Vendredi 28 octobre 2005 5 28 /10 /Oct /2005 00:00
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FIBROSE = SS !
Le développement d'une fibrose hépatique est la complication commune des hépatopathies chroniques, qu'elles soient d'origine virale, alcoolique, métabolique, auto-immune ou autre. Si la fibrose peut régresser après suppression de l'agent causal, le stade ultérieur caractérisé par l'apparition d'une cirrhose est généralement irréversible sans traitement approprié. Il est donc fondamental de caractériser les événements précoces de la fibrogenèse hépatique, afin d'identifier d'éventuelles cibles thérapeutiques permettant de retarder sa progression.
La dernière décade a été marquée par des progrès considérables dans la compréhension de la physiopathologie de la fibrogénèse hépatique. Il a en particulier été bien montré qu'il s'agit d'un processus dynamique, résultant d'un déséquilibre entre synthèse et dégradation, associant une production accrue de composants matriciels à une faillite des mécanismes normaux de fibrolyse.
Altérations de la matrice extra-cellulaire au cours des maladies chroniques du foie.
Dans le foie normal, la matrice extra-cellulaire, bien que quantitativement peu abondante, joue un rôle essentiel dans le maintien du phénotype (  ensemble des caractères apparents d'un individu, correspondant à une réalisation du génotype ) des hépatocytes, des cellules biliaires et des cellules non parenchymateuses ( parenchyme = tissu fonctionnel d'un organe du corps humain.) Elle est présente dans les espaces portes, autour des vaisseaux et des petits canaux biliaires. On en trouve également dans l'espace sous-endothélial situé entre cellules sinusoïdales et hépatocytes, où elle a une composition proche de celle des membranes basales.
La fibrose hépatique est caractérisée par des modifications quantitatives et qualitatives de la matrice extra-cellulaire : on observe en effet une augmentation de 3 à 5 fois du contenu matriciel, associé à un enrichissement préférentiel en collagènes (protéine constituant du tissu conjonctif)  fibrillaires (notamment le collagène de type 1), touchant de façon précoce l'espace sous endothélial. Ces altérations matricielles modifient le phénotype des cellules adjacentes et réduisent les échanges entre hépatocytes et le sang sinusoïdal, provoquant le développement progressif d'une insuffisance hépatique. Par ailleurs, la fibrose périsinusoïdale favorise la survenue d'une hypertension portale en réduisant le flux sanguin intra-hépatique.
Fibrose hépatique et cellules étoilées du foie
Rôle des cellules étoilées du foie (CEF)
Les cellules étoilées du foie (CEF) ont un rôle central dans le développement de la fibrose. Dans le foie normal, les CEF sont situées dans l'espace sous-endothélial en contact étroit avec les hépatocytes et les cellules sinusoïdales qu'elles encerclent, et interviennent dans la vasomotricité sinusoïdale et le stockage des rétinoïdes.
Au cours des atteintes hépatites aiguës ou chroniques, elles subissent un processus "d'activation" caractérisé par des modifications phénotypiques de type myofibroblastique ( Myo = préfixe d'origine grecque référant à muscle. Fibroblaste = cellule du tissu conjonctif qui forme les fibres de ce tissu), associées à l'acquisition de novo de propriétés fonctionnelles essentielles pour le développement de la fibrose. Les CEF myofibroblastiques se multiplient rapidement et migrent vers les zones de nécrose sous l'action de facteurs chimiotactiques produits par les cellules de la réaction inflammatoire environnante. Après accumulation dans les zones lésées, elles synthétisent des quantités importantes de composants matriciels, notamment de collagène de type I. Enfin, elles acquièrent des propriétés contractiles qui concourent au développement de l'hypertension portale en réduisant le calibre des capillaires sinusoïdaux.
Les facteurs régulant les fonctions des CEF myofibroblastiques ont été largement caractérisés au cours des dernières années et il a été montré que ces cellules sont en permanence soumises aux effets d'un réseau complexe de cytokines et de facteurs de croissances synthétisés dans leur environnement. Ainsi, le PDGF produit par les plaquettes et les cellules de l'infiltrat inflammatoire est un puissant mitogène (se dit d'une substance ayant la propriété de déclencher une activation mitotique du noyau cellulaire )  pour les CEF myofibroblastiques. A l'inverse, l'endothéline-1, un peptide surexprimé au cours des hépatopathies chroniques s'oppose à la croissance des CEF myofibroblastiques. Parmi les cytokines favorisant la synthèse de composants matriciels, le TGF-0 joue un rôle de premier plan.
Mécanismes de l'activation des CEF
Les mécanismes moléculaires impliqués dans l'étape de transformation myofibroblastique des CEF commencent à être cernés. L'agression des cellules parenchymateuses provoque une réaction inflammatoire locale. Les cellules de l'infiltrat produisent des facteurs solubles. Ces peptides provoquent l'activation de facteurs de transcription dans les CEF, induisant ainsi la neoexpression de gènes qui leur conférant un phénotype myofibroblastique.
CEF myofibroblastiques et dégradation matricielle
Outre leur fonction essentielle dans la production de composants matriciels, les CEF interviennent également dans la dégradation de la matrice. En effet, ces cellules produisent des enzymes capables de dégrader les principaux composants de la fibrose, les métalloprotéases matricielles. Néanmoins, dans leur phénotype myofibroblastique, elles produisent également de grandes quantités de protéines inhibitrices de ces métalloprotéases (TRqP), qui provoquent une faillite des mécanismes de dégradation de la matrice néoformée, et concourent à l'accumulation progressive de la fibrose.
Régression de la fibrose et devenir des CEF myofibroblastique
Après suppression de l'agent responsable de l'hépatopathie, la densité des CEF myofibroblastiques décroît rapidement. Ce phénomène est associé à une régression de la fibrose dans différents modèles expérimentaux. Il semble que cette disparition des CEF myofibroblastique soit au moins en partie liée à leur autodestruction par mort cellulaire programmée (apoptose), un phénomène dont la compréhension pourrait conduire au développement d'outils thérapeutiques novateurs.
Aspects thérapeutiques
On peut schématiquement distinguer 2 niveaux d'intervention thérapeutique. Idéalement, le traitement est préventif, avec l'éradication de la maladie causale. A un stade plus tardif, si cette option trouve encore largement sa place, l'administration de molécules à effet antifibrosant direct offrirait à l'évidence un bénéfice considérable. Dans cette optique, les progrès récents dans la compréhension de la physiopathologie de la fibrose ont permis de cerner les étapes à cibler, telles que le blocage ou l'atténuation du phénomène d'activation des CEF, la neutralisation de l'activité des facteurs de croissance et des cytokines profibrogéniques, ou le renforcement de la dégradation matricielle. De plus, des résultats intéressants ont récemment été obtenus dans le domaine du ciblage spécifique des CEF myofibroblastiques, une condition essentielle afin d'éviter les effets indésirables extra-hépatiques des antifibrosants.

