Dimanche 16 octobre 2005 7 16 /10 /Oct /2005 00:00

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« Je sais que la plupart des gens, y compris ceux qui sont à l’aise devant les problèmes de la plus grande complexité, acceptent rarement même la plus simple et la plus évidente des vérités si elle les oblige à admettre la fausseté des conclusions qu’ils se sont plu à expliquer à leurs collègues, qu’ils ont fièrement enseignées à d’autres, et qu’ils ont nouées, fil après fil, dans le tissus de leur existence. »

 

Léon Tolstoï

 Ceci est le journal de mon hépatite, je collerai un morceau de temps à autre.Ces écrits ont été réalisés 3 ans après mon 1 er traitement. Attendez pour vous faire une idée que je vous parle du 6e qui marche bien et vous verrez la différence entre un accompagnement, de l'information et rien.

 Le virus de l’hépatite C est un virus à ARN simple brin, (heureusement, tu le vois en plus compliqué comme une bête ?), de 50 à 60 nm de diamètre – j’ai regardé dans le dictionnaire, nm c’est nanomètre, un milliard de fois plus petit qu’un mètre) il est apparenté à la famille des  Flavivirus. Ces fumiers sont toute une tribu, plusieurs familles, on appelle une famille le génotype. Le mien est 3A. Le premier qui dit « coulé », je le mords ! Comment ai-je choppé cette merde ? Les toubibs n’en savent trop rien. Le plus vraisemblable serait les quatre ou cinq shoots que je me suis envoyé, il y a plus de dix ans. J’avais bien pensé au sida à l’époque mais, la ravissante femelle blaireau, avec qui j’avais échangé la shooteuse et des câlins, avait un beau test HIV tout neuf, il n’y avait aucun risque. Le problème ce n’est pas le nombre ; quatre ou cinq piquouses ou cent, une seule suffit et c’est souvent la première. Ça peut être aussi transmis par des soins dentaires ou un snif de cocke. Tu comprends maintenant, mon beau joujou délaissé, que j’avais d’autres préoccupations dans ma petite caboche de piaf. Je te raconte en gros comment ça a commencé :

 

La fatigue, la grosse fatigue, la méga fatigue. Il n’y a même pas de mots pour décrire une salope de fatigue comme cette pute là ! Tu ne peux même pas récupérer, insomnie, fatigue, abattement soudain, envie de rien, crise de larmes, colères brusques, sentiment d’être une merde de chien posée là. J’ai essayé d’en parler, j’ai vu un toubib parce qu’aussi, j’avais pour projet de me faire poser une prothèse de hanche. Je boitais sévèrement, le rhumatologue avait dépisté une coxarthrose évoluée, plus de cartilage sur la tête du fémur. Je pensais que c’était cette douleur permanente et ces difficultés de marche qui agissait sur mes nerfs et la fatigue. J ’ai exprimé à l’homme de l’art mes maux avec mes mots.

 - Moi aussi je suis fatigué Monsieur, il faut vous reposer, prendre un Xanax le soir et s’il n’y a pas d’amélioration dans un mois, je vous donnerai l’adresse d’un bon thérapeute. Nous allons commencer par une prise de sang pour faire une série d’analyses.

  

 

  C’est bien de rechercher à priori, parfois ça paye. Il y avait des trucs qui clochaient dans mon sang, je l’ai su en sortant du labo avec les résultats à la main, le lendemain. Sur la feuille, il y avait des chiffres en gras, d’autres en taille normale. Il y avait une colonne, à droite des résultats, qui donnait la norme. J ’y connais rien mais ce qui clochait était marqué en gras, 3600 leucocytes et la norme est de 4000 à 10000, 103000 plaquettes, il en faut 150 à 45000, et surtout les transaminases, 82 et la normale est entre 4 et 40. Il y avait aussi la gamma-GT et d’autres conneries avec des noms à la con. Je n’y comprenais rien mais flairais la patate. Le médecin m’a fait faire une autre série d’examens dont la recherche des hépatites (y’en a une tripotée à telle point qu’ils leur donnent des lettres et en sont à G).

 

  

Re-attente, résultats de nouveau décevant, taux de bilirubine, anticorps anti-VHC etc. Le toubib m’a adressé en consultation d’hépato-gastro-entérologie à l’hôpital Saint-Louis. Je suis ressorti un peu sonné, j’avais une hépatite C, il fallait me faire d’autres examens, on m’a prélevé encore du sang et donné un rendez-vous pour deux jours d’hospitalisation  en hôpital de jour pour des examens assez délicats. Je ne savais plus où j’en étais et j’ai décidé de commettre un acte désespéré. Après avoir réfléchi deux minutes, je suis passé à la Fnac où j’ai taxé un bouquin : « Les hépatites ».

 

   

Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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