Jeudi 20 octobre 2005 4 20 /10 /Oct /2005 00:00

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Dans le bus qui me ramenait à Saint-Denis j’ai commencé à jeter un œil sur ce bouquin. Les premières lignes que j’ai lues disaient ceci :

 

 

 

 

 

«  Toute maladie est un événement qui implique des échanges entre trois partenaires : le malade, son entourage, son médecin. La guérison et le mieux-être dépendent de la nature de ces échanges, et de leur renforcement mutuel. On peut vivre seul sa maladie. Mais pour réunir toutes les chances de guérir, mieux vaut être trois partenaires à la combattre… »

 

 

 

 

 

J’ai refermé le livre et l’ai posé sur mes genoux. J’avais le regard dans le vague, ruminant ces quelques lignes. Ça me faisait penser à un vieux sketch  de Coluche sur l’usine occupée. Il y avait un mouvement circulaire qui changeait parfois de sens mais tournait toujours. Je voyais le gros, habillé en diable, comme quand il chantait « la salsa du démon » avec le Splendid.  Les CRS, les ouvriers, les patrons… La maladie, le malade, son entourage, le médecin… Quel entourage ? Quel enculage ! Toute maladie est un événement… Tout événement est une maladie… Oui, c’est ça chez moi : tout événement est une maladie ou tout du moins : tout événement devient une maladie. Mon entourage est une maladie infectieuse et mon médecin une maladie infantile, la rougeole que tu dois faire au moins une fois.

 

 

 

 

 

 Je ne vivrai pas ma maladie : Je suis ma maladie ! La maladie c’est moi et c’est ma vie, moi dans ma vie. Étonnamment, je n’avais pas peur. Je n’étais même pas résigné, je crois que j’ai l’habitude de la merde et s’il y a une maladie que je n’ai pas, c’est bien celle de vouloir à tout prix ressembler à quelqu’un d’autre, envier un autre sort que le mien. Je ne suis pas fataliste, juste adapté à ce monde de merde. En gros, ce que les con(formes ) appellent l’inadaptation. Je suis un inadapté au rêve conforme de la majorité ambiante.

 

 

 

 

 

J’ai atterri dans le bus en me posant en douceur, comme une caravelle sur Roissy à la tombée de la nuit avec deux ou trois feux clignotants dans le soleil couchant. En face de moi une taupe-model en Faux-Armani C&A m’envoyait des signaux du genou et des yeux.

 

 

 

 

 

Ça c’est la meilleur !  Malade à crever, 53 ans, et enfin une fille me drague ! La première pensée qui a déboulé dans mon esprit était :

« Cette connasse d’hépatite C ne se transmet pas sexuellement, c’est une des premières chose que m’a dit le toubib ».

 

 

 

Je l’ai dit à haute voix, mot pour mot, à la Charogne Stone du 9-3; elle a aperçu le livre sur mes genoux et s’est cassée près de la porte en me traitant de « pas net ». Je me suis dit que je venais de prendre contact avec mon entourage potentiel, ça ne m’a rien fait de plus, «  la bite rude est une seconde nature ». Quand tu l’as dans le cul, tu ne serres pas les fesses, t’attends que ça se passe !

 

 

 

 

 

 

Poème de richard Brautigan.

 

 

 

Trousse de réparation pour Karma.

Articles 1-4

 1- Se procurer suffisamment de nourriture,

et manger.

 2- Trouver un coin tranquille pour dormir,

et dormir.

 3- Diminuer le parasitage intellectuel et

émotionnel jusqu'à trouver le silence intérieur,

et l'écouter.

 4-

 Richard Brautigan - Il pleut en amour.

 

 

Par Billy Rubin - Publié dans : hepatite-c
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Commentaires

Bonjour Billy Rubin !
Je repasserai vous lire en prenant plus de temps, je viens de "parcourir" certains de vos articles.
Ma vie professionnelle me met en contact permanent avec le "médecine".
Mon état de santé actuel me fait beaucoup réfléchir aussi !!!
Il est important d'écrire, encore et encore.
Je reviendrai vous lire.
Je vous embrasse ...
Marie.

Commentaire n°1 posté par marie sushi le 23/10/2005 à 10h00

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