santé publique

Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 23:13

En 2001, la Fédération SOS Hépatites a édité pendant plusieurs mois une plateforme de revendications sur les nécessaires mesures à prendre en matière de prévention et dépistage, d’accès aux soins et traitements, de problèmes sociaux et des enjeux de l’indemnisation liés aux hépatites virales chroniques. Début 2009, un nouveau plan national de lutte contre les hépatites B et C a été rendu public par la Direction Générale de la Santé listant 15 objectifs ou priorités. Parce que les hépatites virales ne frappent pas par hasard, parce qu’aujourd’hui elles touchent aussi des populations fragilisées (qui ont besoin d’une reconnaissance de leur droit à l’accès aux soins le plus basique), parce que la compensation des dégâts occasionnés par les contaminations par transfusion demeure insuffisante, (etc.) ; et parce que la fédération SOS Hépatites connaît trop bien les obstacles qui demeurent sur le terrain, nous avons souhaité mettre à jour une liste de sujets pour lesquels nous attendons la mise en place de solutions concrètes et rapides. Tout simplement parce que les hépatites virales B et C constituent une priorité de santé publique, qu’elles sont à l’origine, chaque année, de plus de 5000 morts évitables et de plus de 7500 nouvelles contaminations évitables par an.

  1. SOS Hépatites a réalisé un communiqué de presse le 29 octobre pour demander aux autorités de santé et à la Haute Autorité de Santé en particulier, de statuer sur la nécessaire généralisation de la proposition systématique du dépistage aux hépatites virales des populations particulièrement exposées à ces infections ou particulièrement fragiles : les anciens transfusés, les femmes enceintes, les usagers de drogue, les personnes incarcérées, les personnes d’origine étrangère résidant en France et également les personnes qui démarrent une chimiothérapie anticancéreuse.

  2. SOS Hépatites demande à la Direction Générale de la Santé de réaliser un suivi annuel de chacun des 15 objectifs du plan national hépatite virale avec des chiffres concrets sur les réalisations, ainsi qu’un suivi des budgets et subventions qui leur sont alloués au plan par les pouvoirs publics (nationalement et régionalement)

  3. SOS Hépatites demande à la caisse nationale d’assurance maladie (CNAMTS) de rembourser de tests non invasifs de fibrose validés depuis décembre 2006 (il y a près de 3 ans !) par la Haute Autorité de Santé afin de permettre un diagnostic facilité des atteintes du foie ; de rembourser le génotypage de l’hépatite B ; de rembourser à 100% les tests de dépistage de l’hépatite B ; et enfin de rembourser le vaccin contre l’hépatite A chez les personnes déjà porteuses d’une hépatite virale chronique

  4. SOS Hépatites demande à la Haute autorité de santé de rendre enfin public l’algorithme de dépistage de l’hépatite B comme les recommandations d’accompagnement des résultats des tests de dépistage et de se prononcer pour la vaccination des nouveaux nés contre l’hépatite B (pour leur assurer une protection à vie sans courir de risque de toxicité nerveuse)

  5. SOS Hépatites demande à l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) d’anticiper l’accès compassionnel aux antiprotéases pour les personnes en échec de traitement contre l’hépatite C dès le 1er semestre 2010

  6. SOS Hépatites demande aux autorités d’assurer une politique d’indemnisation des personnes contaminées par une hépatite virale lors d’une transfusion identique à celle des personnes contaminées par le VIH/sida

 

SOS Hépatites s’engage à suivre de près ses différents dossiers et à vous tenir informés de leur avancée.

 

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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 23:08

 

FEDERATION SOS HEPATITES 01 43 67 26 40

Fédération SOS Hépatites Association loi 1901 Fax 01 43 67 26 84

190, boulevard de Charonne

75020 - PARIS 

 

Paris, le 29 octobre 2009

L’hépatite toujours condamnée au silence !

Alors que les médias et diverses institutions de santé rebondissent depuis plus d’une semaine sur les  dernières recommandations de la Haute Autorité de Santé et que tout le monde semble se féliciter (SOS Hépatites aussi) de la nécessaire généralisation de la proposition systématique du dépistage au VIH/Sida, c’est avec amertume et dépit que SOS Hépatites (association de malades atteints par une maladie chronique du foie) constate  l’absence de considération de l’ensemble des acteurs du système de santé sur la question du dépistage des hépatites virales.

Plus de 250.000 personnes vivent en France, sans le savoir, avec une bombe à retardement au niveau du foie !