 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /Oct /2005 00:00
2050 eme ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE D’ALESIA
 
 
Après-midi d’octobre noir
à l’intérieur de la forêt,
le soleil n’atteint plus
le sol déshonoré.
Je monte dans les sapins
au lieu-dit “ la Côte Poire ”.
C’est l’ancien camp nord de César.
Un pic noir à crête rouge
scande à grands coups de bec
le rythme de mon coeur
sur l’aubier d’un vieillard
debout comme un menhir.
Je sais que c’est ici
que tout s’est déroulé,
même les oiseaux le disent
depuis plus de vingt siècles.
L’armée de secours,
240 000 hommes
venus de toute la Gaule,
se heurte aux pièges romains.
Sedullos, chef des Lemovices,
est tué.
Vercassivellaunos, l’arverne magnifique,
cousin de Vercingétorix
est capturé.
L’armée de secours est en déroute.
César ordonne,
il l’écrira dans les commentaires,
 “ qu’on lui remette les armes
et qu’on lui amène les chefs des cités ”.
On lui livre Vercingétorix,
on lui jette les armes à ses pieds.
Chez les Celtes le chef
est responsable devant les siens.
C’est un concept sacré
et hautement démocratique:
Vercingétorix s’est trompé,
il doit payer et être sacrifié
pour permettre à ses hommes
d’être sauvés!
Brân après son échec en Irlande
demande à ses compagnons
de lui couper la tête.
Brennus après le sac de Delphes
et la défaite gauloise
se suicide une fois ivre.
Quelle belle leçon de conscience politique
à remettre au goût du jour les amis!
Un renard sort d’un fourré
nullement intimidé.
C’est un ancien combattant,
il marche sur trois pattes.
Il a dû en laissé une
dans un piège à blaireau
j’en ai vu un en montant.
Heureux perdant!
Lui ne sera pas étranglé
après six ans de prison à Rome.
Derrière moi, des pierres entassées
elles l’ont été sans doute
à la même saison qu’aujourd’hui
un jour d’automne
en 52 avant JC.
Ça m’intimide tellement
que ce soir je reviendrai
dormir sur la mousse.
Pour le moment,
je redescend à Syam.
Ensuite je vais monter à la Chaux
par la route forestière.
Je vais grimper vers l’oppidum de Cornu.
“ In summo colle ”
comme le disait Jules dans son guide
touristique  “De bello Gallico ”
 Là où était la ville
et puis la citadelle.
Passer de l’Urbs à l’Arx
suivant la voie sacrée.
Je suis chez moi,
“ In sequanos ”
et je t’emmerde
César de mes deux!
J’ai trouvé des lys martagons
et quelques cyclamens.
Par Billy Rubin - Publié dans : Poémes
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /Oct /2005 00:00

