt balais.
En fait, je me suis aperçue que je démolissais tous mes désirs secrets à travers mon héroïne. En gros, cette conne rêve d’être comme moi, un peu border-line, sur le fil du rasoir. Je t’en foutrais moi de l’insécurité et de l’aventure ! Cette crétine s’en fout, son frigo est plein, y’a un mec dans son lit et des enfants pour lui souhaiter ‘’bonne fête maman’’.
Elle m’énerve tellement qu’à la fin de l’atelier je vais la trucider. Je vais la faire découper en morceaux par son amant, il va lui bouffer la fesse droite en daube et il va envoyer le reste à son nom à elle, poste restante à Katmandou ! Ah, tu voulais voyager ! Ne te disperse donc pas tant…
Ou plutôt non ! je la ferai mourir d’indigestion ou étouffée par un sushi au poulet à la dioxine arrosé de coca au phénol. Bof, le plus sur des moyens pour enterrer une héroïne c’est encore de la mettre dans un manuscrit. L’écriture est un cimetière formidable ou reposent des millions de morts et c’est pas fini !
 
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Dimanche 30 octobre 2005 7 30 /10 /Oct /2005 00:00
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Autrefois j’étais incertain, maintenant je n’en suis pas aussi sûr !
 
Six mois de traitement, je commence à m’habituer aux produits. Une prise de sang tous les quinze jours, numération formule sanguine (NFS) ou hémogramme, plaquettes, Gamma GT, transaminases pour réguler le traitement. L’hémogramme comprend la numération des globules blancs et des globules rouges, la formule leucocytaire, l’aspect des globules rouges, le dosage de l’hémoglobine, la mesure de l’hématocrite (taux de globules rouges dans le sang) et des constantes érythrocytaires (relatif aux érythrocytes, aux hématies, aux globules rouges) VGM (volume globulaire moyen), TCMH (teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine), CCMH (concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine.)

Hémogramme

Prélèvement : 5 ml de sang sur EDTA potassique.

Norme

·         Hématies
-                           Hommes : 4 300 000 à 5 500 000/mm3 ou µL soit 4,3 à 5,5. 1012/L
-                           Femmes :  4 000 000 à 5 100 000/mm3 ou µL soit 4 à 5,1. 1012/L
 
·         Leucocytes : 4000 à 10000/mmou µL soit 4 à 10. 109/L
·         Formule leucocytaire
-                           Polynucléaires neutrophiles 40 à 75 % soit 2000 à 7500 /mm3
-                           Polynucléaires éosinophiles 1 à 5 % soit < 500/mm3
-                           Polynucléaires basophiles    0 à 1 % soit < 100/mm3
-                           Lymphocytes                      20 à 40 % soit 1500 à 4000/mm3
-                           Monocytes                          20à 10 % soit 200 à 1000/mm3 
 
·             Hématocrites
-     Hommes : 40 à 54 %
-     Femmes : 37 à 47 %   
·             Hémoglobine
-                            Hommes : 13 à 17 g/100 mL
-                            Femmes : 12 à 16 g/100 mL
·         Constantes érythrocytaires
-                           Volume globulaire moyen ou VGM (Hématocrite/Nombre d’hématies) : 80 à 100 femtolitres (fl)
-                           Teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine ou TCMH (Hémoglobine/Nombre d’hématies) 27 à 30 pg
-                           Concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine ou CCMH (Hémoglobine/Hématocrite) : 32 à 36 g/100mL

Transaminases Comme pour la plupart des dosages d'activité enzymatique, l'expression en Unités Internationales (UI) ne suffit pas à obtenir des résultats identiques d'un laboratoire sur l'autre ; cela est du à ce que l'UI est un mode d'expression (quantité de substrat transformé par minute) mais laisse de nombreuses variables possibles dans les techniques utilisées.

(Asat, Alat)
Prélèvement : 3 ml de sang sans anticoagulant.