Alors qu’il existe des traitements efficaces !

Les hépatites virales sont responsables de 10 fois plus de décès en France que le VIH/sida.  D’après le Bulletin Epidémiologique hebdomadaire du 19 mai 2009 (institut de veille sanitaire) plus de 500.000 personnes sont porteuses d’une hépatite virale chronique (232.000 hépatite C, 281.000 hépatite B) et près de  50% l’ignorent et ne sont pas encore dépistées soit plus de 250.000 personnes qui vivent en France avec un virus  qui détruit aussi lentement que sûrement leur foie ! Faute d’un dépistage, ces infections chroniques peuvent passer totalement inaperçue (très peu de symptômes associés à l’exception de la fatigue) et aboutir à un cancer du foie ou une insuffisance hépatique sévère où, malheureusement, aucun recours thérapeutique, y compris la  greffe, n’est possible. Et pourtant, les traitements contre l’hépatite C permettent de guérir (suppression  virale) dans plus de 50% des cas et les traitements contre l’hépatite B permettent de bloquer le virus dans plus  de 80% des cas !

Dépistage des hépatites et prévention : deux enjeux de santé publique ! Mais en dehors de la grippe

H1N1 et du VIH/sida, point de salut public !

Au-delà des efforts à réaliser pour inciter les personnes à se dépister l’annonce des résultats peut permettre

de renforcer les stratégies de prévention, dont l’accès au vaccin contre l‘hépatite B. En effet, du côté des  nouvelles contaminations, les chiffres sont également effrayants : 5000 nouvelles contaminations par an pour  l’hépatite C et 2500 pour l’hépatite B.

SOS Hépatites demande une généralisation de la proposition systématique du dépistage sur les hépatites virales, en priorité chez les anciens transfusés, les femmes enceintes, les usagers de drogue, les  personnes incarcérées, les personnes d’origine étrangère résidant en France et également les personnes  qui démarrent une chimiothérapie anticancéreuse.


SOS hépatites demande :

·  Au ministère de la santé de débloquer des fonds pour définir une politique de formation et une mise à  disposition de tests de dépistage au niveau des structures de soins qui accueillent les populations  mentionnées ci-dessus

· A la haute autorité de santé de rattraper son retard concernant la validation des algorithmes de  dépistage de l’hépatite B et d’étendre ses recommandations d’incitation au dépistage aux hépatites  virales
· A la sécurité sociale de rembourser à 100% le test de dépistage de l’hépatite B

Contact presse : Frédéric Chaffraix (Vice Président Communication) : 03.88.24.26.01 ou 06.62.80.53.74

SITE INTERNET

www.soshepatites.org

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Samedi 11 février 2006 6 11 /02 /Fév /2006 22:59
La maîtrise des dépenses de L’assurance maladie
 
 
La maîtrise des dépenses de santé est une préoccupation majeure des pays développés; ceux-ci connaissent tous une progression constante de leurs dépenses de santé. En France, la croissance de a consommation de soins et biens médicaux s’accroît à un rythme supérieur à celui de la richesse nationale (environ 9,5% du PIB en 2003 contre 5% en 1970). La mise en place d’outils de régulation s’avère indispensable. Ces instruments tentent de maîtriser la dépense, soit en jouant sur l’offre de soins par la responsabilisation des professionnels, la rationalisation de l’offre, soit en jouant sur la demande, notamment par la responsabilisation des assurés sociaux. Ces différents instruments ont étémis en place avec un impact inégal en France mais sont également expérimentés dans d’autres pays.
 
 
LA RESPONSABLISATION DES ASSURÉS, NOTAMMENT AU MOYEN DU TICKET MODÉRATEUR
 
L’objectif est d’impliquer l’assuré dans la dépense de santé par l’institution d’un ticket modérateur, ou bien par la suppression de la prise en charge par l’assurance maladie lorsque la dépense ne s’avère pas réellement nécessaire ou lorsque l’efficacité n’est pas prouvée. Par exemple, l’exclusion de certains médicaments de la liste des médicaments remboursés, en fonction du service médical rendu c ‘est à dire l’efficacité de ces médicaments.
 