Poman (poésie et roman)

La vie de rêve n’est pas une opérette, mais parfois un strip déjeuner...
Je sors de l’épicerie du coin, genre supermarché avec un grand parking, je pousse un caddie plein de courses en direction de ma voiture. La voiture est une vieille « traction-avant quinze chevaux » Citroën. À côté de mon véhicule une jeune femme attend. Elle a vraiment une allure pas possible. Elle est blonde avec des yeux bleus, des seins superbes, un cul à l’africaine bien nourrie, elle ressemble un peu à mon ex-femme Marie Jo. Donc je dois rêver à fond les draps. Elle me demande si je peux la ramener à la maison car sa voiture est en panne.
Il est impossible que je refuse, je charge ses courses dans le coffre de la voiture puis les miennes et je l’invite à monter. Je lui demande ou elle habite, elle me dit que c’est dans la direction que je prends pour rentrer habituellement. Je lui demande si elle me connaît, elle a un sourire mystérieux. Je ne reconnais pas la route que j’emprunte, je lui fais part de mon étonnement, elle me dit que la route a changé pendant que je faisais mes courses. Ça ne m’étonne pas le moins du monde. J’arrive devant une maison en rase campagne et elle me dit que c’est ici. Je lui demande si c’est l’endroit ou elle habite, elle répond en souriant que moi aussi j’habite là. Je lui dis de m’excuser, que je ne savais pas que nous habitions dans la même maison, elle me répond que c’est comme la route, ça vient de changer et que c’est donc pourquoi je ne le savais pas. Je lui demande si nous vivons ensemble, elle me répond   :    
·                  Pas pour le moment mais dans un instant nous vivrons ensemble depuis trois ans !  
J’ai un peu de mal à comprendre mais je fais comme si tout était normal, je ne fais pas semblant de croire que c’est normal, j’ai l’impression que c’est comme ça. Je rentre mes courses dans la maison, la fille fait de même avec les siennes, nous connaissons tous deux la maison parfaitement bien
Je veux lui demander si elle s’appelle Marie Jo mais je renonce car je sais soudain que la fille s’appelle Colette, nous nous sommes mariés il y a trois ans et elle adore les tartines de beurre avec du chocolat en poudre dessus. Je lui prépare quelques tartines et nous nous installons dans un canapé
Chaque fois qu’elle mange une tartine, elle enlève un de ses vêtements, je regarde ce qui lui reste à manger :   une tartine. Par contre elle est en collant et en soutien-gorge. Je fais rapidement trois tartines, une pour le collant, une pour le slip et l’autre pour le soutien-gorge. Quand elle est nue, elle me sourit et me demande de me dépêcher de manger pour me déshabiller. Je lui demande ce que je dois manger, elle me dit   :   
·                  Ne fais pas l’innocent, tu le sais très bien !  
Impatient j’essaye d’enlever mon pull, je n’y arrive pas, elle se bidonne comme une malade et me dit :   
·                  Tu fais l’idiot ou tu ne te souviens vraiment pas ? 
J’ai envie de pleurer, ma détresse est grande. Elle me dit qu’elle ne peut pas m’aider vu que ça change tout le temps et qu’il faut que je fasse vite car elle a très envie. J’essaye tout ce qui se mange sur des tartines dans la maison. Rien ! J’attaque les boissons, après avoir tout essayé même le liquide vaisselle, je pense à l’eau. Ça marche, c’est un verre de flotte :   une fringue. J’ai plus que le slip à enlever quand soudain ça change !  L’eau ne marche plus et Colette devient vieille rapidement. Je me retrouve avec une mémé qui m’engueule parce que je n’ai pas su me démerder. Je suis confus de honte et glacé de dégoût. Elle m’explique que pour qu’elle rajeunisse, je dois lui faire l’amour pendant deux heures en surmontant mon dégoût et que ce doit être sincère. J’essaye de mon mieux et en pleurant, je lui dis que je vais la conduire à l’hospice vu que je ne peux rien pour elle. Elle répond que c’est trop tard, elle redevient progressivement jeune et belle et moi je suis transformé dans le même temps en bébé de trois mois. Elle me donne le sein, je la regarde, j’ai les sentiments d’un homme de quarante ans et le corps d’un bébé.
Le sein, c’est génial mais je bande comme un salaud dans mes couches et ça me fait très mal, il n’y a pas de petits élastiques pour la détendre cette putain de couche ! Dans mon prochain rêve je veux des Pampers dernier cri comme on voit dans les publicités ! Je me réveille en sueur, j’ai une formidable envie de sein ou de clito à sucer. Je me contente d’une bière, c’est froid, je mets la bouteille contre mon sexe, il se détend rapidement alors je finis ma bière et me recouche en suçant mon pouce!  
 
