Dimanche 23 octobre 2005
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Les signes de la maladie
Après une incubation de 2 à 3 mois, l'hépatite B aiguë se déclare par des signes identiques à ceux qui ont été décrits pour l'hépatite A. En fait l'hépatite B aiguë sera inapparente dans 60 à 70% des cas et passera souvent inaperçue. L'insuffisance hépatique fulminante est une complication rare qui intervient dans environ l % des cas d'hépatites aiguës avec ictère. En dehors des formes fulminantes, les formes très bruyantes avec ictère intense vont toujours guérir sans séquelle. Les formes frustres s'exprimant par peu ou pas de symptômes sont susceptibles de durer plus de 6 mois et d'évoluer ainsi vers la chronicité avec un risque de cirrhose puis de cancer du foie.
Sans que l'on sache vraiment pourquoi, 5 à 10 % des adultes infectés par le virus B vont développer une infection chronique. Ce pourcentage sera de 80 % chez le nouveau-né de mère porteuse du virus B du fait de l'immaturité de son système immunitaire.
Ce n'est pas le virus qui est responsable de la destruction des cellules du foie, mais le système immunitaire lui-même. Les anticorps s'attaquent aux cellules hépatiques infectées qui présentent à leur surface les antigènes du virus. Ainsi en se défendant contre le virus, l'organisme détruit ses propres cellules. Quand cette défense est vigoureuse, certaines cellules sont détruites et le virus est éliminé. Quand cette défense est faible ou inappropriée, l'infection persiste et peut devenir une maladie de toute la vie.
Dans le sang, les différents marqueurs de l’hépatite B apparaissent stades de la maladie. Ils vont permettre pour le médecin de poser le diagnostic d'hépatite B. Dans un premier temps, on peut détecter l'antigène HBs (antigène de surface de l’hépatite B.) Simultanément apparaît l'antigène HBe (antigène de l’hépatite B) témoin de la multiplication du virus. C'est là que les risques de transmission sont le plus élevés. Après les antigènes, viennent les anticorps produits par l'organisme pour lutter contre le virus. Le premier à apparaître est l'anticorps anti HBe. Cet anticorps anti HBe sera de classe lgM (anticorps contre l’antigène central du VHB) lorsqu'il s'agit d'une hépatite B aiguë. Quand tout se passe bien, l'antigène HBe est très rapidement remplacé par l'anticorps anti HBe qui traduit l'arrêt de la multiplication virale.
L'antigène HBs va ensuite disparaître, remplacé par l'anticorps anti HBs. Ce dernier pourra demeurer plusieurs années avant de disparaître à son tour. Il ne restera que l'anticorps anti HBe témoin d'une hépatite B ancienne et guérie. Si l'antigène HBe persiste au-delà de 2 mois après l'apparition des symptômes, c'est que la multiplication persiste et qu'une infection chronique se développe. Dans ce cas, l'antigène HBs ne disparaîtra pas et persistera pratiquement toujours.
Lorsque l'on soupçonne l'existence d'une hépatite chronique par la persistance de l'antigène HBs et de l'antigène HBe, il est nécessaire d'examiner l'ADN même du virus. Cette recherche est faite par hybridation moléculaire, amplification du signal (bdna) ou amplification génomique (Monitor). Elle permet d'apprécier l'intensité de la multiplication virale. Ces marqueurs sont également très utiles quand on est confronté à un virus B mutant qui se multiplie sans produire d'antigène HBe. L'hépatite chronique B en phase de multiplication virale doit faire réaliser un prélèvement millimétrique du foie dénommé ponction biopsie hépatique, seule à même à taire un constat précis des lésions.
Le portage chronique du virus B survient dans l’évolution d’environ 2 à 5 % des hépatites aiguës B de l’adulte (mais beaucoup plus fréquemment chez les nouveaux nés : 80 % ou chez les patients immunodéprimés.) Les hommes sont nettement plus souvent porteurs chroniques du VHB que les femmes (8 pour 2). Le portage chronique du VHB n’est pas constamment synonyme d’hépatite chronique puisque environ un tiers des porteurs chroniques sont des porteurs sains c’est à dire n’ayant pas d’inflammation du foie. A l’inverse, 70 % des porteurs chroniques du VHB développeront une hépatite chronique et 20 % évolueront vers la cirrhose. La cirrhose expose, particulièrement chez les hommes, à un risque de développement de carcinome hépatocellulaire (tumeur cancéreuse du foie) de l’ordre de 10 à 30 % (incidence annuelle de 2 à 5 % chez les cirrhotiques).
Interprétation des marqueurs d'infection par le virus de l'hépatite B.
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AgHBs
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Anticorps anti-HBs
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Anticorps anti-HBc
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Interprétation
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Absence de contact avec le virus :
indication à la vaccination
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Infection ancienne et guérie*
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Infection ancienne avec clairance
spontanée des anti-HBc*
Vaccination efficace
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Infection ancienne avec clairance
spontanée des anti-HBs*
Hépatite aiguë à une phase « fenêtre »
où l'Ag HBs n'est plus détectable et
les anti-HBs non encore détectés**
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Infection par le VHB***
(portage de l'Ag HBs)
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* Le sujet est protégé contre le VHB et il est inutile de le vacciner.
** Intérêt de la recherche de l'ADN du VHB.
*** La recherche de l'lgM anti-HBc, de l'Ag HBe et des anticorps anti-HBe, de l'ADN du VHB dans le sérum et la mesure des transaminases permettront de distinguer une infection aiguë d'une infection chronique, un portage sain du virus sans multiplication virale, d'une hépatite chronique avec multiplication virale.