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Comme je te le disais l’autre jour, je suis allée passer deux jours à Saint-Louis en hôpital de jour. Je devais arriver à jeun le matin à huit heures. Ça a commencé à me gonfler sérieusement, dès mon arrivée à huit heures moins le quart. Une demi-heure d’attente à l’accueil pour remplir un dossier d’admission. Des tas de personnes que l’on baguenaude de guichet en service. Mais je ne me plains pas, je sais lire et je parle français. Ceux qui ne sont pas dans mon cas n’ont pas de chance. Aucune indication dans une autre langue, pas d’hôtesses pour ceux qui ne savent pas lire et le surnombre. C’est fou le nombre de gens qui sont malades, si les toubibs étaient payés au résultat, m’est avis que beaucoup crèveraient de faim !
On a commencé par me faire tout un tas de prises de sang et une échotomographie de l’abdomen qui a révélé une hépatomégalie (enfin mégalo quelque part !) Ensuite, on m’a conduit dans un autre service pour faire une fibroscopie. On te met un coup de spray anesthésiant dans la gorge et tu sers les dents autour d’une espèce de bobine percée d’un trou en son centre. C’est par ce trou que l’on descend une fibre optique de la taille d’un doigt qui va photographier l’intérieur de ton œsophage afin de détecter d’éventuelles varices œsophagiennes. Il faut savoir qu’une hépatite active entraîne une destruction des cellules du foie et une inflammation importante qui, si elle n’est pas soignée par les médicaments antiviraux, conduit inévitablement à
La fibroscopie c’est un peu comme si tu taillais une pipe à un mammouth, tu as l’impression que tu vas mourir étouffé. Mais la plaisanterie n’était pas terminée, on m’a conduit en ambulance à la Pitié-Salpetrière pour une PBH : ponction biopsie hépatique. Il s’agit de prélever un minuscule échantillon de foie qui peut être examiné au microscope. On le fait habituellement à l’aide d’une aiguille fine qui passe entre les côtes. Vu mon nombre peu élevé de plaquettes sanguines et le risque sur le plan de la coagulation, j’ai eu droit à une biopsie transjugulaire sous contrôle radio. On te met du gel anesthésiant sur le cou et on rentre une sonde par un cathéter dans la veine jugulaire. On descend la sonde jusqu’au foie par la veine cave, les veines sus-hépatiques et on prélève les petites carottes de foie qui seront analysées, sans perforation de la capsule du foie, par l’intérieur. Ça dure trente minutes environ et au-delà de la trouille que cela provoque, on ressent juste un picotement au foie. Tu ne dois pas bouger de la journée et faire aucun effort pendant une semaine.
Trois semaines après, j’ai revu l’hépato. Le docteur A, adjoint au professeur chef du service de gastro-hépato-entérologie, est un jeune médecin assez sympa. Il m’a annoncé l’étendue des dégâts :
Hépatite chronique d’activité moyenne A2/F4, génotype 3A, vraisemblablement transmise par
1-Le sexe féminin.
2-Un âge jeune (25 ans).
3-L’absence de cirrhose.
4-Les transaminases inférieures à trois fois la limite supérieure.
5-Un génotype autre que le type II. (type III)
Je sais que je n’avais pas tout bon, je n’avais pas le 1, le 2 était dans le désordre :52 ans, le 4 et le cinq plaidaient en ma faveur et je n’avais pas entendu le mot « cirrhose » dans la bouche de mon hépato. Mais même un facteur sur cinq ça se tente dans ma philosophie personnelle. J’ai dit que je voulais commencer tout de suite, il n’était pas très chaud et voulait que je réfléchisse, je lui ai rétorqué.
· Plus j’attends, plus l’autre salope me bouffe le foie !
· Oui, dit-il, mais une bi-thérapie interféron-ribavirine ne se décide pas à
Il m’a demandé si je n’avais pas fait de dépression sérieuse ou de tentative de suicide. Je lui ai répondu qu’à part quelques tentatives de meurtre, je n’avais pas eu d’idées aussi saugrenues. Quinze jours plus tard, il m’expliquait comment se piquer soit même à l’aide du stylo. Je pouvais commencer à péter la gueule à la C, ce n’était pas top tôt, sept mois s’étaient écoulés entre les premières analyses et la première injection. Je ne savais pas le quart de ce que je viens d’écrire sur la C et je ne savais pas non plus que j’entamais une autre existence faite d’espoirs et de déceptions, de douleurs et de rage. J’entrais aussi dans une famille, un club et parfois une caste un peu comme les parias en Inde. Les premiers temps, personne ne m’a souhaité la bienvenue. Ça n’est pas grand chose mais c’est un truc qui m’a sacrément manqué.
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le géno 3 n'est-il pas l'un de ceux qui sont plus faciles à guérír? Comment s'est terminé ton traitement? Tu lui as pété la gueule à cette salope de Flavie?
Bises hépatantes