Par Billy Rubin - Publié dans : Nouvelles
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /Oct /2005 00:00
14
ET SI VOTRE FOIE ÉTAIT UNE FORÊT ?
communication à la conférence de consensus de février 2002 ou Pascal melin intervenait dans le collège des experts.
 
Comment représenter la maladie ? Voilà une question qu'on ne travaille pas assez. Les médecins ont leur langage et les malades le traduisent comme ils le peuvent. Pour éviter les malentendus, je vous propose de comparer le foie à une forêt et l'hépatite à un incendie.
 
Je vais probablement faire sourire les médecins, mais c'est aux malades que je m'adresse. Depuis deux ans, je cherche à leur expliquer, de la façon la plus juste possible, les résultats de leur biopsie hépatique. L'exercice est difficile et lorsque je réinterroge les patients sur ce qu'ils en ont compris, je suis obligé de constater que le résultat n'est pas toujours à la hauteur de mes efforts.
 
Le recours au score de Knodell, thermomètre de l'hépatite pour les optimistes ou échelle de Richter pour ceux qui vivent leur maladie comme un séisme interne, me semble assez ambigu. Gradué de 0 à 22, il permettait sans doute de donner aux malades une note de gravité à leur hépatite avec des repères relativement simples. En dessous de 5, on considérait qu'il s'agissait d'hépatites minimes. Au-delà, on les qualifiait volontiers d'actives, voire de très actives après la barre des 10.
 
Mais lorsque les traitements permettaient de faire disparaître définitivement le virus, il était parfois difficile d'expliquer qu'à la biopsie de contrôle, qu'on soit passé de 8 à 5 et que c'était un bon résultat. Le malade espérait, lui, un score de zéro.
 
Le traitement, un Canadair
 
Le Score Métavir est plus subtil, puisqu'il se décompose en deux chiffres : l'un représente l'activité de l'hépatite, l'autre l'importance de la fibrose. Et c'est un malade qui m'a aidé à le présenter comme un feu de forêt. L'activité est cotée de 0 à 3 et on peut la représenter par les flammes. Au stade A0, il n'y a pas de flammes, le foyer est éteint. Au stade A1, les flammes sont petites et peu agressives. Quand on arrive à A2, elles sont importantes et provoquent des dégâts qui risquent de se propager. Au stade A3 enfin, il s'agit d'un véritable incendie avec des flammes qui détruisent rapidement la forêt.
 