Norme

SGOT ou ASAT : 5 à 40 UI/L (30° C).
SGPT ou ALAT : 5 à 35 UI/L  (30°C). 
·         Résultats pathologiques : +
o                   Cytolyse hépatique : hépatites virales (précoce, dure 3 à 6 semaines, GPT > GOT), médicamenteuses, toxiques ; foie cardiaque.
o                   Cholestase, hépatite chronique active, cancer du foie, cirrhose éthylique.
o                   Infarctus du myocarde (GOT > GPT).
o                   Nécrose et traumatisme musculaire.
o                   Pancréatite aiguë.
1. Hypertransaminasémie très importante (20, 50 ou même davantage). Cela ne se voit guère qu'au cours des hépatites aiguës virales ou toxiques et de certaines hépatopathies médicamenteuses ; dans ces cas, dans quelques 80 % d'entre eux, l'atteinte prédomine sur les ALT.
2. Cas fréquent : l'hypertransaminasémie n'est que modérée (1,5 à 4 par exemple). Il y a alors deux grandes possibilités :
1.            Ce n'est pas la cytolyse qui domine, mais la cholestase; il est banal en effet d'observer des valeurs de transaminases multipliées par 2 ou 3, voire plus, en cas de cholestase importante. Dans le cas particulier d'une migration de calcul dans le cholédoque, l'hypertransaminasémie peut même être très importante, mais, régresse habituellement en 24 ou 48 heures.
2.            C'est bien la cytolyse qui est l'élément essentiel. Dans ce cas, si les ASAT sont supérieures aux ALAT, cela suggère une hépatite alcoolique mais en se rappelant que cette différence en faveur des ASAT n'existe que dans environ 80 % des cas. Dans pratiquement toutes les autres causes d'hypertransaminasémie modérée, ce sont habituellement (mais non toujours) les ALAT qui dominent. Si le premier diagnostic évoqué est alors l'hépatite chronique, quelle qu'en soit la cause, une telle élévation modérée des transaminases n'est en rien spécifique et peut s'observer au cours de n'importe quelle hépatopathie et aussi du foie cardiaque.
Mais l'hypertransaminasémie d'un infarctus du myocarde sans foie cardiaque ne porte que sur les ASAT (d'où les appellations parfois, mais tout à fait malheureuses, de transaminases hépatiques pour désigner les ALAT et de transaminases cardiaques pour désigner les ASAT).
Enfin, pour la compréhension des hypertransaminasémies modérées en hépatologie, il faut se rappeler que le terme de cytolyse ne doit pas être pris au pied de la lettre : une hypertransaminasémie ne témoigne pas forcément d'une nécrose des hépatocytes telle que la verrait l'anatomo-pathologiste mais peut résulter simplement de troubles de la perméabilité membranaire des cellules hépatiques sans réelle nécrose. C'est ainsi sans doute que s'expliquent certaines des hypertransaminasémies modérées qu'on peut observer au cours de la stéatose, d'origine alcoolique ou médicamenteuse par exemple, sans qu'à la biopsie il y ait de signes d'hépatite associée.
 

Plaquettes sanguines

Prélèvement : 5 ml de sang sur EDTA (acide éthylène-diamine-tétracétique), souvent associé à l’hémogramme. En cas d’agrégation due à l’EDTA (patient connu)  on prélève également du sang sur citrate de sodium.
Norme : 150 000 à 400 000/mm3 ou µL, soit 150 à 400.109/L
Si plus :
·         Thrombocytose (>500 000/ mm3)
o                                           LMC (leucémie myéloïde chronique), splénomégalie myéloïde.
o                                           Maladie de Vasquez.
o                                           Thrombcytémie essentielle.
o                                           Splénectomie.
o                                           Cancers digestifs, rénaux, bronchiques et ganglionnaires.
o                                           Syndromes inflammatoires et infectieux.
o                                           Hémolyse ou hémorragie aiguë, carence martiale. (manque de fer)
Si moins :
·         Thrombopénie (<150 000/ mm3 )
o                                           Centrales : acquises, constitutionnelles, par carence en vitamine B12 ou folates, envahissement médullaire.
o                                           Hypersplénisme (grosse rate) : syndromes myéloprolifératifs.
o                                           Excès  de destruction : CIVD (coagulation intravasculaire disséminée) LED ( Lupus érythémateux disséminé) purpura thrombopénique idiopathique (PTI.)
o                                           Traitement par l’héparine.
·         Thrombopathies ( altérations des fonctions plaquettaires)
o                                                       Thrombasthénie de Glanzmann.
o                                                       Maladie de Jean Bernard et Soulier.
o                                                       Maladie de Willebrand.
o                                                       Iatrogènes (aspirine…)