Le ticket modérateur
 
Le ticket modérateur correspond à la part de la dépense d’une prestation de soins laissée à la charge de l’assuré social; il représente la différence entre le tarif applicable à la prestation et le montant du remboursement effectif de la caisse. Le ticket modérateur est donc susceptible de conduire à une certaine responsabilisation de l’assuré. Cependant, l’augmentation corrélative de la prise en charge des mutuelles ou assurances complémentaires pour une grande partie de la population limite son effet.
Par ailleurs, le ticket modérateur peut avoir un effet pervers sur la consommation des biens de santé nécessaires aux personnes à bas revenus et souvent privées d’assurances complémentaires. C’est cet effet induit qui a conduit à l’institution de la couverture maladie universelle (CMU).
 
Le forfait hospitalier
 
Ce forfait journalier créé en 1983 est un ticket modérateur minimal dû par toute personne admise pour au moins 24 heures dans un établissement hospitalier public ou privé.
 
 
 
LA RÉGULATION PAR LE CONTRÔLE DES ACTEURS
 
Les références médicales opposables (RMO)
Il s’agit de règles objectives et consensuelles de bonne pratique médicale fixant des critères permettant de définir des soins et prescriptions médicalement inutiles et de déterminer les fréquences d’utilisation par malade de certains soins et prescriptions. L’idée est donc de modérer la croissance des dépenses de santé en identifiant et en éliminant les soins médicalement inutiles sans critères économiques, de tenir à jour ces règles et de les communiquer aux professionnels de santé.
 
 
LA HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ (HAS)
 
La loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie met en place la HAS chargée notamment de l’évaluation des produits, actes ou prestations de santé et du service qu’ils rendent, d’élaborer des guides du bon usage des soins, de mettre en place des procédures d’évaluation des pratiques professionnelles et de certification.
 
La régulation de la prise en charge des patients par les médecins libéraux
L’actuel système de rémunération à l’acte des professionnels libéraux et l’accès direct aux médecins spécialistes sont de nature à provoquer une augmentation de la production de soins parfois sans rapport avec l’utilité sociale. Les projets de positionnementdu médecin généraliste comme pivot du système, chargé d’apprécier la nécessité du recours aux médecins spécialistes, et le projet de médecin traitant à compter du 1er janvier 2005, sont des instruments de maîtrise possibles, mais ces projets font l’objet de très fortes réticences de la part des professionnels médicaux.
 
Le financement des hôpitaux
 
Les hôpitaux ont d’abord étéfinancés en fonction de leur nombre de journées, ce qui pouvait conduire à une inflation de celles-ci et à une croissance des dépenses. A compter de 1983, leur financement s’est fait par dotation annuelle fondée sur l’application d’un taux directeur en vue de freiner les dépenses, mais en créant parfois des rentes de situation ou en bloquant l’activité.
La réforme actuelle du financement des établissements de santé liée à l’activité mesurée par le PMSI vise à assurer le financement des activités de soins effectivement prodiguées aux patients, d’inciter tous les établissements à l’économie, d’harmoniser les modes de financement des établissements de santé publics et prives.
 
 
 
 
 
 
LA REGULATION FINANCIÈRE PAR L’OBJECTIF NATIONAL DES DEPENSES D’ASSURANCES MALADIE (ONDAM)
 
 
L’ONDAM est le système de financement de l’assurance maladie mis en place par l’ordonnance de 1996 relative à la maîtrise médicalisée des dépenses d’assurance maladie. Désormais, chaque année, le Parlement se prononce, en fonction des objectifs de la politique de santé et des prévisions de recettes, sur le montant de l’ONDAM par la loi de financement de la Sécurité sociale. L’ONDAM est lui-même subdivisé en plusieurs sous-enveloppes concernant:
        L’hospitalisation de court séjour publique et privée et l’hospitalisation à domicile.
        Les établissements médico-sociaux (enfants et adultes handicapés et personnes âgées).
        Les soins de villes (dépenses déléguées correspondant aux remboursements des honoraires et les autres dépenses de soins de ville comme les médicaments).
        Une dotation nationale de développement des réseaux.
 
Un conseil de l’hospitalisation placé auprès du ministre chargé de la santé et de la sécurité sociale, formule des recommandations quant à la détermination et au suivi des objectifs de dépenses d’assurance maladie pour ce qui concerne les frais d’hospitalisation.
 
Les dépenses de santé sont ainsi en principe prévisionnellement connues et encadrées pour un exercice donné. Cependant, chaque année, il a été constaté un dérapage des dépenses par rapport à l’ONDAM. La loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie met en place un comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie; celui-ci sera chargé d’alerter le Parlement et le gouvernement en cas d’évolution des dépenses d’assurance maladie incompatible avec l’objectif national voté par le Parlement.
 