La fibrose, quant à elle, correspond à la taille du brasier et à la partie de la forêt déjà détruite. Elle se cote de 0 à 4. F0, la forêt est encore intacte. F1, les destructions sont minimes. Au stade F2, une partie importante de la forêt a déjà brûlé. A F3, le sinistre est très important et la plupart de la forêt est détruite. Mais si l'on réussit à éteindre l'incendie, la forêt pourra repousser. Au stade F4, les dégâts sont très importants et il ne sera pas possible de faire repousser la forêt, du moins certaines zones. C'est le stade de la cirrhose.
 
Ne mettez pas d'huile sur le feu
 
Conjuguons maintenant les deux critères. Votre score est A1-F1 ? Les flammes sont petites, le foyer aussi. Il n'y a pas forcément d'urgence pour appeler les pompiers. En revanche, si votre score est A2-F2 ou A3-F3, il faut penser à éteindre l'incendie si l'on veut que la forêt puisse repousser. Le Canadair, c'est le traitement médicamenteux. S'il est efficace, un patient qui était A3-F3 avant traitement se retrouvera peut être A0-F2 après. Les flammes auront alors disparu, les dégâts auront été contenus et la forêt aura même repris le dessus.
 
Avec cette représentation, on peut aussi comprendre qu'il ne faut pas attiser l'incendie. Consommer de l'alcool avec une hépatite, n'est-ce pas mettre de l'huile sur le feu ? (Ou, pour conserver l'image du feu de forêt, c'est faire souffler le mistral, réduisant à néant le travail des pompiers.)
 
On peut comprendre aussi que les traitements ne permettent pas toujours de maîtriser l'incendie, mais qu'ils peuvent néanmoins en limiter la propagation. D'autres ajouteraient qu'avoir une bonne hygiène de vie, c'est entretenir la forêt, et donc la rendre plus résistante aux incendies. Quant à moi, si j'osais pousser plus loin la comparaison entre les hépatites et le feu de forêt, je soulignerais qu'il nous manque sans doute des Canadairs encore plus puissants, mais aussi des moyens de replanter la forêt quand l'incendie, même s'il a pu être maîtrisé, a provoqué des ravages trop importants (ce qui peut être le cas pour les patients au stade de cirrhose).
 