 Gamma-Glutamyl transpeptidase ( γ GT)

Prélèvement : 3 ml de sang sans anticoagulant.
Norme : <35UI/L
Résultats pathologiques
o                   Obstruction biliaire.
o                   Alcoolisme chronique.
o                   Hépatite aiguë, cirrhose.
o                   Cancer hépatique.
o                   Induction enzymatique par certains médicaments.
À ces examens il faut rajouter une échographie abdominale et la mesure des alphafoetoprotéines tous les six mois à cause de mon statut : F4.   La cirrhose est une maladie chronique et sa gravité est principalement liée à son caractère actif risquant d'entraîner une insuffisance hépatocellulaire et/ou une hypertension portale symptomatiques. Ce risque justifie l'essai de thérapeutiques antivirales afin d'éviter la persistance de l'activité, responsable de la dégradation de la fonction hépatique. Même en cas de maladie inactive persiste le risque de carcinome hépatocellulaire qui justifie une surveillance régulière, clinique, biologique et morphologique de façon à dépister précocement une tumeur éventuellement résécable chirurgicalement. Mais, de même qu’il ne faut pas banaliser la cirrhose, il ne faut pas non plus la dramatiser. L'équation cirrhose = décès constant et rapide est fausse[1]. La négligence du dépistage précoce du carcinome hépatocellulaire sur cirrhose est une erreur à ne pas commettre.. Ce dépistage doit être systématique chez les patients cirrhotiques. Le seul espoir d'intervenir est la détection précoce des tumeurs qui ne sont opérables que dans 15 % des cas actuellement au moment du diagnostic.
L’ alphafœtoprotéine (AFP) est une glycoprotéine synthétisée par le foie fœtal. Elle disparaît rapidement après la naissance. . Elle joue un rôle important pendant la vie embryonnaire comme transporteur d’ions, de la bilirubine, et des acides gras polyinsaturés. Pendant la vie fœtale, l’AFP est d’abord synthétisée par la vésicule vitelline puis par le foie. Sa concentration sérique chez le fœtus atteint 3 à 4g/l vers la 13ème semaine de gestation. Au même moment, le taux sérique maternel est d’environ 200ug/l car l’AFP passe la barrière placentaire.
Par la suite, ces taux décroissent, mais chez le nouveau-né, l’AFP sérique reste détectable 6 mois après la naissance. Chez l’adulte, le taux sérique est susceptible de d’élever lors de la prolifération de cellules ou de la régénération de tissus dont l’origine embryonnaire est la même que celle des cellules sécrétant l’AFP chez le fœtus. C’est ainsi que l’AFP est élevée en cas de pathologie hépatique bénigne ou maligne, et dans les tumeurs d’origine germinale (testicules, ovaires, tératome). Chez le sujet porteur d’un hépatocarcinome, la structure de la chaîne glycane de l’AFP est différente de celle produite par le foie d’un sujet cirrhotique. Ce changement structural, associé à une élévation modérée de la concentration sérique de l’AFP est souvent évocateur d’ hépatocarcinome plusieurs mois avant le diagnostic clinique.
Prévenir le carcinome, détecter l’arrivée du crabe, lorsque tu ne peux pas virer le virus tu n’as que ça à faire mais c’est beaucoup. Surveiller, prévenir, faire régresser la fibrose. Les traitements le permettent mais c’est parfois très lourd à supporter. Mes examens du début de troisième mois d’interféron/ribavirine sont alarmants. Plaquettes à 50 000, leucos à 1300, taux d’hémoglobine à 9. Le médecin me téléphone après avoir reçu le fax du labo : Il faut baisser la riba de moitié et l’interféron de même. 1 500 000 unités d’interféron au lieu de 3 et 3 gélules de riba au lieu de six. En quinze jours ça remonte un peu : 68 000 plaquettes, 2400 leucos, hémoglobine à 11. 2 mois à demi-tarif, les marqueurs sont stables. Je trouve un article sur le net concernant la thrombopénie, un hémato déclare que les plaquettes, dans un cas comme le mien, sont alarmantes en dessous de 15000 et encore et l’anémie sévère à  < à 8g d’hémoglobine / 100 ml.
- Le risque hémorragique est estimé comme suit: il n'y a aucun risque au-dessus de 100 000/µl, le risque existe entre 50 000 et 100 000/µl seulement s'il existe une lésion associée comme une atteinte endothéliale ou une thrombopathie, la thrombopénie peut être seule responsable des hémorragies en dessous de 50 000/µl. Pour les hématologistes, le risque est majeur, c’est à dire justifiant la transfusion, en dessous 20 000/µl.
- 2 mécanismes principaux sont à l'origine d'une thrombopénie. Ils constituent une des données fondamentales du diagnostic étiologique.
La thrombopénie centrale obéit à la perturbation de la production des plaquettes dans la moelle osseuse. Il peut s'agir de la raréfaction des cellules-souches, soit du blocage des précurseurs, soit enfin du dysfonctionnement de la thrombocytopoïèse.
La thrombopénie périphérique est la diminution des plaquettes déjà formées par destruction, séquestration, perte ou consommation.
Je suis retourné chez l’hépato avec de la documentation et donc des questions précises. Il convient qu’il est très prudent, peut-être trop et accepte que je reprenne les doses normales. Je lui dis qu’après tout, c’est moi le patient et que je veux bien prendre des risques si j’en connais la portée. Deux mois avec 3 millions d’unités d’interféron trois fois par semaine et cinq ribavirine par jour. Je n’ai jamais descendu en dessous de 48 000 plaquettes, 1500 leucos et un taux d’hémoglobine de 9. Ma dernière visite et pour dire à mon hépato que je le quitte, je pars me réfugier dans le Jura. Ça tombe bien, lui aussi s’en va, il part à New York, il se spécialise dans la maladie de Crohn, une maladie auto-immune qui est une  rectocolite ulcéro-hémorragique. Les résultats de ma PCR sont décevants, je suis toujours séropositif. Je suis persuadé que je n’aurais jamais du descendre les doses mais ce qui est fait est fait.