 
LA RÉGULATION QUANTITATIVE DES CAPACITÉS D’OFFRE
 
Le numerus clausus
 
Il s’agit du nombre de place d’étudiants en médecine pour la deuxième année. Ce numerus clausus est fixé chaque année par arrêté ministériel et pour chaque université. Il existe aussi des numerus clausus concernant les capacités d’admission dans les écoles paramédicales. Le numerus clausus se fonde sur l’idée qu’en limitant le nombre de professionnels de santé, on limite la demande et la consommation de biens de santé. Actuellement, le numerus clausus est revu nettement à la hausse compte tenu de la pénurie de personnels médicaux dans certaines spécialités.
 
 
 
 
Les instruments de planification sanitaire
 
Ces instruments répondent à une double préoccupation de santé publique: la rationalisation des implantations sanitaires en fonction des besoins et la maîtrise des dépenses; il s’agit notamment des autorisations d’installations des activités de santé et de leur renouvellement, et du SROS.
 
        Problématique actuelle
 
La maîtrise des dépenses de santé se heurte à la difficulté de sensibiliser les professionnels de santé sur l’évolution des dépenses. Des enveloppes précises sont établies depuis quelques années, mais des dérapages sont constatés et les corrections de ces dérapages font l’objet de négociations difficiles avec les professionnels de santé libéraux notamment.
 
La maîtrise des dépenses par l’augmentation de la part laissée à la charge de l’assuré n’a d’impact que sur les populations qui n’ont pas de couverture complémentaire, c’est-à-dire celles, le plus souvent, pour qui le recours au système de santé est le plus essentiel.
 
La situation de déficit atteint par l’assurance maladie en 2004 risque de mettre en cause le système même de la sécurité sociale en France. La loi du 1 3 août réaffirme le principe de solidarité sociale et met en oeuvre la réforme de l’assurance maladie afin de mieux maîtriser l’évolution des dépenses.
 
 
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Samedi 11 février 2006 6 11 /02 /Fév /2006 22:54
Les dépenses hospitalières et les dépenses de santé
 
LES DIFFÉRENTS COMPTES NATIONAUX DE LA SANTE
 
Le suivi des comptes de la santé est réalisé au travers de différents agrégats que sont la consommation médicale totale et la dépense courante de santé; la dépense nationale de santé permet des comparaisons internationales.
 
La consommation médicale totale (147 milliards d’euros en 2003) regroupe:
 
        La consommation des soins et biens médicaux utilisés sur le territoire national pour la satisfaction des besoins individuels: soins hospitaliers et en sections médicalisées, soins ambulatoires (médecins, dentistes, laboratoires, cures thermales, auxiliaires médicaux), transports sanitaires et biens médicaux (médicaments, optiques, prothèses). Elle correspond à 144 milliards d’euros en 2003.
        La médecine préventive.
 
La dépense courante de santé (168 milliards d’euros en 2003 soit 2732 € en moyenne par habitant) représente la somme des dépenses engagées par les financeurs de l’ensemble du système de santé (Sécurité sociale, Etat, collectivités locales, mutuelles.) Son champ est donc plus large que la consommation médicale totale puisqu’elle englobe les indemnités journalières, les dépenses de recherche, la formation, la gestion de l’administration sanitaire.
 
La dépense nationale de santé est l’agrégat utilisé pour les comparaisons internationales des dépenses de santé (pays de l‘OCDE). Elle représente en France en 2003, 10,14% du PIB. En 2002, avec une dépense nationale de santé représentant 9,69% du PIB, la France se situait en cinquième position derrière les Etats-Unis (14,6%), la Suisse (11,2%), l’Allemagne (10,9%), l’Islande (9,9%).
 
La consommation de soins et de biens médicaux
La consommation des soins et biens médicaux qui représente, en 2003, 144 milliards d’euros comprend les 5postes de dépenses suivants:
 
1. Les soins hospitaliers et en sections médicalisées (64,1 milliards d’euros soit 44,5%).
2.   Les soins ambulatoires (38,8 milliards d’euros soit 26,9 %).
3.   Le transport des malades (2,4 milliards d’euros 1,6 %).
4.   les médicaments (30,4 milliards d’euros 21,1 %).
5.   les autres biens médicaux (8,6 milliards d’euros 5,9 %).les autres biens médicaux (8,6 milliards d’euros 5,9 %).
 