Sans doute cette représentation est-elle grossière et a-t-elle ses limites. Elle n'a pas d'autre prétention que d'aider à construire une représentation commune de la maladie.  
Pascal Melin (Président de SOS Hépatites et néanmoins médecin)
SOS Hépatites BP 88 52103 St Dizier cedex. Tel. 03 25 06 12 12
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /Oct /2005 00:00
14
Carottes de foie au naturel.
S’il est un examen qui fait couler beaucoup de salive chez les hépatiques c’est bien cette PBH (ponction biopsie hépatique.) Pour la mienne, j’avais l’avantage de l’ignorance, je ne me rendais pas compte. Depuis j’ai eu l’occasion d’en parler avec d’autres malades sur la mail-liste ou de vive voix, c’est fou comme ça fout la trouille aux gens ! C’est du niveau de la représentation symbolique : on te prend un morceau d’organe. Pourtant on sait bien que le morceau est minime, que le foie se régénère, que l’examen est indispensable, que la douleur est ridicule et peut être facilement annihilée. Malgré tout ça fout les jetons au point que certains ne veulent pas en faire au risque de se réveiller un jour avec un cancer tout neuf dans les sacoches. On ne le dira jamais assez : la PBH est un geste médical bénin, peu douloureux, la douleur occasionnée est facilement contrôlée par des antalgiques usuels et si le médecin qui fait cet acte est suffisamment expérimenté, c’est moins traumatisant qu’une extraction de dent de sagesse ou qu’une fibroscopie oesogastroduodénale ou bronchique. Dans les pays anglo-saxons, la PBH est faite en ambulatoire, de plus en plus de médecins le font aussi en France. Mais n’envions pas un système de soins moins performant que le nôtre. La prévoyance médicale n’a jamais fait de mal à personne.
La PBH est le seul examen actuel qui permet de faire avec certitude le diagnostic d’une hépatopathie d’origine virale, d’en préciser l’activité et d’apprécier l’efficacité réelle des thérapeutiques  antivirales. Il s’agit d’un geste invasif comportant certains risques qui seront quasi-inexistants si elle est pratiquée par un médecin expérimenté, après un contrôle des tests de coagulation et une échographie. La technique choisie est dépendante de l’échographie, du nombre de plaquettes et des résultats de l’hémostase.
Les trois techniques proposées et possibles sont :
La plus fréquente, la PBH par voie intercostale à l’aveugle. Une aiguille permet de ramener un fragment hépatique après anesthésie locale entre  les côtes du patient t au travers du foie sur un trajet prédéfini.
La PBH par voie transveineuse. Elle permet par le cathétérisme (fait d'introduire un cathéter une sonde, dans un orifice naturel) de la veine jugulaire interne, puis de la veine cave, puis des veines sus-hépatiques, de ramener un fragment sans perforation de la capsule du foie. Elle se fait sous contrôle radiologique et sous échographie des axes vasculaires cervicaux et amplificateur de brillance pour le cathétérisme hépatique.
Moins fréquente est la biopsie avec injection de colle. Elle permet la réalisation d’une biopsie hépatique échoguidée et l’embolisation du trajet de ponction avec de la colle biologique.
Le choix de ces différentes techniques se fait en fonction des contre-indications usuelle à la biopsie hépatique. Si le patient à au moins 85000 plaquettes par mm3, un TCK (temps de coagulation d’un plasma sans plaquettes) inférieur à 1,5 fois le témoin, un temps de saignement normal, un TP (taux de prothrombine) normal et s’il n’a pas absorbé un anti-agrégant plaquettaire et de l’aspirine ; s'il n’a pas de contre-indication échographique (hémangiome, dilatation des voies biliaires, kyste hydatique (relatif aux hydatides, formes larvaires du ténia échinocoque qui se développe dans les tissus, spécialité franc-comtoise), la PBH est faite par voie transpariétale. En cas d’hémostase normale mais de contre-indication échographique on préférera la PBH sous contrôle échographique. En cas de  trouble de l’hémostase, on aura recours à une PBH transveineuse ou à une biopsie avec embolisation.
   La PBH est un geste performant dont le but est l’obtention d’un fragment suffisant dans 99 % des cas, permettant d’examiner au moins quatre espaces porte[1], dans le cadre des hépatites chroniques. L’analyse du fragment biopsé va permettre d’établir un score d’activité de l’hépatite chronique. Le plus utilisé est le score de Knodell qui prend en compte quatre lésions élémentaires appréciées de façon semi-quantitative. Ce sont : la nécrose périportale et la nécrose en pont (cotée de 0 à 10) ; la nécrose lobulaire, l’inflammation portale et la fibrose (cotée de 0 à 4 selon l’intensité croissante). Chaque lésion est gradée de manière semi-quantitative et l’activité est définie par la somme des trois premières lésions élémentaires. Le score de Knodell est utile au clinicien, d’autant qu’il est reproductible et internationalement utilisé.  Il permettra à la fois de confirmer le diagnostic, de faire le bilan des lésions et de suivre l’évolution soit spontanée, soit sous l’effet de traitements antiviraux.
SCORE DE KNODELL
LESIONS
SCORE
Nécrose périportale et nécrose en pont
0 à 10
Lésions dégénératives intra-lobulaires et nécroses focales
0 à 4
Inflammation portale
0 à 4
Fibrose
0 à 4
INDEX D'ACTIVITE HISTOLOGIQUE
0 à 22
 


 
Le score Métavir lui, permet d’apprécier l’activité histologique d’une hépatite chronique et le degré de fibrose. Il est gradué de A0 jusqu’à A3 pour l’activité et F0 à F4 pour la fibrose. L’activité se traduit par une nécrose qui va de parcellaire à lobulaire.
 
 
 
 
 
SCORE METAVIR
 
Nécrose lobulaire a
Score A (activité)
Absente
0
Modérée
1
Sévère
2
Nécrose parcellaire b
 
 
 
Absente 0
AO
AI
A2
Minime 1
A1
A1
A2
Modérée 2
A2
A2
A3
Sévère 3
A3
A3
A3
 
a) Nécrose lobulaire = NL: foyer(s) nécrotico-inflammatoire(s) intralobulaire(s).
0 : moins d'1 NL par lobule; 1 : au moins 1 NL par lobule; 2: plusieurs NL par lobule ou nécrose confluante ou nécrose en pont.
b) Nécrose parcellaire = NP. 0 : absence de NP ; 1 : NP focales au contact de quelques espaces portes ; 2 : NP diffuses au contact de quelques espaces-portes ou NP focales au contact de tous les espaces-portes ; 3 : NP diffuses au contact de tous les espaces-portes.
 