[1] Stanislas Pol : Les hépatites virales. Collection conduites chez Doin.
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Vendredi 28 octobre 2005 5 28 /10 /Oct /2005 00:00
15
FIBROSE = SS !
Le développement d'une fibrose hépatique est la complication commune des hépatopathies chroniques, qu'elles soient d'origine virale, alcoolique, métabolique, auto-immune ou autre. Si la fibrose peut régresser après suppression de l'agent causal, le stade ultérieur caractérisé par l'apparition d'une cirrhose est généralement irréversible sans traitement approprié. Il est donc fondamental de caractériser les événements précoces de la fibrogenèse hépatique, afin d'identifier d'éventuelles cibles thérapeutiques permettant de retarder sa progression.
La dernière décade a été marquée par des progrès considérables dans la compréhension de la physiopathologie de la fibrogénèse hépatique. Il a en particulier été bien montré qu'il s'agit d'un processus dynamique, résultant d'un déséquilibre entre synthèse et dégradation, associant une production accrue de composants matriciels à une faillite des mécanismes normaux de fibrolyse.
Altérations de la matrice extra-cellulaire au cours des maladies chroniques du foie.
Dans le foie normal, la matrice extra-cellulaire, bien que quantitativement peu abondante, joue un rôle essentiel dans le maintien du phénotype (  ensemble des caractères apparents d'un individu, correspondant à une réalisation du génotype ) des hépatocytes, des cellules biliaires et des cellules non parenchymateuses ( parenchyme = tissu fonctionnel d'un organe du corps humain.) Elle est présente dans les espaces portes, autour des vaisseaux et des petits canaux biliaires. On en trouve également dans l'espace sous-endothélial situé entre cellules sinusoïdales et hépatocytes, où elle a une composition proche de celle des membranes basales.
La fibrose hépatique est caractérisée par des modifications quantitatives et qualitatives de la matrice extra-cellulaire : on observe en effet une augmentation de 3 à 5 fois du contenu matriciel, associé à un enrichissement préférentiel en collagènes (protéine constituant du tissu conjonctif)  fibrillaires (notamment le collagène de type 1), touchant de façon précoce l'espace sous endothélial. Ces altérations matricielles modifient le phénotype des cellules adjacentes et réduisent les échanges entre hépatocytes et le sang sinusoïdal, provoquant le développement progressif d'une insuffisance hépatique. Par ailleurs, la fibrose périsinusoïdale favorise la survenue d'une hypertension portale en réduisant le flux sanguin intra-hépatique.
Fibrose hépatique et cellules étoilées du foie
Rôle des cellules étoilées du foie (CEF)
Les cellules étoilées du foie (CEF) ont un rôle central dans le développement de la fibrose. Dans le foie normal, les CEF sont situées dans l'espace sous-endothélial en contact étroit avec les hépatocytes et les cellules sinusoïdales qu'elles encerclent, et interviennent dans la vasomotricité sinusoïdale et le stockage des rétinoïdes.
Au cours des atteintes hépatites aiguës ou chroniques, elles subissent un processus "d'activation" caractérisé par des modifications phénotypiques de type myofibroblastique ( Myo = préfixe d'origine grecque référant à muscle. Fibroblaste = cellule du tissu conjonctif qui forme les fibres de ce tissu), associées à l'acquisition de novo de propriétés fonctionnelles essentielles pour le développement de la fibrose. Les CEF myofibroblastiques se multiplient rapidement et migrent vers les zones de nécrose sous l'action de facteurs chimiotactiques produits par les cellules de la réaction inflammatoire environnante. Après accumulation dans les zones lésées, elles synthétisent des quantités importantes de composants matriciels, notamment de collagène de type I. Enfin, elles acquièrent des propriétés contractiles qui concourent au développement de l'hypertension portale en réduisant le calibre des capillaires sinusoïdaux.