La tendance des dépenses de santé depuis 1990
 
Les médicaments, les soins ambulatoires et les soins hospitaliers jouent un rôle essentiel dans la croissance en volume de la consommation de soins et des biens médicaux, et depuis 1990, le médicament est le poste qui contribue le plus à la croissance en volume de la consommation des soins et biens médicaux, à l’exception de quelques
 
Évolution en volume des différentes catégories de dépenses de santé (=1900 = 100)
 
LES DÉPENSES HOSPITALIÈRES
 
Les soins hospitaliers correspondent en 2003 ô 64,1 milliards d’euros dont 61,5 pour les soins hospitaliers publics et privés et 2,6 pour les soins des personnes âgées en sections médicalisées. Les taux de progression d’une année sur l’autre en volume et en valeur des dépenses hospitalières sont principalement dus aux sections médicalisées mais on assiste aussi à une progression depuis 2001 de la dépense hospitalière plus particulièrement dans le secteur prive.
 
Cette évolution reflète à la fois la recomposition progressive de l’offre de lits hospitaliers et l’évolution des besoins en hébergement des personnes âgées.
 
Les établissements publics hospitaliers assurent en termes de dépenses, une part croissante des soins hospitaliers: 75,4%des dépenses hospitalières en 1990 et 80,2 % en 2003.
 
        Problématique actuelle
Les différentes politiques de maîtrise des dépenses de santé ont permis de freiner la hausse des dépenses de santé. On constate aujourd’hui le maintien d’une forte progression de la consommation pharmaceutique et une reprise de la progression des soins hospitaliers. En outre, du fait de la démographie, le nombre de la part des personnes âgées dépendantes va très fortement progresser dans les vingt prochaines années, entraînant une hausse corrélative des dépenses d’assurance maladie.
 
La loi du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie prévoyant des dispositions relatives à la coordination des soins et instituant la Haute Autorité de santé (HAS) met aussi en place un comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie; celle loi vise à rétablir un équilibre financier de la sécurité sociale fortement compromis par un déficit considérable de la branche assurance maladie.
 
 
        Textes
Loi n0 2004-810 du 13 août 2004 relative à l’assurance maladie.
Décret n0 2004-1077 du 12 octobre 2004 relatif au comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie.
 
 
        Bibliographie
DREES, «Les comptes nationaux de la santé en 2003», Études et résultats, n0 323, juillet 2004.
 
 
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Samedi 11 février 2006 6 11 /02 /Fév /2006 22:37
La lutte contre les infections nosocomiales
 
Les infections nosocomiales sont les infections contractées dans un établissement de soins; en conséquence, une infection est considérée comme nosocomiale lorsqu’elle était absente à l’admission. Lorsque l’état infectieux du patient à l’admission est inconnu, l’infection est classiquement considérée comme nosocomiale si elle apparaît après un délai de 48 heures d’hospitalisation.
 
Les infections nosocomiales peuvent être directement liées aux soins (pose d’un cathéter) ou être indépendantes de tout acte médical (contamination de l’environnement hospitalier: eau, air, matériel, alimentation).
 
On commence à mesurer l’impact des infections nosocomiales en milieu hospitalier grâce aux enquêtes de prévalence. En 1996, une enquête nationale de prévalence a été réalisée dans 830 établissements de soins représentant 77% des lits d’hospitalisation publics et 230000 patients. Les résultats donnent des estimations de l’ordre de 7% de patients qui acquièrent une infection nosocomiale lors du séjour. Selon d’autres études, les infections nosocomiales seraient à l’origine de 10000 décès par an.
 
Pour lutter contre les infections nosocomiales, les pouvoirs publics ont développé une politique active inscrite dans le cadre d’un plan national. L’objectif est de réduire la fréquence des infections nosocomiales en milieu hospitalier, d’améliorer la prise en charge des infections difficilement évitables, notamment celles dues à la pratique de soins invasifs chez des patients fragilisés et de réduire la fréquence des bactéries multirésistantes aux antibiotiques.
 
Cette politique s’est traduite par la mise en place en 1988 des CLIN (comités de lutte contre les infections nosocomiales) dans les établissements de santé ainsi que de structures régionales et nationales de coordination.
 