 
Score F (fibrose)
 
Absence de fibrose portale
FO
Fibrose portale stellaire sans septa1
F1
Fibrose portale avec rares septa
F2
Nombreux septa sans cirrhose
F3
      Cirrhose
F4
 1  Septa, pluriel de "septum", cloison séparant deux cavités.
 Eh bien !  Ça y est, j’ai enfin compris ce que voulait dire mon A2 F4. Ça n’a rien d’un appartement ou d’une bataille navale mais de l’activité modérée de mon hépatite avec une fibrose carabinée, la cirrhose. De quoi réellement s’inquiéter non ? Dans moins de la moitié des cas, l'hépatite chronique sur la biopsie  hépatique est dite « active » et entraîne des lésions agressives du foie,  une destruction des cellules et une inflammation importante. C'est cette forme qui doit être traitée par les médicaments antiviraux afin d'éviter une destruction progressive du tissu hépatique avec formation d'un tissu cicatriciel appelé fibrose.  La nécrose c’est la dégénérescence d’un tissu.  Nécroses en groupe : Dégénérescence d’un groupe d’hépatocytes. Différents modes de distribution : Infra-massif : zones confluantes d’un lobule hépatique. Massif : atteinte de tout un lobule. Nécrose confluante : nécrose d’hépatocytes avoisinants. Nécrose en ponts : nécrose qui s’étendent d’une zone acineuse vers une autre. La nécrose peut être veino-veineuse, porto-veineuse ou porto-portale.
 Nombreux septa sans cirrhose, j’ai cherché septa, c’est le pluriel de septum en latin. Septum actif : faisceau de fibres collagène avec signes inflammatoires. Le septum s’élargit au cours d’une inflammation persistante, par exemple en cas d’hépatite chronique avec activité inflammatoire marquée. Septum passif : formation de cicatrices : faisceau de fibres collagène à trajet tendu après collapsus de la trame réticulinique. Expression de nécroses en pont antérieures.
Ça fout vraiment les chocottes ce qui se passe à l’intérieur ! Heureusement il y a le traitement antiviral et, tu ne me croiras jamais, le traitement fait régresser la fibrose ! Ça c’est le pied, ça relativise une partie des inconvénients que procure ce traitement qui devient presque sympathique. Non seulement il peut virer le virus mais il retape le foie et l’aide à se régénérer. Des patients non guéris de leur hépatite après traitement d’un an ont vu leurs scores baisser de parfois deux points : de A3F3 à A1F2 ou A2F2 à A1F1. C’est toujours ça de pris, surtout quand le jeu consiste autant à faire reculer l’apparition de la cirrhose et de son copain le carcinome qu’une hypothétique éradication du virus. Le virus, à la limite, il va crever avec toi, l’important c’est que ton organisme ne se détruise pas en voulant le faire disparaître. C’est ici qu’intervient mon questionnement sur l’inflammation et la fibrose.


[1]Dans une coupe histologique d’un fragment de foie, on reconnaît des unités parenchymateuses hexagonales, ou «lobules»; les cellules parenchymateuses, les hépatocytes , sont disposées en travées, ou plutôt en lames, qui convergent vers le centre du lobule . À la périphérie, on trouve les espaces portes, dont chacun contient une triade portale : un petit canal biliaire, une artériole, branche de l’artère hépatique, et une veinule, branche de la veine porte. Les ramifications de la veinule porte et (dans une moindre mesure) celles de l’artériole hépatique assurent la vascularisation du lobule en se jetant dans les sinusoïdes ; ce sont des espaces vasculaires qui alternent avec les travées cellulaires; ils confluent dans la veine centrolobulaire, rameau d’origine des veines sus-hépatiques. Le long des parois du sinusoïde se trouvent les cellules de Küpffer, de nature différente des hépatocytes.
 
Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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