Les facteurs régulant les fonctions des CEF myofibroblastiques ont été largement caractérisés au cours des dernières années et il a été montré que ces cellules sont en permanence soumises aux effets d'un réseau complexe de cytokines et de facteurs de croissances synthétisés dans leur environnement. Ainsi, le PDGF produit par les plaquettes et les cellules de l'infiltrat inflammatoire est un puissant mitogène (se dit d'une substance ayant la propriété de déclencher une activation mitotique du noyau cellulaire )  pour les CEF myofibroblastiques. A l'inverse, l'endothéline-1, un peptide surexprimé au cours des hépatopathies chroniques s'oppose à la croissance des CEF myofibroblastiques. Parmi les cytokines favorisant la synthèse de composants matriciels, le TGF-0 joue un rôle de premier plan.
Mécanismes de l'activation des CEF
Les mécanismes moléculaires impliqués dans l'étape de transformation myofibroblastique des CEF commencent à être cernés. L'agression des cellules parenchymateuses provoque une réaction inflammatoire locale. Les cellules de l'infiltrat produisent des facteurs solubles. Ces peptides provoquent l'activation de facteurs de transcription dans les CEF, induisant ainsi la neoexpression de gènes qui leur conférant un phénotype myofibroblastique.
CEF myofibroblastiques et dégradation matricielle
Outre leur fonction essentielle dans la production de composants matriciels, les CEF interviennent également dans la dégradation de la matrice. En effet, ces cellules produisent des enzymes capables de dégrader les principaux composants de la fibrose, les métalloprotéases matricielles. Néanmoins, dans leur phénotype myofibroblastique, elles produisent également de grandes quantités de protéines inhibitrices de ces métalloprotéases (TRqP), qui provoquent une faillite des mécanismes de dégradation de la matrice néoformée, et concourent à l'accumulation progressive de la fibrose.
Régression de la fibrose et devenir des CEF myofibroblastique
Après suppression de l'agent responsable de l'hépatopathie, la densité des CEF myofibroblastiques décroît rapidement. Ce phénomène est associé à une régression de la fibrose dans différents modèles expérimentaux. Il semble que cette disparition des CEF myofibroblastique soit au moins en partie liée à leur autodestruction par mort cellulaire programmée (apoptose), un phénomène dont la compréhension pourrait conduire au développement d'outils thérapeutiques novateurs.
Aspects thérapeutiques
On peut schématiquement distinguer 2 niveaux d'intervention thérapeutique. Idéalement, le traitement est préventif, avec l'éradication de la maladie causale. A un stade plus tardif, si cette option trouve encore largement sa place, l'administration de molécules à effet antifibrosant direct offrirait à l'évidence un bénéfice considérable. Dans cette optique, les progrès récents dans la compréhension de la physiopathologie de la fibrose ont permis de cerner les étapes à cibler, telles que le blocage ou l'atténuation du phénomène d'activation des CEF, la neutralisation de l'activité des facteurs de croissance et des cytokines profibrogéniques, ou le renforcement de la dégradation matricielle. De plus, des résultats intéressants ont récemment été obtenus dans le domaine du ciblage spécifique des CEF myofibroblastiques, une condition essentielle afin d'éviter les effets indésirables extra-hépatiques des antifibrosants.