Les plus récents éléments de la lutte contre les infections nosocomiales sont:
•        Le décret n0 99-1034 du 6 décembre 1999 relatif à la lutte contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé fixe désormais les conditions d’organisation et de fonctionnement des comités de lutte contre les infections nosocomiales qui doivent être institués dans tous les établissements de santé publics ou privés. La loi du 1er  juillet 1998 relative au renforcement de la sécurité sanitaire rend en effet obligatoire l’instauration des CLIN dans les cliniques privées, au même titre que dans les hôpitaux. Le texte prévoit également que chaque établissement de santé mette en place une équipe opérationnelle d’hygiène hospitalière, élabore un programme annuel d’action tendant à mieux assurer la prévention des infections nosocomiales, leur surveillance, la formation des personnels, l’évaluation des actions de lutte contre les infections nosocomiales.
 
•        L’article L.6111-1 du code de la santé publique modifié par la loi du 1er juillet 1998 relative au renforcement de la sécurité sanitaire faisant obligation à tous les établissements de santé d’établir un programme de lutte contre les infections nosocomiales.
 
•        Le plan gouvernemental sur trois ans (à partir de 1998), prévoyant le renforcement des moyens des établissements notamment en matière d’hygiène.
 
•        La procédure d’accréditation imposant dans tous les établissements de santé de consacrer une partie du référentiel à l’analyse des activités de lutte contre les infections nosocomiales (surveillance et prévention du risque infectieux ou SPI).
 
•        La circulaire n0 645 du 29 décembre 2000.
 
 
•        Problématique actuelle
Les infections nosocomiales posent un problème de responsabilité. En effet, il apparaît légitime pour un patient de demander à un établissement réparation si les conséquences d’une infection nosocomiale lui sont dommageables. La jurisprudence, tant judiciaire qu’administrative, s’est longtemps limitée à la recherche d’une faute d’asepsie du matériel chirurgical ou d’un défaut d’isolement du patient. Les juridictions administratives ont été les premières à introduire en 1988 (CE, 9 décembre 1988, Cohen) la notion de présomption de faute en matière d’infections nosocomiales, abandonnant le régime de la faute prouvée. En 1996, les juridictions civiles prennent une décision identique et en juin 1999 la Cour de cassation impose aux établissements de santé privés une obligation de résultat en matière d’infections nosocomiales (CC, 29 juin 1999, n0 1267).
C’est dans ce contexte d’évolution jurisprudentielle que la loi du 4 mars 2002 (article L.1142-1 du code de la santé publique) fait peser sur les établissements de santé la responsabilité des dommages résultant d’infections nosocomiales, sauf s’ils apportent la preuve d’une cause étrangère. Toutefois, la loi du 30 décembre 2002 a confié à la solidarité nationale par l’intermédiaire de l’Office national d’indem­nisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), la réparation des infections nosocomiales engageant la responsabilité d’un établissement de santé lorsque le taux d’incapacité permanente partielle de la victime est supérieur à 25 % ou en cas de décès. L’ONIAM ne peut se retourner contre l’établissement de santé qu’en cas de faute établie de l’assuré à l’origine du dommage, notamment le manquement caractérisé aux obligations posées par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales.
 
 
•        Textes
Article L.1142-1 du code de la santé publique.
Articles L.6111-1, R.711-1 à R.711-10 du code de la santé publique.
Décret n0 99-1034 du 6 décembre 1999 (JO du 11 décembre 1999).
Arrêté du 17 octobre 2000 (JO du 28 octobre 2000).
Arrêté du 3 août 1992 modifié par l’arrêté du 19 octobre 1995.
Circulaire n0 645 du 29 décembre 2000 relative à l’organisation de la lutte contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé.
Circulaire n0 17 du 19 avril 1995 relative à la lutte contre les infections nosocomiales.
Circulaire DGS/SD5C/DHOS/E2 n0 2003-02 du 3 janvier 2003 relative aux modalités de signalement des infections nosocomiales dans les établissements de santé.
 
 
•        Bibliographie
Comité technique national des infections nosocomiales, 100 recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales, 1999.
Duguet A.-M., « Evolution de la jurisprudence administrative et judiciaire en matière d’infections nosocomiales », Les Cahiers hospitaliers, mars 2000.
Lucas-Baloup I., Infections nosocomiales: 40 questions sur les responsabilités encourues, Scrof, 1997.
Veyssier P., Domart Y., Infections nosocomiales, Masson, 1996.
Lachaud Y., « L’évolution de la jurisprudence de la Cour de cassation en matière d’infections nosocomiales », La Gazette du Palais, 29-30 octobre 1999.
 
 
•        Sites Internet
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