 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /Oct /2005 00:00
2050 eme ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE D’ALESIA
 
 
Après-midi d’octobre noir
à l’intérieur de la forêt,
le soleil n’atteint plus
le sol déshonoré.
Je monte dans les sapins
au lieu-dit “ la Côte Poire ”.
C’est l’ancien camp nord de César.
Un pic noir à crête rouge
scande à grands coups de bec
le rythme de mon coeur
sur l’aubier d’un vieillard
debout comme un menhir.
Je sais que c’est ici
que tout s’est déroulé,
même les oiseaux le disent
depuis plus de vingt siècles.
L’armée de secours,
240 000 hommes
venus de toute la Gaule,
se heurte aux pièges romains.
Sedullos, chef des Lemovices,
est tué.
Vercassivellaunos, l’arverne magnifique,
cousin de Vercingétorix
est capturé.
L’armée de secours est en déroute.
César ordonne,
il l’écrira dans les commentaires,
 “ qu’on lui remette les armes
et qu’on lui amène les chefs des cités ”.
On lui livre Vercingétorix,
on lui jette les armes à ses pieds.
Chez les Celtes le chef
est responsable devant les siens.
C’est un concept sacré
et hautement démocratique:
Vercingétorix s’est trompé,
il doit payer et être sacrifié
pour permettre à ses hommes
d’être sauvés!
Brân après son échec en Irlande
demande à ses compagnons
de lui couper la tête.
Brennus après le sac de Delphes
et la défaite gauloise
se suicide une fois ivre.
Quelle belle leçon de conscience politique
à remettre au goût du jour les amis!
Un renard sort d’un fourré
nullement intimidé.
C’est un ancien combattant,
il marche sur trois pattes.
Il a dû en laissé une
dans un piège à blaireau
j’en ai vu un en montant.
Heureux perdant!
Lui ne sera pas étranglé
après six ans de prison à Rome.
Derrière moi, des pierres entassées
elles l’ont été sans doute
à la même saison qu’aujourd’hui
un jour d’automne
en 52 avant JC.
Ça m’intimide tellement
que ce soir je reviendrai
dormir sur la mousse.
Pour le moment,
je redescend à Syam.
Ensuite je vais monter à la Chaux
par la route forestière.
Je vais grimper vers l’oppidum de Cornu.
“ In summo colle ”
comme le disait Jules dans son guide
touristique  “De bello Gallico ”
 Là où était la ville
et puis la citadelle.
Passer de l’Urbs à l’Arx
suivant la voie sacrée.
Je suis chez moi,
“ In sequanos ”
et je t’emmerde
César de mes deux!
J’ai trouvé des lys martagons
et quelques cyclamens.
Par Billy Rubin - Publié dans : Poémes
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